Les sculptures ornementales Art Déco : un voyage au cœur de l'élégance moderniste

Objet de caractère, la statue décorative s’impose comme un élément fort dans l’univers de l’aménagement, capable de transformer un espace en lui insufflant une âme, une ambiance, une intention. Intégrer une statue dans une pièce de vie, c’est affirmer une signature esthétique. L'Art Déco, mouvement artistique majeur du début du XXe siècle, a profondément marqué l'art de l'ornementation, insufflant une modernité et une élégance intemporelle aux sculptures et objets décoratifs.

Statue décorative dans un salon minimaliste

L'ornementation : définitions, histoire et fonctions

L'ornementation, dans le domaine des beaux-arts, des arts décoratifs et des arts appliqués, est l'art (ou la manière) de disposer des éléments décoratifs sur quelque chose. Elle est présente dans de nombreux domaines artistiques, notamment l'architecture (décoration sculptée ou gravée d'éléments architecturaux : corniches, frontons, tympans, archivoltes, encadrements de fenêtres ou de portes, dallage), les arts appliqués, le design et les métiers d'arts (décoration intérieure, aménagement extérieur, mobilier, ameublement, produits, mode vestimentaire, accessoire, textile, revêtements muraux, bijouterie, arts de la table, reliure, illustration, affiche), l'esthétique corporelle (maquillage, tatouage) et les arts visuels (peinture, sculpture, gravure).

Dès le Paléolithique moyen, on retrouve des objets usuels - ustensiles, armes, outils - et des parures décorés. Le développement de cette pratique est exponentiel à partir de la sédentarisation de l'homme au Néolithique. Les motifs alors retrouvés étaient principalement géométriques, mais on retrouve aussi des ornementations figuratives. Ils pouvaient être réalisés en bas-relief, gravés, estampés, tissés, peints, et travaillés sur différents supports : os, pierre, bois, métaux, céramiques.

Certaines périodes artistiques ou styles privilégient l'ornementation. Les périodes romane et gothique voient l'utilisation de motifs géométriques ou floraux, d'entrelacs souvent organisés en bordures. On les retrouve aussi bien dans les éléments architecturaux, le mobilier, les objets que sur les textiles ou dans les manuscrits. D'autres périodes, au contraire, tel le XXe siècle, avec le modernisme, ont rejeté l'ornementation (cf. « Ornementation et crime » d'Adolf Loos, 1908).

Exemple d'ornementation médiévale

Il existe différents types d'ornements que l'on peut répertorier par périodes historiques, cultures, civilisations, ou localisations géographiques. Des catalogues, répertoires, grammaires, dictionnaires ont été réalisés par des archéologues, des historiens d'art (Michel Liénard, « Spécimens de la décoration et de l’ornementation au XIXe siècle », 1866), mais également, à l'époque de la Révolution industrielle, par des industriels (Ornement industriel japonais, 1898, éditeur : E. Bernard et Cie. Paris) qui souhaitaient dresser des nomenclatures exhaustives et précises des ornements pour leurs besoins ou l'étude des motifs. Les principaux motifs que l'on retrouve, de façon récurrente, à différentes périodes et dans différentes civilisations, sont les motifs géométriques, mais aussi la palmette, l'entrelacs, la spirale et l'arabesque.

Les sources d'inspirations des motifs sont variables : issues de la nature, basées sur la géométrie, formant des lignes ou surfaces abstraites, organiques, faisant référence au passé, ou appartenant à d'autres civilisations. Toutes les possibilités graphiques et plastiques s'appliquent alors pour créer un motif. L'ornement peut être figuratif, stylisé, géométrique, épuré, en relief ou à plat, laisser la couleur et la texture apparentes du support ou au contraire le cacher, ou encore apporter d'autres couleurs ou matériaux. Un motif figuratif (ou qui reprend une référence) transpose le modèle de départ qui peut être respecté, modifié, simplifié, ou déstructuré.

L'ornementation répond à des principes d'organisations de motifs. Les différentes solutions de compositions sont la répétition, l'alternance, l'inversion, la symétrie, le quinconce, la superposition, la multiplication et l'accumulation. Les motifs s'organisent selon une ou des ligne(s) directrice(s) qui peut (peuvent) être rectiligne(s), sinueuse(s), brisée(s), parallèle(s), ou multidirectionnelle(s). Ils s'installent selon des espaces définis plus ou moins grands, selon un rythme de répétition et de répartition qui peuvent être complexifiés par des raccords de motifs (cf. papier peint). Les ornements seront alors disposés en frise, en bordures ou en jeux de fond. Une ornementation peut au contraire répondre à une disposition aléatoire des motifs. Les dimensions de l'ornementation peuvent être variables, petites ou grandes, et envahir peu ou beaucoup l'objet décoré (le produit, l'architecture, la sculpture).

