L'association végétale du noisetier : un art de la synergie en permaculture et au-delà

Le noisetier, Corylus avellana, est un arbuste qui se transforme en véritable arbre en grandissant, appartenant à la famille des Bétulacées. Cet arbre sauvage existe sur Terre depuis la nuit des temps, nos ancêtres de la préhistoire le connaissant déjà pour ses fruits secs au goût délicat : les noisettes. Fréquemment rencontré à la campagne, il est surtout connu pour ses fruits, riches en graisses essentielles au développement du cerveau et au maintien des réseaux neuronaux impliqués dans la mémoire. Délicieuses natures ou intégrées dans de savoureuses recettes, les noisettes sont une récolte prisée.

Chatons mâles de noisetier

Un cycle de floraison et de fructification particulier

Le noisetier fleurit très tôt dans la saison, souvent alors que la neige est encore bien présente, entre les mois de janvier et de mars. Dans certaines régions, les fleurs peuvent même se former dès le mois de décembre. Ses fleurs mâles sont les plus visibles : de beaux chatons jaunes disposés par grappes de 2 à 5, chacun portant plusieurs centaines de fleurs minuscules.

Cependant, avez-vous déjà eu l’occasion d’observer les fleurs femelles du noisetier, chez vous, ou lors d’une balade en forêt ? Personne, ou presque, ne sait reconnaître ces fleurs femelles, car elles se « cachent » dans le bourgeon !

La fécondation des fleurs se fait de manière croisée entre les fleurs mâles et les fleurs femelles. C'est le vent qui assure l'essentiel de la pollinisation. La fructification débute parfois avant le printemps, autour des mois de mars et d’avril, les noisettes se formant à partir de la fleur. Elles se récoltent généralement au mois d’août ou de septembre, directement sur l’arbre ou au sol une fois la maturité atteinte.

Fleur femelle de noisetier

Cultiver le noisetier : des exigences simples pour une récolte abondante

Planter le noisetier et bien le cultiver est simple. Ce fruitier mérite toutefois un peu d’attention pour en tirer le meilleur de lui-même : de délicieuses noisettes. Le noisetier est un arbre qui a besoin de beaucoup de lumière. Il est donc primordial de privilégier un endroit avec suffisamment d’espace, car l’arbre va grossir et doit pouvoir être baigné de soleil. Plantez votre noisetier dans un emplacement spacieux et lumineux.

Il se plante généralement aux mois de septembre, d’octobre ou de novembre. Gardez au moins 2 mètres entre chaque plant pour que la plante ait suffisamment de place pour s’épanouir. C’est un arbre résistant qui fait entre 4 et 6 mètres une fois bien développé. Il résiste aux températures froides jusqu’à -20 °C.

Plantation de jeunes noisetiers

Pollinisation croisée pour des rendements optimaux

Un aspect crucial pour une bonne récolte est la pollinisation. Le noisetier ne peut fructifier que via pollinisation croisée. Pour augmenter vos rendements, il est obligatoire d’installer des floraisons décalées. Il est important de planter dans votre jardin plusieurs variétés pour entraîner la pollinisation de vos arbres.

Par exemple, vous pouvez associer le « longue d’Espagne » avec le Fertile de Coutard ! Et sinon vous avez la solution du noisetier Fertile de Nottingham qui est auto-fertile, mais il est tout de même conseillé de planter plusieurs arbres de cette variété pour être sûr. C’est une variété idéale pour les haies, surtout en climat froid. Cette variété offre une récolte de noisettes au mois d’octobre. Avec ses belles feuilles de couleur pourpre, ce noisetier est très agréable au jardin et résiste bien aux faibles températures jusqu’à -15 °C. C’est un arbre vigoureux qui peut atteindre plusieurs mètres.

Pollinisation des noisetiers

Entretien et taille du noisetier

Cet arbre nécessite peu d’entretien, mais il faut le tailler de temps en temps. Attention à ne pas trop le tailler, car l’arbre redoute les tailles trop importantes et cela pourrait nuire à votre récolte de noisettes. Il n’est pas nécessaire d’apporter de fertilisation au sol de votre noisetier.

Ne taillez pas votre noisetier au moins pendant 5 ans après la plantation. Une fois ce délai passé, taillez le noisetier sans excès. Il faut tailler le noisetier à l’hiver. Retirez les vieilles branches ou le bois mort. Coupez les jeunes pousses pour éclaircir l’arbre et limiter sa croissance en enlevant une pousse sur deux. Pour éviter les maladies sur votre arbre, coupez les branches qui seraient trop près du sol pour éviter qu’elles ne se contaminent au contact du sol.

Le noisetier dans son écosystème : au-delà du jardin

Le noisetier est un arbre des régions tempérées. On le retrouve souvent aux endroits où le sol est riche. On retrouve parfois cet arbre dans les truffières, car celui-ci permet de favoriser la pousse de ces champignons prisés. Le noisetier est naturellement concentré autour de la Méditerranée et se retrouve dans un biotope enherbé pionnier où il est le plus grand sujet présent.

Les noisetiers sont des arbres fréquents dans les jardins. En plus de la production de noisettes, ces arbres sont appréciés pour leur grande diversité.

