Que vous ayez un très grand jardin ou une simple terrasse, les arbres fruitiers sont une façon efficace de diversifier les productions au jardin. Les fruitiers nains conservent une petite taille, un atout donc pour les petites surfaces. Mais pas que ! Il existe des arbres fruitiers de toutes les tailles. Selon la dimension de votre jardin, vous pouvez donc trouver des arbres adaptés. On considère qu’il existe cinq tailles différentes de fruitiers lorsque l’on se rend chez un pépiniériste : les arbres de haute tige ou de plein vent, les demi-tige, les basses tiges, les nains et les colonnaires. Nous allons nous pencher sur les deux derniers, particulièrement intéressants pour les petits espaces.

Comprendre les arbres fruitiers nains et colonnaires
Les arbres nains ne dépassent généralement pas un mètre cinquante de haut. Ils ne produisent pas pour autant des fruits plus petits. Frédéric Dannequin, président de l’Association des Croqueurs de pommes de la Marne, souligne que les arbres fruitiers que vous achetez sont systématiquement greffés. Le porte-greffe permet de donner de nouvelles caractéristiques au fruitier : production plus rapide, résistance aux maladies, précocité et dimensions de l’arbre. C’est donc les caractéristiques du porte-greffe qui vont déterminer la taille finale de l’arbre. Pour les arbres nains, les portes-greffes sont issus de croisements récents sélectionnant le gène nanifiant, comme le M27 ou le M9 pour les pommiers.
Les arbres colonnaires, quant à eux, ne sont pas des OGM ni le résultat d'une modification volontaire de la génétique. Un arbre colonnaire est en fait dû à une malformation qui a été sélectionnée : une anomalie du gène Co du chromosome 10. Cela entraîne une pousse sur une tige unique, dépourvue de coursonne (branche latérale). Cette sélection s’est faite à partir d’un pommier 'Wijcik McIntosh' apparu en 1960 au Canada.
Choisir et installer ses variétés
Lydie, de la chaîne Youtube Le Jardin Zen Home, a densifié son jardin de 950m² en installant des fruitiers nains : un prunier ‘Persica Bonanza’, un figuier ‘Carica Noir de Carron’ et un grenadier ‘Prunita Granata Nana’. Pour les colonnaires, elle a opté pour les pommiers ‘Azay-le-Rideau’, ‘Cheverny’, ‘Chinon’ et ‘Villandry’, ainsi que les pruniers ‘Atlanta’ et ‘Toronto’.
Il est crucial de ne jamais enterrer le point de greffe. Sans quoi, le greffon pourrait mourir et le porte-greffe reprendrait le dessus. Le point de greffe est une petite cicatrice facilement identifiable, placée au bas de la tige principale.
Planter un arbre fruitier
La culture en pot : liberté et optimisation
La place dans le jardin étant restreinte, beaucoup de jardiniers investissent la terrasse. Lydie explique : « Avec des fruitiers en pot, on n’est pas autonome, mais ça permet déjà de produire quelques-uns de nos aliments même sur la terrasse. » Pour réussir :
- Le contenant : Choisissez un pot d’au moins 40 à 50 cm de diamètre et de profondeur (25 à 30 litres minimum). Les pots en terre cuite ou en bois sont préférables au plastique, car ils sont plus stables et respirants, limitant le réchauffement racinaire excessif.
- Le substrat : Utilisez un mélange de terreau, de compost mûr (30%) et de matériaux drainants (perlite ou billes d’argile).
- Le drainage : Il est indispensable de percer le fond du pot et d’ajouter une couche de billes d’argile pour éviter que les racines ne pourrissent.
Entretien, arrosage et fertilisation
Les arbres nains ont des racines superficielles, ce qui les rend sensibles au manque d’eau et de fertilité. En pot, la terre sèche très rapidement en été. Pensez à bien pailler vos fruitiers pour limiter l'évaporation.
Concernant la fertilisation, ces arbres sont des gourmands. Le sang séché est un engrais biologique azoté qui fonctionne très bien sur les arbres nains. Apportez de l'engrais au printemps pour soutenir la croissance des jeunes pousses. Si le feuillage jaunit, suspectez un manque d’oligo-éléments ou un excès d’eau.

Taille et longévité
La taille n’est pas toujours nécessaire, mais elle peut améliorer la production. Frédéric Dannequin pratique une taille en espalier ou en palmette pour ses pommiers nains. En revanche, pour les colonnaires, la taille est rarement nécessaire. Si vous souhaitez rempoter, faites-le tous les 2 à 3 ans, de préférence en fin d'hiver, hors période de gel. Si les racines ont "chignoné" (formé des spirales), il faut bien écheveler la motte avant de la mettre dans le nouveau pot.
La longévité des arbres nains est inférieure à celle des arbres de plein vent. On considère qu’ils peuvent fructifier jusqu’à 50 ans, bien qu'une diminution de la production soit souvent observée après 20 ans.
Gérer les aléas climatiques
Les variétés greffées sur porte-greffes nains ont souvent une floraison précoce. Si des gels tardifs surviennent, les fleurs risquent de geler. Frédéric Dannequin utilise des serres pour protéger ses pêchers et abricotiers dans la Marne. En cas de grand froid, si vos arbres sont en pot, protégez-les avec un voile d’hivernage ou déplacez-les dans un appentis ou une serre froide.
L'association des cultures
Grâce à leur petite taille, ces arbres permettent de densifier les cultures. L'agroforesterie au jardin consiste à cultiver des plantes annuelles sous le houppier. En été, l’ombre protège les légumes ; en automne, les cultures de saison peuvent prendre le relais. Attention toutefois à la concurrence racinaire : les arbres fruitiers pompent une grande partie de l’eau disponible en faible profondeur.

Finalement, si les arbres nains ne permettent pas l'autonomie totale, ils offrent la promesse de quelques tartes et gâteaux aux fruits du jardin. Avec un peu d'organisation, ils transforment n'importe quel espace extérieur, du balcon au petit potager, en un verger productif.