Les motifs et leur organisation servent à accentuer, souligner, encadrer, complexifier, compartimenter, rythmer, enrichir, ou déstructurer un objet, une surface.

L'ornementation est une valeur ajoutée à l'usage. Elle sert à orner, ajouter, modifier, rehausser, accentuer, embellir, enjoliver, décorer, agrémenter, enrichir, ou animer. Son objectif est donc prioritairement esthétique (fonction esthétique).

L'ornementation est destinée à un individu qui choisira ou l'appréciera en fonction de ses besoins, de ses envies, de ses idées. On peut retenir trois critères en plus du facteur humain : pérennité, utilité et beauté. Pour l'utilisateur, l'ornementation apporte une dimension affective, sociale, économique à l'objet. Elle peut ainsi signifier le pouvoir, la richesse et être synonyme de luxe (connotation sociale, économique). La luxuriance d’ornementation peut conduire à produire une impression de surabondance, d'exubérance. Elle peut aussi conférer du sens au produit par l'aspect poétique ou symbolique qui peut s'en dégager (connotation symbolique, sémantique). On parle alors de fonction d'estime. Pour l'artisan ou le créateur, l'ornement est une manière de prouver ses compétences, son savoir-faire, et la maîtrise de ses techniques. La « Grammaire de l'ornement » de 1856, p. 78 à 154, est un collectif d'auteurs sous le patronage de Jean Sauboa.

Le mouvement Art Déco : naissance et caractéristiques d'un style emblématique

Art des Années Folles, le style Art Déco (1910-1939) est résolument tourné vers la modernité, dans une époque où les rythmes s’accélèrent. Ce mouvement artistique a des prémices vers 1910 et éclôt véritablement au lendemain de la Première Guerre mondiale dans les capitales européennes, réagissant contre les ondulations de l'Art Nouveau, appelé ironiquement « style nouille ». Ce nouveau style se développe dans les années 1920, culminant lors de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs organisée à Paris en 1925, où Le Corbusier avait fait sensation avec son pavillon de l'Esprit Nouveau, de même que Ruhlmann avec son pavillon du Collectionneur.

Art Deco in 9 Minutes: Why Is It The Most Popular Architectural Style? 🗽

Le terme « Art déco » est une abréviation d’« arts décoratifs », et le mouvement tient son nom de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes organisée en 1925 à Paris. Cet événement regroupe plusieurs pavillons des régions de France et des pays invités et vise en partie à réaffirmer la position de la France comme référence esthétique majeure. L’exposition « L’Art déco et ses architectes » célèbre le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 - moment fondateur du mouvement Art déco et jalon essentiel de la modernité française. Conçue à partir des collections du musée, cette exposition met à l’honneur les architectes qui ont marqué l’esthétique et la pensée de cette période. Elle montre comment, dans un contexte de reconstruction et d’élan collectif, les architectes de 1925 ont cherché à créer une modernité harmonieuse - rationnelle, décorative et profondément humaniste.

L’époque à laquelle se développe l’Art déco est marquée par de grands changements. La société se modernise de plus en plus, marquée par de nombreux progrès techniques. Au lendemain de la Grande guerre, les secteurs de l’automobile et de l'aviation connaissent une croissance continue, tandis que la femme s'émancipe. Outre l'attrait pour la modernité, l'Art nouveau, qui était alors très en vogue, commence à être remis en question, allant même jusqu'à être qualifié de "style nouille". Un tel contexte favorise l’émergence du mouvement Art déco, un « style total » qui voit le jour dans de multiples domaines : l’architecture, le mobilier, le design, la céramique, la mode ou encore la joaillerie.

Ce mouvement tire ses inspirations de plusieurs styles et civilisations différentes, s’appuyant par exemple sur des esthétiques de l’Égypte antique ou de l’art oriental. L’art africain constitue également une grande influence pour l’Art déco, notamment avec l’émergence des collections d’objets africains.

