Le lierre est une des rares plantes grimpantes à feuillage persistant. Très rustique et d’une vigueur exceptionnelle, il pousse rapidement dans le jardin, et s’adapte bien à la culture en pot à l’intérieur. Peu exigeante, cette liane tous terrains pousse dans toutes les régions de France et est idéale pour couvrir les murs, les clôtures ou les sols. Les éco-jardiniers y trouveront une plante très mellifère par sa floraison automnale abondante, pour le plaisir des abeilles et autres insectes polinisateurs.

Une vigueur à toute épreuve dans votre jardin
En tant que liane rampante et grimpante, le lierre est apprécié pour son feuillage persistant décoratif et sa capacité à pousser rapidement, partout et dans n’importe quelle condition. C’est en effet une plante très rustique d’une vigueur exceptionnelle. Ses jeunes pousses s’attachent d’elles-mêmes au support à l’aide de leurs courtes racines. Le lierre fait ainsi office d’occulteur en garnissant les murs ou les clôtures. Il peut également être utilisé dans les haies, comme couvre-sol en sous-bois ou sur des talus en forte pente.
C’est très simple : le lierre prospère sous tous les climats, toutes les expositions et dans tous types de sols, même pauvres et calcaires ! Préférant l’ombre, le lierre est d’ailleurs une des seules plantes grimpantes qui colonisent les coins les plus retranchés et inconfortables du jardin. De par ses qualités, le lierre pousse aussi très bien en pot, et demande de même très peu de soin. N’hésitez pas à utiliser des arceaux ou des treillages pour lui donner de l'ampleur, ou à créer une structure en fil de fer pour former une topiaire. Il s’associera très bien avec d’autres plantes.
Contrairement aux préjugés, le lierre n’attire pas l’humidité, au contraire ! Il assèche les murs car ses ventouses absorbent l’humidité alentour car, comme toutes plantes, le lierre a besoin d’eau pour se développer.
Comprendre la biologie de l'Hedera helix
Le lierre (Hedera helix) est tout sauf une plante ordinaire. De la famille des Araliacées, l’Hedera tire son nom du latin haerere : être attaché. En Europe centrale, le lierre est une espèce caractéristique des forêts de feuillus à feuilles caduques, de la plaine à l’étage submontagnard. Cette espèce océanique a son centre de répartition dans les régions humides et douces en hiver d’Europe centrale.
La plante présente des racines adventives le long de la tige, qui se transforment en crampons avec beaucoup de poils ventouses. Sa tige est ligneuse, rampante ou grimpante. Ses rameaux sont grimpants, avec des poils étoilés de couleur grisâtre. La floraison du lierre grimpant n'est pas longue : de fin septembre à octobre (et selon les régions à novembre).
Le lierre commun a une longévité impressionnante, puisqu’il peut vivre jusqu’à 400-500 ans. Après une dizaine d’années, le lierre change d’aspect extérieur et atteint sa forme mature. Les feuilles qui étaient d’abord à 3-5 lobes deviennent maintenant non lobées et ovales. Après une vingtaine d’années, le lierre porte des fleurs en ombelles et produit des baies.

Choisir la variété adaptée à vos besoins
Le lierre présente plusieurs espèces sélectionnées comme plantes ornementales d'extérieur ou d'intérieur. Parmi elles, la variété Hedera helix, aux feuilles lobées d’un vert très foncé, est la plus commune. Chez les panachés, vous trouverez le très rustique lierre 'Dentata Variegata' qui brandit de grandes feuilles ovales, mouchetées de gris-vert et largement bordées de jaune crème.
Si vous cherchez à garnir de grands murs ou des arbres dénudés, le lierre d'Irlande est adapté à un très grand développement et est capable de s'élever très haut. Il peut s'étaler à l'âge adulte sur 10 m². Ses feuilles amples sont d'un beau vert brillant.
La gestion de l'entretien et la santé de la plante
Surveillez votre lierre et taillez-le régulièrement pour éviter qu’il ne s’étende plus qu’il ne devrait. Sur un mur, rabattez les lierres de temps en temps pour limiter leur épaississement. La plante sera ainsi plus touffue, avec des rameaux plus nombreux, ce qui la rendra plus belle. Point de vue arrosage, le lierre aime l’humidité. Toutefois, il ne demande que très peu d’arrosage en période de croissance, et n’a pas besoin d’être arrosé en hiver. Dans le cas du lierre cultivé en pot, les jeunes plants auront bien besoin d’un rempotage chaque année, jusqu’à leur maturité.
Le lierre est très rustique et peu sensible aux maladies. Toutefois, il peut souffrir des conditions de cultures : ses feuilles noircissent en cas de sur-arrosage, se dessèchent quand l'air est trop sec, pâlissent face à un soleil trop intense en été. En intérieur, évitez de le placer derrière une vitre exposée au soleil pendant cette période. Si votre variété panachée verdit, elle est soit suralimentée, soit en manque de lumière. Éliminez les parties vertes et stoppez les apports d’engrais.
Le lierre peut être attaqué par les pucerons. Ces petites bêtes qui se voient à l’œil nu, se cachent sous les feuilles, près des nervures. Pour vous en débarrasser de manière bio, pulvérisez de l’eau savonneuse, ou un mélange eau et huile d’olive qui en plus, nourrira votre plante. Les cochenilles farineuses, petites pustules blanches, et les acariens dont l’araignée rouge qui décolore les feuilles, peuvent aussi être de la partie. Les coccinelles régleront le problème.
Le lierre et la biodiversité forestière
Les propriétaires d’arbres se demandent souvent si le lierre est inoffensif pour l’arbre ou plutôt à considérer comme nuisible. Contrairement aux parasites des arbres comme le gui, qui s’enracinent directement sur les branches de leurs plantes hôtes, le lierre utilise les arbres uniquement comme support pour grimper vers la lumière.
Les racines de lierre grimpant le long des troncs sont des racines adhérentes. Sur les arbres âgés, elles n’adhèrent que superficiellement et ne pénètrent pas dans le bois, n’étranglent pas l’arbre et ne le privent pas de nutriments. En outre, le lierre aime pousser à l’ombre d’arbres au feuillage dense et à la large couronne.
Le lierre offre un habitat pour les insectes ainsi que des sites de nidification et de la nourriture pour diverses espèces d’oiseaux et de chauves-souris. Comme le lierre fleurit tardivement, il constitue une source de nourriture importante pour les insectes tels que les coléoptères, les punaises, les papillons, les abeilles, les guêpes ou les syrphes. Les fruits mûrissent entre janvier et avril et servent de nourriture à de nombreuses espèces d’oiseaux comme le rouge-gorge, le merle noir ou les grives.

