Le monde des Prunus est vaste et parfois complexe, abritant à la fois des arbres fruitiers appréciés pour leurs délices et des espèces ornementales dont certaines parties peuvent s'avérer toxiques. Au cœur de cette diversité se posent souvent des questions concernant la comestibilité et la toxicité, notamment autour des termes "prunier cerise" et "laurier cerise". Cet article vise à éclaircir ces notions, en se basant sur les caractéristiques botaniques et les informations relatives à leurs usages et dangers potentiels.

Le Prunier Cerise (Prunus Cerasifera) : Une Beauté Ornementale aux Fruits Polyvalents
Le Prunus cerasifera, communément appelé prunier-cerise ou myrobolan, est une variété d'arbre fruitier particulièrement appréciée pour ses qualités ornementales. Ce prunier d’ornement se distingue par son feuillage caduc aux teintes pourpres remarquables. Le Prunus cerasifera développe un port naturellement arrondi qui en fait un excellent choix pour une plantation en isolé sur une pelouse.
Caractéristiques et Culture
La floraison constitue l’un des atouts majeurs de cet arbre. Les fleurs apparaissent avant les feuilles, créant un spectacle visuel saisissant. Le cultivar 'Pissardii’ se distingue par son feuillage pourpre intense et sa floraison abondante. Le Prunus cerasifera 'Nigra’ offre un feuillage encore plus sombre, presque noir-pourpre, créant un contraste saisissant avec les fleurs roses. La sélection du type de Prunus cerasifera dépend de l’effet recherché et des conditions locales.
Le prunier pourpre apprécie les expositions ensoleillées, sauf dans le sud de la France où un emplacement partiellement ombragé lui conviendra davantage. Le type de sol influence directement la croissance du Prunus cerasifera. Il convient de privilégier un terrain bien drainé et frais pour optimiser le développement de l’arbre. La plantation s’effectue de préférence à l’automne ou au début du printemps, idéalement entre octobre et mars, hors périodes de gel. En effet, la terre encore réchauffée favorise un bon enracinement. L’exposition au soleil joue un rôle déterminant dans la qualité de la floraison et la coloration du feuillage. Une exposition soleil partielle convient parfaitement, permettant au prunier cerise de développer ses caractéristiques ornementales optimales.
L’arrosage régulier durant les premières années après la plantation garantit un bon établissement. Par la suite, le Prunus cerasifera tolère des périodes de sécheresse modérée grâce à son système racinaire développé. La rusticité naturelle du Prunus cerasifera limite les interventions d’entretien nécessaires. La taille se limite généralement à l’élimination du bois mort et à la formation de la charpente les premières années. Retirez le bois mort et les branches qui se croisent, l’objectif étant de dégager le centre pour laisser pénétrer la lumière. Un apport annuel de compost au pied de l’arbre soutient la vigueur et améliore la qualité du sol. L’association avec d’autres arbustes à floraison décalée prolonge l’intérêt ornemental du massif. Le feuillage caduc du Prunus cerasifera autorise la plantation de bulbes printaniers à son pied. Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez multiplier votre prunier pourpre par semis à l’automne.

