Le genre Prunus est d'une richesse incomparable, offrant une multitude d'espèces d'arbres et d'arbustes tant pour l'ornement que pour la production de fruits. Bien que la question initiale porte sur le remplacement d'un prunier à fleur par un orme, il est essentiel de souligner que l'orme (Ulmus) et le prunier (Prunus) appartiennent à des familles botaniques différentes et présentent des caractéristiques distinctes. L'information fournie aborde principalement les espèces de Prunus et leurs particularités, ainsi que des conseils pour la plantation, l'entretien et la multiplication, ce qui permet d'explorer la vaste diversité au sein du genre Prunus et d'éclairer les choix paysagers.
Le genre Prunus : Une famille aux multiples facettes
Le genre Prunus, qui compte environ 400 espèces, est renommé pour sa grande diversité et sa capacité à s'adapter à de nombreuses utilisations, allant des arbres fruitiers aux espèces purement ornementales. Cette famille botanique inclut des arbres et arbustes produisant des fruits à noyau tels que les abricots, les pêches, les cerises et les prunes, mais aussi des variétés cultivées uniquement pour leur floraison spectaculaire ou leur feuillage décoratif.
Espèces de Prunus pour la production de fruits
Plusieurs espèces de Prunus sont prisées pour leurs fruits savoureux et nutritifs. On peut notamment citer :
Prunus avium (Merisier, Cerisier merisier, Cerisier des oiseaux) : Notre cerisier européen, un grand arbre pouvant atteindre 20 mètres de haut. Il se distingue par ses feuilles pendantes et deux grosses glandes rouges, appelées nectaires, situées sur le pétiole des feuilles. Il est peu drageonnant et est souvent utilisé comme porte-greffe. Autrefois, on préparait des soupes de merises.
- Prunus avium var. juliana (Guignier) : Cette variété peut remplacer avantageusement un saule pleureur pour décorer un jardin grâce à ses rameaux pendants. Les guignes sont de grosses cerises à chair molle, parfumée et de couleur sombre.
- Prunus avium var. duracina (Bigarreautier) : Les bigarreaux sont des cerises à chair ferme et douceâtre, de couleur pâle ou foncée. Il est fréquent de trouver à la vente des arbres greffés avec deux variétés, comme par exemple 'Bigarreau Napoléon' et 'Van'. En Bretagne, il est préférable d'éviter les variétés hâtives en raison des risques de floraison compromise par le froid.
Prunus cerasus (Cerisier aigre, Cerisier amer, Cerisier sûr) : Originaire d'Asie, cette espèce a un port buissonnant et des feuilles droites. Elle est très drageonnante et colonise facilement les bords des abers. Elle est également utilisée comme porte-greffe. Les fruits de cette espèce sont utilisés pour des confitures, des tartes, des cerises à l'eau-de-vie, des tisanes fébrifuges, des diurétiques, des parfums pour les crèmes, des antispasmodiques, de la gomme dite nostras en chapellerie, du kirschwasser et du marasquin.
- Prunus cerasus var. austera (Cerisier 'Morello') : Produit des cerises noires à jus pourpre.
- Prunus cerasus var. caproniana (Griottier, Amarelle) : Donne des griottes rouges à jus incolore, idéales pour les confitures et les clafoutis, bien que le fruit soit assez acide.
- Prunus cerasus var. frutescens (Bush sour cherry).
Prunus domestica (Prunier, Quetschier) : Cet arbre est considéré comme un croisement possible entre le prunellier et le prunier myrobolan, ayant donné naissance à de nombreuses variétés de grosses prunes, comme les quetsches. Les arbres, de hauteur variable, ont une floraison blanche et des fruits gros et allongés. On connaît la Quetsche d'Alsace (Prune de Namur), une quetsche ovale de couleur rouge foncé et bleu violacé. Le prunier d'Ente, qui donne le célèbre pruneau d'Agen, est un croisement entre un prunier de Damas et un prunier local de Clairac près d'Agen. Lorsque les prunes d'Ente prennent une couleur pourpre violet, la "robe de sergent", elles sont prêtes à être récoltées.
