Le fumier équin, un sous-produit naturel de l'élevage de chevaux, est une ressource organique précieuse, mais sa gestion appropriée est essentielle pour prévenir la pollution environnementale. Riche en matière organique, azote et phosphore, il constitue un amendement de sol exceptionnel pour l'agriculture et le jardinage, à condition d'être manipulé avec soin. Comprendre les quantités produites, les régulations associées à son stockage et à son épandage, ainsi que les méthodes optimales de valorisation, est la clé pour tirer pleinement parti de cette ressource.
Estimation de la Production Quotidienne et Annuelle de Fumier Équin
La quantité de fumier produite par un cheval peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs, notamment son alimentation, son poids, son niveau d'activité, et le type de litière utilisée. En général, un cheval produit entre 24 et 27 Kg de déjections par jour (urine + crottins) [2]. Ces chiffres englobent l'ensemble des matières excrétées.

Pour une estimation annuelle, un cheval logé en box produit entre 5 et 14 tonnes de fumier par an [3]. Des études plus récentes, basées sur des enquêtes et des calculs de bilans, ont affiné ces estimations. Pour un cheval adulte, la quantité annuelle produite s'est élevée à 12 - 13 t de fumier frais ou environ 6 t de fumier consommé. Il est important de noter que ces excréments calculés de cette manière ont été plus faibles que les valeurs indicatives actuellement en vigueur pour toutes les catégories de chevaux. Ces bilans ont été établis pour diverses catégories comme les chevaux de selle, les chevaux de trait, les juments et les poulains, en prenant en compte le poids des animaux, la quantité de paille de litière et les heures de travail comme variables. Ces résultats sont utilisés comme base pour la révision des valeurs indicatives correspondantes.
Compostage de fumier équin dans un haras de pur sang
La nature de la litière utilisée a un impact direct sur le volume total de fumier. Si la litière utilisée est de la paille, le calcul pour estimer la production annuelle de fumier est : Quantité de paille consommée x 3 = Quantité de fumier produite. Le coefficient multiplicateur dépend entre-autre du temps de séjour de l’équidé sur la litière. L'estimation de la quantité totale de fumier produite n’est pas toujours simple, le plus juste étant de peser le fumier au moment de l’évacuation. En effet, au cours du stockage, le fumier subit un tassement et un début de fermentation qui n’entraînent pas une réduction linéaire des volumes dans le temps. Le poids du fumier est aussi modifié par l’humidification de la matière (pluviométrie) et les pertes gazeuses liées aux processus de fermentation.
La production et la composition du fumier de cheval ont été étudiées sur la base d’enquêtes réalisées sur des exploitations et par des calculs de bilans. Selon la littérature se rapportant aux études sur le fumier de cheval (Wartell et al.), cela représente entre 18 et 30 m³/cheval/an (Franze et al., 2019).

Composition et Caractéristiques du Fumier de Cheval
Le fumier équin se distingue par une composition riche et équilibrée qui en fait un amendement de choix pour les sols. Il est riche en matière organique (66,4 g/Kg de Matière Brute), en azote (8,7 g/Kg de Matière Brute) et en phosphore (3,7 g/Kg de Matière Brute) [1]. Le fumier est un bon amendement pour le sol, composé à la fois de déjections animales, d’urines et de matières végétales (paille ou déchets). Il est donc constitué comme un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et donc riches en carbone et de matières humides et riches en azote.
Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligoéléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus. La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux), un grand bénéfice pour tous les organismes vivant dans le sol. Il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, l’eau y est plus facilement retenue. Tout ceci est bien sûr extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager.
Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. Parmi les différents fumiers, l'utilisation du fumier de cheval pour le potager est un bon choix. Il est bien équilibré, grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes, argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote. Le fumier de cheval, s’il est composté, présente un NPK (Azote, Phosphore, Potassium) de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium.
Une caractéristique fondamentale du fumier de cheval est sa teneur en carbone. Le fumier de cheval est peu concentré en minéraux essentiels. Il contient par exemple 0.6 % d’azote alors qu’un engrais chimique peut en contenir jusqu’à 33 %. En effet, si ce fumier est peu concentré, c’est qu’il contient beaucoup de carbone. C’est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, la structure, le rendre plus meuble, léger, poreux. Sans compter qu’il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger, décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Autre avantage, une faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités !
