Le rhum, ce spiritueux emblématique des Caraïbes, possède une histoire longue et souvent débattue. Bien que ses origines exactes soient inconnues, on pense que ce spiritueux est né dans les Caraïbes au XVIe siècle. La marine britannique est souvent créditée de la diffusion du rhum dans le monde entier, les marins l'utilisant comme ration quotidienne. Parmi les différentes traditions rhumières, celle de la Jamaïque se distingue par son caractère unique et ses profils aromatiques intenses, particulièrement prisés des connaisseurs.
Longtemps, les rhums agricoles ont dominé les préférences de certains amateurs, mais au fil du temps et des découvertes, les rhums de mélasse, essentiellement ceux issus des anciennes colonies britanniques, ont gagné une place de choix. Ces rhums dits « de tradition britannique », ou rums, regroupent un large éventail de styles très différents, provenant de cultures et de traditions propres à chaque territoire. Des rhums gourmands et soyeux de la Barbade aux rhums lourds, chargés d’esters, de la Jamaïque, en passant par les Demerara du Guyana ou les rhums mythiques de Trinidad et Tobago, il y a plus qu’un grand pas, parfois un grand écart. Alors que le rhum agricole (et ses normes) est assez uniformisé, la bannière "rum de tradition britannique" apparaît extrêmement réductrice, et c'est en voyageant vers les différentes traditions que nous pouvons saisir toute la variété de ces rhums.
Les rhums jamaïcains font actuellement partie des rhums les plus recherchés, s'arrachant sur les sites de vente et de revente. Cet engouement s'explique par leur typicité unique et leur richesse aromatique.
L'Histoire du Rhum Jamaïcain : Une Épopée Sucrière
La Jamaïque, troisième plus grande île des Caraïbes et la plus vaste des anciennes possessions britanniques, a une histoire intimement liée à la production de sucre et de rhum. Découverte par Christophe Colomb en 1494, elle fut d'abord colonisée par les Espagnols en 1509. Ce sont les Anglais, qui la conquirent en 1655, qui marquèrent le début de l'industrie sucrière sur l'île, et qui définirent également le style de rhum qui y serait produit par la suite.

Dès 1661, la production de rhum aurait débuté en Jamaïque, selon certains historiens, tandis que d'autres la situent à partir de 1689. Ce qui est certain, c'est que la production était déjà courante au début du boom sucrier du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, la Jamaïque devint même le premier producteur de sucre et de rhum au monde, une position qu'elle conserva jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, notamment grâce à des domaines comme Appleton et Worthy Park. Le rhum était alors le principal produit de l'industrie sucrière jamaïcaine jusqu'au déclin du commerce du sucre dans les années 1970.
L'abolition de l'esclavage en 1834 entraîna naturellement un ralentissement de la production. Le début du XXe siècle fut une période très difficile, due en partie aux diverses crises du sucre, mais aussi à la concurrence féroce du reste des Caraïbes. Avec une production sucrière étroitement liée à celle de la mélasse, la Jamaïque est toujours restée un géant du rhum, fournissant traditionnellement les courtiers européens et les grands assembleurs des Caraïbes.
En 1890, l'augmentation des droits de douane incita les distillateurs à produire des rhums extrêmement concentrés, notamment pour leurs clients allemands. C'est à cette époque qu'une catégorie à part entière vit le jour : le "German Rum" pour le "Rumverschnitt", une boisson à base de rhum jamaïcain et d'alcool neutre. Au début du XXe siècle, la Martinique et le Guyana dépassèrent la Jamaïque en production. En 1932, en raison de problèmes de rentabilité, une réduction de la production fut imposée par le gouvernement, entraînant la création d'une sorte de coopérative d'État.
Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs distilleries furent rachetées par des groupes. Des propriétaires de grandes marques comme Myers's et Captain Morgan contrôlaient alors leurs approvisionnements. En 1983, six distilleries étaient encore actives : Innswood, Long Pond, Hampden, Clarendon, New Yarmouth et Appleton. Alors que la Jamaïque a toujours été un fournisseur en vrac, on observe aujourd'hui l'émergence de plus en plus de marques de distilleries.