- Prunus domestica subsp. domestica (Prunier) : Petit arbre produisant de délicieuses prunes de taille moyenne.
- Prunus domestica subsp. insititia (Prunéolier, Prunier crèque, Polotrez) : Petit arbre sauvage presque arbustif, à fleurs blanches, produisant de petites prunes rondes bleu-noir ou pourpres, parfaites pour des confitures délicieuses. En Bretagne, on l'appelle "polotrez". Sa production est irrégulière et il se raréfie sur les talus bretons.
- Prunus domestica n.subsp. italica (Prunier d'Italie, Prunier reine-claude) : Un arbre d'environ 8 mètres de haut.
- Prunus x cerea = Prunus domestica subsp. syriaca (Mirabellier) : Un croisement entre Prunus cerasifera et Prunus domestica. Cet arbre d'environ 8 mètres de haut est essentiellement cultivé en Lorraine et produit des prunes rondes, jaunes et délicieuses.
Prunus cerasifera (Prunier myrobolan, Myrobolan, Cerisier à fleurs, Prunier-cerise) : Cette espèce, qui atteint 9 mètres de haut, ne drageonne pas et produit de petites cerises jaunes, rouges ou jaune-rouge. Le myrobolan est couramment utilisé en porte-greffe à partir de semis. Ses fruits, bien qu'acides, sont excellents en confiture.
- Prunus cerasifera Myrobalan Group = Prunus myrobalana = Prunus myrobolan.
Prunus brigantiaca (Prunier de Briançon) : Un petit arbre sauvage de montagne, non épineux, d'environ 4 mètres, produisant des fruits jaune clair ressemblant à de petites mirabelles. Ses amandes étaient autrefois utilisées pour fabriquer l'huile de marmotte.

Espèces ornementales du genre Prunus
Outre les fruitiers, le genre Prunus est riche en espèces purement ornementales, prisées pour leur floraison spectaculaire, leur feuillage décoratif ou leur écorce attrayante.
Prunus cerasifera 'Pissardii' (Prunier de Pissard) : Ce prunier ornemental est très apprécié pour son feuillage caduc d'une couleur pourpre foncé exceptionnelle, qui persiste de mars à octobre. Sa floraison rose pâle apparaît au début du printemps, avant l'apparition des feuilles, créant un contraste saisissant. Il atteint généralement entre 4 et 5 mètres de hauteur et s'étend sur 2,5 à 3 mètres de large à maturité. Son port fastigié et compact convient parfaitement aux jardins de taille moyenne. Il produit de petites prunes comestibles d'environ 3 centimètres de diamètre en été, juteuses et légèrement acides, utilisables en confiture après retrait du noyau toxique.
- Plantation : Idéalement en automne, dans un sol bien drainé. Il tolère différents types de sols (secs, rocailleux, argileux ou bonne terre de jardin). Un trou de plantation d'au moins 60 cm en tous sens est recommandé, avec une couche de drainage (gravier ou pouzzolane). Le collet doit être au niveau du sol. Un tuteurage et un arrosage copieux sont nécessaires après la plantation.
- Culture en pot : Choisir un contenant d'au moins 40 cm de diamètre, percé et poreux, avec une couche de drainage de billes d'argile.
- Entretien : Arrosage régulier et généreux les premières années, puis seulement en cas de sécheresse prolongée. La fertilisation est rarement nécessaire en pleine terre, un apport de compost mûr à l'automne suffit. La taille doit rester limitée à un nettoyage du bois mort et des branches abîmées après la floraison, en raison de sa sensibilité aux maladies cryptogamiques. Un traitement préventif à la bouillie bordelaise est conseillé.
- Utilisations paysagères : En isolé, il constitue un point focal remarquable. Il est également adapté aux haies champêtres et aux massifs d'arbustes. Ses branches fleuries peuvent être coupées pour des bouquets printaniers.
Prunus serrula (Cerisier du Tibet) : Remarquable pour son écorce acajou rouge brillant et sa floraison printanière. Les petits fruits noirs ressemblent aux prunelles. Il atteint 6 mètres de haut pour 5 mètres d'envergure.