Contrairement à l’Art Nouveau, l’Art déco privilégie les formes géométriques. Les adeptes de ce mouvement artistique oublient l’art floral, la féminité et les arabesques. Les Arts décoratifs mettent en relief la symétrie et la sobriété. Le mouvement moderne privilégie la simplicité, les lignes simples et les compositions basiques. Il fait appel au retour à la sobriété et incite le monde à en finir avec le mobilier encombrant et les décorations sophistiquées. Ce goût pour le simplisme fut introduit à Bruxelles de 1905 à 1911. Au fil des années, l’Art déco ne cesse de capter l’attention des artistes et des spécialistes de la décoration intérieure.

Basé sur une esthétique classique et une production en série, le mouvement artistique met l’accent sur un art décoratif moderne. Les artistes de l’époque s’intéressent à la mise en forme avec finesse des objets en matériaux nobles. Ils troquent la nervure de l’Art nouveau par des œuvres d’art complètes. Ils jouent avec la simplicité des lignes pour mettre en relief les couleurs et les matériaux. L’industrialisation des métiers d’art favorise la production d’arts décoratifs évitant toute forme d’imitation des styles anciens. D’ailleurs, la période Art déco est née de la rencontre entre le néo-classicisme et le constructivisme, ce qui privilégie tout style figuratif à base de formes géométriques et de branches dépouillées. Si le mouvement est à l’origine dédié exclusivement aux « élites », il est devenu accessible à tous.

Les deux tendances de l'Art Déco : Contemporains et Modernes

Dès les années 20, deux tendances sont identifiables dans le mouvement Art Déco : les Contemporains ou Néo-traditionnels, et les Modernes. La première, qui constitue le mouvement fondateur, remonte aux années 1910. Le « Manifeste du nouveau style » publié en 1912 par André Véra préconise le retour à la tradition française : Louis Süe, André Mare, Paul Huillard, André Groult réalisent alors des meubles inspirés des formes rondes du style Restauration. Quant à Paul Iribe et Maurice Dufrêne, ils subissent encore l'influence de l'Art Nouveau.

La tendance moderne, consacrée par la création de l'Union des Artistes Modernes en 1929 par Robert Mallet-Stevens, apparaît dans les années 20. On y compte Pierre Charreau, Francis Jourdain, René Herbst, Pierre Legrain, Jean Prouvé, Charlotte Perriand, qui souhaitent créer un mobilier aux formes inédites qui répondrait aux conditions de la vie moderne et serait conçu comme un ensemble, l'architecture intérieure. Les éléments de décoration intérieure sont conçus dans un esprit pratique, utilitaire et ergonomique. Plus qu’un mouvement, l’Art déco est un courant esthétique emblématique de la modernité !

Exemple de mobilier Art Déco moderne

L'Art Déco dans l'architecture : gratte-ciels et paquebots de luxe

L’Art déco est un mouvement particulièrement important en architecture. Inspiré d’édifices égyptiens et mésoaméricains, les bâtiments Art déco sont généralement caractérisés par une simplification des formes géométriques. L’ornement est propre à chaque pays, mais également à chaque architecte. Alors que certains décorateurs voient la structure comme une ornementation en elle-même, d’autres préfèrent ajouter des motifs floraux ou végétaux.

Parmi les bâtiments typiquement Art déco, on retrouve de nombreux gratte-ciels américains qui apparaissent dans les années 20 et 30. C’est le cas du célèbre Empire State Building, qui offre une image de la mécanisation grâce à sa simplification géométrique et ses systèmes d’ascenseurs. Cette architecture monumentale fascine les passants et répond à leur goût pour la vitesse et la modernité. À la fin des années 20, ces gratte-ciels se développent dans les zones urbaines du monde entier. Cette architecture impressionnante vise surtout à répondre aux envies consuméristes des clients et est alors très utilisée pour des édifices comme les grands magasins ou les théâtres et cinémas.

L’Art déco va même jusqu’à orner les paquebots de la Compagnie générale transatlantique comme l’Île-de-France et le Normandie. Ces transports, qui sont aussi des lieux de séjours, sont construits par de nombreux ferronniers, architectes et décorateurs. Les paquebots constituent un symbole de modernité, mais leur intérieur est aménagé de manière à offrir le plus grand confort à la clientèle. C'est ainsi l'architecture des Grattes-Ciels tels que le Chrysler Building de New-York (1928-1930), et de l’intérieur cossu des premiers Transatlantiques comme Le Normandie. Graphisme, photographie, peinture, design… Avec leur silhouette d’une pureté radicale, les grands paquebots transatlantiques qui reliaient Le Havre à New York ont été une importante source d’inspiration pour les artistes modernistes de l’entre-deux-guerres.