La Production du Rhum Jamaïcain : Une Alchimie Unique
Le rhum jamaïcain est fabriqué à partir d'un moût à base de mélasse, comme les autres rhums des Caraïbes. Le processus commence par la fermentation, au cours de laquelle le sucre est transformé en alcool à l'aide de levures. Pendant la fermentation, le producteur de rhum jamaïcain crée également un sous-produit appelé "wash", le liquide qui reste après la transformation du sucre en alcool. Il s'agit d'une combinaison d'eau, d'alcool, de sucre et de levure.

Le wash est ensuite placé dans un alambic, où l'alcool est séparé de l'eau et du sucre. Le liquide fermenté est chauffé, ce qui provoque l'évaporation de l'alcool en vapeur. Puis, la vapeur est refroidie, et l'alcool qui s'est condensé en un liquide est recueilli et mis en bouteille. C'est ce qu'on appelle une "eau-de-vie distillée".
L'Arme Secrète des Rhums Jamaïcains : La Fermentation Unique
La marque de fabrique des rhums jamaïcains se situe au niveau du temps de fermentation, qui est bien plus long qu'ailleurs. C'est cette fermentation particulière qui est la base de la typicité des rhums de l'île. Lors de cette étape, les Jamaïcains ajoutent ce qu'on peut appeler un accélérateur de fermentation nommé "Dunder". Ce Dunder est composé de résidus des précédentes distillations. On y ajoute des matières organiques comme la bagasse (résidus fibreux du broyage de la canne à sucre) ainsi que des fruits. Certaines distilleries comme Hampden ou Long Pond la conservent dans des cuves pour l'ajouter à la fermentation suivante.
Le "muck" est une autre particularité : une mixture, conservée année après année, qui sert à "booster" les "high-esters" en arômes. Elle est issue des éléments les plus lourds récupérés au fond des cuves de fermentation. Cette mixture est gardée pendant des années, dans des bacs ou des cuves, parfois à ciel ouvert. On peut y ajouter des fruits pour stimuler davantage la production de bactéries. Il en résulte une sorte de pâte peu ragoûtante et hyper concentrée qui est ajoutée au moût de fermentation des cannes à sucre, offrant une puissance aromatique inégalée dans les autres rhums.
Il faut savoir qu'une bouteille de rhum peut contenir une centaine d'esters différents. On mesure généralement le niveau d'esters avec le niveau d'acétate d'éthyle (un ester parmi d'autres) car il représente la plus grosse proportion des congénères. C'est lui qui va donner ces arômes typiques de solvant/vernis à ongle. D'autres, comme l'acétate d'amyle et l'acétate d'isoamyle, rappelleront la banane.
La fermentation des moûts est particulièrement longue, pouvant durer de 15 à 30 jours, voire plus. À titre de comparaison, les rhums agricoles suivent une fermentation comprise entre 24 et 48 heures, bien que le processus soit différent car il s'agit d'une fermentation de jus de canne à sucre et non de mélasse.
La Distillation Traditionnelle en Jamaïque
Les distilleries jamaïcaines ont généralement conservé un alambic traditionnel datant du XVIIe siècle pour la distillation de leurs rhums, appelé "Alambic à repasse" (pot still). Celui-ci consiste à distiller en deux temps. La première chauffe se déroule dans un alambic appelé "wash still" qui va distiller la mélasse pour obtenir un alcool léger (autour de 25% vol.). Cet alcool est ensuite soumis à une deuxième chauffe pour obtenir l'alcool final titrant à 70% vol., dont on ne va garder que la partie centrale, appelée le cœur. Ce type de distillation permet d'obtenir un alcool plus lourd, plus gras et plus aromatique que les rhums obtenus par distillation en colonne.
Rhum : La distillation et les différents alambics - Découvertes et Conseils
Classification des Rhums Jamaïcains selon la Concentration en Esters
Les rhums jamaïcains sont classés en fonction de leur concentration en esters, des plus légers aux plus lourds :
- Commons Cleans (Common Clean) : 80 - 150 g/hlap esters.
- Plummer
- Wedderburns (Wedderburn) : + 200 g/hlap en esters.
- Continental Flavoured / High Ester : 500 - 1700 g/hlap esters. Ces rhums sont les plus concentrés, avec des arômes extrêmes.
À l'intérieur de cette classification générique, chaque distillerie développe ensuite ses propres "marks" (marques). Ces marques sont des acronymes propres à l'histoire de chaque maison qui permettent de situer l'intensité aromatique du rhum. Certaines marques sont devenues, en quelques années, de véritables "stars".

