Le purin d'ortie, une solution naturelle et économique, est reconnu pour ses multiples bienfaits au jardin. Issu de la fermentation d'Urtica dioica, une plante particulièrement riche en éléments nutritifs, il se présente comme un allié précieux pour la croissance, la vigueur et la protection des végétaux. Sa popularité, notamment en agriculture biologique, témoigne de son efficacité avérée et de son respect de l'environnement.

Qu'est-ce que le purin d'ortie et quels sont ses composants ?
Le purin d’ortie est une préparation naturelle obtenue par fermentation de feuilles d'ortie (Urtica spp.), notamment l'Urtica dioica, dans de l'eau. C'est une substance de base, de qualité alimentaire, riche en azote, oligo-éléments, vitamines et minéraux bénéfiques pour les plantes. L'ortie est une plante exceptionnellement riche en azote, en fer, en potassium, en calcium et en oligo-éléments. Ces propriétés sont non seulement conservées mais amplifiées lors du processus de fermentation par macération, qui libère les composés actifs dans l’eau et les rend directement assimilables par les plantes. C’est l’une des plantes les plus riches en azote du règne végétal.
Il est important de noter que le purin végétal, comme celui d'ortie, ne doit pas être confondu avec le purin animalier (fumier dilué, lisier). Le purin végétal agit directement sur la santé des plantes et leurs défenses immunitaires. Si l'on consulte sa composition, on voit de suite que ce n'est pas un engrais au sens traditionnel NPK (azote, phosphore, potasse) complet, mais plutôt un phyto-stimulant. L'apport de vitamines et d'oligo-éléments contenu dans l'extrait fermenté d'ortie permet à la plante d'aller encore plus chercher les éléments dont elle a besoin dans le sol et de mieux les assimiler. Le purin d’orties apporte d’autres éléments nutritifs utiles ou indispensables aux plantes comme la potasse, le fer, le magnésium ainsi que des oligoéléments. Il est assez pauvre en phosphore, mais cet élément est rarement un facteur limitant si la terre est bien pourvue en matière organique. Les purins en général ont d’autres actions bénéfiques : ils favorisent la vie microbienne des sols et mettent à disposition des plantes les éléments nutritifs déjà présents dans le sol.

Les multiples usages du purin d'ortie au jardin
Le purin d’ortie est un produit polyvalent, avec des applications variées qui en font un incontournable du jardinage naturel.
Un engrais et phyto-stimulant puissant
La richesse en azote de l'ortie est précieuse pour les cultures : l’azote est l’élément nutritif qui gouverne la croissance des parties vertes (tiges, feuilles) et la vigueur générale du plant. Le purin d’ortie apporte également du fer, indispensable à la synthèse de la chlorophylle. Si le sol de votre jardin est naturellement pauvre en matière organique ou si vos plants montrent des signes de chlorose (jaunissement des feuilles), un arrosage régulier au purin d’ortie dilué à 10 % leur redonnera rapidement de la vigueur. Cet engrais est riche en azote et de ce fait il favorise la croissance des plantes. On peut l'utiliser aussi à l'automne comme traitement de fond. On le mélangera dans ce cas avec l'extrait fermenté de consoude.
Le purin d’ortie est particulièrement utile pour fertiliser vos fraisiers, à utiliser largement jusqu’à la floraison. Vous pouvez aussi l’appliquer en arrosage au pied de vos arbres fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers en particulier) et de vos arbustes fruitiers (groseillier, cassis, framboisier). Au potager, vous pouvez arroser le pied des plants de salades, d’épinards, de tomates, de courgettes, d’aubergines, de poireaux toutes les semaines. Vous apporterez ce purin dès la plantation ou le semis et ceci jusqu’à l’apparition des premières fleurs. Il s'utilise surtout lors de la croissance des plantes (en général sur des plants jeunes).