Le fumier de cheval est également connu pour sa capacité à monter rapidement en température. Il se réchauffe facilement et rapidement, ce qui le rend particulièrement intéressant pour réchauffer les terres lourdes, argileuses, et pour la confection de couches chaudes. C'est également un matériau léger en comparaison à d'autres fumiers comme celui de vache, et surtout par rapport à une terre lourde, argileuse. Il allégera donc ce type de terre. Il est important de distinguer le fumier du crottin seul. Le crottin n’est pas du fumier… Ce sont juste des déjections, à ne jamais utiliser seules (le compostage avec d’autres matériaux est alors impératif).
Réglementation et Stockage du Fumier Équin
La gestion du fumier équin en tant qu’effluent d’élevage est encadrée par une réglementation stricte visant à protéger l’environnement. S’il n’est pas traité correctement il peut engendrer une pollution des sols et des cours d’eau.
Cadre Réglementaire
Le RSD (Règlement Sanitaire Départemental, disponible en mairie) est la base de cette réglementation. Il définit :
- Les distances à respecter entre les bâtiments/installations de stockage de fumier et les bâtiments tiers.
- Le mode de stockage et d’évacuation des déjections animales.
- Le mode d’entretien et de fonctionnement du logement des animaux.
Dans les zones vulnérables, la directive nitrate vient s’ajouter au RSD. Cette directive encadre le stockage et l’épandage de matière organique afin de préserver la qualité des cours d’eau. Dans ces zones, la quantité d’azote organique provenant d’effluents d’élevage ne doit pas excéder 170 Kg d’N/Ha/an. Il est crucial de savoir estimer sa production de fumier pour dimensionner les surfaces de stockage nécessaires.
Stockage du Fumier Sorti des Aires de Logement
La réglementation concernant le stockage est la même pour les zones vulnérables et non vulnérables.
- Le fumier équin doit être stocké pendant 2 mois minimum sur une surface étanche avec un point bas, ce qui permet d’éviter les écoulements de fluides vers le milieu.
- La fumière doit être conçue de manière à pouvoir stocker la quantité de fumier que votre exploitation produit sur une période de 2 mois.
- La fumière doit se trouver à une distance de :
- 5m des voies de circulation.
- 35m de toute source d’eau : puits, rivage, berge…

Une fois le délai de 2 mois en fumière écoulé, vous pouvez disposer de votre fumier. Vous pouvez le stocker en bout de champ à même le sol, à une distance comprise entre 25 et 200m de toute habitation (veuillez-vous référer au RSD). Votre fumier peut stationner sur un emplacement en bout de champs pendant 10 mois. La surface de la fumière doit être dimensionnée en fonction des volumes de fumier produits et des durées de stockage prévues par la règlementation (Règlement Sanitaire Départemental, Directive Nitrate…). En effet, un stockage du fumier ayant maturé minimum 2 mois en fumière ou sous les animaux (litière accumulée de stabulation) est obligatoire avant tout dépôt au champ.
Réglementation de l'Épandage du Fumier Équin
L'épandage du fumier équin est également strictement réglementé afin de prévenir la pollution des sols et des eaux. Avant toute chose, veuillez vérifier si la parcelle sur laquelle vous souhaitez épandre du fumier équin est en zone vulnérable. Vous trouverez ces informations sur le site de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’aménagement et du logement) de votre région.
Procédures et Documents Recommandés
En zone non vulnérable, il est recommandé de disposer des documents suivants :
- Plan parcellaire.
- Plan de fumure.
- Cahier d’épandage.
- Bordereau de transfert des effluents.
Dans les zones vulnérables, toutes les procédures citées ci-dessus sont obligatoires. À ces procédures viennent s’ajouter les procédures suivantes :
- Calendrier d’épandage.
- Capacité de stockage minimum de 4 mois (cf PAN).
- Distance minimum d’épandage.
Période et Distances d'Épandage
Période d’épandage :
- Toute l’année sauf si le sol est enneigé ou inondé.
- Interdiction d’épandre sur des sols non cultivés toute l’année.
- Il y a des restrictions d’épandage du 15/11 au 15/01 sur cultures semées à l’automne et sur les prairies installées depuis moins de 6 mois, pour les parcelles en zone vulnérable.
L’épandage doit se faire sur une parcelle située à :
- 35m de toute source d’eau : puits, aqueduc, rivage, lieu de stockage d’eau…
- 50m d’une habitation occupée par un tiers, zone de loisir, ou Établissement Recevant du Public indépendant de votre structure.
- Si vous épandez sur des terres labourables qui se situent à moins de 100m d’habitations, l’épandage devra être suivi d’un labour qui aura lieu au plus tard le lendemain du jour où vous avez épandu.
- Si vous épandez sur une prairie, celle-ci doit se trouver à 100m des tiers. Ceci est valable en zone vulnérable et hors zone vulnérable.