Les Fruits du Prunier Cerise
La généreuse floraison du prunier pourpre laisse ensuite place à des prunes, de la même couleur que son feuillage. Le fruit du Prunus cerasifera présente l’aspect d’une petite prune de couleur variable selon la maturité. Ces fruits atteignent leur maturité complète en juillet, développant alors une chair ferme et un goût caractéristique. La période de récolte s’étend de juillet à septembre, au fur et à mesure des besoins. En général, les prunes arrivées à maturité sont souples au toucher et dégagent une odeur parfumée. En faisant un quart de rotation, ils devraient se détacher du pédoncule.
Le goût des fruits frais peut sembler amer ou âpre, limitant leur consommation directe. Cette particularité oriente naturellement leur usage vers la transformation en confitures, gelées, sirops ou compotes. Il convient de noter que seule la chair mûre du fruit présente un intérêt culinaire. Les fruits se transforment excellemment en confitures, gelées, sirops ou compotes.
Le Laurier Cerise (Prunus Laurocerasus) : Toxique, mais avec des Nuances
Le Laurier Cerise (Prunus laurocerasus), aussi appelé laurier palme, est un arbuste très commun en France. D’ailleurs, il est si commun qu’il porte de nombreux noms. Il n’appartient pas à la famille botanique des Lauracées, mais à celle des Rosacées. Originaire de l’est de la Méditerranée, notamment des Balkans et de Turquie, il a été importé dans le reste de l’Europe il y a plusieurs siècles.
Pour le reconnaître c’est très simple : ses feuilles sont vertes et brillantes, très grandes, entières avec le bord du limbe légèrement denté. Les feuilles du laurier-cerise sont facilement reconnaissables. À la base, on peut parfois observer des nectaires sous forme de petites taches brunâtres, visibles sous la nervure centrale proéminente. Il possède des feuilles vert sombre et oblongues, et des fleurs blanches à cinq pétales apparaissant entre avril et juin. Souvent confondu avec d’autres espèces de lauriers, il est essentiel de bien connaître ses caractéristiques pour éviter tout risque. Il est important de ne pas confondre le laurier-cerise avec d’autres lauriers appartenant à des genres différents. Par exemple, le laurier-rose (Nerium oleander), une plante extrêmement toxique, ou encore le laurier-sauce (Laurus nobilis), utilisé en cuisine pour aromatiser les plats.
Quels types de lauriers conviennent comme plante de haie? | Astuces et entretie
La Toxicité du Laurier Cerise
Oui, le Laurier Cerise est une plante sauvage particulièrement toxique. En fait, toutes les parties de la plante peuvent vous envoyer à l’hôpital. La toxicité des Prunus vient de l'acide prussique ou acide cyanhydrique dont les sels sont appelés cyanures. Cette particularité est due à la présence d’acide cyanhydrique, une substance toxique contenue dans les feuilles, les fleurs et les noyaux du fruit. Parmi les différentes substances chimiques qu’on retrouve chez le Laurier Cerise nous avons glycosides cyanogéniques comme l’amygdaline ou encore la prulaurasine. Le cyanure ainsi formé va empêcher la libération d’oxygène dans les cellules.
La toxicité du laurier-cerise est plus élevée dans les noyaux des drupes vertes, ainsi que dans les feuilles et les tiges. Avaler un noyau entier par accident ne présente généralement pas de risque immédiat, mais mâcher ou croquer les graines peut libérer les substances toxiques. Premièrement, partez du principe que les feuilles adultes de ce laurier sont hautement toxiques. Des problèmes d’hypersalivation apparaissent ainsi que des débuts de détresse respiratoire et des troubles neurologiques. La dose toxique est très vite atteinte, à partir de 2 feuilles.
Quelques grammes de Laurier Cerise ingéré peuvent provoquer différents problèmes de santé. Ainsi, après avoir consommé des feuilles de laurier toxique différents symptômes apparaissent. Tout commence par des angoisses, une sensation de malaise. Surviennent ensuite des nausées et des vomissements. Avec des doses de ce laurier toxique plus élevées, une gêne respiratoire s’installe. Sa toxicité reste élevée.
Nuances sur la Comestibilité
Mais certains auteurs affirment que le Laurier Cerise n’est pas toujours toxique. Enfin, pas toutes ses parties. On pourrait consommer ses fruits sans trop de risques. Mais il est nécessaire d’apporter une nuance. Il ne faut pas les consommer en excès. La chair des fruits mûrs et dénoyautés est même vendue sur certains marchés. On peut la consommer crue ou alors la préparer en confiture. La pulpe des fruits est elle-même peu toxique, surtout s’il s’agit de vieux arbustes. En effet, la chair est comestible, mais dans des quantités limitées. Elles restent peu toxiques. Au-delà de 10 baies, les choses deviennent plus compliquées. Enfin, les jeunes feuilles encore peu développées servent à la confection d’eau de Laurier Cerise, une solution dont les applications médicinales sont nombreuses. Donc à la question, laurier cerise toxique ou non ? La réponse est non, il n’est pas toujours toxique. Comme vous le savez, tout est poison, rien est poison. Seule la dose est importante.

Précautions et Intoxications
Bien que le Laurier Cerise ait la réputation d’être une plante toxique, on l’utilise encore beaucoup en tant que plante ornementale. En effet, il résiste plutôt bien à la taille, pousse vite et est résistant. Le laurier-cerise est souvent taillé à hauteur de haie, mais il peut atteindre une hauteur de 10 à 12 mètres.
Les intoxications au Laurier Cerise restent assez rares. Mais les cas graves concernent principalement les herbivores qui mangent les feuilles. Le Centre Anti-Poison Animal et Environnemental de l’Ouest a recensé plus de 150 appels à propos du laurier-cerise, dont la moitié concernait des chiens. En prévention, il convient d’éviter de laisser les animaux accéder à ces arbustes, surtout si les branches sont coupées et jonchent le sol. Il faut être très prudent avec les bovins, les chèvres et moutons, le cheval et le poney, mais aussi avec les animaux de compagnie herbivores comme le lapin ou le cobaye.