Un stimulateur des défenses naturelles et antifongique préventif
Au-delà de son rôle d’engrais, le purin d’ortie est reconnu comme un stimulateur des défenses naturelles des plantes. Appliqué en pulvérisation foliaire à 2-5 %, il renforce la résistance des plants contre les maladies cryptogamiques, notamment le mildiou et l’oïdium. Cette action antifongique est préventive : elle n’éradique pas une maladie déjà installée, mais réduit significativement les risques d’apparition lorsqu’elle est appliquée régulièrement tout au long de la saison. Le purin d’ortie est efficace pour combattre les pucerons en préventif. Il peut être utilisé en préventif et en curatif. En préventif, oui. En curatif, non. S'il y a une attaque de pucerons, il faut arrêter les extraits fermentés, car au contraire, vous risquez de les attirer. Il faut donc passer sur des préparations curatives type macération d'ail ou infusion de feuilles d'orties.
Un répulsif contre les insectes ravageurs
Le purin d’ortie est également utilisé comme répulsif contre les principaux insectes ravageurs du potager : pucerons, aleurodes (mouches blanches) et limaces. Son action répulsive repose sur son odeur forte et sur les composés volatils libérés par la fermentation, qui perturbent les insectes et les incitent à quitter les plantes traitées. Pour un effet répulsif optimal, pulvérisez le purin dilué à 2-5 % directement sur le feuillage, le matin ou le soir (jamais en plein soleil pour éviter les brûlures foliaires), en veillant à bien imprégner la face inférieure des feuilles où les insectes se réfugient.
Un désherbant naturel ciblé
Utilisé pur ou très concentré, le purin d’ortie peut servir de désherbant naturel : sa forte concentration en composés actifs brûle les végétaux sur lesquels il est appliqué directement. Cette utilisation doit donc rester ciblée et ponctuelle. Appliquez-le exclusivement sur les mauvaises herbes à éliminer, en évitant tout contact avec les plantes cultivées et en veillant à ne pas imprégner le sol en excès pour préserver les nappes phréatiques. Attention : ce n'est pas un désherbant, car même utilisé pur, la partie aérienne de la plante "grille" par excès d'azote. La concentration du purin d’ortie pur est telle qu’il peut brûler les végétaux sur lesquels il est pulvérisé.

Un activateur de compost
Arroser le compost avec des restes de purin d’ortie permet d’en faire augmenter la température et de multiplier les micro-organismes décomposeurs. Les résidus solides d’orties récupérés lors de la filtration sont riches en matière organique et en nutriments partiellement libérés. Deux valorisations sont possibles : les incorporer directement au compost (où ils achèveront leur décomposition), ou les enfouir superficiellement au pied des plantes comme paillis nutritif.
Comment fabriquer son purin d'ortie maison ?
Fabriquer son purin d’ortie chez soi est simple et économique. La recette de base produit 10 litres de purin concentré à partir de 1 kg d’orties fraîches.
Le matériel nécessaire
Pour 10 litres de purin, il vous faudra :
- Deux seaux ou tout autre contenant de plus de 10 litres (pour que le brassage quotidien soit plus facile). Sélectionnez un contenant en plastique ou en bois, la fermentation du purin fait s’oxyder le métal.
- Des bidons opaques pour le stockage.
- Des gants et un sécateur pour ramasser et traiter les orties.
- Un tissu (toile de jute par exemple) ou un grand torchon pour protéger le mélange pendant la fermentation. Il pourra également servir lors de la filtration.
- Un grand entonnoir pour verser le purin dans les bidons.
- Une balance pour peser les orties.
La récolte des orties
Portez impérativement des gants épais (gants de jardinage ou gants en cuir) et un vêtement à manches longues. Frottez immédiatement la zone avec des feuilles de plantain lancéolé (Plantago lanceolata), une plante qui pousse souvent à proximité des orties, en cas de piqûre.Privilégiez les jeunes feuilles situées en bout de tige : elles sont les plus riches en principes actifs. Évitez les tiges montées en graines (reconnaissables à leurs petites fleurs pendantes) : incluses dans la fermentation, les graines risquent de germer dans votre jardin lors de l’épandage. L’ortie se cueille au printemps, entre avril et mai, avant qu’elle ne commence à fleurir. On utilise toutes les parties aériennes mais aussi les racines qui sont riches en éléments nutritifs.Stockez les orties coupées dans un filet en plastique ou un sac à pommes de terre. Les feuilles resteront bien contenues et la future préparation contiendra moins de débris à filtrer.