Gestion des Litières pour Réduire les Volumes de Fumier
Une gestion optimisée des litières peut significativement influencer la quantité de fumier produite et son volume. Les litières sont nécessaires pour entretenir les infrastructures accueillant des chevaux pour des raisons sanitaires et de bien-être. Les matières azotées et phosphorées contenues dans le fumier peuvent causer des problèmes environnementaux. La densité du fumier équin (exprimée en kg/m³) est variable selon le mode de curage, la quantité de litière utilisée par box et les modalités d'entretien et de curage. Par exemple, pour un fumier de paille curé 1 fois/semaine avec un apport de 80 kg bruts de paille pour un box de 10,5 m², la densité est de 170 kg/m³ à la sortie du box, et 250 kg/m³ après 1 mois de stockage en fumière.
Pour minimiser les volumes et les impacts :
- Mettre suffisamment de litière pour le bien-être/confort du cheval (épaisseur comprise entre 12 et 15 cm).
- Limiter le retrait de litière peu souillée au cours de l’entretien quotidien.
- Apporter juste une quantité de litière pour compenser ce qui a été retiré du box.
- Avec une litière paille, privilégier l’accumulation de la litière souillée avec un apport de paille tous les 3 à 4 jours et un curage mécanisé tous les 15 jours, plutôt qu’un curage quotidien manuel plus consommateur en litière.
- Utiliser une litière alternative à la paille moins volumineuse, mais veiller à satisfaire le besoin d’ingestion quotidien du cheval (sans oublier la nuit) par un apport de fourrage conséquent et fréquent.
- Minimiser le temps que le cheval passe sur une litière et favoriser un mode vie à l’extérieur ou semi-extérieur.
La gestion des effluents est également une problématique lorsque le cheval vit à temps plein ou partiellement à l’extérieur. Si les déjections sur les pâtures permettent une restitution bénéfique d’éléments nutritifs pour le sol et les plantes, il est nécessaire de ramasser les crottins sur les surfaces restreintes utilisées en paddock (aire d’exercice ou de vie permanente) pour des raisons sanitaires (parasitisme) et des risques de pollution (proximité de sources d’eau). Les déjections des chevaux enrichissent l’environnement en phosphore et en azote. Les pertes phosphorées et azotées peuvent être réduites et contrôlées lorsque l’alimentation est adaptée à la physiologie et l’activité des équidés.
Le Fumier de Cheval au Potager : Un Amendement Naturel Incontournable
Le fumier est depuis toujours une bénédiction pour les cultures, auxquelles il offre de nombreux nutriments, tout comme pour les sols qui en sont grandement améliorés. Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. C'est un allié précieux pour qui veut enrichir naturellement son potager. Léger, chaud et équilibré, il améliore la structure des sols, favorise la vie microbienne et stimule la fertilité à long terme.
Pourquoi Choisir le Fumier de Cheval ?
Le fumier de cheval est un matériau équilibré et un excellent amendement pour le sol. Sa composition riche en matières ligneuses, carbonées (souvent plus de 50 % du total du fumier) est idéale pour la constitution d’un humus stable, le « Graal » du jardinier. Le fumier de cheval contient de l’azote, de la potasse et autres éléments minéraux (calcium, magnésium… un peu moins de phosphore), ceci dans des proportions équilibrées, mais relativement faibles. C'est pourquoi nous le classons comme amendement, et non pas comme engrais. Ainsi, mais également du fait de sa composition diversifiée (urine, déjections, paille), il constitue un amendement équilibré, idéal pour améliorer une terre de façon durable.

Un des atouts majeurs du fumier de cheval est sa capacité à se réchauffer facilement et rapidement, ce qui le rend tout particulièrement intéressant pour réchauffer les terres lourdes, argileuses. C’est également un matériau léger en comparaison à d'autres fumiers, ce qui permet d'alléger les sols lourds.
Fumier Frais ou Composté : Les Différentes Formes d'Utilisation
La forme sous laquelle le fumier de cheval est appliqué est cruciale pour son efficacité et pour éviter les problèmes potentiels.
Le Fumier Frais
Le fumier frais, directement sorti de l'écurie, présente quelques inconvénients :
- Il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante.
- Il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, vermifuges par exemple.
- Il peut contenir des pathogènes (bactéries ou autres), cependant sa rapide montée en température et la présence d’oxygène vont assez rapidement les détruire.
- Il est conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant. La quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines.
- Le fumier frais pose plusieurs problèmes majeurs au potager. Directement sorti de l’écurie, il contient une forte concentration d’azote ammoniacal provenant de l’urine, qui peut littéralement « brûler » les racines des plantes. Pire encore, sa décomposition dans le sol consomme l’azote disponible au détriment de vos légumes : c’est ce qu’on appelle la « faim d’azote ».
