Le Prunier Quetsche d'Alsace sur Tige : Un Trésor Rustique pour Votre Jardin

Prunier Quetsche d'Alsace en fleurs

Le prunier Quetsche d'Alsace est une variété ancestrale et emblématique, profondément enracinée dans l'Est de la France. Son histoire remonte au Moyen Âge, avec une diffusion progressive dans le Rhin supérieur, l'Alsace, la Lorraine et les régions voisines d'Allemagne et de Suisse. Cette prune, également connue sous les noms d'« Altesse Simple » ou « Prune de Namur », témoigne de son histoire et de sa présence de l'Alsace à la Belgique. Sélectionnée pour sa robustesse, sa productivité et ses fruits savoureux, la Quetsche d’Alsace est un choix idéal pour les vergers familiaux et les jardins amateurs, alliant une rusticité remarquable, une croissance rapide, et des fruits d'une qualité exceptionnelle.

Issu de la famille des Rosacées, ce Prunus domestica est l'un des arbres fruitiers préférés pour les jardins, grâce à sa culture facile et sa capacité à prospérer longtemps s'il est bien choisi. Sa délicate floraison annonce l'arrivée du printemps, et ses fruits régalent petits et grands.

Description Détaillée et Caractéristiques du Fruit

La Quetsche d’Alsace se distingue par ses fruits de calibre moyen et de forme ovoïde légèrement asymétrique. La peau est violette, d'un pourpre violacé foncé, pruinée de bleu, une fine couche cireuse qui protège le fruit du dessèchement. La chair, jaune à jaune-vert, est ferme, fine et peu juteuse, mais se révèle douce, sucrée et délicatement acidulée. Le noyau se détache facilement, ce qui facilite grandement la consommation et la transformation des fruits.

Récoltés entre mi-septembre et fin septembre, ces fruits révèlent tout leur potentiel en préparations culinaires grâce à leur richesse en arômes. Ils sont parfaits pour les tartes, compotes, confitures, et se prêtent même bien au séchage en pruneau. Les quetsches sont des variétés de prunes de Damas, reconnues pour leur chair dense qui se décolle bien du noyau, permettant d'en faire de très bonnes confitures, de les cuire en tarte, en compote, mais aussi d'en faire du sorbet. La Quetsche d'Alsace est assez sucrée et bien acidulée, convenant aussi bien à la cuisine qu'à la consommation en fruit frais.

Floraison et Pollinisation

Fleurs blanches de prunier

Le prunier Quetsche d’Alsace arbore une floraison blanche éclatante dès fin mars. Bien que sa floraison très hâtive puisse être exposée aux gelées blanches, elle est si abondante qu’elle est rarement entièrement compromise. La floraison intervient en moyenne saison.

Ce prunier est autofertile, ce qui signifie qu’il n’a pas besoin d’un autre arbre pour produire des fruits. Cela constitue un avantage considérable pour les jardiniers ayant un espace limité ou pour ceux qui souhaitent éviter de planter plusieurs arbres pollinisateurs. L'autofertilité garantit ainsi une production régulière et simplifie l'entretien des vergers et des jardins. Cependant, comme pour la plupart des Prunus domestica, la pollinisation croisée améliore nettement la quantité et la régularité des récoltes. Le prunier Quetsche d’Alsace se pollinise bien avec des variétés comme la Reine Claude Dorée ou la Goutte d’Or de Coe.

Exigences Climatiques et Régions de Plantation

Le prunier Quetsche d'Alsace est particulièrement adapté aux régions au climat tempéré, avec des hivers froids et des étés modérés. Sa rusticité lui permet de supporter des températures extrêmes allant jusqu'à -20°C, ce qui le rend particulièrement adapté aux régions du Nord et de l'Est de la France. Bien que cultivé surtout dans l’Est de la France, le prunier quetsche saura fructifier partout en France pour peu que l’hiver ne soit pas trop doux.

La période délicate pour les pruniers est celle de la floraison, durant laquelle le froid humide est néfaste à la future fructification et risque d’entraîner une attaque de moniliose sur les fleurs. Les seuils de résistance sans dommage sont de l’ordre de -3° à -4°C pour les boutons floraux au stade bouton blanc, -2.2° à -3°C en pleine floraison, et -1° à -2°C pour les jeunes fruits.

