Gestion des ravageurs et maladies du rhododendron : Comprendre les signes et agir

Le rhododendron est un arbuste ornemental apprécié pour sa floraison spectaculaire. Si le rhododendron est de culture facile et résistant, il a toutefois quelques faiblesses face à des parasites ou à des champignons notamment. La prévention des maladies du rhododendron repose sur le respect de ses besoins spécifiques. Ces arbustes ornementaux prospèrent dans un sol acide, bien drainé et riche en matière organique. L’apport régulier de terre de bruyère maintient l’acidité du sol nécessaire à leur bon développement. Un paillage épais avec des écorces de pin conserve l’humidité et nourrit progressivement le sol. La surveillance régulière du feuillage permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes. Le retrait des feuilles mortes et des fleurs fanées limite les risques d’infection.

Rhododendron en bonne santé dans un jardin ombragé

L’otiorhynque : le principal ennemi du feuillage

Son principal ennemi est l’otiorhynque qui attaque les feuilles par leur côté en faisant des sortes d’encoches irrégulières sur le bord des feuilles. Les adultes dévorent feuilles, en commençant par les bords extérieurs. Elles prennent alors un aspect caractéristique de dentelle découpée. L'otiorhynque ne possédant pas de solides mandibules, il attaque les feuilles par le bord. Il ne commence jamais par faire un trou dans le limbe et la nervure centrale, étant une trop grosse difficulté pour lui, n'est par conséquent JAMAIS attaquée.

L’otiorhynque est un petit coléoptère d’environ 10 mm de longueur au rostre pointu et à la tête allongée en forme de trompe. Aucune chance de faire connaissance avec lui : il s’active la nuit et se cache le jour au pied des plantes. C’est quand il sort fin mai de sa tanière que la faim le gagne… Alors, il va s’attaquer à tous les végétaux qui lui tombent sous les mandibules. Au bout de cinq jours, vous découvrirez les traces de son festin sur les feuilles.

La menace invisible : les larves d’otiorhynque

Si les dégâts sur les feuilles sont esthétiques, le danger réel provient du sous-sol. Les larves d’otiorhynque sont des asticots blancs avec une petite tête dure jaune brunâtre. C'est à l'aide de cette sorte de casque et des fins poils qui couvrent son corps que cet asticot se meut dans le sol. Les larves se nourrissent des racines et de la partie vivant de la base des troncs. Elles mangent jusqu'à l'écorce des rhododendrons à plusieurs centimètres au-dessus du collet après avoir mangé toutes les radicelles qui ont leur préférence.

Tout ceci explique pourquoi les dégâts sont plus importants dans les containers qu'en pleine terre. Leur milieu de culture léger facilite les déplacements des larves pour chercher de nouvelles racines à manger et les racines sont concentrées dans un faible volume. En pleine terre elles sont plus largement dispersées et de plus, dans un milieu qui gne les déplacements des larves. Si on ajoute que la culture en conteneur favorise l'éclosion d'un plus grand nombre d’œufs vous saurez pourquoi l'otiorhynque est la "bête noire" des pépiniéristes.

Schéma illustrant le cycle de vie de l'otiorhynque

Stratégies de lutte contre l’otiorhynque

Quand les dégâts sont visibles sur les feuilles, creuser avec une pelle au tour de la plante sur une profondeur de 5 à 10 cm où se trouvent les larves. En prévention, les larves auront plus de difficulté à s’installer sur un sol paillé avec de la sciure de bois par exemple. De même, un sol bien travaillé et ameubli n’incitera pas les larves à y prendre place.

A notre connaissance, la pulvérisation de nématodes du genre Heterorhabditis bacteriophora est le traitement le plus efficace contre les otiorhynques. Ces vers filiformes, longs de moins de 1 mm parasitent les larves en pénétrant dans leur corps pour se reproduire. De cette façon, les larves d’otiorhynques finissent par mourir car ces nématodes excrètent des bactéries qui empoisonnent l’insecte hôte. Pour la préparation, diluez les nématodes dans 10 à 20 litres d’eau à température ambiante. Le sol doit être bien mouillé en profondeur, au-dessus de 12° et la journée nuageuse, les nématodes étant sensibles aux UV.