Prunus serrulata (Cerisier du Japon, Sakura, Cerisier oriental) : Offre une floraison spectaculaire de mi-mars à mi-avril. Il existe de nombreuses variétés avec diverses silhouettes et une large palette de roses et de blancs.
- 'Kanzan' : Célébrité de Prunus serrulata, appréciée pour sa floraison abondante, la couleur rouge vif de ses bourgeons, ses bouquets de fleurs rose soutenu et son feuillage changeant (bronze au printemps, vert franc en été, orangé en automne). Il atteint 6 mètres de haut pour 4 mètres d'envergure.
- 'Amanogawa' : Étonnant par son port colonnaire, pouvant atteindre 7 mètres de haut mais ne dépassant pas 1 mètre de large. Ses fleurs simples, rose pâle et légèrement parfumées, s'épanouissent d'avril à mai.
- Prunus x subhirtella 'Pendula' : Offre une silhouette pleureuse romantique, ne dépassant pas 3 ou 4 mètres de haut, avec des rameaux fins qui s'arquent jusqu'au sol. La floraison survient dès la fin de l'hiver sur un bois nu, avec de petites fleurs rose pâle à soutenu.
Prunus incisa 'Kojo-no-Mai' (Cerisier Fuji nain) : Une variété naine (2,5 m de hauteur max) idéale pour les petits espaces ou la culture en pot. Il présente un joli port arrondi et une allure tortueuse, avec une floraison de mars à mai (petites fleurs rose très pâle à cœur plus foncé). Rustique à -20°C.
Prunus cistena (Prunier pourpre des sables) : Petit arbuste touffu ne dépassant pas 2 mètres en tous sens, caractérisé par un feuillage d'abord rouge puis presque brun, et une floraison rose délavé au printemps.
Prunus maackii (Cerisier de Mandchourie, Amur cherry) : Sélectionné pour son tronc et son vieux bois luisants aux reflets cuivrés. Sa floraison printanière, blanc crème et légèrement parfumée, habille une silhouette pyramidale de 7 mètres de haut.
Prunus triloba (Amandier de Chine, Amandier à fleurs) : Petit arbre aux feuilles trilobées se couvrant de fleurs roses simples.
Prunus tomentosa (Ragouminier, Cerisier du Canada, Cerisier de Nankin) : Petit arbre de 4 mètres de haut, à fleurs simples blanc rosé, utilisé comme porte-greffe pour cerisiers nains. Excellent en haies et sur les talus en brise-vent.
Prunus virginiana (Cerisier de Virginie, Cerise à grappes) : Petit arbre très décoratif avec ses longues grappes de fleurs, ressemblant à celles du Prunus padus. Le feuillage est toxique.
Prunus x yedoensis (Cerisier d'Yoshino).

Les lauriers du genre Prunus
Le genre Prunus inclut également des lauriers, utilisés principalement pour leur feuillage persistant et leur capacité à former des haies.
Prunus laurocerasus (Laurier-cerise, Laurier amande) : Star des haies persistantes, également appelé laurier palme ou laurier du Caucase. Son feuillage très décoratif reste en place toute l'année, même par climat très froid (rusticité à -20°C). Les fruits ne sont pas consommables, et la dose toxique d'acide cyanhydrique peut être atteinte avec seulement deux feuilles.
Prunus lusitanica (Laurier du Portugal, Laurier-cerise du Portugal) : Parfois surnommé prunier des Açores, il est un peu moins rustique (-15°C) mais peut être conduit en haie ou comme un bel arbre conique. Il est décoratif avec sa floraison parfumée en grappes mousseuses très nectarifères, ses rameaux rouges et son feuillage persistant. Les fruits ne sont pas consommables.
Laurier cerise, Prunus laurocerasus: taille entretien maladies
Toxicité des Prunus et précautions
La toxicité des Prunus provient de l'acide prussique ou acide cyanhydrique (dont les sels sont appelés cyanures), présent dans les feuilles de certaines espèces (Prunus laurocerasus, Prunus padus, Prunus serotina, Prunus virginiana) et dans les noyaux des fruits du genre Prunus (amandier, cerisier, pêcher, prunier). On le trouve également dans les pépins des pommes et dans d'autres plantes comme le sureau yèble. Il est crucial d'être vigilant et de ne pas consommer les parties toxiques de ces plantes.
