Guide complet : Quand et comment utiliser le fumier au jardin

Le fumier est un précieux fournisseur d’éléments nutritifs pour le sol. Il s’agit d’un berceau de richesse pour notre terre et, à terme, un apport de nutriments pour nos cultures. Bien qu'il ne soit pas le sujet le plus poétique - composé d'urines, de déjections animales et de litière - le fumier peut s’avérer être un formidable allier au potager. Cependant, une fertilisation correcte exige de prêter attention à plusieurs paramètres, notamment la nature du fumier, son état de décomposition et le moment de l'épandage.

Tas de compost et fumier en cours de décomposition

Constitution et nature du fumier

Le fumier est le mélange de plusieurs matières organiques. On y retrouve d’une part les urines et les déjections ou fèces des animaux (crottins, bouses, fientes, crottes…). Vient ensuite la litière qui absorbe les urines, que ce soit foin, paille, broyat ou encore sciure. Au final, le fumier est un mélange de matières très sèches, très carbonées, très ligneuses, couplées à des matières très humides.

On différencie les fumiers en fonction de leur provenance et de leur forme de production :

  • Fumier frais : Fumier de bovin, de volaille ou de cheval non transformé obtenu directement à la ferme. L’inconvénient est principalement l’odeur et la manipulation.
  • Pellets : Fumier séché et délicatement compressé. Les pellets sont faciles à répartir dans le jardin et possèdent une odeur agréable.
  • Composté : Le fumier de bovin ou de cheval composté, qui ressemble beaucoup au compost, est utilisé comme celui-ci.

Plus l’animal est petit, plus le fumier est riche ! Les fumiers de lapin et de poules sont au moins deux fois plus concentrés en minéraux qu’un fumier de vache ou de cheval.

Pourquoi et comment composter le fumier

La question se pose de savoir si un fumier s’utilise frais ou s’il est nécessaire de le composter durant quelques semaines ou quelques mois. Les deux hypothèses sont envisageables, mais l’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue.

Le premier avantage à composter un fumier est de l’assainir, se prémunissant ainsi des risques sanitaires, notamment si les animaux ont reçu des traitements médicamenteux. La litière imprégnée d’urine et les déjections vont se bonifier l’une et l’autre dans un équilibre d’humidité et d’oxygénation. En le répandant frais, la litière se retrouve parfois d’un côté, les déjections d’un autre, et la température monte moins haut. Le fumier doit chauffer pour bien se décomposer.

De nombreux autres avantages viennent s’ajouter à l’utilisation d’un fumier composté :

  • Il prend deux fois moins de place qu’un fumier frais.
  • Il est parfaitement homogène, stable, libère très lentement des minéraux et peut donc être utilisé toute l’année.
  • Grâce à la phase de compostage à chaud, vous aurez moins de graines d’adventices dans votre amendement.

Le compostage du fumier

Le calendrier idéal pour l'épandage

Le fumier frais ne doit pas être en contact direct avec les racines des plantes, car l’ammoniac peut provoquer des brûlures. Il devrait donc toujours être incorporé et non pas seulement réparti superficiellement.

Dans le potager, épandez le fumier soit à l’automne, après avoir nettoyé les plates-bandes, soit à la fin de l’hiver, lorsque le sol n’est plus gelé. Il n’y a ainsi plus de danger de brûlures et le fumier peut déjà commencer à se décomposer dans le sol. Le meilleur moment, c’est en automne. Le sol est encore bien chaud et actif, il engloutira tout cela durant l’hiver.

Si vous utilisez des pellets ou du fumier composté, vous pouvez les épandre directement avant la plantation, puis les enfouir légèrement. Pour les cultures estivales gourmandes, l'apport peut se faire en été sous forme de paillage nourrissant, en étalant une couche de 3 à 5 cm autour des tomates, courgettes ou poivrons.

Le fumier comme amendement vs engrais

Gare à ne pas confondre le fumier avec l'engrais. Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3 %. Sa richesse en carbone et sa faible concentration en minéraux nécessitent du temps pour que la vie du sol décompose les molécules complexes.

Pour l’azote, il faudra plusieurs semaines, plusieurs mois et même plusieurs années pour qu’il se rende disponible. On parle de minéralisation de l’azote. Le fumier et le compost fournissent au sol du jardin de nombreux éléments nutritifs, mais pour que vos cultures maraîchères soient bien nourries, il vous faut encore ajouter de l’engrais pour légumes si nécessaire.

Dosages et précautions par type d'animal

Les doses varient selon la concentration du produit :

  • Fumier frais : 2 à 3 kg par m².
  • Fumier composté : 1 à 2 kg par m² suffisent pour enrichir le sol avant les plantations de printemps.
  • Fumier déshydraté : 0,5 à 1 kg par m², ou quelques poignées autour de chaque plant.

Le fumier de cheval est le plus répandu. Il monte vite en chaleur et est parfois utilisé pour confectionner des « couches chaudes ». À l'inverse, le fumier de vache est plutôt conseillé pour les sols légers, car il est lourd et froid. Le fumier de poule, très riche, demande une grande parcimonie : 1 kilo au m² est une belle dose.

Enfin, rappelez-vous que si votre sol est déjà noir, souple et riche en humus, ajouter du fumier peut être superflu, voire contre-productif. De même, les légumes-racines comme les carottes ou les radis réagissent mal à un excès de fertilité ; dans ce cas, mieux vaut éviter tout apport massif.

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