Noisetier dans la nature

L'association végétale en permaculture : la guilde du noisetier

Si vous vous intéressez de près à la permaculture, et au jardin-forêt en particulier, vous savez certainement qu’il s’agit de techniques agricoles s’inspirant de la nature, bien éloignées de la monoculture prônée par l’agriculture traditionnelle. Et, dans la nature, des plantes d’espèces différentes se côtoient au sein d’un même biotope, sans que cela tienne du hasard… Non seulement elles ne se concurrencent pas, mais elles s’entraident pour mieux prospérer !

Toutefois, associer les plantes en permaculture ne s’improvise pas. Pour créer des espaces denses et diversifiés, dans lesquels les plantes cohabitent harmonieusement, il faut connaître les guildes, des associations heureuses de plantes.

Qu'est-ce qu'une guilde végétale ?

Une guilde s’organise généralement autour d’une plante principale dont la hauteur est supérieure aux autres, qui s’accompagne d’autres spécimens au sein de ce qu’on appelle un cortège végétal. En observant la nature, on retrouve des associations naturelles de plantes sauvages qui ont choisi de pousser ensemble. En permaculture, nous allons alors chercher à recréer ces guildes naturelles.

En forêt comestible, pour des jardins diversifiés, abondants et durables, nous avons tout intérêt à nous inspirer de la nature. Observer le phytotype d’une plante, son cortège végétal, dans son biotope naturel, va nous permettre de repérer les familles de plantes qui l’accompagnent et vivent ensemble selon le principe de l’allélopathie, c’est-à-dire l’ensemble des interactions biochimiques entre ces plantes.

Au potager, l’exemple le plus fréquemment cité pour illustrer ces associations bénéfiques est la « guilde des trois sœurs » : haricot, maïs et courge. Le maïs sert de tuteur au haricot, tandis que ce dernier joue un rôle de fixateur d’azote et en fait bénéficier ses compagnes.

Créer ses propres guildes avec le noisetier

Les associations se font entre plantes de différentes strates qui vont se rendre mutuellement service pour un écosystème prospère. Ces différentes guildes ne sont que des exemples. Vous pouvez tout à fait créer vos propres guildes, selon vos objectifs !

Vous devrez choisir des végétaux qui ont les mêmes besoins en eau, avec des tailles et des volumes différents, ainsi que des systèmes racinaires plus ou moins profonds et étalés, afin qu’ils n’entrent pas en concurrence. Ces besoins seront différents selon les strates dans lesquelles s’inscrit le biotope de votre projet, que vous créiez des guildes potagères, de haies fruitières ou de forêt comestible.

L’autre critère essentiel est, bien sûr, qu’il vous faut concevoir des guildes qui répondent à vos besoins et objectifs en termes de récoltes.

Bien que le document ne fournisse pas une guilde spécifique pour le noisetier, en s'inspirant des principes de la permaculture et des exemples donnés (comme la guilde du Prunier avec des Rosacées, le sorbier des oiseleurs (Sorbus a.), l’érable à feuilles de platane (Acer p.), le hêtre (Fagus s.) et deux espèces de conifères (Abies a.)), on peut imaginer des associations bénéfiques.

Par exemple, le noisetier étant un arbuste de taille moyenne, il pourrait servir de plante principale dans une strate arbustive. Ses besoins en lumière pourraient être complétés par des plantes de sous-bois tolérant une ombre partielle. Des plantes fixatrices d'azote pourraient être associées pour enrichir le sol, profitant ainsi au noisetier. Des plantes à racines différentes pourraient être sélectionnées pour éviter la compétition et exploiter différentes profondeurs de sol. La présence de fleurs attirant les pollinisateurs pourrait également améliorer la fructification du noisetier.

Exemple de guilde végétale en permaculture

Ressources et initiatives pour en savoir plus

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin et créer eux-mêmes leurs propres guildes dans leur jardin-forêt, des formations sur les guildes existent, où vous apprendrez tout ce qu’il faut savoir pour faire vos propres choix de végétaux et réussir vos associations, en fonction de vos objectifs et de vos ressources.

De nombreuses initiatives existent également pour la protection et la connaissance de la flore. Par exemple, le site a été initialement créé pour la flore du département des Hautes-Alpes, faisant partie de la Région PACA, avec les statuts de protection, réglementation et sauvegarde des Hautes-Alpes traités à part. La rubrique "Autres statuts" traite du reste de la France.

Pollinisation des noisetiers

Des sorties et séjours de botanique sont encadrés, comme les "Expéditions Naturalistes" qui sont de retour pour leur 5ᵉ édition. Ces inventaires participatifs sont réalisés par les habitants avec Les Écologistes de l’Euzière, sur les sites Natura 2000 de la Communauté de Communes du Grand Pic Saint-Loup. Des sessions d'ornithologie par le chant sont également proposées, pour identifier les espèces françaises méditerranéennes par le chant, connaître les clés pour mieux identifier les oiseaux par le chant, et comprendre pourquoi les oiseaux chantent. Ces sessions s'adressent à des initiés ou des confirmés, pratiquant et sachant reconnaître une trentaine d’espèces communes au chant, ou se focalisant sur les espèces de garrigues et de milieux ouverts méditerranéens.

La campagne "Comme un oiseau" est officiellement lancée, avec des photos pour s’émerveiller et des textes pour comprendre, invitant à aider à lui donner des ailes.

Préparer ses emplacements pour l'automne prochain est une excellente initiative pour ceux qui souhaitent planter des noisetiers et explorer le monde fascinant des associations végétales.

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