Plantation et entretien des Prunus
Que ce soit pour un prunier fruitier ou un prunier ornemental, les principes de plantation et d'entretien partagent des similitudes importantes.
Période de plantation
La plantation du Prunus cerasifera 'Pissardii', comme de nombreux autres Prunus, s'effectue idéalement en automne. Cela permet un enracinement optimal avant les chaleurs estivales et la floraison printanière. Pour les arbres en motte ou en contenant, la plantation est possible toute l'année, hors périodes de gel ou de sécheresse.
Choix du sol et exposition
Les Prunus apprécient généralement les terres neutres voire légèrement calcaires, riches et bien drainées. Un bon drainage est essentiel pour éviter les problèmes d'humidité excessive du sol, propices aux maladies fongiques. Pour les terres très argileuses et pluvieuses, une plantation sur une petite butte peut être bénéfique. Le Prunus cerasifera 'Pissardii' tolère des sols secs, rocailleux, argileux ou une bonne terre de jardin.
Une exposition ensoleillée est préférable pour la plupart des Prunus, mais ils doivent être protégés des vents forts et des rayons trop ardents du soleil.
Préparation du trou de plantation
Creusez un trou de plantation d'au moins 60 centimètres en tous sens. Ajoutez une couche de drainage (gravier ou pouzzolane) au fond pour améliorer l'évacuation de l'eau. Incorporez du compost bien mûr au fond du trou, surtout si la terre est pauvre.
Plantation proprement dite
- En pleine terre : Placez la motte de manière à ce que le collet (l'intersection entre la tige et la racine) soit au ras de la surface du sol. Positionnez un tuteur. Comblez avec un mélange de terre de jardin et de terreau de plantation, allégé avec un peu de sable si nécessaire. Tassez légèrement et arrosez copieusement (20 à 30 litres d'eau). Paillez le pied de l'arbre pour réduire l'évaporation et maintenir la fraîcheur.
- En pot : Choisissez un contenant d'au moins 40 cm en tous sens, impérativement percé et de préférence en matériau poreux (terre cuite). Installez une couche de drainage d'au moins 5 cm de billes d'argile. Placez la motte au centre et comblez avec un mélange à parts égales de terre végétale et de terreau pour arbustes en pot, complété d'un peu de sable. Tassez et arrosez généreusement, puis paillez.

Arrosage et fertilisation
- Arrosage : Les premières années suivant la plantation, un arrosage régulier et généreux est crucial. Une fois établi, un Prunus en pleine terre ne nécessitera d'apports d'eau qu'en période de sécheresse prolongée. Pour les cultures en pot, maintenez un arrosage régulier en laissant sécher le substrat sur 2 ou 3 cm de profondeur entre chaque arrosage. Le paillage aide à réduire l'évaporation.
- Fertilisation : En pleine terre, la fertilisation n'est généralement pas nécessaire. Un apport de compost bien mûr à l'automne au pied de l'arbre suffit à maintenir sa vigueur. Pour les sujets en contenant, un engrais pour arbustes fleuris en pot peut être ajouté pour soutenir la floraison.
Taille
La taille des Prunus, qu'ils soient fruitiers ou d'ornement, doit être limitée en raison de leur sensibilité aux maladies et aux attaques d'insectes. Il est préférable de se contenter d'un nettoyage du bois mort et des branches abîmées après la floraison. Utilisez un matériel bien aiguisé et désinfecté, et appliquez un mastic cicatrisant en cas de plaie importante. Une taille excessive fragilise l'arbre et encourage le développement de maladies. Pour les pruniers fruitiers, une taille minimale favorise une meilleure production de fruits, car l'arbre concentre son énergie sur les fruits plutôt que sur la cicatrisation de nombreuses plaies.
Protection contre les maladies et ravageurs
Les Prunus sont sensibles à diverses maladies cryptogamiques, souvent favorisées par l'humidité, et à certains ravageurs.
Maladies fongiques :
- Nodule noir (Apiosporina morbosa) : Champignon formant des protubérances noires sur les branches et rameaux des pruniers européens. Il n'existe pas de traitement.