Les Saveurs Traditionnelles du Rhum Jamaïcain
Tout comme les autres styles de rhum, le rhum jamaïcain est un mélange de saveurs traditionnelles des Caraïbes. La note la plus dominante est la mélasse, suivie d'un mélange d'épices tropicales et d'agrumes. Le rhum jamaïcain a un arôme distinct de sucre brun et un léger soupçon de vanille. Il est souvent décrit comme ayant une forte saveur "tropicale" ou "épicée", souvent avec des notes de mangue ou d'écorce d'orange. Le rhum jamaïcain est souvent vieilli en fûts de chêne, ce qui lui confère une saveur profonde et fumée.
Ici, la consommation est presque exclusivement de rhum blanc overproof. Cette tradition remonte aux débuts du rhum, avec le célèbre "John Crow Batty". Ce rhum était recueilli dès sa sortie des alambics et sorti en douce des distilleries, avant d'être vendu tel quel. Bien sûr, sans réduction, et sans même prendre la peine de retirer les têtes et les queues de distillation. Il était consommé dans les nombreux "rum bars" de l'île et servait à peu près à tout. Les Jamaïcains ont toujours un goût pour ces rhums blancs rudes. Mais les rhums overproof d'aujourd'hui sont beaucoup plus sains et contrôlés. Le symbole de cette catégorie est le Wray & Nephew Overproof. Il règne toujours en maître, même si Worthy Park, Hampden et Monymusk se sont lancés comme challengers.
Le rhum vieux est principalement vendu en vrac à l'étranger. Il se caractérise par des rhums lourds et très concentrés, distillés pour la plupart en pot-stills. Souvent appelé "stinky rum" ou "hogo". Jusqu'à très récemment, Appleton était la seule marque de rhum vieilli reconnue sur l'île et à l'étranger. Cependant, ces rhums sont toujours principalement destinés aux marchés européens et américains. Le rhum jamaïcain est extrêmement populaire dans le monde du cocktail.
Les Distilleries Emblématiques de la Jamaïque
À la différence de la Martinique, où l'AOC va entraîner une certaine homogénéité des profils, les différentes distilleries jamaïcaines proposent des profils extrêmement variés. Chacune a une identité forte. L'île compte aujourd'hui cinq distilleries en activité : Appleton Estate, Hampden, Worthy Park, Clarendon (Monymusk) et Long Pond.
Hampden Estate
Fondée en 1753 dans la région de Trelawny, la distillerie Hampden a longtemps produit du rhum uniquement à destination des brokers européens, en particulier vers l'Angleterre et l'Écosse. Il faudra attendre 265 ans (soit 2018) pour qu'Hampden propose son premier embouteillage. Celui-ci est construit autour de cinq principes : l'utilisation d'eau de source locale, une distillation uniquement en pot still, une fermentation longue et naturelle, un vieillissement tropical et, bien sûr, sans sucre ajouté. Grâce à ses rhums à sa typicité unique mais aussi à un marketing efficace, Hampden a su s'imposer comme le fer de lance du renouveau du rhum jamaïcain.
La distillerie, créée en 1753, est équipée de grands alambics pot-still et d'une grande structure multi-colonnes. Elle dispose de 100 cuves de fermentation, ce qui donne une idée de sa capacité. Pour les rhums lourds, la mélasse fermente pendant 14 à 30 jours dans des cuves en bois, utilisant de la canne broyée, du jus de canne et de l'eau, mais sans dunder.
La bouteille emblématique : Hampden H 2010 Warren Kong pour les 70 ans de Velier.Les classiques : On peut citer la gamme Great House, qui se veut une expression classique de la distillerie. Il s'agit d'un blend dont la composition change chaque année, et qui est, en général, assez riche en esters. Une nouvelle version est proposée chaque année pour les fêtes. La gamme Habitation Velier propose différents marks, dont les très fameux HGML 2010 et le tout nouveau DOK 2017.On évite : la série de single cask « birds ».