Dans les régions à fort risque de gel printanier, il est recommandé d'éviter de conduire les arbres en formes basses (scion et fuseau), car leurs fleurs sont plus près du sol et donc plus sujettes aux gelées blanches et aux brouillards. Le vent, qu’il soit humide ou desséchant, est défavorable aux arbres, et encore plus aux fruits, d’où l’absence de plantation sur les littoraux et au pied des Pyrénées-Orientales. La quetsche n’apprécie pas non plus la sécheresse.

Nature du Sol Idéale

Type de sol pour prunier

Le prunier Quetsche d’Alsace s’adapte à tous types de sols légers et bien drainés. Cependant, l’idéal est un sol profond argilo-sableux et perméable. Les terrains limoneux et caillouteux ne donnent pas d’excellents résultats. Il est bien également d’éviter les sols très fertiles car ils provoquent une végétation luxuriante peu favorable à la productivité et à la qualité gustative. Cette espèce accepte pratiquement tous les sols, même peu profonds et à tendance humide, mais c’est dans les terrains silico-calcaires qu’elle donne les meilleurs résultats. Le prunier ne redoute vraiment que les terres arides où son système radiculaire très superficiel est exposé à la sécheresse.

Pour la même raison, lorsqu’il est planté sur prairie, il est conseillé de tenir le sol nu autour du pied sur au moins 2m de diamètre, afin d’éviter la concurrence de l’herbe vis-à-vis de l’eau.

Envergure de l'Arbre et Formes de Culture

Le Prunier peut se développer différemment selon sa forme de conduite. Pour des formes en fuseau et scion, il atteint une hauteur et une largeur de 2.5 mètres à 3 mètres. Pour un prunier demi-tige, avec une hauteur et une largeur à maturité de 4 à 5 mètres, il prend une forme plus majestueuse et imposante. À maturité, il atteint généralement une hauteur de 4 à 6 mètres. Bien développé, il prendra environ 3 à 4 m en largeur et 4 m en hauteur. Le prunier forme un arbre au port érigé devenant ensuite plus ou moins arrondi avec l'âge, et atteint une fois adulte 4 à 8 m de haut.

Le prunier se cultive uniquement en formes libres, sur haute, demi ou basse tige pourvue d’un tronc de 50 à 60 cm. La hauteur limitée de cette dernière facilite soins et cueillette.

Distance de Plantation

La distance de plantation entre deux pruniers ou un prunier et un autre arbre dépendra de la forme de ceux-ci. En effet, le volume qu’ils occuperont une fois adultes sera très différent selon qu’ils soient en quenouille ou gobelet, des formes étroites, ou bien sur tige, donc avec une ramure bien développée.

  • Pour des pruniers en quenouille ou gobelet, il faut les espacer de 3 à 4 mètres.
  • Pour des formes sur tige, il faudra prévoir 7 à 8 mètres.
  • Pour les pruniers conduits en palmettes, une distance de 4 mètres est nécessaire.
  • Pour les formes libres sur haute, demi ou basse tige, une distance de plantation de 5 à 6 mètres est recommandée.

Mise à Fruits

Comment planter un prunier ? ( mirabelle de Nancy) ensemble retrouvons le chemin de la nature !!💚💚

La mise à fruits désigne le temps nécessaire entre la plantation d'un arbre fruitier et la première fructification. Les mises à fruit indiquées pour les arbres fruitiers sont fournies à titre indicatif, car elles peuvent fluctuer en fonction de nombreux facteurs tels que la nature du sol, l'exposition, les conditions météorologiques annuelles ou encore les tailles pratiquées par le jardinier. L’année de plantation compte comme nulle pour la fructification.

  • Scions et Fuseau : Les jeunes arbres commencent à fructifier environ à partir de 3 à 4 ans, après une période d'établissement plus longue.
  • Demi-tige : Ces arbres commencent généralement à produire des fruits à partir de 3 ans. Cette période permet à l'arbre de bien s'établir avant de porter des fruits.

