L'oranger enchante nos jardins depuis des siècles et sa culture est relativement aisée. Ses fleurs blanches au parfum délicat, suivies de fruits ronds et juteux, en font l’un des agrumes les plus appréciés. Très appréciés par les rois de France, les orangers ont donné lieu à la construction de superbes orangeries, la plupart du temps dans les jardins des châteaux. Ils sont de plus en plus convoités de nos jours et la plupart des jardineries les proposent à la vente.

Comprendre la biologie de l'oranger et la maturité du fruit
De la famille des Rutacées, le genre Citrus regroupe les agrumes. L’espèce Citrus sinensis, l’oranger, nous vient de Chine. Ce sont les Portugais qui l’ont introduite en Europe au XVème siècle. Au XVIIIème siècle, on crée les orangeries, sorte de serre dont la façade sud est ouverte de fenêtres, et qui permet de garder à l’abri du froid les agrumes cultivés en bacs, également dits d’orangerie. L’oranger est un arbre au port harmonieux qui, planté en pleine terre, atteint rapidement 7 à 8 m. Ses fleurs blanches immaculées sont très parfumées, ses feuilles vert profond sont légèrement ailées et ses fruits varient en forme et en couleur selon les variétés.
Il est crucial de retenir une règle d'or : les agrumes sont des fruits qui, une fois cueillis, ne mûrissent plus. Contrairement à d’autres fruits, les oranges ne mûrissent plus une fois cueillies. Pour obtenir un fruit juteux, sucré et fortement vitaminé, il est donc important de le laisser mûrir sur l’arbre.
Les indices de maturité : ne vous fiez pas aux apparences
Malheureusement, il n'est pas toujours évident d'évaluer le niveau de maturité. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne faut pas se fier à la couleur du fruit ! Une orange à la couleur homogène ne sera pas, obligatoirement, douce en bouche. Selon les variétés, mais, surtout, les températures de culture, un agrume sera plus ou moins coloré. Ce sont les « chocs thermiques » dus aux écarts de températures entre les jours « chauds » et les nuits fraîches qui sont responsables de la coloration de la peau. Ils en altèrent la chlorophylle, qui laisse apparaître les autres pigments jaunes et oranges. Un fruit portant des zones vertes sur son épiderme peut être mûr !
Toutefois, avec un peu d’entraînement, vous saurez repérer les légers changements de couleur de la peau de vos agrumes qui vous donneront le feu vert de la récolte. Par contre, n'hésitez pas à toucher et soupeser vos fruits : un agrume mûr est un fruit rempli de jus ; il est donc, forcément, ferme et lourd. Les autres signes de maturité se trouvent, hélas, à l'intérieur des fruits : un zeste gorgé d'essences très odorantes, le jus (non acide) qui s'écoule du fruit coupé en deux et la pulpe bien colorée. Dans le doute, sacrifiez un fruit !

Les bonnes pratiques pour une récolte réussie
Pour une bonne conservation des agrumes, la cueillette doit se faire avec précaution. En effet, leur peau, même si elle est épaisse, peut se blesser facilement. Une coupure, aussi superficielle soit-elle, est une porte ouverte aux champignons responsables des fameuses taches de moisissures vertes qui se développent sur la peau.
Si vos agrumes sont cultivés à l'extérieur, procédez un jour sans pluie, et après que la rosée du matin s'est évaporée ; un fruit mouillé est plus fragile et peut pourrir très facilement. Pour détacher le fruit, munissez-vous d'un sécateur désinfecté et coupez la tige au plus près de l’écorce. Il faut éviter d'enlever la tige, qui laisserait une blessure sur la peau, mais, également, de laisser un trop long bout de tige qui risquerait de blesser les fruits stockés à côté d'elle. Le petit bout de tige restant séchera et tombera de lui-même.
Le calendrier de récolte et la saisonnalité
Mangez-vous habituellement des oranges toute l’année ? Connaissez-vous la saison des oranges ? Si vous êtes un amateur de cet agrume, voici tout ce que vous devez savoir sur la récolte et la saison des oranges. L’Andalousie est la région d’Espagne où l’on cultive le plus d’oranges, suivie de Valence. Bien que la récolte d’oranges en Espagne dure généralement environ huit mois, cette période dépend de facteurs météorologiques tels que la pluie, le vent et la température, qui déterminent année après année le début et la fin de la saison de récolte.
La météo est un facteur clé pour la récolte d’oranges. Lorsque nous parlons de saison, nous faisons référence au moment où les oranges sont récoltées, c’est-à-dire lorsqu’elles ont le meilleur goût et les meilleures caractéristiques. Grâce à la culture des différentes variétés, les producteurs peuvent proposer des oranges presque toute l’année.
Les bons gestes de cueillette - Dans les vergers avec Victoria
Variétés et périodes de disponibilité
- Navelina : La variété d’orange « Navelina » est une grosse orange qui n’a pratiquement pas de pépins. La saison de l’orange Navelina s’étend de fin novembre à fin février.
- Salustiana : La variété « Salustiana » est une orange plus petite que les oranges « Navelina », par exemple. Néanmoins, elles possèdent la même quantité de goût et convainquent par leur douceur naturelle. Cette variété est disponible de fin février à fin avril.
- Cadenera : Cette variété est menacée d’extinction. De fin février à mi-mai, tu peux goûter cette variété spéciale.
- Barberina : Les oranges de la variété « Barberina » sont de taille moyenne et contiennent beaucoup de jus, ce qui les rend parfaites pour le pressage de jus d’orange. Cette variété est disponible de mi-mai à fin juillet.
Conseils de conservation après la récolte
Préalable : comme tous fruits ou légumes de conservation, ne stockez que des fruits sains, afin de ne pas contaminer toute la récolte. Cueillis au bon moment et dans de bonnes conditions, les agrumes peuvent se conserver, dans une pièce fraîche, pendant plusieurs semaines. Si l'atmosphère est sèche et chaude, les fruits perdent plus vite l'humidité qu’ils contiennent. Cette déshydratation accélère le processus de vieillissement du fruit. Pour retarder, au maximum, l'inéluctable, vous pouvez entreposer vos agrumes dans le bac à légumes de votre réfrigérateur.
Culture de l'oranger : climat et entretien
Sous nos latitudes, on peut cultiver l’oranger en pleine terre seulement lorsque le climat le permet, c’est-à-dire lorsqu’il ne gèle pas en hiver. Attention, l’oranger n’apprécie pas non plus les grosses chaleurs. Au-dessus de 35 °C, il entre à nouveau en repos végétatif. L’hiver, il sera mis dans une pièce bien lumineuse et dont la température ne descendra pas en dessous de 5/6 °C.
Choisir l'emplacement idéal
Planté dans un sol léger, fertile, légèrement acide et bien drainé, l’oranger sera exposé en plein soleil et à l’abri du vent. Dans l’idéal, on le plante contre un mur orienté plein sud, il y sera au chaud et protégé des vents violents qui assèchent le sol, déshydratent la plante, font chuter les températures, déchirent les feuilles et abîment les fruits. L’oranger sera planté en pleine terre sans souci, en Languedoc, en pays Basque ainsi que sur le littoral atlantique et breton. Ailleurs, on préférera le cultiver en bac, et on le rentrera sous serre en hiver car l’oranger est peu rustique et craint dès -7 ou -8°C. Par contre, il ne sera jamais cultivé en intérieur, il ne supporte pas la chaleur des appartements.