Long Pond
La distillerie Long Pond, que l'on pourrait considérer comme la sœur de Hampden (elle ne se situe qu'à quelques kilomètres, dans la même province), partage avec sa voisine la même année de naissance mais également sa capacité à produire des rhums "high esters" parmi les plus lourds du monde. La distillerie a eu une histoire mouvementée, faite de longues périodes d'interruptions de la production. Elle passera sous la houlette du gouvernement jamaïcain à la fin des années 70. Puis, en 2006, elle rejoindra (avec Monymusk) la bannière de National Rum of Jamaica - copropriété de l'État jamaïcain, de Demerara Distillers et de WIRD.

La distillerie, jumelée à une grande sucrerie, est en activité depuis le début du XVIIIe siècle. Achetée par Seagram en 1953 pour produire Captain Morgan, elle fut nationalisée en 1980, puis privatisée à nouveau en 1993. Elle offre une multitude de profils (marks) différents, des plus légers aux plus lourds. La distillerie n'a pas de marque propre et vend donc son rhum uniquement en vrac. Il existe de nombreux embouteillages indépendants.
La bouteille emblématique : Long Pond TECA 2005 Habitation Velier. Premier, et longtemps seul, Long Pond sorti dans cette gamme. Un rhum lourd, au profil sauvage, avec un taux d'ester à 1285 gr/hlpa. Un profil complètement détonnant mais d'une grande complexité, où l'on va retrouver du bois, des solvants, des fruits tropicaux mais aussi des notes de bonbon acidulé.Les classiques : En partenariat avec Velier, on retiendra toute la gamme NRJ et en particulier le Vale Royal d'une part et les 2007 (TECA et TECC) d'autre part. Des rhums encore relativement disponibles en cave ou à un tarif raisonnable sur le second marché.Pour découvrir : C'est chez Plantation que l'on peut découvrir Long Pond, grâce à de nombreux millésimes et single casks, à bon rapport qualité-prix. On ajoutera aussi le Cambridge 2010, tout juste sorti dans la gamme NRJ. Il est légèrement réduit à 57%, ce qui le rend un peu plus accessible que ses grands frères.
Clarendon (Monymusk)
Ces deux noms désignent une seule distillerie située dans le sud de l'île. Créée au milieu du XVIIIe siècle, la distillerie a elle aussi connu une histoire chargée, avec de nombreux changements de propriétaires. Pas moins de cinq propriétaires différents dans la première moitié du XXe siècle. Ensuite, l'État jamaïcain en acquiert la propriété. Comme pour Long Pond, la distillerie intègrera la National Rum of Jamaica.
Établie en 1949, elle est équipée de grands alambics pot-still et d'une grande structure multi-colonnes. Elle a 100 cuves de fermentation, ce qui donne une idée de sa capacité. Pour les rhums lourds, la mélasse fermente pendant 14 à 30 jours dans des cuves en bois, utilisant de la canne broyée, du jus de canne et de l'eau, mais sans dunder. Son premier embouteillage officiel n'a vu le jour qu'en 2012 avec la marque Monymusk.
La bouteille emblématique : Monymusk 1997 EMB Guiseppe Begnoni. Un Monymusk de caractère qui ravira ceux qui les trouvent ennuyeux.Les classiques : Difficile de ressortir un classique chez Monymusk. On en trouve énormément chez tous les embouteilleurs indépendants. Le point fort chez Monymusk est l'homogénéité de la gamme, même si l'on ne prend jamais de grosse claque.Pour découvrir : Là encore, c'est chez Plantation qu'il faut se tourner, avec des embouteillages avec un bon rapport qualité-prix. On pense au Plantation Jamaica 2003 (qui vient d'être remplacé par un 2007) dans la gamme Under the sea : pour moins de 80€, vous avez ici une parfaite expression de Clarendon avec un long vieillissement tropical (13 ans) et une maturation en fût de cognac dans les chais de la maison Ferrand (2 ans).On évite : Le co-embouteillage Velier / Scherr : l'idée de départ (comparer des vieillissements continentaux et tropicaux) était intéressante, la série propose 4 rhums plutôt décevants, dans un format inadapté.
Worthy Park
Située au cœur de la Jamaïque, dans la vallée de Lluidas, Worthy Park, fondée à la fin du XVIIe siècle, est la plus ancienne des distilleries de l'île. Elle fut acquise en 1918 par Frederick L Clark et appartient toujours à la même famille qui, malgré la longue histoire de la distillerie, n'en est que le 3ème propriétaire. La distillerie cessa de produire en 1950, suite au Commonwealth Sugar Agreement mis en place pour réguler la production de sucre. La distillation et la mise en vieillissement reprendront en 2005. Cette année est donc le plus vieux millésime disponible.

