Le territoire de l’Hérault, et plus particulièrement la métropole de Montpellier, se distingue aujourd'hui comme un laboratoire à ciel ouvert pour l’agroécologie urbaine. À travers des initiatives comme l’Oasis Citadine ou l'Écolothèque, de nouveaux espaces voient le jour, permettant d’avoir accès à des savoirs partagés et une reconnexion au monde du vivant, qu'il soit humain, végétal ou animal. Ces lieux, loin d'être de simples exploitations agricoles, se définissent comme des vecteurs de transformation sociale et environnementale.

Les fondements du tiers-lieu agricole
Le terme « Tiers-Lieu », originaire des États-Unis, provient de l’anglais « third place ». Le tiers-lieu est défini au départ par le sociologue Ray Oldenburg à la fin des années 80, de manière simplifiée, comme un lieu où les personnes se plaisent à sortir et se regrouper de manière informelle, situé hors du domicile (first-place) et de l’entreprise (second-place).
L’Oasis Citadine fait partie de ces initiatives qui fonctionnent sur le faire ensemble en se focalisant plus particulièrement sur les sujets de l’agroécologie et de la permaculture. À l’Oasis Citadine, nous cultivons des lieux ouverts à toutes et tous, respectueux des écosystèmes, où chacun.e peut se reconnecter au vivant. Ces espaces ne sont pas seulement des lieux de production, mais des centres de ressources où l'on participe à la transition écologique en mettant en place des solutions qui relèvent de l’agriculture durable, de l’économie circulaire et des énergies renouvelables.
Le domaine agricole comme outil d'éducation populaire
Pour répondre à sa mission éducative, l'Écolothèque s'appuie sur un domaine agricole à vocation pédagogique de 4 hectares, sans objectif de rentabilité. Verger, jardins, parcs, haies, animaux domestiques et sauvages sont autant de supports éducatifs pour nos programmes pédagogiques. 4 agents entretiennent et supervisent le site dans le respect de la nature et de l'environnement.
Cette approche permet une immersion directe dans les cycles naturels. « Veaux, vache, cochons, couvées… » mais aussi chevaux, ânes, chèvres, moutons, lapins vivent paisiblement sur les 4 hectares de l'Écolothèque. La basse-cour réunit aussi toutes sortes de poules, canards, dindons, pintades, oies et pigeons. Tous ces animaux vivent paisiblement en attendant que les enfants viennent les nourrir, les soigner, les promener ou les observer.
La gestion agroécologique : apprendre à se défendre
Au cœur de ces fermes pédagogiques, le choix d'une démarche agroécologique est fondamental. Celle-ci vise à inciter l'être vivant à « apprendre » à se défendre contre les agressions (virus, parasites…) sans recours à des produits chimiques (insecticides, herbicides, fongicides, engrais chimiques). Cette méthode demande une observation fine des écosystèmes et une compréhension profonde de la biodiversité locale.

En favorisant les auxiliaires de culture et en structurant des habitats complexes (haies, mares, zones de non-fauche), ces fermes démontrent qu'il est possible de produire en harmonie avec le vivant tout en transmettant ces savoirs aux générations futures.
L’Oasis Citadine : une pionnière à Montpellier
L’association « Oasis Citadine » est la première ferme urbaine collaborative de Montpellier. Située sur le domaine viticole du Château de Flaugergues à l’Est de la ville, le projet a été fondé en 2017 par Sébastien Girault, ancien chargé d’affaire dans la finance, David Viala et Maxime Pernel, ingénieurs agronomes, et Germain Dufraisse, jardinier paysagiste expérimenté.
La ferme urbaine collective ouvre en 2018 avec pour objectif de sensibiliser le plus grand nombre à la permaculture et aux enjeux de la protection de l’environnement. Des personnes rejoignent l’équipe projet au fur et à mesure en tant que bénévoles ou membres actifs, et le projet prend alors toute sa dimension collaborative. Adhésions, dons, appels à projets et financement participatif sont mis à contribution pour développer, faire vivre et grandir la ferme.
Accessibilité et rayonnement territorial
La question de l'accès à ces lieux est centrale pour garantir la mixité sociale et l'ouverture au plus grand nombre. Les sites sont conçus pour accueillir des publics variés, y compris les groupes scolaires ou associatifs.
- En vélo : À moins de 20 mn en vélo de la gare de Montpellier-Sud-de-France !
- En voiture : À moins de 10 mn en voiture de la gare de Montpellier-Sud-de-France !
- En vélo électrique : À moins de 10 mn en vélo électrique de la gare de Montpellier-Saint-Roch !
Pour les institutions et les écoles, l'accès est facilité par la possibilité de venir en autocar, avec un parking dédié. Cette infrastructure permet de transformer ces lieux en véritables carrefours de rencontres entre citadins et nature.
La ferme urbaine du collège Pierre-Mendès-France
Partage de savoirs et autonomie quotidienne
Les activités proposées au sein de ces structures sont extrêmement diversifiées. On peut se former à la permaculture, à l’agroécologie (de façon théorique et pratique), au brassage de bières, à la vinification mais aussi occasionnellement à la fabrication de savons, à l’affûtage, à la transformation des fruits et légumes, à la greffe des arbres, etc.
Autant de savoirs et de savoirs-faires partagés au travers d’un collectif qui permettent de devenir plus autonomes dans notre quotidien. L'association a pour objet de promouvoir l’agroécologie et la permaculture urbaine, notamment par la mise en place de micro-fermes collaboratives pédagogiques, de faciliter l’accès à une alimentation saine et de qualité, d’éduquer à l’environnement et au développement durable, d’accompagner les citoyens vers des modes de consommation plus responsables, équitables et meilleurs pour la santé, de préserver la biodiversité et de contribuer à son développement, d’oeuvrer pour le bien-être sociétal, de favoriser le lien et la mixité sociale notamment en revalorisant les métiers du secteur agricole, de promouvoir une économie sociale et solidaire, de faciliter les échanges et les partages surtout en faveur des plus démunis, faire de l’insertion par l’activité économique de personnes éloignées de l’emploi, de participer au développement économique, à la création d’emplois locaux et au dynamisme du territoire.
Perspectives pour l'agriculture urbaine
Nous voulons continuer à être un acteur de référence sur le territoire montpelliérain à propos du sujet des agricultures urbaines et de l’agroécologie collaborative, en continuant notamment à développer toujours plus notre écosystème. Nous contribuons à développer des Oasis refuges, ouvertes à tous·te·s, dans le respect des écosystèmes permettant d’accéder à des savoirs partagés et à une reconnexion au monde du vivant.
Le succès de ces modèles repose sur la capacité constante à innover dans les méthodes de transmission. Bonjour Bourrache ! Avé les Vignes ! Oh ! Ces expressions témoignent de la convivialité et de l'ancrage local de ces projets. En favorisant l'émergence de ces fermes, le territoire de l'Hérault ne se contente pas de verdir ses espaces urbains ; il reconstruit un tissu social fondé sur l'entraide, le respect des cycles biologiques et la résilience alimentaire.
Le passage d'un modèle de consommation passive à une participation active dans la gestion d'un domaine agricole - qu'il soit pédagogique ou collaboratif - marque une étape cruciale dans la transition écologique. Ces lieux prouvent qu'il est possible de concilier utilité sociale, préservation de l'environnement et dynamisme économique local.
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