Soins et entretien au fil des saisons
Pour une belle récolte, apportez régulièrement un engrais riche en azote et en potasse. En hiver, on réduira les apports à un toutes les 3 semaines. On reprendra ces apports au printemps, à une fréquence d’une fois tous les quinze jours ; on remplacera la terre en surface sur 5 cm des plantes en pot, selon la technique dite de surfaçage. Les arrosages sont réguliers et indispensables, l’oranger ne supporte pas le manque d’eau. Cet agrume réussit mieux en serre froide (ou orangerie) ou en véranda avec une température hivernale de 5°C à 15°C, il doit être peu arrosé durant cette période.
Gestion des ennemis et maladies
Les pucerons, ces petites bêtes vert clair, se voient à l’œil nu sous les feuilles. Attention aux cochenilles, ces petits insectes piqueurs et suceurs de sève qui affaiblissent très vite le plus vigoureux des arbres. Vous les reconnaîtrez facilement : les insectes s’enferment dans une carapace brune ou sous un feutrage blanc et excrètent un miellat qui finira par attirer des champignons. L’oranger n’est pas à l’abri d’une attaque de mineuses. Ces chenilles creusent de petites galeries brunâtres dans le limbe.
Le feuillage du oranger est décoloré, son vert vire au gris argenté, de petites toiles d’araignée se forment au bout des feuilles ? Votre oranger est attaqué par des araignées rouges. Ces acariens détestent l’humidité, nettoyez la plante à grande eau. Dans le Midi, vous pourrez subir des attaques de la mouche du fruit (Ceratitis capitata) noire et jaune. Si c’est le cas, vous remarquerez que les fruits sont marqués d’une tache noire. La mouche pond ses œufs dans les fruits, les larves s’y développent et les font pourrir. Détruisez tous les fruits infectés tant que les larves n’ont pas fini leur développement. Cela empêchera la propagation de la mouche. Utilisez des pièges collants pour capturer les adultes.
L'importance de la qualité et des circuits courts
On trouve des oranges dans de nombreux supermarchés en France, mais il faut faire attention à quelques points avant de les consommer. Par exemple, l’écorce ne peut souvent pas être traitée et les mains doivent être soigneusement lavées après l’épluchage. Cela est dû à la forte teneur en pesticides des oranges vendues dans les supermarchés. Pour éviter ces problèmes et soutenir une culture d’oranges plus respectueuse de l’environnement, tu devrais opter pour les oranges bio. Nos oranges bio ne sont pas traitées avec des pesticides et sont envoyées directement du producteur à ton domicile. Tu reçois ainsi des oranges fraîches et saines en provenance directe d’Andalousie !
L’orange est le fruit d’hiver par excellence, une importante source de vitamine C et le deuxième fruit le plus consommé, en France, après la pomme. Le bigaradier (Citrus aurantium) donne des oranges amères, utilisées en marmelade ou en parfumerie. Dans le langage des fleurs, symbole de la générosité mais aussi de l'inconstance, l'oranger est arrivé chez nous au XIème siècle. À cette époque, c'est une orange amère peu appréciée. La donne change au XVème siècle avec l'orange de Chine, une orange douce considérée comme un fruit de luxe.