- Le fumier de cheval est néanmoins assez fibreux, et moins chargé en azote que d’autres fumiers. L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol.
Après 1 mois environ, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges). Par contre, ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production. Si vous utilisez du fumier frais, il faudra prendre des précautions. La température pourra vite monter sitôt qu’on met une couche épaisse de vingt centimètres. Il y aura alors un risque de brûler les racines de nos cultures. Il pourra aussi contenir des résidus médicamenteux si les chevaux sont traités. Pour une telle utilisation de ce fumier frais, prenez soin à ce qu’il vienne de chevaux non traités, non vermifugés.
Le Fumier Demi-mûr
Le fumier demi-mûr, après 2 à 3 mois de fermentation, est plus sûr mais demande encore de faire preuve d’un peu de prudence. Il est préférable de l'utiliser en automne pour qu'il ait le temps de se décomposer davantage avant les cultures printanières.
Le Fumier Composté
Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK. Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium. Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables.
Le fumier composté est considéré comme l’or noir du jardinier ! Après 6 à 12 mois de transformation, il ressemble à un terreau brun et sent bon la terre de forêt. Tous les agents pathogènes sont détruits, l’azote est stabilisé et les nutriments se libèrent progressivement sans aucun risque pour vos plantes. J'ai appris à mes dépens qu'un fumier qui sent encore l'écurie n'est pas prêt ! Le fumier de cheval, s’il est composté, peut s’utiliser à toute période de l’année. Les molécules qu’il contient sont complexes, se libèrent très lentement dans le sol alors oubliez tout risque de brûlure. Les résidus médicamenteux sont éliminés via la phase de compostage. Si le fumier est mal composté, il perdra une grande partie de ses avantages.
Le Fumier Déshydraté
Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, le fumier déshydraté est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Il a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits… Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. Le fumier déshydraté en granulés du commerce est idéal car stérile et sans graines d’adventices.
Le Processus de Compostage du Fumier de Cheval
Pour bien mener le compostage du fumier, plusieurs choses sont importantes :
- Ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement. L’idéal est de le monter en tas sur bien un mètre de hauteur et qu’il soit humide. Recherchez toujours cette sensation d’humidité comme une éponge essorée.
- Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
- Ou bien, retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois. Autre phase importante, le brasser, l’aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition, l’oxygéner. Voyez-le comme une recette de cuisine. Un saladier dans lequel il faut mélanger tous les ingrédients pour obtenir un résultat remarquable.
- Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie. Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d’azote par volatilisation.
Le fumier de cheval étant relativement pauvre en phosphore, le mélanger avec des matériaux verts (plus riches en phosphore) sera une bonne chose. Ce qui pourra se faire en l’incorporant à votre compost végétal. Ou, si vous choisissez de composter le fumier en tas, en y ajoutant et mélangeant des tontes, du BRF ou autres déchets verts de tailles.
Utilisation Spécifique au Potager : Quand, Comment et Combien ?
L'application du fumier de cheval dans le potager doit être adaptée aux besoins des plantes et au type de sol.
Cultures Bénéficiaires et à Éviter
Le fumier de cheval est bon pour presque tout au potager ! Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas.
- Il faut l’apporter aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines…). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté.
- Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse.
- Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé.
- Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier (ou autres matières organiques d’ailleurs), elles ont horreur de ça !
- Les légumes-racines comme les carottes risquent de fourcher avec du fumier frais. Pour les carottes et navets, le fumier frais provoque des racines fourchues et favorise les maladies.

Moment Idéal de l'Application
Quand mettre du fumier dans le potager ? C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage. Une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé. Le timing d’apport conditionne l’efficacité de votre amendement. L’automne reste la période de référence : les micro-organismes démarrent la décomposition avec les températures douces, puis le gel et la pluie finissent le travail.
Alternative printanière : lorsqu’il est bien décomposé, cette matière organique peut tout à fait être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut faire une couche de 6 cm environ et patienter une quinzaine de jours. Vous aurez juste ensuite à l’enfouir superficiellement et planter ou semer comme vous le faites habituellement. Le fumier composté peut s'utiliser à toute période de l'année.
Quantité de Fumier de Cheval au M²
La quantité de fumier de cheval à apporter dépend en grande partie de l’ancienneté de votre potager et des variétés de légumes que vous souhaitez cultiver.
- En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m². Cependant, ces besoins sont en partie apportés par d’autres biais : la décomposition du paillage lorsqu’il est organique, le compost, l’utilisation d’engrais verts.