La première année, si quelques fruits apparaissent, il est vivement conseillé de les retirer afin de préserver le développement de l’arbre. Si vous faites le choix de vous procurer un fruitier en pot, celui-ci aura un système racinaire plus développé et vous permettra d’obtenir des fruits environ 1 an plus tôt qu’en racines nues. Les arbres se mettent naturellement à fruit à l’âge de 6 à 7 ans pour les formes libres.

Conservation des Fruits et Récolte

La récolte de la Quetsche d’Alsace intervient en général entre fin août et septembre, selon les régions et les conditions météo. Les fruits du prunier Quetsche d'Alsace, récoltés de mi-septembre à fin septembre, se conservent bien pendant quelques jours dans un endroit frais.

La récolte des prunes est faite manuellement deux ou trois jours avant la maturité de consommation. Elle est réalisée en deux, trois ou quatre cueillettes ou secouages, selon les variétés. Les prunes destinées à la consommation en fruits frais doivent être récoltées à la main, une à une. En revanche, les fruits destinés à être transformés (confiture, pâtisseries, …) peuvent être récoltés par secouage des branches ou après la taille de ces branches garnies de fruits.

Une fois récoltées, les prunes doivent être placées à l’ombre, sur une faible épaisseur après élimination des fruits abîmés ou véreux. Les fruits sains seront conservés à la température ambiante pour obtenir 2 ou 3 jours après, leur complète maturation. Ils peuvent être au contraire, placés en réfrigérateur à +4°C ou +6°C afin d’allonger leur conservation de 10 à 15 jours. Il est recommandé d'étaler les fruits, cueillis mouillés sur le sol, sur une très faible épaisseur, afin que leur épiderme sèche pendant 12 à 15 heures.

Quand et Comment Planter un Prunier Quetsche d’Alsace sur Tige ?

La meilleure période de plantation du prunier Quetsche d’Alsace est l’automne. Les températures sont encore douces, le sol est humide et les racines ont tout l’hiver pour s’installer avant la reprise de printemps. Durant les premières semaines suivant la plantation, il est essentiel d'arroser régulièrement en l’absence de pluie, surtout si la plantation a eu lieu au printemps.

Plantation en Pleine Terre

Le processus de plantation diffère légèrement selon que vous souhaitiez planter un prunier sous forme de scion à racines nues ou un prunier en motte ou en conteneur.

