La traction animale, enracinée dans les traditions agricoles depuis des millénaires, connaît un renouveau important à l’aube de 2025. Face aux enjeux environnementaux et à la quête d’une agriculture durable, le matériel de traction animale s’impose comme une alternative écologique performante. En agriculture, l’utilisation d’équidés est complémentaire au tracteur. La traction animale convient très bien aux travaux de maraîchage. Plus lent que ce dernier, un des principaux avantages est de pouvoir travailler sans compacter le sol, ni le déstructurer. Il est possible aussi de rentrer plus tôt dans les terres après une pluie.

La relation homme-animal : le socle de la traction
Avant d’atteler des outils et partir au champ, il convient de bien comprendre comment le cheval entre en interaction avec nous. Chaque cheval peut avoir des bulles de taille différentes. Parfois c’est la bulle de propulsion qui prédomine sur les autres, il faut alors dresser le cheval pour la réduire en l’habituant à réduire l’allure. Si c’est la tête qui est trop sensible, le dresseur peut habituer l’animal à moins réagir aux rennes et au mors. Les travaux agricoles sont exigeants, et l’animal doit à la fois être précis (bulle de direction), attentif à notre présence (bulle de confiance) et puissant (bulle de propulsion).
Le travail de dressage est donc fondamental pour être serein aux champs. C’est un métier à part entière et avant d’acheter votre animal je vous conseille de rencontrer le dresseur et de parler de sa méthodologie en détail pour bien comprendre les points forts / points faibles de l’animal. En complément, faites une visite vétérinaire qui s’engage sur 6 mois. Pour commencer le dressage d’un cheval à la sortie du pré, un exercice de base est « le rond de longe ». On clôture un rond de 15 à 20 mètres de diamètre et on y fait tourner le cheval jusqu’à ce qu’il commence à comprendre les ordres de bases.
Le dresseur se place au centre du cercle et gère la direction, la confiance et la vitesse (les 3 bulles). Par exemple pour contraindre le cheval à avancer, le dresseur fait un pas hors du centre du cercle et dirige son intention vers la bulle de propulsion (l’arrière train). Pour convenablement guider l’animal, il convient de garder en tête la hiérarchie des phases. On commence toujours par la voix, puis en dernier recours si rien de fonctionne on peut aller au contact. Il existe un vocabulaire du guidage des animaux qui fait à peu près consensus en France. Pour passer de l’arrêt au pas, on dit simplement « Marché », en insistant sur le « ché ». A l’inverse pour aller du pas à l’arrêt on dit : « Oh ! ».
[ APPRENDRE ] Le Rond de longe
Infrastructure et gestion de la cavalerie
Qui dit animal, dit enclos pour l’entourer. En pratique, pour entourer les animaux des travaux agricoles à moindres frais, il est possible de partir sur des piquets en fer à béton de 3m espacés de 8 mètres. Ensuite les lier avec du fil aluminium (diamètre 1.8mm) et y ajouter l’électricité. L’idéal est de mettre 2 hauteurs de fil (au niveau du genoux et au-dessus de la hanche). Pour les surfaces, on pense communément à 1 hectare par cheval. En formation nous avons travaillé sur un enclos type carré divisé en 4 paddocks avec une circulation périphérique autour.
Le paddock joue un rôle crucial dans le bien-être des animaux en traction. Il s’agit d’un espace clos permettant un repos naturel, renforçant la musculature et réduisant les risques de blessures. Au niveau de l’abris où se trouve l’alimentation, l’idéal est d’utiliser des filets à foins pour que les animaux mangent plus doucement. Le poids vif de l’animal est un indicateur pour évaluer les besoins alimentaires mais aussi pour donner une indication de la force de traction de l’animal. La force de traction est proportionnelle au poids vif !
Équipements de traction : de l'attelage aux porte-outils
Pour travailler avec les chevaux dans les champs, il convient d’investir dans des équipements spécifiques. L’objectif est que l’animal puisse développer un maximum de puissance tout en préservant sa musculature et son squelette. Le palonnier à traction animale, par exemple, est un composant essentiel. Il sert de lien direct entre l’animal et l’outil, soulageant efficacement la cavalerie tout en maximisant la puissance transmise. Un palonnier mal adapté peut engendrer blessures ou fatigue prématurée. La qualité du harnais est également vitale. Il faut privilégier un harnais ergonomique, adapté à la morphologie de l’animal, avec une répartition équilibrée de la charge pour éviter les blessures.