La préparation de la macération
- Découper les orties finement : Plus les morceaux d’ortie sont petits, plus la fermentation sera rapide et complète. Hachez-les à la main, aux ciseaux, ou passez-les à la tondeuse si vous en disposez en grande quantité.
- Mettre en macération dans l’eau de pluie : Placez 1 kg d’orties fraîches (ou 100 g d’orties sèches) dans le contenant et versez 10 litres d’eau de pluie par-dessus. L'eau non calcaire (eau de pluie ou eau d’une fontaine ou d’un puits, ou encore l’eau de source ou d’un ruisseau) est préférable, car l’absorption des principes actifs est bloquée par la présence de cet élément. Il est possible d’utiliser l’eau du robinet mais en la laissant reposer au minimum 24 heures afin de la débarrasser du chlore qu’elle contient. Pour rétablir un bon pH, ajoutez 8 cl de vinaigre. Remuez pour bien immerger toute la matière végétale.
- Couvrir sans fermer hermétiquement : Posez un torchon ou un tissu sur le contenant, maintenu par un élastique ou une ficelle. Ce couvercle perméable protège le mélange des impuretés (feuilles mortes, insectes) tout en laissant les gaz de fermentation s’échapper. Placez le contenant dans un endroit ombragé et éloigné. À l’ombre, la température monte moins vite et la fermentation est plus lente et moins odorante. Un emplacement au fond du jardin, près du compost, est idéal. Ne jamais fermer hermétiquement le contenant : un couvercle hermétique emprisonne les gaz de fermentation à l’intérieur du récipient. À l’ouverture, ces gaz concentrés se libèrent d’un coup et propagent une odeur extrêmement forte.
- Remuer quotidiennement : Remuez au moins une fois par jour, idéalement deux à trois fois. Le brassage oxygène le mélange, accélère la fermentation et limite les mauvaises odeurs. Un brassage fréquent maintient le mélange oxygéné, ce qui favorise une fermentation aérobie moins malodorante qu’une fermentation anaérobie.
- Surveiller la fin de fermentation : La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface du liquide. La durée varie selon la température ambiante : 5 à 7 jours à 20 °C (conditions optimales au printemps), 10 à 14 jours si la température est inférieure à 15 °C. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir plutôt que de fermenter. Un purin bien fermenté dégage une odeur proche du purin de vache. Si l’odeur est véritablement putride et insupportable, cela indique généralement un problème de fermentation.
La VRAIE recette du purin d'ortie
Astuces pour accélérer la fermentation
Si vous souhaitez obtenir votre purin d’ortie plus rapidement, plusieurs techniques permettent de raccourcir le temps de fermentation sans compromettre la qualité du produit final.
- Broyer les orties très finement : Plus la surface de contact entre la matière végétale et l’eau est grande, plus les principes actifs se libèrent vite.
- Réaliser la préparation à 20 °C : le printemps est la période idéale.
- Augmenter la température : Couvrez votre récipient avec un film plastique afin d’y faire monter la température ou installez-le au soleil. Il faut cependant veiller à ce que la température ne monte pas trop (au-dessus de 25 °C), au risque de faire pourrir la préparation au lieu de la faire fermenter.
Un "purin" express (sans fermentation)
Cette préparation n’est pas réellement un purin puisqu’il n’y a pas de fermentation, mais elle est tout de même assez efficace et s’utilise non diluée.
- Récupérez les plus jeunes feuilles des orties, celles situées à l’extrémité de la tige. Toutes jeunes, elles sont plus riches en nutriments.