Le domaine sucrier existe depuis 1684, et la production ininterrompue de rhum remonte à 1753. Cette distillerie ultra-traditionnelle produit des rhums comme elle le faisait au XVIIIe siècle. Habitation Velier a détaillé l'étendue de sa production avec des embouteillages "single marks". Aucun dunder n'est utilisé pour la fermentation, mais des levures cultivées sur place sont employées, parfois pendant de très longues périodes. Avec une forte présence chez des embouteilleurs indépendants tels que Silver Seal, Kill Devil et L'Esprit, Worthy Park propose également des rhums vieillis sous sa propre marque depuis 2017.
La bouteille emblématique : Pas une licorne ici, mais la bouteille qui marque la renaissance de la distillerie avec le Forthys 2005 chez Habitation Velier (Worthy Park rechigne à laisser les IB afficher le nom de la distillerie, seul le 2007 chez Habitation Velier aura cet honneur). Un jus de qualité, dont le nez assez exceptionnel sur la typique banane Worthy Park aura conquis. Une bouche où l'acidité est un peu trop présente. Une référence plus symbolique que réellement exceptionnelle.Les classiques : Le 12 ans 2006 dans la gamme d'embouteillage officiel est un merveilleux rhum qui saura vous présenter la typicité des rhums Worthy Park. Une vraie bombe, passée sous les radars. La référence a fait son retour sur les étagères des cavistes suite au changement de distributeur, avec un prix légèrement revu à la baisse.Pour découvrir : Les derniers Papalin de chez Velier pourraient faire une belle porte d'entrée (ils sont composés à 80% de WP) avec un super rapport qualité/prix… Pour peu qu'on arrive à mettre la main dessus.On évite : Là encore, pas de référence précise.
Appleton Estate
Fondée en 1749, la distillerie Appleton Estate est la plus ancienne de l'île, mais c'est John Wray (un négociant et fin assembleur) qui a vraiment commencé à la populariser, développant la marque Wray dès 1825. À une époque où toutes les autres distilleries ne vendaient qu'en vrac, Wray était le plus grand vendeur local et international, rhums vieux inclus.

Aujourd'hui, la marque de rhums vieillis est appelée Appleton Estate, avec l'essentiel Rare Blend et le sublime 21 ans. Depuis 1997, la célèbre Joy Spence est la maître assembleuse, en charge de l'un des plus grands stocks de rhums vieux des Caraïbes.
Même si elle est la plus connue des distilleries jamaïcaines pour le grand public, elle reste au second plan dès que l'on se passionne un peu plus pour le rhum. La cause ? Des embouteillages souvent très réduits et peu intéressants pour certains connaisseurs. Très présente en grande surface ou dans les duty free, certaines références (comme le 21 ans ou le blend signature) peuvent être une alternative aux rhums sucrés sur la carte d'un bar ou d'un restaurant. Pour autant, on notera des embouteillages 100% pot still, sortis avec Velier, qui ont su plaire.
L'Art de Déguster et de Servir le Rhum Jamaïcain
Le rhum jamaïcain est souvent dégusté seul, ou comme digestif après un repas. C'est également un excellent choix pour un Dark 'n' Stormy classique, un cocktail de rhum et de bière au gingembre. Le rhum jamaïcain se déguste de préférence pur (sans glace) et sans eau. L'ajout de glace modifiera la saveur du rhum et risque de l'édulcorer. Cependant, un rhum jamaïcain est toujours accompagné d'un fruit tropical, alors n'hésitez pas à ajouter un peu de fruit à votre boisson pour plus de saveur.
Cocktails à Base de Rhum Jamaïcain
Le rhum jamaïcain est un excellent choix pour les cocktails, en particulier les boissons d'inspiration tropicale. C'est un ingrédient courant dans les cocktails à base de rhum, comme les mojitos et les daiquiris.
- Daiquiri : Ce cocktail classique est une simple combinaison de rhum, de jus de citron vert et de sucre. Un daiquiri classique est fait avec du rhum blanc, mais un rhum brun peut être substitué.
- Jungle Juice : Il s'agit d'un cocktail puissant fait avec une variété de liqueurs, dont le rhum jamaïcain.