Pour installer un outil, il convient d’abord d’attacher à l’animal un « porte outil ». La Kombine, notre porte-outils polyvalent, s’inspire d’un porte-outils bien connu qui a fait largement ses preuves depuis 25 ans. Nous y apportons simplification pour réduire les coûts, ainsi que de multiples possibilités de réglages (hauteur/largeur des roues, angle d’attaque de l’outil grâce à la barre à crans, réglage rapide de la hauteur du guidon, etc…). La ferme du Matet utilise un porte outil de maraichage auto construit. Il permet d’utiliser une large gamme d’outils adaptables et réglables (bineuse à soc patte d’oie). Ce système possède un système d’auto conduite combinée permettant une correction facile et rapide de tout écart du cheval ou de mieux suivre une ligne de plantation qui n’est pas totalement rectiligne.

Travaux agricoles et spécificités techniques
Lors de cette semaine de formation, nous avons pu expérimenter le travail du sol pour une activité de maraîchage. Je me suis permis de questionner notamment s’il était possible de s’affranchir du tracteur pour déchaumer une prairie. Et la réponse est oui ! Toutefois avec cette solution, nous sommes sur un travail du sol superficiel important. La ferme du Matet utilise la traction animale essentiellement pour le désherbage, le buttage, l’implantation des couverts végétaux.
Le débardage suit directement la coupe de l’arbre. Sur un support roulant, le cheval peut tirer environ 1.5 fois son poids, pour l’âne c’est plutôt 1.8 et pour les mules environ 2. En débardage paysan, les outils sont relativement simples. On utilise un palonier ou bien une pince de débardage. Pour les plus gros troncs, le trinqueballe permet de soulager le cheval avec les 2 roues. Dans certain cas, lorsque le tronc est difficile d’accès même pour un cheval, on peut installer des poulies (technique du moufflage).
Alternatives : traction bovine et mécanisation légère
Bien que moins puissants qu’un grand cheval de trait, le bœuf ou la vache sont des animaux plus simples à manier dans les champs et sur la route. Le dressage est plus court que pour un cheval et l’attelage est aussi moins coûteux. Le guidage en traction bovine est différent du cheval. Ici nous n’avons pas de collier ni de guides. On mène les animaux soit au licol (attache à la tête) soit avec un aiguillon (branche de noisetier de 2m30 environ).
Il nous a paru judicieux d’envisager que ce qui tracterait des machines pourrait aussi être un engin mécanique ou électrique (type vélo, machine électrique). Nous avons cherché ce qui se fait en matière d’outils couplé avec d’autres moyens de traction et avons trouvé quelques bonnes idées. Porte outils léger (28kg) et polyvalent. Porte outils maniable, un peu plus lourd que le précédent (40kg) qui permet d’entretenir les cultures et de réaliser un travail du sol profond.
Vers une agriculture hybride et raisonnée
La conception du matériel est également tributaire du poids que l’animal est en capacité de tracter. La race et le type d’animal, comme le Haflinger, très apprécié pour son endurance et sa robustesse, doivent être pris en compte. L’utilisation du matériel dans les vignobles demande une grande précision. À cet effet, Sachot Traction Hippomobile innove continuellement pour offrir des équipements dédiés au travail viticole, alliant légèreté, maniabilité et robustesse.
La collaboration entre l’homme et la cavalerie repose sur des valeurs de respect et de confiance mutuelle. Le matériel s’est considérablement modernisé, favorisant une meilleure ergonomie, une modularité accrue et une plus grande durabilité. La fabrication artisanale tend à se conjuguer avec des procédés de haute technologie pour produire des outils robustes tout en restant légers. Ces innovations sont accompagnées par des formations continues proposées par des organismes spécialisés, afin de transmettre un savoir-faire précis et d’améliorer les pratiques agricoles durables. La maîtrise du matériel et des techniques liées à la traction animale repose sur un apprentissage structuré, indispensable pour assurer une productivité efficace et préserver la santé des animaux.
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