- Lavez-les puis ajoutez de l’eau tiède et laissez décanter une journée.
- Récupérez le liquide et utilisez-le dans les jours qui suivent.
Filtration et conservation du purin d'ortie
Filtration
Filtrez le purin à travers une passoire fine ou un tissu pour séparer le liquide des résidus solides. Pour une meilleure conservation dans le temps, un filtrage fin sera nécessaire, mais le purin doit au final toujours contenir une partie de matière organique qui va former un dépôt vert au fond du bidon. Si le purin doit être pulvérisé, le filtrage doit également être très fin pour ne pas boucher le pulvérisateur. Ce filtrage peut être évité si vous avez préparé une petite quantité, à utiliser dans les jours qui suivent. Les résidus végétaux solides peuvent être directement compostés ou enfouis au pied des plantes comme paillis nutritif.
Conservation
Une fois la fermentation terminée et le purin filtré, il est tout à fait possible de le stocker pour l’utiliser tout au long de la saison ou même jusqu’à la saison suivante.
- Contenant : Utilisez des bouteilles ou bidons opaques, hermétiquement fermés. Préférez des récipients noirs.
- Température : Stockez dans un endroit frais et stable : cave, garage, abri de jardin ombragé (environ 12 °C). La lumière et la chaleur dégradent les principes actifs.
- Durée : Le purin d’ortie bien conservé reste pleinement efficace pendant 3 à 6 mois. Filtré très bien, il peut se conserver 6 mois et même 1 an. Au-delà de 6 mois, le purin perd en efficacité fertilisante et antifongique, mais reste utilisable comme amendement du sol. Après ouverture, le purin se conserve environ 3 semaines.

Dosage et mode d'application
Le purin d’ortie s’utilise exclusivement dilué dans de l’eau, jamais pur sur les plantes cultivées, sauf en usage désherbant ciblé sur les mauvaises herbes. La concentration varie selon le type d’application et l’objectif recherché. Le printemps, lorsque les végétaux sont en pleine croissance, est la période d’utilisation idéale.

| Mode d'application | Dilution | Préparation pratique | Fréquence conseillée |
|---|---|---|---|
| Pulvérisation foliaire | 2 à 5 % | 2 à 5 cl de purin pour 1 litre d’eau | Toutes les 1 à 2 semaines en prévention |
| Arrosage au pied | 10 % | 1 litre de purin pour 10 litres d’eau | Toutes les 2 à 3 semaines en phase de croissance |
| Goutte-à-goutte | 1 à 3 % | 1 à 3 cl de purin pour 1 litre d’eau | Hebdomadaire en saison |
| Trempage de racines | 20 % | 200 ml de purin pour 1 litre d’eau | Ponctuellement, avant repiquage ou transplantation |
| Désherbant ciblé | Pur ou très concentré | Purin non dilué, appliqué directement | Ponctuellement, par temps sec et ensoleillé |
Conseils importants pour l'application :
- Arroser la terre avant l’application : Si le sol est sec, arrosez d’abord à l’eau claire avant d’apporter le purin. La terre doit être déjà humide avant chaque arrosage.
- Ne jamais pulvériser en plein soleil : Les gouttelettes concentrent la lumière et peuvent provoquer des brûlures foliaires. Les pulvérisations se réalisent le matin ou le soir, en abondance afin que le feuillage soit bien trempé.
- Stoppez le purin d’ortie à la floraison : L’azote favorise la croissance végétative (feuilles, tiges) au détriment des fleurs et des fruits. En gros, vous utiliserez le purin d’ortie en période de croissance des plantes et jamais en période de floraison. Pour les fleurs, on préférera l'utilisation de l'extrait fermenté de consoude.
- Évitez les légumineuses : Haricots, pois, fèves, lentilles et pois chiches sont des légumineuses qui agissent comme des engrais verts en fixant naturellement l’azote atmosphérique grâce à leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote favoriserait la croissance du feuillage au détriment des gousses et des graines.
