Vous avez décidé de vous mettre au compost ? Félicitations, vous vous inscrivez dans une démarche écologique en revalorisant vos déchets organiques et en diminuant le volume de vos poubelles. Au bout de quelques mois, vous allez pouvoir récupérer une matière noire, extrêmement riche : le compost. Comment l’utiliser au mieux ? Découvrez nos conseils ! Le compostage, c’est magique ! Non seulement, vous diminuez la taille de vos poubelles, mais surtout vous recyclez vos déchets organiques pour produire une matière précieuse. Pourquoi est-elle si précieuse cette matière ? Parce que le compost améliore la durée de vie des plantes, contribue à leur développement, en palliant leurs carences, et rééquilibre et enrichit les sols. Sans oublier les vers de terre, qui, grâce au compost, rendent votre jardin plus vivant et plus fertile.

Les fondements du processus biologique
Le compostage est un processus naturel de dégradation de la matière organique pour obtenir un « terreau » stable et riche en éléments nutritifs, plus ou moins semblable à l’humus selon la manière dont il a été conduit. Le compostage est d’ailleurs l’imitation par l’homme de ce qu’il se passe naturellement en forêt lors de la formation de cet humus. Ce sont des organismes vivants qui décomposent cette matière organique : vers de terre et autres insectes (c’est ce que l’on appelle la faune épigée), bactéries, champignons. Au cours de ce processus, la matière présente va passer par plusieurs stades de réchauffement puis de refroidissement. Et pour que les macro et micro-organismes puissent bien faire leur travail, il est indispensable qu’il y ait de l’air et de l’eau. C’est pourquoi il est recommandé de fréquemment aérer le tas et de l’arroser quand le temps est sec.
Environ un tiers des ordures ménagères sont composées de déchets organiques. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons les recycler et les valoriser utilement, grâce au compostage. Les déchets de cuisine et les déchets de jardin sont composés de matière organique biodégradable. Dans la nature, la matière organique, d’origine végétale ou animale, se dégrade naturellement pour permettre aux plantes de grandir. Dans le composteur ou dans le centre de compostage, c’est le même principe que dans la nature.
Typologie des installations de compostage
Pour réussir son compost, il faut choisir une méthode adaptée à son espace et à son mode de vie. On distingue plusieurs types de composts :
- Le compost en tas : Le plus simple et courant. De surface étendue, il est facile à aérer, à retourner, par contre il prend de la place et il n’est pas très esthétique dans un petit jardin. Idéalement, il mesure 3 m de large sur 1,50 m de haut au début, dimensions adaptées pour la présence d’air.
- Le compost en silo : Le plus courant dans les milieux urbains, les déchets y sont dissimulés par le silo. Lorsque le contenant est en plastique, il est important d’humidifier régulièrement, car l’eau n’y pénètre pas.
- Le lombricompost : Idéal en appartement, il demande juste une chaleur ambiante douce et il permet d’avoir un bon substrat pour les plantes du balcon.
- Le compost en surface : Tout aussi simple que le compost en tas, puisqu’il suffit de déposer les déchets au sol sur les planches potagères et autres. Il sera judicieux de les recouvrir par un peu de paille pour le côté esthétique.
Composter c'est facile !
Équilibrer les apports : matières brunes et vertes
Un bon compost repose sur un équilibre entre les matières carbonées et les matières azotées. La matière se transforme en compost grâce au travail des microorganismes et des invertébrés du sol. Pour obtenir un compost de qualité, il faut avoir un équilibre entre les matières carbonées (comme les feuilles mortes) et les matières azotées (tel que les pelures et épluchures de fruits et légumes).
Les matières brunes sont des déchets riches en carbone : paille et feuilles sèches, branches, brindilles, écorce, copeaux, bois exotique en petite quantité, coquilles d’œufs, coquilles de fruits secs, marc de café et sachets de thé (sans agrafe), papier et carton (non traité), essuie-tout et autres serviettes en papier si non blanchi.
Les matières vertes sont des déchets riches en azote : tonte du gazon, fleurs coupées ou fanées, épluchures, restes de fruits et légumes si non traités (les fruits et légumes vendus en supermarchés peuvent être recouverts par divers conservateurs), épluchures de pommes de terre en petites quantités, ail et autres oignons et échalotes en petites quantités, agrumes en petites quantités, restes de repas préparés en petites quantités. N'hésitez pas à mettre également le résultat de vos désherbages, les plantes que vous arrachez une fois la saison terminée comme les pieds de tomates et de courgettes. Dans le cas d’un compost en surface, vous laisserez les adventices et autres végétaux supprimés directement au sol. Les excréments d’animaux domestiques herbivores ou granivores, les fientes de poules ou le fumier de cheval, par exemple, sont très riches en azote et peuvent rejoindre le compost.
Précautions et erreurs à éviter
Si vous avez une grosse quantité de tonte de gazon, ne la mettez pas en une fois dans votre composteur. Ne mettez pas de gros éléments dans le compost, découpez tout ce que vous pouvez, vous accélérerez ainsi la décomposition en facilitant le travail des organismes décomposeurs. Ne mettez pas tout de suite vos éléments dans le compost, vous pourrez ainsi trier et préparer les bonnes quantités. Respectez un certain équilibre entre matières carbonées et matières azotées. Plus vous apporterez de matière verte à votre compost, plus sa décomposition sera rapide mais moins il sera stable et riche. Et inversement, plus vous apporterez de matières carbonées plus la transformation sera lente mais le résultat sera très stable et formera un véritable amendement pour votre sol.