- Dark 'n' Stormy : Ce cocktail est composé de rhum et de bière de gingembre. Le Dark 'n' Stormy est une excellente façon d'apprécier un rhum jamaïcain pur ou en cocktail.
- Pot Still Negroni : À base de rhum jamaïcain, la présence de vermouth donne une amertume prononcée à ce cocktail, et tout comme le Greedy Old Fashioned, on peut y rajouter un zeste d'orange pour l'accompagner.
- Greedy Old Fashioned : Issu d'un assemblage de rhum vieux, il est plutôt rond en bouche, on y retrouve des notes exotiques de coco et légèrement de bitter. On peut y rajouter un zeste d'orange pour l'accompagner.
Plantation Rum (désormais Planteray) : Un Embouteilleur Indépendant Innovant
Découvrez l'embouteilleur indépendant Plantation Rum et ses rhums d'exception. À l'origine de Plantation Rum, il y a Pierre Ferrand, une ancienne et respectable maison de Cognac située dans la zone de production de La Grande Champagne. Alexandre Gabriel est engagé pour dynamiser l'activité et développer l'entreprise. En 1989, les Cognacs Pierre Ferrand deviennent Maison Ferrand et l'homme clé de l'entreprise en devient le président quelques années plus tard.
C'est à la fin des années 1980 qu'Alexandre Gabriel découvre la Maison Ferrand, une des plus anciennes distilleries de Cognac. C'est dans le cadre d'un voyage dans les Caraïbes, les Antilles et en Amérique Latine qu'il pense pouvoir trouver des débouchés pour revendre ses fûts de cognac usagés aux producteurs de rhum. C'est alors une révélation. Alexandre Gabriel comprend tout de suite ce qu'il pourrait apporter aux meilleurs rhums qu'il découvre au fur et à mesure de ses visites de plantations de canne à sucre et ses dégustations au sein des distilleries.

Fidèle à l'origine de ses découvertes dans les Caraïbes, Alexandre Gabriel, au travers de la maison Plantation Rum, propose aujourd'hui des rhums agricoles, des rhums blancs et des rhums vieux assemblés ou bruts de fûts. Les différents rhums de la gamme proviennent d'une sélection méticuleuse de distilleries parmi les meilleures des Caraïbes et notamment de la Barbade, de Grenade, du Panama, de Trinité-et-Tobago, du Nicaragua ou encore de Jamaïque et de Guyana.
Raffiné et complexe, le Plantation XO 20th Anniversary est présenté dans une carafe élégante contenant un assemblage de spiritueux tous âgés entre 12 et 20 ans. Distillé à partir de mélasse de canne à sucre, ces rhums ont subi une fermentation et une distillation dans leur pays d'origine pour être ensuite confiés au travail du maître de chai pour subir un vieillissement en fûts. Plantation Rum s'est également construit une solide réputation autour de boissons millésimées en provenance d'un seul pays ou même d'une seule distillerie. C'est notamment le cas du Barbados 2011 ou du Jamaica 2003, deux rhums exceptionnels pour les amateurs autant que pour les initiés.
Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue en début d'année à la West Indies Rum Distillery à la Barbade, Alexandre Gabriel, propriétaire de Plantation Rum, a révélé le nouveau nom tant attendu de la marque, Planteray, qui apparaîtra pour la première fois sur les bouteilles de Cut & Dry Coconut Rum. Parallèlement à ce changement de nom, Cut & Dry sera disponible en dehors de la Barbade prochainement.
Les bouteilles de la collection de rhums « Birds of Paradise » de chez Plantation sont ornées d'étiquettes spéciales dignes de l'unicité de chaque millésime et de chaque pays d'origine. Plantation poursuit son périple à travers les terres paradisiaques des pays du rhum. Après les oiseaux de paradis colorés sort maintenant la collection « Under the Sea ». Cette collection rend hommage aux animaux marins locaux de chaque région. Cette nouvelle collection, qui a été lancée à la fin de l'année 2021, comprendra 6 bouteilles.
