Plonger les doigts dans la terre d’un petit orme de Chine, c’est partir à la découverte de l’Ulmus parvifolia et de son monde vert ciselé. L’orme de Chine, ou Ulmus parvifolia, est originaire d’Asie, notamment des régions subtropicales de la Chine et du Vietnam. Cette espèce séduit surtout par son tronc sinueux et ses petites feuilles dentelées, faisant de l’arbre en pot une parfaite plante d’intérieur ou d’extérieur. Car c’est un être vivant, qui pousse et se développe. Même si les racines sont limitées par l’espace de la poterie, elles continuent à se développer. La première fonction est assurée par de petites racines que l’on appelle les radicelles. Quand nous cultivons un bonsaï, nous avons besoin des radicelles, mais pas de ces longues et grosses racines qui servent à maintenir l’arbre dans le sol. Pour schématiser, le rempotage consiste donc à couper les grosses racines et à conserver les petites qui sont proches du tronc.

Pourquoi et quand rempoter votre orme ?
Pour éviter que l’arbre ne se retrouve à l’étroit dans son pot et finalement qu’il ne meure, un rempotage régulier est nécessaire. La fréquence de rempotage dépend de la taille du contenant et de l’espèce de l’arbre. Les arbres à croissance rapide, comme l’orme de Chine, ont besoin d’être rempotés tous les deux ans, parfois même chaque année durant leur jeunesse. Parce qu’ils sont plus âgés, les arbres matures n’en ont besoin que tous les 3 à 5 ans. Il ne faut pas rempoter systématiquement, mais plutôt contrôler chaque arbre au tout début du printemps en le retirant délicatement de son pot. Un bonsaï a besoin d’être rempoté lorsque des racines s’enroulent autour du pain racinaire.
Le travail de rempotage doit être effectué en général au début du printemps, alors que l’arbre est encore en dormance, juste avant le débourrement (lorsque les bourgeons prennent une couleur vert tendre). Ainsi, les effets sur l’arbre des éventuels dommages du rempotage sont réduits au minimum, puisque l’arbre ne doit pas encore garantir l’approvisionnement d’un feuillage en pleine croissance. La fin de l’été est également une très bonne période pour le rempotage ; en effet, nous avons l’habitude de rempoter beaucoup de nos arbres fin août/début septembre car les températures sont moins suffocantes et les arbres commencent à rentrer dans une période qui s’apparente à un « second printemps », ce qui favorise rapidement l’émission de nouvelles racines.
Le choix du substrat : l'élément primordial
La terre (le substrat) est l’élément primordial pour une bonne culture. Il doit être en symbiose avec la variété et le lieu où vous habitez. Vous ne cultiverez pas votre arbre de la même façon au nord de la France que dans le sud-Ouest. L’orme de Chine apprécie un substrat aéré, humide et riche, dont le pH est compris entre 6 et 6,5.
Il existe des substrats pour bonsaï à base de roches volcaniques que vous pouvez utiliser purs ou en mélange. Ces terres déshydratées ont pour qualité d’être stables et d’assurer un bon drainage, mais ne contiennent pas d’éléments fertilisants. Cependant, nous conseillons vivement de garder une partie du substrat d’origine, car il ne faut pas oublier que la majorité de nos arbres sont issus de semis.
- L’Akadama : Cette argile japonaise dure est sans doute la plus utilisée. Cuite au four puis concassée, son aspect est celui de petits grains homogènes qui ont la particularité d’avoir un pH neutre et de bien retenir l’eau. Sa couleur à l’état sec est différente de celle humide, ce qui permet de reconnaître d’un coup d’œil les besoins en eau du substrat. Ne disposant pas d’éléments nutritifs, il faudra veiller à fertiliser plus souvent. L’inconvénient de l’akadama est qu’elle se délite rapidement, ce qui compacte le substrat et empêche une bonne aération.