Le style Art déco ne s’intéresse qu’aux designs plus commodes. Il se distingue du style des années 30 et du mouvement moderne, de par l’absence d’angles droits au niveau des immeubles. À la place, il propose les pans coupés. Le Bow-window, un style propre à ce mouvement, désigne des fenêtres dont l’architecture de la façade sort de l’ordinaire. Il tend aussi à l’agrandissement de la surface intérieure. Ce design était toujours au rendez-vous aussi bien pour la décoration intérieure que l’ornementation extérieure.

L’architecture blanche est utilisée sur le plan international en s’intéressant à l’usage des colonnes cannelées sans support. Les façades, quant à elles, sont ornées de pierre blanche ; tandis que les menuiseries sont à base d’acier laqué noir. Les compositions classiques sont présentes partout, sans omettre la stabilité et la grandeur. L’hôtel particulier fait, de nouveau, partie des structures à la mode. Le confort sous tous ses aspects n’est pas non plus négligé avec les espaces bien aménagés. L’art déco se veut aussi un mouvement libre, sachant qu’il ne se limite à aucune matière unique particulière. Néanmoins, de nombreux artistes utilisent le béton armé. La norme se résume par le raffinement aristocratique. L'Art déco s'affiche sur le Métro de Paris. Il évolue à grande vitesse sur le vieux continent, avant de connaître un essor considérable dans le reste du monde, notamment aux États-Unis.

Le mobilier et la décoration intérieure Art Déco

L’Art déco influence également fortement le mobilier et la décoration d’intérieur de la première moitié du XXe siècle. Les designers commencent à utiliser de nouveaux matériaux, comme le métal. Le but est de célébrer la vie moderne, la vitesse et la technologie. Tout comme l’architecture, le mobilier Art déco est défini par des formes géométriques abstraites. Toutefois, cela n’enlève pas l’intérêt des designers pour le confort, qu’ils allient à la fonctionnalité des meubles.

L’usage de matériaux précieux, comme l’ébène, devient également assez fréquent. Mais alors que certaines pièces soulignent une dynamique coloniale importante, d’autres sont inspirées des styles nationaux. En effet, dans un contexte de conflit politique, les courants nationalistes prônent un retour à la tradition : les styles anciens sont alors modernisés. En France, c’est le cas des styles Directoire, Empire, Restauration, mais surtout du style Louis-Philippe, qui imprègnent l’Art déco.

De même que le mobilier Empire accordait un rôle de premier plan à l’acajou richement veiné, l’Art déco fit « chanter » les sombres stries du palissandre, du bois de violette, du palmier et de l’ébène de Macassar, les moirures du citronnier, le mouchetis de la loupe d’amboine. Un des pionniers dans l’utilisation des matériaux précieux, le tabletier Clément Mère, alla jusqu’à teinter l’ivoire ou le dorer, quand il ne le tatouait pas d’étranges abstractions.

Mobilier Art Déco avec marqueterie

Une statue placée près d’une baie vitrée ou à côté d’un fauteuil peut créer un coin lecture inspirant. Les formes abstraites s’intègrent parfaitement dans un décor minimaliste, tandis que les bustes classiques subliment les intérieurs plus traditionnels. Dans une entrée, une sculpture bien choisie donne immédiatement le ton. Posée sur un socle ou une console, elle offre un point focal élégant dès le seuil franchi. Dans un bureau ou une bibliothèque, les statues contemporaines en métal, en résine ou en céramique apportent une touche artistique sans surcharger l’espace. Maison Techneb propose des statues en résine, céramique, pierre reconstituée ou métal, aux influences modernes, antiques ou animales.

Les sculptures ornementales Art Déco : formes, matériaux et inspirations

La sculpture participe grandement à l’architecture, ce qui explique les nombreux décors en bas-reliefs sur les bâtiments Art déco. Les œuvres mélangent généralement les thèmes de la vie moderne et active, du plaisir et de la mythologie. La peinture est elle aussi surtout ornementale. Un art mural inspiré des avant-gardes se développe de manière importante. Certains peintres et décorateurs ayant participé à l’Exposition de 1925 sont alors sollicités par de grands architectes américains.

Cependant, ces décorations prennent des formes géométriques, souvent anguleuses, ordonnées, encadrées de solides bordures. Pour cette esthétique ordonnée, l’usage de la ferronnerie d’art et du vitrail, ou encore la marqueterie et la mosaïque, s’avèrent très en vogue. Les couleurs sont très présentes, rehaussant la préciosité des matériaux. On emploie des matériaux osés tels que le plexiglas, acier poli ou chromé, ivoire, ébène, gainages de cuir ou de galuchat.