Autres Prunus à Connaître et Leur Toxicité
La famille des Prunus est très diversifiée, et la présence d'acide cyanhydrique n'est pas limitée au seul Laurier Cerise. On en trouve dans les feuilles de certains Prunus laurocerasus (laurier-cerise), Prunus padus, Prunus serotina, Prunus virginiana et autres plantes comme le sureau yèble (Sambucus ebulus) et dans les noyaux de nèfles et des fruits du genre Prunus (amandier, cerisier, pêcher, prunier) et également dans les pépins des pommes du genre Malus.
Voici quelques exemples de Prunus avec des notes sur leur toxicité ou usage :
- Prunus ilicifolia, cerisier à feuilles de houx. Espèce ornementale idéale en haie et en coupe-vent.
- Prunus ilicifolia subsp. lyonii = Prunus lyonii, cerisier de Catalina (Californie).
- Prunus laurocerasus, laurier-cerise, laurier amande. Fruits non consommables dans leur ensemble, mais la chair mûre peut être consommée avec modération après dénoyautage.
- Prunus lusitanica, laurier du Portugal, laurier-cerise du Portugal. Fruits non consommables.
- Prunus padus subsp. padus, cerisier à grappes, amaruvier, bois puant, putet, putier, putiet, arbre au muguet, bird cherry. On le reconnaît à ses rameaux qui portent de nombreuses lenticelles claires et à son bois qui sent mauvais quand on gratte l'écorce. Toute la plante est toxique et pourtant un ersatz de thé se prépare avec les feuilles en Chine.
- Prunus virginiana, cerisier de Virginie, cerise à grappes. Petit arbre très décoratif avec ses longues grappes de fleurs ressemblant à celles du Prunus padus dont il est un sous-genre. Le feuillage est toxique.
- Prunus serotina, cerisier noir, cerisier tardif. Dans le Nord de la France, on prépare des achards de cerises noires.
- Prunus serotina subsp. capuli = Prunus capuli, rum cherry, cerisier noir américain, capulin, cerisier du Mexique.

Parmi les espèces ci-dessous, les fruits de beaucoup d'entre elles rentrent dans la fabrication de diverses préparations :
- Prunus apetala = Prunus crassipes, clove cherry.
- Prunus canescens, cerisier cendré.
- Prunus cerasoides var.
- Prunus x cistena = Prunus 'Crimson Dwarf', cerisier pourpre des sables, hybride de P. cerasifera x P. pumila.
- Prunus cornuta = Padus cornuta, merisier de l'Himalaya, cerisier du Népal.
- Prunus cyclamina, cerisier cyclamen.
- Prunus fruticosa = Prunus cerasus var. pumila, cerisier de Mongolie, cerisier des steppes.
- Prunus humilis = Prunus humilis Bunge, bush cherry.
- Prunus incisa, Fuji cherry, cerise Fuji.
- Prunus japonica, cerisier de Corée.
- Prunus japonica var.
- Prunus maackii, cerisier de Mandchourie, Amur cherry. Espèce ornementale pour son bois très décoratif.
- Prunus mahaleb, bois de Sainte Lucie. Il se reconnaît à son bois odorant.
- Prunus nipponica var.
- Prunus nipponica var. kurilensis 'Brillant', cerisier brillant.
- Prunus prostrata = Prunus humilis (Morris) Colla, rock cherry, cerisier prostré.
- Prunus pumila, sand cherry, cerisier des sables.
- Prunus pumila var.
- Prunus pumila var.
- Prunus sargentii, cerisier de Sargent.
- Prunus serrula = Prunus serrula var. tibetica, cerisier du Tibet. Espèce ornementale pour son écorce très décorative, petits fruits noirs ressemblant aux prunelles.
- Prunus serrulata, sakura, cerisier du Japon, cerisier oriental.
- Prunus serrulata var. spontanea, Prunus jamasakura, hill cherry.
- Prunus tomentosa, ragouminier, cerisier du Canada, cerisier de Nankin. Petit arbre de 4m de haut, à fleurs simples blanc rosé, utilisé comme porte-greffes pour cerisiers nains. Il excelle dans les haies et sur les talus en brise-vent.
- Prunus triloba, amandier de Chine, amandier à fleurs. Petit arbre aux feuilles trilobées se couvrant de fleurs roses simples.
- Prunus verecunda = Prunus serrulata var.
- Prunus x yedoensis, cerisier d'Yoshino.
Pas simple tout ça ! Une grande vigilance est donc de mise lors de l'identification des plantes et de la consommation de leurs fruits, afin d'éviter toute confusion potentiellement dangereuse.