La Rhubarbe et la Permaculture : Une Alliance Naturelle Contre les Pucerons

Le puceron, ce petit insecte prolifique, est le cauchemar de nombreux jardiniers, capable de ravager les plantations avant même une réaction. Ces petits insectes, qui prolifèrent rapidement une fois installés, sont capables de ravager vos plantations avant que vous ayez eu le temps de réagir. Mais dans un jardin en permaculture, la lutte contre ce nuisible s'inscrit dans une approche douce, sans recours systématique aux insecticides chimiques. Une plante qui pousse en été, la rhubarbe, peut fournir une aide précieuse. Ses tiges acidulées sont appréciées pour réaliser des confitures, des compotes, ou encore des tartes. Mais il ne faut surtout pas oublier que ses larges feuilles vertes sont en revanche toxiques. Elles contiennent en effet de l'acide oxalique, une substance qui peut provoquer des douleurs abdominales, des vomissements, et même des troubles rénaux. Ce sont justement ces feuilles, souvent considérées comme un déchet lors de la récolte des tiges, qui peuvent vous aider à faire fuir les pucerons en concoctant un insecticide naturel : le purin de rhubarbe.

Feuilles de rhubarbe

Comprendre le Puceron : Un Ennemi Pas Si Terrible en Permaculture

Bien connu du jardinier, le puceron est un petit insecte prolifique qui se nourrit en pompant de la sève aux végétaux et des arbres. Ce petit parasite n'est pas si terrible dans un écosystème équilibré. Il existe des solutions de lutte naturelle pour limiter sa présence dans votre potager en permaculture. En réalité, et exception faite de quelques espèces généralistes, les pucerons sont souvent inféodés à une seule plante ou famille de plante. Ainsi, le puceron noir du sureau n’ira jamais sucer une fève ou une courgette par exemple !

Le puceron vit en colonie sur une plante hôte. Toujours accompagné, l’insecte pique et aspire la sève des végétaux et des arbres pour se nourrir. Il existe 5000 espèces de pucerons et 400 d’entre elles s’attaquent aux plantes que nous cultivons et consommons. Ils sont spécialisés et consomment une plante en particulier.

Impact des Pucerons sur les Cultures

  • Sur les légumes annuels, au potager : Les pucerons peuvent faire chuter les récoltes. Et même parfois compromises, car la plante prend du retard. Elle met du temps à se remettre de l’attaque même une fois nettoyée des pucerons par les auxiliaires. Ainsi on pourra parfois intervenir, mais avec discernement. Sur certaines cultures comme les fèves, les pucerons les colonisent chaque saison, pourtant nous en mangeons quand même. Ces quelques pucerons n’empêcheront pas de manger cet artichaut. La rhubarbe est assez vigoureuse pour ne pas souffrir des pucerons.
  • Sur la partie jardin ornementale : Le meilleur exemple est le rosier. La fleur s’ouvrira même envahie de ces petites sangsues. Alors si vous souhaitez un jardin naturel, rempli d’insectes et d’auxiliaires de culture, ne traitez plus et n’intervenez plus sur vos plantes ornementales.
  • Transmission de maladies : Les pucerons véhiculent également les maladies et des champignons entre les plantes. Pas de panique, ces risques ne concernent pas ou très peu les jardiniers, ils impactent seulement les grandes monocultures. Les dommages indirects sont bien plus dangereux : les pucerons sont vecteurs de plus de 30 virus végétaux différents, dont le virus de la mosaïque du concombre (CMV) et le redoutable virus des feuilles rouges de la carotte (CtRLV).

Biologie des Pucerons : Un Cycle de Vie Étonnant

Pour comprendre pourquoi un remède maison comme le fumier de rhubarbe est si précieux, il faut considérer l'énorme adaptabilité des pucerons (Aphidoidea). Un facteur clé dans la pression d'infestation est ce que l'on appelle la parthénogenèse (génération vierge). Dans des conditions favorables, les pucerons femelles donnent naissance à une progéniture vivante sans avoir besoin de s'accoupler. Ces clones deviennent sexuellement matures au bout de quelques jours seulement, ce qui entraîne un développement exponentiel de la population. Les populations sont souvent entièrement féminines. La reproduction est exponentielle jusqu'à l’automne.