- La Pumice (pierre ponce) : Elle absorbe assez bien l’eau et les nutriments et a un pH neutre. Elle assure un très bon drainage et une excellente aération, permettant aux racines de très bien se ramifier.
- La Pouzzolane : Roche volcanique au pH neutre, elle assure un très bon drainage et elle ne se délite pas. Elle retient moins l’eau que la pumice ou l’akadama, il faudra donc en tenir compte lors de vos rempotages. Il est préférable de l’utiliser en mélange et non pure.
Pour l’orme de Chine, un mélange efficace consiste à mélanger l’akadama, la pumice et la pouzzolane selon un ratio de 2/1/1. Quand vous n’avez pas le temps d’arroser régulièrement, choisissez un mélange plus absorbant (plus d’akadama) et un mélange plus drainant (plus de pouzzolane) quand vous avez un climat plus humide.

La technique du rempotage étape par étape
- Préparation : Faites sécher votre arbre. Il sera beaucoup plus facile de procéder au rempotage avec un substrat sec ; il pourra s’enlever plus aisément sans abîmer les racines. Ne rempotez pas en plein soleil. Les fines radicelles peuvent rapidement sécher, il est donc préférable de rempoter dans un lieu ombragé et à l’abri du vent.
- Démêlage : En retirant l’arbre du pot, aidez-vous d’une petite griffe à main ou d’une fourchette recourbée pour peigner les racines et les séparer tout en retirant au maximum la terre.
- Taille racinaire : Avec une paire de ciseaux, coupez entre un tiers et la moitié de la longueur des racines. Il est préférable de favoriser les petites radicelles plutôt que les grosses racines, car ce sont elles qui assurent l'absorption des nutriments. Ne réduisez jamais la motte de plus d’un tiers, car vous pourriez mettre en danger votre bonsaï.
- Préparation du pot : Choisissez un pot dont la longueur est inférieure d’un tiers à la hauteur du bonsaï, et dont la largeur est un peu inférieure à l’étalement de l’arbre. Sa profondeur doit être idéalement égale au diamètre du tronc. Obturez les trous de drainage avec une petite grille pour empêcher les racines de passer à travers.
- Mise en place : Positionnez l’arbuste dans le pot, en vérifiant que sa position soit esthétique. Complétez avec le mélange de terre en comblant bien les espaces entre les racines et entre la motte et le rebord intérieur du pot.
- Arrosage : Arrosez copieusement. Inondez le bonsaï en faisant couler de l’eau en pluie douce (pas au jet !).
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Soins post-rempotage et fertilisation
Après un rempotage, il est crucial d’être patient. Si une taille des racines est faite, il convient d’attendre au moins deux semaines avant de fertiliser. La fertilisation est essentielle car, planté dans un petit pot et dans une faible quantité de substrat, un bonsaï épuise rapidement les nutriments présents dans le sol.
Fertilisez votre orme de Chine au printemps et en automne avec un engrais organique à décomposition lente (type Biogold). Au printemps, préférez un engrais équilibré en Azote (N), Phosphore (P) et Potassium (K). Le rôle des éléments est crucial : l’Azote stimule la croissance et l’abondance des feuilles, le Phosphore améliore le développement du système racinaire, et le Potassium renforce les défenses de l’arbre contre les maladies. En automne, un engrais plus faible en azote est recommandé. Évitez tout apport en été et en hiver, périodes où l’arbre est soit en pleine chaleur, soit en repos végétatif.
L’orme de Chine est un arbre très vigoureux, mais il reste dépendant de son environnement. En cultivant votre bonsaï orme de Chine, vous embarquez pour une aventure végétale où chaque printemps rime avec renouveau et chaque hiver avec protection. Entre le choix du bon substrat, l’art du rempotage, la technique de la taille et la surveillance des maladies, vous allez progressivement développer votre œil d’amateur éclairé. L’Ulmus parvifolia vous surprendra par sa résistance, sa croissance rapide et son feuillage délicat, invitant à l’observation quotidienne.