Le compost de fumier de bovin : Guide complet pour une fertilisation durable

Le fumier de vache est un amendement organique précieux pour les jardiniers amateurs et professionnels. Riche en nutriments essentiels, le fumier de bovins peut considérablement améliorer la qualité du sol. Il favorise également une croissance saine et abondante des plantes. Le terme "compost" signifie "engrais composé". Il est issu d'un processus biologique comprenant plusieurs phases permettant la transformation de matières organiques en compost. Le compostage agricole permet de se débarrasser de déchets agricoles, fumiers d'animaux, carcasses, déchets de légumes, foin. Le fumier n'est pas toujours composté. D’abord, les fumiers sont souvent stockés dans de mauvaises conditions. Ensuite les tas volumineux et les fumiers stockés ne sont pas retournés.

Schéma illustrant le processus de compostage du fumier de bovin en andains

Les avantages agronomiques et environnementaux du compost

Les avantages du compost sont bien connus (transport et épandage facilités, produit hygiénisé et désodorisé, abattement d’azote…). Les avantages du compost incluent un gain en temps et coût de transport, le volume étant réduit par rapport à un fumier brut. On observe également un abattement de 30 % d’azote en fumier de bovins en respectant un cahier des charges, ainsi que des distances d’épandages réduites par rapport aux maisons. Le compost est un produit désodorisé et hygiénisé.

Le fumier de vache est moins concentré que le fumier de cheval ou de volaille, mais un excès peut tout de même entraîner un développement exagéré du feuillage au détriment des fruits, une sensibilité accrue aux maladies cryptogamiques et une pollution des nappes phréatiques par lessivage de l’azote. Bien utilisé, il devient un amendement équilibré, qui nourrit vos cultures et enrichit durablement le sol.

Caractéristiques du produit de départ : l’importance de la paille

Pour un bon compostage, le fumier de départ doit être suffisamment pailleux (5 à 8 kg de paille par UGB et par jour en bovins). Dans le cas contraire, il est possible de lui ajouter un support carboné (déchets verts, paille, copeaux…) pour assurer une aération suffisante. Le taux de matière sèche doit être inférieur à 50 %, sinon il faut prévoir d’humidifier le fumier. Le fumier est un mélange de déjections animales et de litières. Les déjections de bovins seules sont de la bouse, à ne pas utiliser telle quelle dans votre potager. Le fumier est un mélange d’urine, d’excrément et de matière carbonée.

Compostage partagé [4/4] | La maturation | SIDEFAGE

Le processus de compostage : de la matière brute à l’amendement stable

Le fumier de départ doit être suffisamment pailleux et humide pour obtenir en deux retournements et après deux à trois mois un compost bon à épandre. Le compostage à la ferme est une technique facile à mettre en œuvre, nécessitant peu de matériel et peu coûteuse. Le compostage Bokashi est une méthode japonaise de compostage en milieu anaérobie des déchets organiques. Au bout de trois jours, l’agriculteur pourra se servir de la phase liquide, appelée jus de fermentation, comme fertilisant et de la phase solide du compost comme apport de matière organique et de bactéries.

Lorsque le compost est épandu sur une terre agricole, il augmente le contenu en matière organique et bonifie les propriétés physiques et chimiques du sol, ce qui améliore l’état d’ameublissement, la teneur en éléments nutritifs et le pH. Le fumier composté est l’allié idéal pour démarrer la saison au potager. Contrairement au fumier frais, il est déjà décomposé, ce qui permet aux éléments nutritifs d’être rapidement assimilables par les plantes.

Valeurs fertilisantes et gestion des nutriments

Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3%. Le potassium des PRO (Produits Résiduaires Organiques) se trouve dans les urines et les litières. Sa solubilité est analogue à celle des engrais potassiques. Le phosphore se trouve en majorité sous des formes minérales plus ou moins solubles, mais aussi sous des formes organiques très diverses comme les phospholipides et les phytates.

Les expérimentations menées par l’INRA de Bordeaux sur plus de 70 produits organiques montrent que la disponibilité à court terme du phosphore des PRO est au moins égale à 50 % de celle du superphosphate. Quant à la mise à disposition de l’azote des PRO, elle est très variable selon la part d’azote minéral et les formes d'azote organique qu’ils contiennent. Pour tous les PRO, on distingue une phase de minéralisation plus rapide de l’azote organique au cours des 12 mois suivant l’apport. Les composts de fumiers de bovins qui ont subi une phase de maturation longue (supérieure à 12 mois) se minéralisent très lentement : seul 5 à 10 % de leur azote organique est libéré au cours de la première année.

Tableau comparatif des valeurs fertilisantes des différents types de fumiers

Pratiques d’épandage et calendrier cultural

L’épandage peut être fait avec un épandeur à hérissons verticaux ou à table d’épandage. Avant un maïs, l’épandage doit être fait le plus tôt possible, dès mi-février. 20 tonnes par hectare de compost apportent 38 unités d’azote, 78 de phosphore et 166 de potasse. Sur herbe, l’épandage est à faire dans le courant de l’hiver. 15 tonnes par hectare de compost couvrent les besoins en phosphore et en potasse d’une prairie à 10t MS/ha.

Au printemps, incorporez le compost mûr en surface ou lors du bêchage léger avant vos plantations de légumes gourmands comme les tomates, courges, pommes de terre ou choux. Le fumier de vache frais, quant à lui, peut être trop puissant pour un apport direct sur les cultures en place. La meilleure période pour l’utiliser est l’automne, juste après les récoltes. Épandu en couche au sol, il aura le temps de se décomposer pendant l’hiver, enrichissant la terre et préparant une structure souple et fertile pour le printemps suivant.

Précautions sanitaires et environnementales

Il est impératif d'éviter le fumier frais sur les légumes consommés crus (salades, radis, carottes, concombres, fraises), car il contient encore de nombreux germes pathogènes comme E. coli, salmonelles ou listeria. Pour ces cultures sensibles, n’appliquez que du fumier composté et parfaitement décomposé. Respectez les doses recommandées : 0 à 3 kg de fumier composté par m² ou 1 à 3 kg de fumier frais par m², et évitez d’en apporter chaque année sur la même parcelle. Un apport trop important de fumier de vache peut provoquer une surdose d’azote, perturbant l’équilibre du sol et entraînant des fuites de nitrates dans les nappes phréatiques.

Optimisation de la fertilisation naturelle

Le fumier de vache, utilisé seul, n’apporte pas toujours un équilibre parfait entre azote, phosphore et potassium. Pour optimiser son efficacité, il est recommandé d'alterner avec du compost de déchets de cuisine et de jardin, de combiner avec des engrais verts pour structurer la terre et de compléter avec des paillages pour protéger la surface et stimuler l’activité microbienne.

Les composts de fumiers de bovins bien pailleux sont équilibrés en C/N. C’est donc un excellent amendement organique. Ils sont aussi riches en phytohormones qui fonctionnent comme des bio-stimulants. Ils sont également alcalinisants, plus élevés que des fumiers de bovins bruts, donc peuvent être intéressants en sols acides. Le jardinier a de nombreuses cartes en main pour enrichir son sol, l’améliorer et nourrir ses cultures. Pensez au compost ménager, au compost végétal, aux paillages diversifiés qui mois après mois amèneront de la richesse. Pensez aussi à la multitude d’engrais naturels qui vont enrichir votre sol.

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