Périodiquement, des individus ailés naissent ce qui leur permet de coloniser de nouveaux végétaux. Les premières générations de l’année se reproduisent par parthénogénèse, en créant des clones d’elles même. L’hiver, les pucerons sont à l’abri dans leur coquille. La plupart du temps, ils se réfugient dans des arbres. Au printemps, des femelles sans ailes éclosent. Ensuite, quelques jours plus tard et sans fécondation, elles donnent naissance à de nouvelles femelles. Chaque puceron naît avec dans son ventre sa descendance.

Cycle de vie du puceron

Le Purin de Rhubarbe : Un Allié Naturel et Efficace

Les feuilles de rhubarbe, qui constituent souvent un déchet lors de la récolte des tiges, contiennent de l'acide oxalique hautement concentré, qui agit comme un poison de contact efficace contre les insectes suceurs. Ce sont justement ces feuilles qui peuvent vous aider à faire fuir les pucerons en concoctant une sorte d'insecticide naturel : le purin de rhubarbe.

Recette du Purin de Rhubarbe

Le magazine conseille de couper ces feuilles en petits morceaux puis de les mettre dans un seau rempli d'eau (environ 10 litres d'eau pour 1,5 kg de feuilles). Vous devez ensuite laisser macérer ce mélange une bonne semaine à l'abri de la lumière en remuant régulièrement. Vous n'avez plus qu'à vaporiser cette solution naturelle sur les plantes attaquées par les pucerons, de préférence en soirée.

Une autre recette consiste à couper 500 grammes de feuilles, à les jeter dans 5 litres d'eau froide, puis à faire bouillir le tout durant 30 minutes. Laisser reposer 24 heures.

Si vous souhaitez agir vite, vous pouvez déjà récolter du liquide au bout de 24 h de macération. Il faudra vaporiser la solution dans la journée, car elle ne se conserve pas.

Une macération de 100g de feuilles de rhubarbe avec 1 litre d'eau froide portée à ébullition puis refroidie, est un insecticide redoutable d’efficacité car les feuilles de rhubarbe sont bien connues pour être toxiques.

Application du Purin de Rhubarbe

Quelle que soit la recette, il faut ensuite filtrer votre décoction et verser le liquide dans un pulvérisateur. Vous pouvez ensuite le vaporiser sur vos plantes attaquées par les pucerons. Votre décoction se conserve quelques semaines si vous la stockez dans des bouteilles à l'abri de la lumière.

La décoction de rhubarbe peut également s'avérer efficace, toujours avec une action répulsive, contre les limaces ou la teigne du poireau.

Stratégies de Lutte Naturelle Contre les Pucerons en Permaculture

Dans un jardin en permaculture, la gestion des pucerons ne se limite pas à un seul traitement, mais s'inscrit dans une approche globale favorisant la biodiversité et l'équilibre naturel. Les pucerons sont des proies faciles. Pour survivre, ils collaborent avec les fourmis.

Encourager les Prédateurs Naturels

Dans un jardin en permaculture, les pucerons ont de nombreux prédateurs. Coccinelles, larves de syrphes, guêpes ont le puceron affiché au menu. Mais ils sortent tôt dans la saison, avant l’arrivée de leurs prédateurs. Ce qui laisse le jardinier face à un dilemme.

Larves de coccinelles mangeant des pucerons

Le constat pour gérer les pucerons dans votre potager en permaculture est le suivant : les auxiliaires comme la coccinelle arrivent généralement après le développement des pucerons, plus tard dans la saison. Les pucerons ont alors eu le temps de faire du mal et retarder la croissance des plantes potagères avant que les auxiliaires ne les croquent. En tant que jardinier, on devra alors juger de l’intensité de l’attaque pour savoir s’il faut intervenir ou non.

La coccinelle est une véritable alliée au potager ! Formidables chasseuses du stade larvaire à l’adulte, elles dévorent des centaines de pucerons au cours de leur vie. L’introduction des larves de coccinelles reste la solution la plus écologique. La méthode est aussi efficace car une larve peut dévorer jusqu’à 100 pucerons par jour.