Autres Références Notables
Le Plantation Rum Original Dark
Ce rhum est un assemblage soigneux de rhums de la Barbade et de la Jamaïque. Vieilli en fûts de chêne, le Plantation Rum Original Dark développe des notes intenses de caramel, de banane mûre, et d'épices douces, avec une pointe de vanille et de bois grillé. En bouche, il offre une texture onctueuse et des saveurs complexes, marquées par des touches de fruits tropicaux, de cacao et de moka. La finale est longue et chaleureuse, avec une persistance aromatique de fruits secs et de sucre brun. Pour apprécier pleinement le Plantation Rum Original Dark, il est recommandé de le servir pur, à température ambiante, ou légèrement rafraîchi.
Le Plantation Jamaica 2002
C'est une porte d'entrée des plus agréables pour accéder au style jamaïcain. Le rhum jamaïcain, pour résumer, se définit avant tout par une puissance aromatique. Cette puissance aromatique provient d'une tradition ancestrale basée sur de longues fermentations pouvant aller jusqu'à une dizaine de jours. Cette deuxième maturation permet une approche en douceur du style jamaïcain. C'est la puissance dans un gant de velours.
Le Plantation Rum Grande Réserve
L'entrée de gamme des Rhum Vieux de l'embouteilleur indépendant Planteray Rum (anciennement Plantation Rum) ! Un excellent rapport qualité/prix et un profil aromatique très équilibré qui fait de lui un véritable tout-terrain : cocktail, dégustation pure, pâtisserie…
Le Plantation Rum O.F.T.D (Overproof, Full Bodied, Traditional Dark)
Un assemblage de Rhums Vieux issu d'une histoire étonnante qui trouve ses racines dans le lointain Océan Pacifique au cœur de la 2ème Guerre Mondiale !
Le Plantation Single Cask Jamaica 2007 Long Pond
Sélectionné dans les chais de la maison Plantation Rum, ce rhum de mélasse jamaïcain de 23 ans nous vient de la distillerie Long Pond. Une semaine de fermentation, distillé en colonne Blair, et mis en fût en 1998.
Le Plantation Single Cask Panama 2007 Alcoholes del Istmo
Sélectionné dans les chais de la maison Plantation Rum. Ce rhum de mélasse panaméen de 14 ans nous vient de la distillerie Alcoholes del Istmo. Distillé en colonne en 2007, il passe 11 ans en fût de bourbon à la distillerie puis 2 ans en fût de Ferrand Cognac au domaine de Plantation à Cognac.
Le Plantation Single Cask Jamaica HJC 1998
Un rhum de 26 ans d'une intensité folle provenant de la mythique distillerie Clarendon, en Jamaïque, et a été mis en fût en 1995. Embouteillé en mars 2022, et ayant passé la majorité de son vieillissement en climat tropical, il n'a pas subi de réduction et affiche une puissance de 65,6%.
Autres Rhums de Style Britannique (non Jamaïcains mais similaires)
- Le Rhum Whisper : Un petit nouveau dans le monde du rhum, en pleine ébullition ces dernières années. Le rhum Whisper est un rhum très représentatif du style britannique. Pourquoi ? Les rhums de tradition anglaise ont une trame commune. Élaborés à base de mélasse, ils sont plutôt secs, ont tendance à être vanillés et les notes de fûts de bourbon sont généralement présentes à la dégustation.
- Le Rhum RL Seale's 10 ans : En est la signature du style britannique. Ce rhum est un véritable 10 ans d'âge. Un rhum de flibustier !
- Le Rhum St Lucia 1931 (4ème édition) : Produit par Sainte Lucia Distillers, seule distillerie de l'île. Sur l'île de Sainte-Lucie, il n'y a plus de plantations de canne à sucre depuis les années 30. Les rhums de style anglais sont traditionnellement issus de mélasse. À la dégustation, l'apport du pur jus de canne à hauteur de 11% dans l'assemblage est significatif. Une bouche de fruits secs, de vanille et de notes de cuir.
- Le Rhum Anglais 50% : Comparable dans sa structure au rhum RL Seale's 10 ans. 50%, ce n'est pas rien, il exprime tout le potentiel d'un excellent rhum de mélasse.
Ce petit tour d'horizon des rhums jamaïcains vous a, nous l'espérons, permis d'y voir plus clair ! Si vous n'arrivez pas à choisir entre toutes les belles distilleries présentées ici, vous pourrez toujours choisir le LPCH de Old Brothers ! Il s'agit d'un blend de Long Pond-Clarendon et Hampden.
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