La trajectoire de la société Sainthimat, implantée historiquement au 71 rue Charles Gide à Caudry, illustre les complexités inhérentes à la gestion d'une entreprise spécialisée dans le négoce de matériaux de construction et d'articles destinés à l'habitat, au commerce, à l'artisanat, à l'industrie et à l'agriculture. Cette entité, dont l'immatriculation principale remonte au 27 mars 2006 (avec une inscription à l'Insee datant du 1er janvier 1977), a connu une série de procédures collectives devant le Tribunal de Commerce de Douai, reflétant les défis économiques rencontrés au fil des années.

Le cadre juridique et l'historique des procédures devant le Tribunal de Commerce
Le suivi administratif de la société Sainthimat a été marqué par une transition géographique importante. En application du décret n° 2008-146 en date du 15 février 2008, modifiant le siège et le ressort des tribunaux de commerce, l'ensemble des dossiers inscrits au registre du commerce et des sociétés du greffe du tribunal de commerce de Cambrai ainsi que les dossiers d'inscriptions de sûretés et privilèges ont été transférés au greffe du tribunal de commerce de Douai. Cette modification a pris effet au 1er janvier 2009.
Le parcours judiciaire de l'entreprise s'est intensifié à partir de l'année 2016. Par jugement en date du 26 octobre 2016, le Tribunal de Commerce de Douai a prononcé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, fixant la date de cessation des paiements au 30 septembre 2016. Dans ce cadre, Maître Jean-Jacques Bondroit, sis 119 rue Jacquemars Giélée à Lille, a été nommé administrateur judiciaire avec une mission d'assistance, tandis que Maître Marie-José Froment, située 224 boulevard Albert 1er à Douai, a été désignée mandataire judiciaire. Une période d'observation de six mois avait alors été ouverte.
Ultérieurement, par jugement en date du 28 avril 2017, le Tribunal de Commerce de Douai a arrêté le plan de continuation de l'entreprise, nommant en qualité de commissaire à l'exécution du plan Maître Jean-Jacques Bondroit. Cette situation a évolué par un jugement du 16 septembre 2020, où le Tribunal de Commerce de Douai a prononcé la modification substantielle du plan de redressement.
La résolution du plan et le passage en liquidation judiciaire
La situation de la société a connu un tournant décisif à la fin de l'année 2022. Par jugement en date du 30 novembre 2022, le Tribunal de Commerce de Douai a prononcé la résolution du plan de redressement et l'ouverture de la liquidation judiciaire, fixant la date de cessation des paiements au 16 novembre 2022.
Dans cette phase, les autorités judiciaires ont désigné en qualité de liquidateur judiciaire la SCP ALPHA Mandataires Judiciaires, prise en la personne de Maître E. Malfaisan, 33 rue du Gouvernement à Douai. En qualité d'administrateur judiciaire, la SELARL BMA Administrateurs Judiciaires, prise en la personne de Maître Laurent Miquel, 119 rue Jacquemars Giélée à Lille, a été missionnée pour assister le débiteur pour certains actes relatifs à la gestion.
Le tribunal a initialement autorisé la poursuite d'activité dans le cadre de la liquidation judiciaire jusqu'au 15 février 2023. Par la suite, un nouveau jugement du Tribunal de Commerce de Douai en date du 8 février 2023 a autorisé la poursuite d'activité jusqu'au 30 mai 2023. Finalement, par jugement en date du 24 mai 2023, le Tribunal de Commerce de Douai a prononcé la fin de la poursuite d'activité, dans le cadre de la liquidation judiciaire, effective au 27 mai 2023 à 20h00.
La Liquidation Judiciaire : [Droit des entreprises en difficultés]
L'activité commerciale et l'offre de matériaux
Au-delà de ses obligations juridiques, Sainthimat a longtemps opéré sur le marché du négoce de matériaux de construction, avec une spécialisation dans le commerce de détail de quincaillerie, peintures et verres en grandes surfaces. L'entreprise a su répondre aux besoins variés des professionnels du bâtiment et des bricoleurs passionnés.