- Maladie des pochettes (Taphrina pruni) : Les fruits semblent sains mais sont creux et sans noyau à l'intérieur.
- Moniliose des fleurs (Monilia laxa) : Les fleurs se dessèchent, suivies par une nécrose du rameau puis de la branche entière.
- Moniliose des fruits (Monilia fructigena) : Les fruits pourrissent, se momifient et restent longtemps sur l'arbre.
- Plomb parasitaire (Chondrosterum purpureum) : Redoutable champignon qui donne aux feuilles une couleur gris métallique et entraîne la mort rapide de l'arbre.
- Rouille du prunier (Tranzschellia pruni spinosae) : Le feuillage se couvre de points orangés sur le dessus et de pustules brunes au revers des feuilles.
- Pour prévenir ces maladies, assurez un bon drainage, évitez les tailles excessives et nettoyez l'environnement immédiat de l'arbre (débarrassez-vous des parties coupées, des déchets morts ou pourris). Un traitement préventif à la bouillie bordelaise en début de printemps et après la floraison peut renforcer la résistance aux champignons.
Ravageurs :
- Carpocapse des prunes (Cydia funebrana) : Chenille du papillon qui rend les fruits véreux.
- Hoplocampe du prunier (Hoplocampa flava) : Larve foreuse d'un hyménoptère qui perce les prunes d'un petit trou.
- Galles du Prunus : Excroissances sur les feuilles produites par des acariens (Eriophyes).
- Scolytes : Ces insectes attaquent souvent les arbres déjà affaiblis. On observe de petits trous ronds sur l'écorce avec un écoulement de gomme. Les branches atteintes meurent rapidement, ainsi que les arbres, car les scolytes creusent un important réseau de galeries. Ils sont également vecteurs de maladies, comme la graphiose, responsable de la disparition des ormes en Europe.
- Pour les pucerons noirs, une pulvérisation à base de savon noir peut être efficace.
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Multiplication des Prunus
La multiplication des Prunus peut se faire par différentes méthodes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.
Bouturage
Le bouturage est une méthode classique, mais elle est souvent difficile pour les pruniers et peut ne pas donner des fruits identiques à ceux de l'arbre d'origine. Les boutures peuvent par contre être utilisées comme porte-greffes, notamment les boutures de prunier myrobolan.
Bouture sur bois sec : Réalisée en hiver ou en automne à partir de jeunes rameaux ligneux de 5 à 6 mm de diamètre. Coupez des morceaux d'environ 20 cm, avec une coupe en biseau autour d'un œil, et ôtez les feuilles. Stockez les boutures en bottes, enterrées aux trois quarts dans une jauge de sable et de terreau, au pied d'un mur exposé au nord. Au printemps, si les boutures ont raciné, transplantez-les en pépinière. Pour un prunier sur ses propres racines (SPR), la première récolte peut prendre environ 10 ans.
Bouture sous garrot : Appliquée au début de l'été sur des rameaux de l'année semi-aoûtés. Une semaine avant le prélèvement, appliquez un garrot (fil de fer) sous un bourgeon foliaire pour stocker de l'auxine. Coupez juste en dessous du garrot, trempez la base dans de l'hormone de bouturage, supprimez la moitié des feuilles et plantez la bouture de 5 cm dans un substrat de bouturage, à l'étouffée sous une cloche. Le repiquage en pots individuels peut avoir lieu environ 3 semaines plus tard.
Auto-bouturage ou affranchissement : Consiste à planter un scion de prunier en enterrant le point de greffe. Le but est de faire émettre des racines au prunier lui-même. Une fois autonome, le porte-greffe dépérit et le prunier vit sur son propre système racinaire.
Rejets ou drageons
Il est possible de récupérer les drageons d'un prunier, mais ils proviennent du porte-greffe. Vous obtiendrez donc un arbre ayant les caractéristiques du porte-greffe, qui pourra être utilisé comme tel, mais pas le prunier fruitier d'origine. Le prélèvement s'effectue de préférence en automne, en dégageant la racine pour accéder au départ du rejet. L'inconvénient est que les porte-greffes obtenus seront également drageonnants.