Idées reçues et réalités botaniques
On surnomme à tort le lierre le "bourreau des arbres", parce qu'il les escalade et les recouvre en s'enroulant tout autour. Pourtant, le lierre pousse généralement d’un seul côté du tronc porteur, vers le haut, et non pas en s’enroulant autour du tronc, comme d’autres plantes (p. ex. le chèvrefeuille). Dans les forêts, le lierre pousse souvent d’un seul côté des troncs, car la lumière pénètre principalement d’un seul côté.
En ce qui concerne les grandes espèces d’arbres indigènes comme le chêne, le frêne ou l’érable des montagnes, les connaissances actuelles ne permettent pas de penser que le lierre puisse nuire à l’arbre par concurrence lumineuse. De plus, le lierre protège les troncs d’arbres par son ombrage contre les coups de soleil, en particulier lorsque les arbres ont grandi à l’ombre d’autres arbres et sont soudainement dégagés par l’abattage de ces arbres.
Élimination : méthodes et précautions
Dans certains cas, détruire le lierre de façon définitive et radicale, peut s’avérer une mission très dure à accomplir. En fonction de la saison de l'année, il existe de différentes manières de supprimer la mauvaise herbe. La première étape consiste à se saisir d’un tuyau d’arrosage et à asperger votre lierre. Cette opération va permettre à votre grimpante envahissante de s’amollir et cela facilitera son arrachage. Pour ce faire, procédez de bas en haut depuis les feuilles, branches jusqu’aux racines.
Sécateur, cisaille à long manche, scie ou hachette : ce sont les outils dont vous aurez besoin pour l’étape suivante. Coupez la branche principale de votre lierre, à la base et à ras de terre. L’école de la patience préconise d’attendre que les feuilles sèchent sur le support après que la base est éradiquée. C’est parfois la seule solution si votre mur de support, fragilisé, risque de s’effriter si vous tirez sur les branches.
Si vous n’éliminez pas ses racines, vous n’avez aucune chance de vous débarrasser définitivement du lierre. Passez donc de la lutte terrestre à la lutte souterraine en vous attaquant aux racines du mal. Si vous assistez à la sortie d’une nouvelle pousse de lierre dans les semaines qui suivent son éradication, soyez vif et sans pitié.
Comment bouturer le lierre
Symbolique et usages traditionnels
Les vertus du lierre sont connues depuis si longtemps qu’il porte avec lui son lot de symboles et de légendes. Il figure même dans la mythologie grecque où le Dieu Dionysos, fils de Zeus, fut protégé par la plante lors d’une apparition orageuse de ce dernier. Pour les Romains, le lierre était associé à Bacchus, le dieu de la vigne, aux buveurs et aux poètes.
Dans le langage des fleurs, le lierre grimpant sur les murs les habille et les protège des intempéries. S'accrochant avec des crampons, il n'endommage pas les jointures des briques. Il est de ce fait le symbole de l'attachement, et souvent associé à l'expression "je meurs ou je m'attache".
Au-delà du jardin, le lierre possède des propriétés saponifiantes. Les feuilles de lierre ont des propriétés saponifiantes, c’est-à-dire qu’elles peuvent être utilisées pour réaliser une lessive naturelle et efficace, sans odeur. 100 g de feuilles bouillies 15 minutes dans 1 L d’eau et macérées toute une nuit, vous donneront de quoi laver votre linge.
Précautions de sécurité et toxicité
Toutes les parties du lierre grimpant sont toxiques pour les mammifères, notamment pour les hommes. Une toxicité due à la présence des saponines, des molécules que l'hydrolyse transforme en une substance très toxique, l'hédérine, générant des brûlures dans la gorge, des maux de tête, des crampes, de la tachycardie et des vomissements / diarrhées. Les baies sont toxiques, en particulier pour les enfants. De plus, les feuilles de lierre fraîches ou la sève peuvent provoquer des inflammations allergiques en cas de contact avec la peau.