L'offre commerciale de l'époque englobait une vaste sélection de produits essentiels aux chantiers, allant des blocs béton, caniveaux et mortiers, aux solutions de toiture traditionnelle ou industrielle. Pour les aménagements intérieurs, la société proposait des briques de cloison, des plafonds suspendus et un large choix d'outillage pour plaquistes, ainsi que des panneaux contreplaqués, bastaings et lambourdes de haute qualité pour les projets liés au bois.
Le segment des installations sanitaires constituait également un axe fort. Les clients pouvaient y trouver tout le nécessaire pour les salles de bain, incluant des pièces détachées pour robinetterie et des systèmes d'évacuation pour machines à laver, répondant ainsi aux exigences des carreleurs, plombiers et particuliers. La diversité de ces gammes visait à couvrir l'ensemble des besoins, de la construction lourde à la finition décorative.
Restructuration et gestion des actifs
Un aspect notable de la stratégie de l'entreprise avant sa liquidation fut l'opération d'apport partiel d'actifs, placé sous le régime des scissions. Cette opération concernait la branche complète d'activité de "négoce de matériaux de construction" exploitée sur le site internet www.sainthimat.com et au 71 rue Charles Gide à Caudry, laquelle avait été évaluée à 450 000 euros. Cet apport a été réalisé au profit de la société DIMAB, marquant une étape importante dans la réorganisation de ses activités.
Il convient de noter que, conformément aux évolutions réglementaires, à partir du 31 juillet 2024, l'accès aux informations relatives aux bénéficiaires effectifs (RBE) a été restreint, modifiant la transparence habituelle des données d'entreprise. De plus, le greffe du Tribunal de Commerce de Douai a toujours précisé qu'il déclinait toute responsabilité sur toute mention ou inscription erronée ou omise par le fait du greffe précédemment compétent (Cambrai), assurant ainsi la continuité des données après le transfert de 2009.
L'écosystème du négoce de matériaux et les services associés
Dans le paysage du commerce de détail de matériaux, la notion de "score de souveraineté" a émergé comme un indicateur de la dépendance d'une entreprise vis-à-vis de l'ensemble de ses partenaires. Pour des structures comme celle de Caudry, cette dépendance est multifactorielle, liée autant aux fournisseurs de gros qu'aux exigences des clients finaux.
L'activité, telle qu'elle était structurée, s'inscrivait dans une logique de service global. Au-delà de la vente pure de briques ou de bois, l'entreprise intégrait des conseils techniques et une gamme d'outillage adaptée, essentielle pour garantir la réussite des projets de rénovation. Les professionnels, qu'ils soient artisans ou entrepreneurs, trouvaient en ces lieux un point de convergence pour l'approvisionnement en matériaux diversifiés, allant des équipements professionnels aux objets de décoration pour l'habitat.
Cette structuration, bien que confrontée aux aléas des procédures collectives, démontre l'importance du maillage territorial pour le secteur du bâtiment. Le rôle des mandataires et administrateurs judiciaires, comme ceux cités (SCP Alpha, SELARL BMA), est crucial dans ces processus pour tenter de maintenir l'activité et, lorsque cela n'est plus possible, pour organiser la liquidation dans le respect des droits des créanciers.
Les implications de la procédure pour les créanciers et les partenaires
La résolution d'un plan de redressement, comme celle prononcée le 30 novembre 2022 pour la société Sainthimat, déclenche des obligations immédiates, notamment pour les créanciers. Ces derniers sont tenus de déposer leurs déclarations de créances au liquidateur judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC du jugement.
Ce cadre légal est strict et vise à assurer une équité dans le traitement des dettes. La désignation de professionnels du droit, tels que Maître E. Malfaisan ou Maître Laurent Miquel, garantit que la gestion de la fin d'activité se déroule selon les règles du Code de commerce. La mission d'assistance du débiteur, confiée à l'administrateur judiciaire, souligne la volonté de maintenir une gestion rigoureuse pendant la période de transition, même lorsque la cessation des paiements est actée.
En somme, l'histoire de la société Sainthimat au 71 rue Charles Gide à Caudry est représentative des étapes de la vie d'une entreprise : de son immatriculation, son développement et ses restructurations, jusqu'aux procédures de redressement et, in fine, de liquidation judiciaire. Cette trajectoire met en lumière le rôle central des tribunaux de commerce dans la régulation économique locale.
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