  1. Préparation du trou de plantation : Commencez par creuser le trou de plantation. Il doit être volumineux, au minimum 70 cm de large et 50 cm de profondeur, voire 50 cm sur 50 cm, profond d’une hauteur d’un fer de bêche, ce qui doit environ correspondre à la hauteur des racines de l’arbre. Ce trou peut être réalisé à l’avance.
  2. Ameublissement du sol : Ameublissez le fond du trou ainsi que la terre extraite. Une terre fine favorisera le développement des racines. Vous pouvez amender votre terre selon les besoins : sable pour le drainage, fumier ou compost pour l’enrichir. Si votre terre est trop compacte, l’ajout d’une couche de drainage (sable grossier, gravier) peut être bénéfique. La terre retirée peut être placée sur une bâche à côté du trou pour qu’elle ne se perde pas dans l’herbe, et ainsi faire un travail propre une fois terminé.
  3. Habillage des racines (pour prunier à racines nues) : Le jour, ou plutôt la veille de la plantation, vous commencerez par habiller les racines de votre prunier. Cette opération consiste à faire une petite coupe aux racines en taillant leur extrémité. Vous vérifierez par la même occasion s’il n’y en a pas des abîmées que vous devrez alors raccourcir au-dessus de la blessure. Les racines plus longues que les autres seront égalisées, afin qu’elles ne se retrouvent pas pliées ou enroulées lors de la mise en place. L’habillage des racines a pour objectif d’étoffer le système racinaire du prunier. Comme lorsque vous taillez un rameau, une racine va se ramifier à partir de la coupe. Un système racinaire dense favorise la bonne nutrition de l’arbre. Attention cependant à ne pas trop raccourcir ces racines, de leur volume dépend la capacité d’absorption de l’arbre pour se nourrir.
  4. Pralinage (pour prunier à racines nues) : Une fois les racines habillées, elles bénéficieront d’un pralinage. Le pralin est un mélange qui hydrate les racines et qui les nourrit. Il va également offrir aux racines une meilleure surface de contact avec la terre, ce qui facilitera la reprise. La richesse en micro-organismes de ce mélange, notamment des bactéries et des champignons, va favoriser l'absorption de l’eau et des nutriments par les racines. Le pralin est en effet composé d’argile, d’eau et de bouse de vache, fumier ou compost. Idéalement, vous laisserez les racines tremper dans cette mixture (le pralin peut être réalisé à la maison mais il se trouve également prêt à l’emploi dans votre jardinerie) durant 24 heures.
  5. Réhydratation de la motte (pour prunier en conteneur) : La motte doit être réhydratée, faute de quoi elle pourrait mal s’hydrater par la suite et empêcher la reprise. Une fois ôtée de son conteneur, plongez-la dans une bassine d’eau et laissez-la quelques heures. Lorsque plus aucune bulle ne remonte à la surface, la motte est prête à être installée après égouttage.
  6. Installation du tuteur : C’est avant de mettre le jeune fruitier en place qu’est installé l’indispensable tuteur. Cela évitera d'abîmer les racines.
  7. Profondeur de plantation : Avant de placer le prunier, vous devez vous assurer de la bonne profondeur du trou. En effet, le bourrelet de greffe doit être juste au-dessus du niveau du sol. Pour vous aider, placez un bâton en travers du trou et maintenez votre jeune arbre à la bonne hauteur puis ajoutez ou supprimez de la terre au besoin. Enterrez les premières racines à 5cm de profondeur.
  8. Mise en place et comblement :
    • Pour un prunier à racines nues : placez les racines bien étalées au fond du trou puis comblez avec la terre que vous en avez extraite. Secouez l’arbre en place pour que la terre s’infiltre dans les plus petits interstices, les poches d’air nuisent à la reprise de l’arbre.
    • Pour un prunier en conteneur : placez la motte au centre du trou.Replacez la terre en disposant bien les racines, puis tassez à l’aide du talon du pied afin d’assurer un bon contact entre la terre et les radicelles. Une fois la terre remise, nivelez si vous le souhaitez et surtout arrosez copieusement afin de réappuyer la terre.
  9. Arrosage : Tassez légèrement en réalisant autour du tronc une cuvette pour que les racines profitent bien de tous vos arrosages. Arrosez très copieusement. Vous aurez certainement à ajouter de la terre une fois que l’eau se sera bien écoulée.
  10. Soins post-plantation : La clé de la réussite ne sera pas la reprise de l’arbre mais sa pousse la première année, elle doit être la meilleure possible ! Pour cela, maintenez désherbé l’arbre sur 50x50cm et arrosez-le en cas de temps sec.

Plantation d'un jeune prunier

Plantation en Pot

Pour planter un prunier en bac, il est indispensable de choisir une variété adaptée à ce type de culture, comme un prunier nain, formé en colonne par exemple. Un prunier en pot se prêtera plus à ce mode de culture en étant palissé contre un mur. Vous prévoirez également de choisir une variété autofertile à moins d’avoir assez de place pour installer deux pruniers.

  1. Choix du bac : Choisissez un bac de grande taille, 60 cm minimum de hauteur.
  2. Couche de drainage : La couche de drainage doit être épaisse, 10 à 20 cm. Vous étalerez au fond du pot des billes d’argile, des tessons de pots en terre ou encore du gravier. Pour empêcher la terre de s’écouler peu à peu, placez un feutre de jardin découpé au bon diamètre pour séparer cette couche de drainage du substrat.
  3. Substrat : Mélangez ensuite un bon terreau à du compost ou à du fumier.
  4. Plantation : La plantation suivra ensuite les mêmes étapes que pour une plantation en pleine terre, hormis pour la mise en place du tuteur, inutile ici sauf pour les formes en colonne, et la cuvette d’arrosage.

