Le buis, appartenant à la famille des Buxacées, est un arbre qui n’est pas difficile et qui tolère le plein soleil ainsi que la mi-ombre des sous-bois. Dans le monde du bonsaï, il est particulièrement prisé pour sa robustesse, sa croissance lente et sa capacité à bourgeonner même sur le vieux bois, ce qui en fait un candidat idéal pour la mise en forme. Toutefois, sa culture en pot exige une compréhension fine de ses besoins physiologiques, notamment en matière de substrat et de gestion racinaire.

Physiologie et exigences de l'emplacement
En pot, un emplacement en plein soleil pose la question du dessèchement rapide de la motte. En cas de vent et de fortes chaleurs, les racines peuvent se dessécher rapidement. Donc le choix de l’emplacement est crucial et il faut plus surveiller l’été et ne pas hésiter à arroser même deux fois par jour si nécessaire. En plein soleil, les feuilles deviennent jaunes et rouges. À la mi-ombre, elles restent vertes et plus foncées. Il est impératif de protéger l’arbre du gel et des vents froids.
Bien que le buis ne soit pas très exigeant en eau à l’état naturel, en pot, il est nécessaire de conserver la motte humide. Cela dépend de la nature du substrat : s’il est très drainant et ne contient pas beaucoup de matière végétale, il faut arroser plus souvent, surtout l’été. Par contre, si le pot est plus profond et contient une plus grande proportion de terre de jardin, on peut arroser moins souvent. Il faut éviter de saturer la terre en eau, tout en veillant à ne pas laisser le substrat sécher, car le buis ne supporte pas cela et va s’affaiblir.
Le système racinaire : comprendre pour mieux agir
Le buis est un être vivant qui pousse et se développe. Même si les racines sont limitées par l’espace de la poterie, elles continuent à croître. La première fonction est assurée par de petites racines que l’on appelle les radicelles. Quand nous cultivons un bonsaï, nous avons besoin des radicelles, mais pas de ces longues et grosses racines qui servent à maintenir l’arbre dans le sol. Pour schématiser, le rempotage consiste donc à couper les grosses racines et à conserver les petites qui sont proches du tronc.
Le système racinaire du buis est très vigoureux. Il est nécessaire de rempoter les jeunes sujets tous les deux ans, et les arbres plus âgés tous les 3 à 5 ans. Il ne faut pas rempoter systématiquement, mais plutôt contrôler chaque arbre au tout début du printemps en le retirant délicatement de son pot. Un bonsaï a besoin d’être rempoté lorsque des racines s’enroulent autour du pain racinaire.

Techniques et période de rempotage
Le travail de rempotage doit être effectué en général au début du printemps, alors que l’arbre est encore en dormance. Ainsi, les effets sur l’arbre des éventuels dommages du rempotage sont réduits au minimum, puisque l’arbre ne doit pas encore garantir l’approvisionnement d’un feuillage en pleine croissance. En Provence, on peut le rempoter plus tôt. La fin de l’été est également une très bonne période pour le rempotage, car les températures sont moins suffocantes et les arbres commencent à rentrer dans une période qui s’apparente à un « second printemps », ce qui favorise rapidement l’émission de nouvelles racines.
Étapes du rempotage :
- Préparation : Faites sécher votre arbre. Il sera beaucoup plus facile de procéder au rempotage avec un substrat sec. Il pourra s’enlever plus aisément sans abîmer les racines. Ne rempotez pas en plein soleil. Les fines radicelles peuvent rapidement sécher, il est donc préférable de rempoter dans un lieu ombragé et à l’abri du vent.
- Démêlage : À l'aide d'une petite griffe à main ou d'une fourchette recourbée, peignez les racines pour les séparer tout en retirant au maximum la terre.
- Taille racinaire : Avec une paire de ciseaux, coupez entre un tiers et la moitié de la longueur des racines. Il est préférable de favoriser les petites radicelles plutôt que les grosses racines.
- Mise en pot : Obturez les trous de drainage avec une petite grille. Placez l’arbuste dans le pot en vérifiant que sa position soit esthétique. Complétez avec le mélange de substrat en comblant les espaces entre les racines.
- Arrosage : Inondez le bonsaï en faisant couler de l’eau en pluie douce.
Buis : Plantation, taille, conseils d'entretien
Le choix du substrat
Le milieu naturel du buis en garrigue est très drainant. S’il peut vivre dans des terres argileuses, il préfère des sols drainants neutres, voire légèrement alcalins. Le substrat doit avoir un pH d’environ 7 à 8. Pour les bonsaïs, le mélange idéal peut être composé d’akadama, de pumice et de pouzzolane, idéalement dans un ratio de 2/1/1.
L’akadama est une argile japonaise cuite qui retient bien l’eau tout en ayant un pH neutre. La pumice (pierre ponce) assure un excellent drainage et une bonne aération, tandis que la pouzzolane, roche volcanique, renforce la structure du mélange sans se déliter. Il est conseillé de garder une partie du substrat d’origine pour maintenir la symbiose racinaire, surtout si l’arbre est issu de semis.
Fertilisation et entretien après rempotage
La fertilisation est cruciale pour des arbres en travail. Il faut fertiliser suffisamment, sinon ils seront faibles, sensibles aux maladies et ne répondront pas bien aux travaux de formation. Utilisez un engrais riche en azote au printemps et tous les quinze jours ensuite. Pour le buis de Chine (Buxus harlandii), si les feuilles deviennent pâles ou jaunes, il faut utiliser en plus un engrais à base de fer ou de magnésium. Ne mettez pas d’engrais pendant le repos hivernal.

Gestion des parasites et maladies
Le buis peut être attaqué par des maladies fongiques, des nématodes, des cochenilles, des acariens ou des mineuses. Récemment, le buis a été dévasté par la pyrale, une chenille qui peut défolier l’arbre très rapidement. Il existe dans le commerce un bacille qui détruit ces chenilles. En préventif, il est conseillé de traiter tous les 15 jours au vaporisateur dès le printemps et de vérifier l’absence de pyrales sous les feuilles. En cas d’attaque de cochenilles ou pucerons, un traitement à base de savon noir, d’huile végétale ou d’alcool est souvent efficace. En vieillissant, une branche peut se décolorer, devenir jaunâtre et mourir : il faut alors inspecter l’arbre pour identifier la cause, souvent liée à un manque de lumière ou à la présence de parasites.
Spécificités des espèces : Buis commun vs Buis de Chine
Le buis commun (Buxus sempervirens) supporte le gel mais ceux plantés en pot doivent être protégés des basses températures en hiver, idéalement dans une serre froide. Le buis de Chine (Buxus harlandii) possède des feuilles plus petites et plus étroites ainsi qu’une écorce sillonnée. Il supporte mal le gel et les écarts de températures. En hiver, il peut être placé dans une pièce fraîche et lumineuse (10 à 18 °C). En climat méditerranéen, il peut rester dehors tout l’été.
Le buis se prête à toutes les formes et toutes les tailles, ce qui explique son utilisation historique dans l’art topiaire. Que ce soit pour créer des haies ou des bonsaïs, sa capacité à bourgeonner sur le vieux bois permet une grande liberté de création, à condition de respecter les cycles de taille et de rempotage rigoureux. Enfin, il est important de rappeler que toutes les parties de la plante sont toxiques, une précaution à garder à l'esprit lors des travaux d'entretien.