Guide complet pour réussir le repiquage de vos plantes de fleurs et potagères

Le repiquage consiste à arracher délicatement un jeune végétal et à le planter ailleurs. Pratiqués depuis le néolithique, repiquage, rempotage, transplantation suivent le même principe : déplacer une plante et la changer de milieu de culture. Le repiquage concerne aussi bien les plantes ornementales et les plantes potagères que les fruitiers ou arbres d’ornement. Cette étape est cruciale dans la culture de nombreuses espèces car elle permet d'offrir aux plantules l'espace nécessaire à leur plein développement.

Schéma illustrant le transfert d'une plantule d'un godet vers la pleine terre

Pourquoi et quand procéder au repiquage ?

Les graines semées dans des récipients de type barquette, caisse de polystyrène, etc., puis devenues plantules vont vite manquer d’espace aérien et racinaire. Les semis sont souvent réalisés sous abri, en pépinière, en godets ou caissettes. Une fois que les plantules ont commencé à se développer, elles n’ont plus assez de place pour continuer à croître correctement, il faut donc les replanter lorsqu’elles ont en général 2 ou 3 feuilles.

Plusieurs situations nous amènent à effectuer un repiquage :

  • Lorsque les semis ne sont pas effectués en place.
  • Lorsque les graines sont semées très serrées ou dans un contenant réduit. Une fois le plant sorti de terre, il ne possède plus suffisamment d’espace pour pouvoir se développer correctement ; il est donc nécessaire de l’installer ailleurs, d’autant plus que cette situation peut favoriser le développement de maladies telles que la fonte des semis.
  • Lorsqu’on souhaite installer à un endroit précis des semis spontanés.

Le repiquage entraîne un arrêt de la végétation de la plante et il lui faudra quelques jours pour reprendre sa croissance. Plus la plante est jeune, plus il lui est facile de se remettre de cette opération. Aussi, il est conseillé d’effectuer les premiers repiquages le plus tôt possible, dès que les premières vraies feuilles sont sorties.

Les techniques de préparation du sol et du plant

La transplantation est une opération délicate qui demande le plus grand soin. Elle doit être effectuée à l’aide de la fourche bêche, de la houlette ou du transplantoir. C’est seulement dans les sols très meubles qu’on peut procéder après l’arrachage et il est bon de mouiller le terrain quelques heures avant, afin d’éviter la rupture des racines.

La préparation du terrain

Vous prendrez le soin, en amont du repiquage, de dépailler votre zone de culture afin que le sol se réchauffe. On repique en sol bien meuble, que l’on plombe (tasse) avant l’opération. Il faut savoir que le repiquage est une opération qui consiste à planter, dans un terrain préparé à l’avance, de jeunes plantes de semis arrachées du milieu où elles ont commencé leur végétation.

Le traitement des jeunes plants

Au moment du repiquage, on doit éliminer tous les plants qui présentent des défauts de constitution : noués, effilés, étiolés, etc. Pour les plants à racines nues, il est parfois nécessaire de raccourcir les racines si celles-ci sont trop longues ou abîmées, ou de couper le haut des feuilles pour certaines espèces comme les laitues.

Repiquage de tomates en godets

Le geste technique : pas à pas

Mieux vaut réaliser cette opération en fin de journée. C’est simple, mais il faut s’appliquer !

  1. Soulever les jeunes plants : En barquette ou terrine, à l’aide d’une fourchette ou d’un bâtonnet, je prélève le ou les plants le plus délicatement possible en prenant soin de ne pas endommager les racines.
  2. Préparation du trou : Réaliser le trou de plantation à l’aide du même bâtonnet ou d’un transplantoir. En général, un trou de 4-5 cm de profondeur pour 1-2 cm de diamètre suffit.
  3. Mise en terre : Installez chaque plantule sans replier les racines. Reboucher le trou en enfonçant le plantoir à côté.
  4. Arrosage : Arroser chaque plant à l’aide du goulot d’un petit arrosoir ou d'une pomme d'arrosage en pluie fine. Le geste à ne pas louper une fois le plant repiqué : arroser ! On le fait très copieusement au moment de l’implantation.

L'importance de la profondeur de plantation

Selon l’espèce, la profondeur de repiquage est variable. Pour la plupart des plantes, le repiquage se fait à hauteur du collet, juste sous les premières feuilles.

  • Le repiquage flottant : Pour certains comme les fraisiers, les laitues ou les chicorées, le repiquage est flottant, c’est-à-dire que le collet doit se trouver légèrement au-dessus de la surface du sol. Ces plantes n’aimeront pas l’humidité et risqueraient de pourrir si vous les enfoncez trop.
  • Le repiquage profond : Pour d’autres, comme les tomates, le repiquage est profond, puisqu’il faut enterrer les premières feuilles (et parfois même les tiges les plus basses) afin de développer un système racinaire important sur la portion de tige se trouvant sous terre.

Gestion du stress et soins post-repiquage

Le repiquage génère un certain stress pour les végétaux. Pour aider les plants à vaincre le stress du changement d’environnement, l’utilisation de purin d’ortie est recommandée. La recette est simple : 1 kg de feuilles fraîches hachées pour 10 litres d’eau, laissé à macérer environ une semaine.

L'acclimatation

Pour acclimater vos plantes, il vous suffit de les habituer progressivement aux conditions extérieures. Par exemple, placez les futurs transplants à l’ombre puis augmentez peu à peu leur exposition pour les accommoder à l’exposition lumineuse de leur place définitive.

La protection contre les nuisibles

Une fois en pleine terre, c’est assez rapidement la jungle. Malheureusement, le repiquage au potager n’est pas un long fleuve tranquille et qui dit pleine terre, dit chasse à la limace ! Ces jeunes plants sont très appétissants. Pour les aider, des prédateurs naturels comme les grenouilles, les crapauds et les hérissons sont des alliés précieux.

Infographie comparant les besoins en profondeur de repiquage selon les espèces

Conseils pour un potager productif

Certaines cultures apprécieront d’être tuteurées dès le repiquage en pleine terre, comme les tomates. Je place un très grand et gros bambou directement au moment du repiquage, sans passer par de petits bâtons intermédiaires. Cela donne un bel axe à la tige principale et on évite de trop bouger les tiges et ainsi de les briser.

L’arrosage reste une des clés de réussite d’un potager productif et en bonne santé. J’arrose toujours copieusement, de manière régulière mais espacée. Pour nourrir le potager, vous pourrez aussi utiliser des engrais naturels comme des granulés de fumier de cheval, disponibles en jardinerie. Avec toutes ces informations, vous voilà paré pour affronter le challenge du repiquage en pleine terre et assurer la croissance de vos fleurs et légumes.

tags: #repiquage #de #plants #de #fleur