Période de Plantation Optimale

  • Prunier en racines nues : doit être planté durant la période de repos végétatif, entre novembre et mars. Certaines périodes sont cependant à éviter : les périodes de gel et de fortes pluies. Si vous devez faire patienter le prunier en attendant sa plantation, il vous faudra soit praliner ses racines, pour un délai de quelques jours, soit le mettre dans un bac de sable dans un endroit exposé au nord, cela s'appelle "mettre en jauge".
  • Prunier acheté en conteneur : offre un plus grand choix en terme de période de plantation puisque vous pourrez le planter aussi bien au printemps qu’en automne. Toutes les périodes ne se valent pas selon le climat de votre région :
    • Dans le sud de la France ou en zone chaude et sèche : il est préférable de planter le prunier en automne. L’été est la période la plus difficile à passer pour un jeune sujet. Mis en place en automne, lorsque la terre est encore tiède et les précipitations abondantes, il sera dans de bonnes conditions de reprise et pourra plus facilement ensuite affronter chaleur et sécheresse.
    • Dans les régions les plus froides : c’est au contraire l’hiver qui est à éviter pour votre jeune prunier.

Taille du Prunier Quetsche d'Alsace

Outils de taille pour arbre fruitier

La taille du prunier demande attention et délicatesse, car une taille trop sévère peut entraîner une réaction très vigoureuse de l'arbre, tandis qu'une taille trop modeste risque d'être insuffisante pour aérer et renforcer la couronne. Pour que votre arbre fruitier produise de beaux fruits, il lui faut de l’air et de la lumière, ce qui signifie que la ramure doit être bien aérée pour que feuilles et fruits bénéficient de la lumière. Comme la plupart des arbres à noyau, les pruniers sont sensibles aux blessures. Une taille trop sévère ou mal positionnée augmente le risque d’attaques de champignons (moniliose, maladies du bois…). Comme la majorité des espèces à noyaux, le prunier craint les tailles importantes qui sont génératrices de gomme. Une taille légère de nettoyage après la récolte suffit.

Taille de Formation

La taille de formation d'un jeune prunier doit être effectuée chaque année durant ses 3 à 5 premières années afin de lui donner sa silhouette. Vous interviendrez en mars, lorsque l'éclosion des yeux permet de bien distinguer les boutons floraux. La taille de formation a pour but d'accompagner l'arbre dans le développement que le jardinier souhaite lui donner. Le prunier peut être taillé en gobelet, en pyramide, en fuseau, en éventail palissé contre un mur, ou en tiges. Pour un arbre demi-tige, débarrassez le tronc de ses départs de branches sur 1,30m. L'année suivant la plantation, il est conseillé de laisser pousser le prunier naturellement de façon à faire ramifier les branches principales.

Taille de Fructification

La taille de fructification du prunier se pratique en début d'hiver ou sitôt la récolte des fruits achevée, donc idéalement entre septembre et décembre (hors période de gel) au moment où la sève redescend dans les racines pour la période hivernale. Pour savoir quelle année tailler, sachez qu'il vaut mieux ne pas intervenir après une année très productive en fruits, ce qui est souvent le cas des pruniers qui alternent les années fastes en production avec les années plus pauvres en fruits : c’est le phénomène de "l’alternance".

Cette taille de fructification ne se pratiquant pas tous les ans, elle s'impose lorsque la couronne devient trop dense, afin de favoriser l’entrée de l’air et de la lumière à l’intérieur de la ramure. Cette taille permet de renouveler les brindilles en éliminant les rameaux qui sont en train de mourir car ils ont déjà porté beaucoup de fruits. Il ne faut pas faire de "trous" dans la ramure mais l'alléger de façon équilibrée et esthétique.

Taille de Restauration

Lorsque vous achetez un terrain pour y construire votre maison ou pour en restaurer une déjà en place, si celui-ci compte des pruniers qui n'ont pas été entretenus depuis de longues années, vous pouvez tenter de faire ce qu'on appelle une taille de restauration.

Outils de Taille

Pour tailler un prunier, vous devez vous équiper de quelques outils parfaitement nettoyés et désinfectés pour éviter de les contaminer avec des maladies : cela va du sécateur pour les brindilles, à la scie d'élagage pour les branches, jusqu'à la scie voire la tronçonneuse en cas de taille de restauration. Couper les rameaux qui se croisent à l'intérieur de la cime, et mastiquer les plaies de taille avec un produit cicatrisant.