Quant aux déchets à ne pas mettre dans le compost : les déchets de coupe de résineux d’ifs et de thuyas, le bois traité, les déchets de plantes malades, le charbon du barbecue, la poussière de l’aspirateur, les mégots de cigarettes, les excréments des animaux domestiques carnivores, les graines et les noyaux, les feuilles des végétaux qui sont vernissées comme celles du lierre ou du laurier, la terre, le sable, ainsi que les matières non organiques (plastique, verre, tissus synthétiques).
Les rongeurs, ratons laveurs et moufettes sont attirés surtout par les résidus de viande et de matières grasses comme le fromage et autres produits laitiers. Les résidus de source animale contribuent à la formation de pathogènes néfastes pour la santé humaine tels que la salmonelle et l’E. Contrairement au compostage industriel, le compostage domestique ne permet pas d’atteindre des températures suffisantes pour détruire ces pathogènes.

La récolte et la caractérisation du compost mûr
Généralement, un compost mûr se distingue par une couleur homogène brune. À ce stade, les épluchures et les autres déchets organiques ne doivent plus être reconnaissables. Quant à son odeur, elle doit ressembler à de l’humus. Si celle-ci est au contraire trop forte ou désagréable, cela signifie que le compost n’a pas encore atteint sa maturation. Faire son compost est somme toute assez intuitif, il s’agit d’y laisser se décomposer tout ce qui est « propre » et organique. À partir de là, plus que ce qu’il faut mettre dans son compost, il est important de le surveiller dans ses différentes phases pour le rééquilibrer lorsqu’il y en a besoin.
Stratégies d'utilisation au jardin
Une fois arrivé à maturité, cet or noir peut être utilisé de multiples façons. Le compost se différencie de la terre ou du terreau qui sont des supports de culture. Il se différencie aussi des engrais qui nourrissent les plantes seulement sur le court terme.
Culture de fleurs, fruits et légumes
Le compost est un vrai booster pour vos plantes. En mélangeant cet or noir à la terre, vous pourrez faire pousser plus rapidement vos rosiers, vos fleurs, vos arbustes. Vous pouvez aussi l’utiliser dans votre potager pour aider à la pousse des pommes de terre, des artichauts, cornichons, ail, salade. Pour vos plantes et vos légumes en pots, vous pouvez répartir du compost autour des plantes par couche de 3 cm.
Le paillage protecteur
On appelle cela du « paillage » et cela permet de limiter la prolifération de mauvaises odeurs et de réduire les besoins en arrosage (sauf en cas de période très sèche). Pour cela, déposez 5 à 6 cm de compost au pied de vos plantes, après avoir retiré les éventuelles mauvaises herbes qui s’y trouvent. Le paillage peut se faire aussi avec des feuilles mortes en automne ainsi que des branchages ou des fanes broyées.
Nutrition des sols et pelouses
Pour redonner de bonnes couleurs à l’herbe de votre jardin, vous pouvez nourrir votre pelouse avec du compost. Pour votre pelouse : lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m² de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer. En entretien, à chaque début de printemps, dispersez 1 à 2 kg/m² de compost, finement tamisé au préalable afin qu’il se répartisse bien entre les brins d’herbe.
Pour les plantes à forts besoins (artichauts, céleri, poireau, cucurbitacées, solanacées, maïs), vous pouvez apporter de 3 à 5 kg/m²/an. Les plantes aux besoins moyens peuvent se contenter de 1 à 3 kg/m²/an de compost.
Innovations : Thé de Compost Oxygéné et compost marin
Le Thé de Compost Oxygéné (ou TCO) est une infusion de compost qui peut être utilisée pour nourrir les plantes. Il est riche en nutriments, bactéries bénéfiques et microorganismes vivants. Cette vie interne alimente autant le sol que les plantes, leur assurant une croissance exceptionnelle. Pour le préparer, placez le compost dans un sac à thé, attachez-le à une extrémité du seau, et utilisez un aérateur d'aquarium ou une pompe à air pour faire circuler l'eau et oxygéner le mélange pendant 36 à 48 heures. Un bon TCO ne doit pas sentir le purin, mais plutôt la terre et les belles odeurs de la nature.
Par ailleurs, le compost marin, riche en oligoéléments, est le fruit de la décomposition d’algues et de crevettes. Dans les deux cas, il s’agit de répandre le compost sur une couche de 3 mm en surface puis de retourner la terre de votre gazon à l’aide d’une fourche.
Vers une gestion circulaire des biodéchets
Les biodéchets collectés par la collectivité sont envoyés en compostage industriel ou dans des méthaniseurs. Le compost peut servir aux agriculteurs de la région, réduisant leur dépendance aux engrais chimiques. Le biogaz peut être injecté dans les réseaux de gaz et ainsi se substituer au gaz fossile ou servir à produire de l’électricité. Suite à la production du biogaz, un résidu appelé digestat reste disponible pour les agriculteurs. Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets est généralisé, confirmant que le compostage est une pratique d'avenir, tant à l'échelle individuelle que collective.
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