- Matériel : Utilisez un pulvérisateur pour les applications foliaires ou la pomme d’un arrosoir pour les arrosages au pied.
Attention au surdosage : N'utilisez pas le purin d’ortie en trop grande quantité et trop tard dans la végétation. Un excès d’azote peut nuire à vos cultures et attirer certains parasites. Évitez de le sur-doser, car l'effet sera inverse. Par exemple, si vous l'employez pour combattre les pucerons, en dosant la préparation à 20 %, vous risquez d'attirer les pucerons, car ils raffolent des sucs contenus dans la préparation.

Le purin d'ortie et la loi en France
Oui, le purin d’ortie est légal en France depuis le décret du 25 juin 2011. Il avait été interdit entre 2006 et 2011 en raison de son assimilation aux produits phytosanitaires soumis à homologation. Depuis, les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) - dont le purin d’ortie fait partie - sont librement autorisées à la fabrication et à l’utilisation, aussi bien par les particuliers que par les agriculteurs professionnels, sans formalité administrative. Tous les purins végétaux ne sont pas autorisés en France. Avant de préparer un purin autre que l’ortie, vérifiez qu’il figure bien dans la liste des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) autorisées. Le purin d’ortie, le purin de consoude et le purin de prêle sont autorisés.
Planter des orties dans son jardin : une bonne idée ?
Bien que l’on trouve facilement des orties dans la campagne, en avoir dans son jardin permet d’en avoir toujours sous la main pour faire son purin d’ortie, mais pas seulement car elle offre d’autres bénéfices. L’ortie pousse naturellement dans les zones riches en azote : lisières de forêts, haies, bords de chemins, terrains en friche. Elle apprécie les sols frais, riches en matière organique, et les zones semi-ombragées. En avoir dans un coin de jardin est un atout réel : cela évite de chercher sa récolte à l’extérieur et profite également à la faune locale : coccinelles, papillons et nombreux insectes auxiliaires s’y reproduisent.
Laisser pousser un carré d’orties dans une zone écartée du jardin présente plusieurs avantages au-delà de la fabrication du purin :
- Assainissement des sols : L’ortie assainit les sols trop riches en nitrates, en phosphates ou en calcaire.
- Hôte pour les papillons : Elle accueille la ponte de plusieurs espèces de papillons (petite tortue, paon-du-jour, vulcain) dont les chenilles se développent exclusivement sur ses feuilles.
- Attraction des coccinelles : Elle attire les coccinelles, qui sont des prédatrices naturelles des pucerons. Celles-ci attirent en effet de nombreux pucerons et devient du coup très fréquentée par les coccinelles qui cherchent des garde-manger pour leurs larves.
- Source alimentaire pour les oiseaux : Enfin, les graines d’ortie sont une source alimentaire pour de nombreux oiseaux des jardins.
- Refuge pour les insectes auxiliaires : Elle peut être installée dans un petit coin de prairie fleurie ou de friche, autour d’un arbre, où elle contribuera au bonheur de nombreux insectes auxiliaires en leur offrant un refuge voire un restaurant ! Les syrphes également apprécient l’ortie, mais plutôt en tant qu’abri. Les petites guêpes parasites, très efficaces contre les ravageurs du jardin, se plaisent aussi à venir y pondre.
Elle sera semée directement en pleine terre, à l’automne ou au printemps. Elle aime les terres riches en azote, frais et elle supporte très bien les zones semi-ombragées.
Questions fréquemment posées sur le purin d'ortie
Combien de temps faut-il pour faire fermenter le purin d’ortie ?
La durée de fermentation dépend directement de la température ambiante. À environ 20 °C (conditions idéales, typiques du printemps), le purin est prêt en 5 à 7 jours. En dessous de 15 °C, comptez 10 à 14 jours. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir. La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface. Vous pouvez également la confirmer par l’odeur : un purin bien fermenté sent le purin de vache, désagréable mais caractéristique.
Peut-on utiliser le purin d’ortie sur toutes les plantes ?