Sensibilités aux Maladies et Ravageurs

Le prunier Quetsche d’Alsace résiste globalement bien aux maladies. Cependant, comme tous les pruniers, la Quetsche d’Alsace peut être sensible à certaines maladies cryptogamiques et à quelques ravageurs. Le froid humide durant la floraison peut entraîner une attaque de moniliose sur les fleurs. Les pruniers, comme la plupart des arbres à noyau, sont sensibles aux blessures. Une taille trop sévère ou mal positionnée augmente le risque d’attaques de champignons (moniliose, maladies du bois…). Lorsque le prunier ne fait pas de fruits, c’est souvent le signe de la moniliose.

Après la floraison, il est conseillé de faire un traitement préventif à la bouillie bordelaise afin d'éviter le développement de maladies, heureusement rares sur les pruniers. Quelques traitements anti-pucerons peuvent s'avérer nécessaires en cas de fortes attaques.

Porte-Greffes et Autres Variétés de Pruniers

Le prunier Myrobolan est le porte-greffe le plus employé en sol très humide et calcaire.

En plus de la Quetsche d'Alsace, il existe de nombreuses autres variétés de pruniers, chacune avec ses propres caractéristiques :

  • Golden Japan : Maturité fin juillet-début août. Fruit assez gros à gros, jaune doré. Chair jaune de bonne qualité. Arbre de bonne vigueur, très productif.
  • Président : Maturité deuxième quinzaine de septembre. Gros fruit oblong, rouge foncé. Chair jaune, juteuse. Arbre de bonne vigueur, productif. Mise à fruit rapide.
  • Prune d’Ente ou prune d’Agen : Maturité début septembre. Gros fruit violet. Idéal pour le séchage (pruneau). Arbre vigoureux et productif. Autofertile.
  • Quetsche d’Italie ou Altesse double ou Bleue d’Italie : Une grosse prune bleue allongée. Adaptée aux régions du sud et à un climat à la fois sec et chaud.
  • Quetsche blanche de Letricourt : Un fruit clair, bien sucré, mais moins acidulé. Cette variété vigoureuse est excellente en tarte et se consomme fraîche.
  • Reine-Claude D’Althan : Maturité début août. Gros fruit rouge violacé à maturité, de forme arrondie, légèrement aplati, très pruiné. Arbre vigoureux. Mise à fruit rapide et très bonne productivité. Pollinisé par Reine-Claude d’Oullins et Mirabelle de Nancy.
  • Reine-Claude de Bavay : Maturité mi-septembre. Gros fruit arrondi jaune verdâtre. Chair juteuse, sucrée et parfumée, de très bonne qualité. Arbre de bonne vigueur et productif. Mise à fruit rapide. Autofertile.
  • Reine-Claude dorée : Maturité mi-août. Assez gros, arrondi, vert doré, teinté de rose au soleil. Très bonne. Arbre vigoureux et productif. Auto-stérile, pollinisé par Reine-Claude d’Oullins.
  • Reine-Claude d’Oullins : Maturité début août. Gros, sphérique, jaune canari, légèrement teinté de rose et pruiné de blanc. Qualité moyenne. Arbre très vigoureux et fertile. Sert de pollinisateur pour les variétés auto-stériles.
  • Reine-Claude tardive de Chambourcy : Maturité fin septembre. Assez gros, sphérique, vert jaunâtre, pruiné de bleu. Arbre vigoureux et moyennement productif. Autofertile. Préfère les situations abritées.
  • Reine-Claude violette : Maturité début septembre. Moyen ou assez gros, violet foncé, granité ou marbré de fauve. Pruiné bleuté. Assez vigoureux. Réclame la présence de variétés pollinisatrices.
  • Stanley : Maturité première quinzaine de septembre. Gros fruit assez allongé, violet rougeâtre très foncé. Chair verte, ferme, sucrée. Bon pour le séchage (pruneau). Arbre de bonne vigueur et productif. Mise à fruit très rapide. Autofertile.
  • Prunier du Japon : Plus adapté au sud de la France ou aux régions littorales car sa floraison précoce le rend sensible aux gelées.
  • Prunier mirabelle de Nancy : Adapté au nord-est de la France où il trouve les conditions qui lui sont les plus favorables : nuits fraîches et journées chaudes durant la formation des fruits, climat continental, sol plutôt argileux sans être trop compact. Très rustique, il supporte facilement des températures de -20°, jusqu’à -30°. La mirabelle est la seule exception qui peut donner de bons résultats par semis.
  • Prunier domestique : Facile à vivre, Prunus domestica peut être planté partout, jusqu’à 1000 m d’altitude. Il se plaît en tout sol ordinaire tant qu’ils ne sont pas trop secs mais préfère les sols profonds, bien drainés. On le cultive plutôt dans le sud de la France. La prune d’Agen est une prune du sud-ouest à l’instar de la reine claude mais qui préfère les terres riches.
  • Prunier myrobolan : N'est planté que comme porte-greffe car ses fruits sont peu agréables à consommer. Au contraire du prunier domestique, il se plaît dans les sols pauvres.
  • Prunier Nain de jardins® Prunella : Il offre de belles prunes jaunes, sucrées avec une chair parfumée.