- La règle d’or est simple : 1 à 3 kg de fumier composté par m² et par an constitue un apport équilibré pour maintenir la fertilité de votre potager. Pour vous donner un repère concret, 1 kg de fumier composté représente environ 2 à 3 litres en volume.
- Pour la première année d'un nouveau potager, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose. Sur un sol vierge ou très pauvre, visez 3 à 5 kg/m² de fumier bien décomposé la première année. Vous pourrez réduire progressivement l’apport les années suivantes.
- En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Vous pourrez apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m².
- En culture en pot, limitez-vous à 20-25% de fumier composté dans votre mélange de terreau. N’utilisez jamais de fumier frais en pot : il pourrait fermenter et brûler les racines confinées. Une alternative consiste à ajouter une couche de 1 cm de fumier composté en surface au printemps. Pour l’amendement des pots, utilisez uniquement du fumier bien humifié et inodore.
Un épandage annuel de 1 à 3 kg de fumier frais au m² constitue un apport raisonnable, sans risque de pollution ammoniacale. Le fumier de cheval a une densité variable (notamment selon la proportion de paille, et son degré de décomposition) comprise entre 100 et 300 kg au m³. Pour simplifier les choses, disons que vous pouvez épandre, comme pour le fumier composté, plus ou moins le contenu d’une brouette de fumier frais sur 10 m² de terrain. Une brouette de fumier bien décomposé, soit environ 30 kg, permet d’amender efficacement une planche de 10 m².
Méthodes d'Application
- Sur les planches de culture : Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. Sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. Vous le grifferez légèrement avant d’y faire vos plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol, de l’enrichir, sans pour autant nuire à la vie indispensable qui s’y cache. La couche de fumier de cheval doit être épaisse, et il est judicieux de couvrir cet amendement avec par exemple toutes les feuilles mortes ramassées dans votre jardin.
- Approche permaculturelle : Plutôt que vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol.
- En couche chaude : Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de ces couches chaudes, car il monte rapidement en température. Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres, cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost. Sans fosse, fabriquez un cadre en bois de 30 cm environ de hauteur qui sera posé sur le tas, le cadre doit être un peu plus petit que le tas de fumier. Étalez du terreau par-dessus et attendez une semaine. Passé ce délai, la température sera plus douce, environ 20°, et vous pourrez y installer vos semis et jeunes plantes potagères.
Il est conseillé souvent un épandage à l’automne. La pratique la plus répandue est d’incorporer son fumier de cheval sur les premiers centimètres, plus encore s’il est frais. Toujours cette crainte de déperdition d’azote et autant enfouir très légèrement le fumier sous quelques centimètres de terre sans pour autant trop l’enterrer.
Sourcing et Précautions d'Achat
On trouve du fumier de cheval dans toutes jardineries et souvent en centre équestre. C’est souvent un bon moyen pour trouver du paillage gratuitement, car on peut aussi récupérer les litières qui vont avec. Dans ces centres, il sera parfois composté de façon non optimale, sans bâchage. Vient alors le risque d’une déperdition d’azote (par volatilisation) ou pire encore un lessivage des minéraux (par excès de pluie).

Toutefois, selon sa provenance, le fumier de cheval peut malheureusement contenir des éléments toxiques, tels que des vermifuges chimiques ou autres résidus médicamenteux. Il me semble donc important d’obtenir ces informations auprès des éleveurs chez lesquels vous souhaitez vous procurer du fumier. Heureusement, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à privilégier une approche douce. Notez également que le compostage élimine ces éléments non-souhaitables dans un jardin. À défaut de fumier issu d’élevages « naturels », l’emploi de fumier « contaminé » demeure donc possible, à condition de le composter. Bien que cela ne soit pas un produit aussi « vivant » (et donc favorable à la vie du sol) que du fumier « brut », sachez que vous trouverez également, dans la plupart des jardineries, du fumier composté (en granules ou en poudre). Dans ces sacs, il sera souvent complété d’engrais naturels, algues marines par exemple, pour lui donner plus de richesses. Ainsi, avec un tel mélange, il suffira de cinq cents grammes au mètre carré plutôt que trois ou quatre kilos.
Le fumier de cheval est un matériau aux multiples facettes, dont la production et l'utilisation optimale requièrent une bonne compréhension de ses propriétés, des méthodes de gestion et de la réglementation en vigueur. De l'estimation des volumes générés aux techniques d'application au jardin, chaque étape est cruciale pour transformer cet effluent d'élevage en un atout majeur pour la fertilité des sols et la protection de l'environnement.