Semis de noyaux
Les pruniers botaniques et sauvages peuvent être multipliés par semis (quetsches, Damas noirs, prunes d'Agen, petites mirabelles, reines-claudes vertes). Cependant, les variétés issues d'hybridations ou de sélections ne donneront pas de clones, et même les botaniques produiront rarement un fruitier identique en raison du brassage génétique des deux parents. Néanmoins, le semis peut être intéressant pour obtenir un prunier avec un système racinaire fort et une meilleure adaptation au terroir et au climat.
Greffe
Pour multiplier un arbre fruitier et être sûr d'obtenir un prunier identique, la greffe est la méthode la plus couramment utilisée. Bien que plus technique que le bouturage, son taux de réussite est plus important.
Transplanter un prunier adulte
Déplacer un prunier adulte est possible si certaines règles sont respectées pour assurer sa survie et sa future productivité.
Période d'intervention
La période idéale pour transplanter un prunier est entre novembre et mars, lorsque l'arbre est en dormance et la sève n'est pas en pleine circulation. Évitez d'intervenir en pleine sève.
Extraction
Creusez une tranchée circulaire autour du tronc, à environ 40-50 centimètres de distance pour un arbre d'un mètre. L'objectif est de récupérer une belle motte avec un maximum de racines intactes, en particulier les racines profondes.
Période d'attente (astuce)
Ne replantez pas immédiatement. Installez la motte dans un grand contenant rempli de sable de rivière ou d'un mélange sable-terreau. Cette période d'attente permet la formation de nouvelles radicelles et une adaptation progressive de l'arbre au changement. Arrosez légèrement une fois par semaine et protégez l'arbre des grands froids.
Nouvelle plantation
Préparez un trou deux fois plus large et profond que la motte (minimum 60 cm en tous sens pour un arbre moyen). Le point de greffe doit toujours être situé 5 à 10 centimètres au-dessus du sol pour éviter que le porte-greffe ne prenne le dessus. Mélangez la terre d'origine avec du terreau et du compost, comblez progressivement en tassant sans violence. Arrosez généreusement (20 à 30 litres d'eau) au moment de planter, puis chaque semaine pendant la première année, surtout par temps sec.
Facteurs de réussite supplémentaires
- Sol : Les pruniers prospèrent dans les terres fraîches et fertiles, comme les sols argilo-limoneux riches en matière organique, jamais trop secs.
- Climat : Un printemps doux suivi d'un été tempéré est idéal. Les gelées tardives d'avril peuvent compromettre la floraison, et une canicule en juillet peut rabougrir les fruits avant maturité.
- Biodiversité : Favorisez la présence d'une faune variée. Les vers de terre améliorent la structure et la fertilité du sol. Les oiseaux (mésanges, rouges-gorges) consomment les chenilles et les pucerons. Semez des fleurs mellifères (lavande, achillée, cosmos) autour de l'arbre pour attirer les pollinisateurs et les auxiliaires.
- Taille minimale : Laissez l'arbre trouver son équilibre naturel. Supprimez uniquement le bois mort et dégagez le centre si les branches s'enchevêtrent trop, mais évitez la taille de formation systématique.
Avec une méthode rigoureuse, un sol adapté et une approche respectueuse de la nature, un prunier transplanté peut devenir un producteur généreux en trois à cinq ans.
Les ormes et leur situation
Bien que le cœur de l'information fournie se concentre sur les Prunus, la mention des ormes dans le titre de l'article évoque une problématique écologique majeure : la disparition des ormes en Europe, principalement due à la graphiose de l'orme. Cette maladie fongique est transmise par des scolytes, qui sont devenus un véritable fléau pour de nombreuses espèces d'arbres. Le scolyte est un insecte qui attaque les arbres déjà malades et creuse un important réseau de galeries sous l'écorce, entraînant la mort rapide des branches puis de l'arbre entier. Cette situation met en lumière l'importance de la biodiversité et de la santé des écosystèmes forestiers face aux menaces environnementales. Le remplacement d'un prunier à fleur par un orme serait un choix audacieux et complexe étant donné les défis posés par la graphiose, nécessitant des variétés résistantes et des mesures de protection spécifiques.