Le purin d’ortie est compatible avec la quasi-totalité des plantes du potager, du verger et du jardin d’ornement. La seule exception concerne les légumineuses (haricots, pois, fèves, lentilles, pois chiches) qui fixent naturellement l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote favoriserait la croissance du feuillage au détriment des gousses et des graines. Pour les légumes, on fera une différence entre les légumes feuilles (type salade) où l'emploi du purin d'ortie suffit pour favoriser la croissance, les légumes fruits (type tomate) où l'on utilisera le mélange ortie-consoude et les légumes racine (type radis) où l'on préférera le mélange ortie-fougère.
Comment conserver le purin d’ortie et combien de temps ?
Le purin filtré se conserve 3 à 6 mois dans des bouteilles ou bidons opaques hermétiquement fermés, stockés dans un endroit frais et à l’abri de la lumière (cave, garage). La lumière et la chaleur dégradent les principes actifs. Au-delà de 6 mois, le purin perd en efficacité fertilisante et antifongique, mais reste utilisable comme amendement du sol. Après chaque utilisation, il est conseillé de vider le restant dans un contenant plus petit pour éviter autant que possible au purin de rester en contact avec de l’air.
Pourquoi mon purin d’ortie sent-il vraiment très mauvais ?
Une odeur forte est normale, c’est le signe d’une fermentation active. En revanche, si l’odeur est véritablement putride et insupportable, cela indique généralement l’une de ces erreurs : le contenant était fermé hermétiquement (les gaz de fermentation s’y sont accumulés), la température a dépassé 25 °C (le mélange a pourri au lieu de fermenter), ou le mélange a été très peu remué. Pour éviter ce problème, couvrez sans fermer, installez le contenant à l’ombre, et remuez deux à trois fois par jour. La sauge officinale ou le lithothamne (algue marine très riche en minéraux) que l’on conseille de rajouter pour éviter les exhalaisons du purin peuvent montrer une certaine efficacité, mais ils sont à ajouter seulement à la fin de la fermentation. La sauge va en effet bloquer cette fermentation, tout comme le lithothamne qui est très concentré en calcaire. Ajouter l’une ou l’autre une fois que la fermentation est terminée peut protéger le purin et éviter une nouvelle fermentation.
Quelle est la différence entre le purin d’ortie et le purin de consoude ?
Les deux purins sont complémentaires et se succèdent dans le calendrier cultural. Le purin d’ortie est riche en azote : il stimule la croissance végétative et s’utilise du semis jusqu’aux premiers boutons floraux. Le purin de consoude est riche en potasse et en phosphore : il prend le relais à la floraison et favorise la production de fleurs et de fruits. Dans la pratique, arrosez au purin d’ortie en début de saison puis passez au purin de consoude dès que vous observez les premiers boutons floraux. Vous pouvez aussi mélanger les 2 purins, soit fabriquer un purin en mélangeant, moitié-moitié, des feuilles d’ortie et de consoude. Le purin mélangé consoude plus ortie est un véritable engrais complet l'azote provenant de l'ortie et la potasse, le bore et l’allantoïne de la consoude.
Le purin d’ortie est-il dangereux pour les chats ?
Non, il n'est pas dangereux pour les chats. L'odeur les repousse.
Autres utilisations et bienfaits de l'ortie
L’ortie est comestible. La soupe à l’ortie est bien connue. La salade aux orties est beaucoup moins populaire mais a aussi ses adeptes. Les graines d’ortie sont utilisées pour confectionner de nombreux desserts. Dans ce domaine ses vertus et ses bienfaits sont innombrables. On fabrique, par exemple de la tisane ou de l’infusion d’ortie à partir de racines ou de feuilles. On considère que l’ortie a un effet revigorant. Du fait de sa richesse en fer, magnésium, calcium… et en vitamines, elle est utilisée pour combattre la fatigue. Elle a aussi une action diurétique et elle soigne certaines allergies. Beaucoup l’utilise en cataplasme pour soigner l'arthrite et les rhumatismes.