Variétés de prunes

Cultiver un Prunier à Partir d'un Noyau

Bien que le résultat soit moins que certain, il peut être amusant de planter un noyau de prunier. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une loterie : les insectes qui ont effectué la pollinisation ne se sont pas préoccupés du croisement et de son résultat ! Il n’y a que par greffage que vous obtiendrez un prunier de la même variété. La seule exception est la mirabelle qui peut donner de bons résultats par semis.

Il vous faudra déjà de la patience pour obtenir des fruits, entre 5 et 10 ans, et ceux-ci ne seront peut-être pas très bons à manger, selon les aléas des croisements. Mais à défaut de donner des fruits goûteux, le futur prunier pourra certainement être utilisé comme porte-greffe.

La méthode la plus simple est de directement planter le noyau dans un pot rempli d’un terreau bien drainant et de laisser faire le temps en gardant le substrat humide. Mais pour plus de réussite, il est conseillé de procéder à une stratification : les noyaux, soumis au froid et à l’humidité, voient leur coque se ramollir, elle laissera plus facilement passer le germe une fois le printemps venu. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe dans la nature lorsqu’un noyau tombe au sol !

  1. Préparation du pot : Dans un pot, mettez un fin grillage sur le trou de drainage puis un peu de terreau léger ou de sable.
  2. Disposition des noyaux : Alternez ensuite des couches de sable ou de terreau parsemées de quelques noyaux et humidifiez l’ensemble.
  3. Hivernage : Placez le pot contre un mur exposé au nord et laissez-le à cet endroit jusqu’à la fin de l’hiver, recouvert de grillage pour protéger les noyaux des rongeurs. Maintenez le substrat légèrement humide tout l’hiver.
  4. Repiquage : Lorsqu’il recommence à faire doux, récupérez les noyaux qui ont germé et semez-les individuellement dans un godet.

Autre possibilité pour faire passer l’hiver au froid à vos noyaux : tout simplement les mettre au réfrigérateur.

Conseils d'Entretien Généraux

Un paillage généreux au pied du prunier limite la pousse des mauvaises herbes, protège les racines du froid en hiver et réduit l’évaporation en été. Le prunier est parmi les moins exigeants de nos arbres fruitiers. Il prospère partout en France.

Pour les sujets en racines nues, une taille des branches est indispensable à la plantation pour assurer une bonne reprise de vos plants. Les variétés quetsches, sélectionnées depuis des siècles, sont propagées par greffe : greffage à l’anglaise du mois de mars, ou greffage en écusson au mois de juillet. Des arbres déjà bien formés, ayant beaucoup de prise au vent seront tuteurés pour permettre un enracinement rapide.

Comment planter un prunier ? ( mirabelle de Nancy) ensemble retrouvons le chemin de la nature !!💚💚

Le prunier Quetsche d’Alsace est un arbre fruitier aussi décoratif que généreux. Magnifique du printemps à l’automne, il se couvre d’abord de fleurs blanches, puis de feuilles d’un beau vert avant d’offrir de longues prunes violettes à chair sucrée et parfumée. Sa bonne résistance aux maladies en fait un arbre fiable et facile à entretenir, même pour les jardiniers débutants. Il offre aussi une production régulière.

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