La lutte biologique dans les serres - extrait

Interventions Manuelles et Solutions Douces

Au printemps les pucerons attaquent nos plantes, par exemple les artichauts. Pour limiter leurs dégâts, vous pouvez tout simplement les enlever à la main ou avec de l’eau. En rinçant les feuilles à grandes eaux ou en utilisant un pulvérisateur de jardin, les insectes se décollent et tombent au sol. Ils n’ont généralement pas d’ailes et ne peuvent atteindre leur colonie. Un jet d'eau puissant peut déloger les colonies.

Si l’invasion commence à nuire au développement de la plante, ses feuilles tombent ou se recroquevillent vous pouvez vaporiser une solution au savon noir diluée à 10%. Le savon noir, c'est non sélectif (action mécanique, il englobe l'insecte et obstrue les voies respiratoires), donc adieu larve de coccinelle et autre prédateur des pucerons. Utilisez une solution de savon noir dilué en pulvérisation douce, tôt le matin, pour les affections plus importantes.

Répulsifs Naturels et Plantes Attrape-Pucerons

  • Macérations de plantes : Une macération d’ail (diluée à 15%), de pyrèthre (dilué à 20%) ou de sureau (dilué à 20%) a le même effet insecticide/insectifuge. Ces traitements sont naturels et admis en agriculture biologique, mais puissants et non sélectifs. Tous les insectes vivant sur la plante le subiront y compris les auxiliaires. Ce sera donc à vous d’arbitrer entre traitement (et possiblement lancer un cercle vicieux) et non traitement (et parfois, perte de votre récolte…). Le purin d'ortie est un activateur du coup il renforce la plante, mais son odeur va faire fuir la bestiole. Il est donc insectifuge. L'ail repousse aussi les pucerons. Une décoction de 5 gousses d'ail dans un litre d'eau portée à ébullition et que l’on va pulvériser une fois froide, est efficace. Et là aussi l’odeur y est pour quelque chose !
  • Plantes martyres : Vous pouvez aussi planter certaines plantes « martyres » à proximité de vos cultures pour y attirer les pucerons. L’absinthe, la fève ou encore la capucine sont des plantes dont les pucerons sont très friands. En les installant à proximité des cultures sensibles, elles feront office d’appât et protègeront vos légumes sensibles.

Le Rôle des Fourmis : Une Relation Complexe

Les pucerons produisent du miellat. Il s’agit d’une substance sucrée qu’ils rejettent après avoir aspiré la sève de la plante. Des champignons parasites se développent très vite sur ce liquide et peuvent décimer la colonie. De leur côté, les fourmis apprécient cette source de nourriture riche en glucides. Elles sont des guerrières très organisées et défendent les colonies en échange du miellat. Une relation gagnant-gagnant ! La fourmi vient tapoter le dos du puceron avec ses antennes pour le « traire ». Encore une fois rien de dramatique, une colonie de pucerons à une durée de vie d’un mois à six semaines. Une fois ce délai expiré, une partie de ses habitantes s’envoleront vers une autre plante pour continuer à se reproduire.

Fourmis et pucerons en symbiose

Les fourmis défendent les pucerons contre les assaillants, dont les coccinelles font partie. Une petite coccinelle a trouvé une parade : la ‘coccinelle magnifique’ émet les mêmes phéromones que les fourmis et passe inaperçue à leurs yeux, pendant qu’elle croque les pucerons. Conseil : Faites attention aux traces de fourmis sur vos plantes. Les fourmis « traitent » les pucerons pour leur miellat et les défendent activement contre les ennemis naturels tels que les coccinelles.

Le Sur-engraissage et l'Attraction des Pucerons

Si vous êtes victime d’une énorme attaque de puceron, c’est souvent, car vous aurez trop fertilisé vos plantes, notamment avec des matières azotées comme l’urine. Les pucerons se guident à l'odeur et une plante qui présente un excès d'azote va transpirer excessivement du coup, les pucerons les trouvent plus facilement. Ici, une rhubarbe trop amendée au crottin. Cela n’a pas empêché la récolte des tiges !

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