Concernant les adultes, badigeonner le tronc des arbres avec de la glu arboricole ou installer des bandelettes engluées. La glu est à installer au bas du tronc et en haut juste avant les branches charpentières. Vous pouvez aussi pulvériser sur le feuillage des répulsifs comme une infusion de rue officinale ou de feuilles de rhubarbe.

Pathogènes fongiques et maladies racinaires

Le Phytophthora cinnamomi représente la maladie la plus grave des rhododendrons. Ce champignon du sol attaque les racines et provoque un dépérissement rapide de la plante. L’écorce au niveau du collet brunit et perd son aspect luisant. Cette maladie du rhododendron se développe particulièrement dans les sols mal drainés où l’eau stagne. Il bloque le système racinaire et crée une pourriture au niveau du collet. Il n’existe pas de traitement pour lutter contre les Phytophthoras. En cas d’infection avérée, il faut arracher et brûler la plante atteinte.

Un autre champignon, le Pycnostysanus azaleae, cause le « bud blast », qui dessèche et noircit les boutons floraux du rhododendron. On peut voir sur le bouton comme des sortes d’épines noires dressées avec une “tête” à leur extrémité, qui sont les spores du champignon. Il convient de couper et brûler les boutons atteints dès leur apparition. La bouillie bordelaise appliquée en prévention limite les risques d’infection.

Lutte contre le flétrissement bactérien

Désordres physiologiques et carences

Les feuilles rhododendron qui jaunissent signalent généralement une chlorose ferrique. Cette carence en fer se manifeste par un jaunissement du feuillage du rhododendron, les nervures restant vertes. Pour traiter cette maladie du rhododendron, il suffit d’apporter du chélate de fer par pulvérisation foliaire ou arrosage. Cette maladie bégnine apparaît classiquement lorsque le rhododendron est cultivé en terre calcaire lourde ou trop argileuse. Mais aussi, si la terre sèche l’été ou que l’arbuste est trop au soleil.

Si le rhododendron est mal placé et qu’il reçoit directement un soleil trop fort, ses feuilles se couvrent de larges tâches marron qui correspondent à des brûlures. En prévention, prenez soin de choisir un bon emplacement au moment de la plantation. Le Rhododendron aime l’ombre des grands arbres ou une exposition à mi-ombre. Attention aussi à ne pas le planter trop près d’un mur clair qui réfléchirait le soleil.

Autres ravageurs fréquents : pucerons et tigres

Le puceron du rhododendron (Illinoia lambersi) est originaire d’Amérique du Nord. Les colonies se développent sur les nouvelles pousses et sur les boutons floraux. Ils sont de couleur vert, jaune et rose. Lorsque les attaques sont très fortes, les feuilles se recroquevillent, se tordent où se déforment. Le savon noir dilué dans l’eau offre un traitement bio efficace contre les pucerons.

La Stephanitis rhododendri, communément appelée tigre du rhododendron, provoque des taches décolorées sur le dessus des feuilles. Très jolie petite mouche aux ailes semblables à de la dentelle noire et blanche, il craint le soleil et se tient donc souvent sur le revers des feuilles qu’il constelle de ses excréments. Le dessus des feuilles se tache de multiples et minuscules taches jaunes, puis elles prennent une inquiétante couleur grise. L’argile blanche ou kaolinite pulvérisée sur le feuillage perturbe ces parasites. L’introduction de prédateurs naturels comme les coccinelles et les chrysopes aide à contrôler leurs populations.

L’oïdium se manifeste par un feutrage blanc ou gris sur les feuilles et les tiges des rhododendrons. Ces taches indiquent que le champignon agit à l’intérieur et attaque les cellules, la production de chlorophylle en étant altérée. Un emplacement bien aéré et l’élagage des branches trop denses préviennent son apparition. Le soufre, le bicarbonate de soude ou le lait dilué constituent des traitements naturels contre l’oïdium.

Comparaison visuelle entre une feuille saine et une feuille attaquée par le tigre du rhododendron

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