La collection d’arts décoratifs réunit principalement des objets réalisés entre le XIIe et le XVIIIe siècle. Accueillant toute œuvre destinée à s’inscrire dans un décor, la collection se compose en majeure partie de sculptures, de la statuette ornementale au relief architectural. Ivoires, petits bronzes, éléments de retable et statues en pierre ou en bois empruntent leur sujet à l’iconographie chrétienne ou classique : Vierges à l’Enfant, figures de saints, scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament côtoient allégories, héros et dieux antiques, du gothique au rococo. À côté de représentations canoniques figurent aussi quelques sculptures plus atypiques, telle une Sainte Catherine d’Alexandrie en pierre calcaire, au visage délicat encadré d’une longue chevelure ondulée, dont le costume richement orné de perles et de broderies reflète le luxe de la bourgeoisie champenoise au début du XVIe siècle.

Sculpture Art Déco d'une femme stylisée

S’y ajoute un important ensemble de meubles et d’objets d’art, qui, à travers le luxe de leurs matériaux et la qualité de leur exécution, constituent un reflet de l’art de vivre des élites cultivées et un témoignage du haut savoir-faire des artisans. Marqueteries de bois, d’écaille, de nacre et de pierres dures, laques et porcelaines d’Extrême-Orient, émaux, majoliques et bronzes dorés s’associent dans des combinaisons toujours réinventées. Un petit bonheur-du-jour de Daniel Deloose, réalisé vers 1785, allie ainsi la délicatesse graphique du placage de satiné et d’amarante et la subtilité des ornements de bronze à l’exotisme raffiné des panneaux de laque japonais. La multiplicité des tiroirs et cachettes dissimulés sous l’abattant traduit l’usage intime du meuble, plutôt réservé à un univers féminin. Un groupe plus resserré d’une quarantaine d’horloges, réalisées entre la Renaissance et le siècle des Lumières, offre un accord singulier entre la maîtrise des instruments de mesure scientifique et la créativité des décors d’inspiration mythologique ou exotique. Quelques tapisseries et un exceptionnel ensemble d’habits liturgiques en soie, or et argent évoquent par ailleurs les splendeurs de l’art des lissiers et des brodeurs. Séduction esthétique, excellence technique et intérêt historique sont les trois critères qui président à l’élaboration constante de cette collection.

Les œuvres de Luo Li Rong fascinent. Artiste connue et reconnue mondialement, elle n’est plus à présenter pour les passionnés d’arts contemporains, notamment les sculptures. Elle se distingue des artistes de sa génération, de par ses œuvres à taille réelle, réalisées avec une technique unique.

L'influence de l'Art Déco sur la mode et la joaillerie

La mode et la joaillerie Art déco s’adaptent elles aussi à ce mode de vie plus actif, et permettent aux femmes de se libérer davantage. Au début des années 20, c’est une élite, composée de jeunes femmes célèbres, qui personnifie l’Art déco. La mode est alors aux jupes et cheveux courts et aux silhouettes sveltes. Les vêtements sont très structurés et reprennent des motifs géométriques. La mode évolue toutefois beaucoup entre les années 20 et 30 et de nombreuses nouveautés sont proposées. Au fur et à mesure, le sportswear prend notamment de l’ampleur.

Les vêtements, qui se modernisent en même temps que l’image de la femme, sont complétés par des bijoux plus angulaires. Les joailliers marquent une rupture en travaillant beaucoup sur la couleur. Ils adoptent des motifs propres à l’Art déco et intègrent dans leurs travaux des inspirations orientales et africaines. Après l’Art nouveau, les formes naturelles se simplifient et se synthétisent, annonçant les figures géométriques des années 1920 (influence du cubisme). Les bijoutiers s’inspirent des styles Empire et Louis XVI pour réaliser des parures souvent composées de platine pour réaliser des montures plus fines et plus souples.

Trois grands noms de la couture marquèrent de leur griffe le style Art déco. Couturier de la « femme ornée » 1900, Jacques Doucet simplifia les lignes de ses robes vers 1910. Mais surtout, dès 1912, renonçant à son hôtel particulier XVIIIe, il décidait d’emménager dans un décor avant-gardiste. « Croyez-moi, nos contemporaines ne peuvent être jolies que dans un décor moderne », disait-il. Marqué par l’esthétique des Ballets russes, Paul Poiret voyait la femme en sultane alanguie. Il supprima le corset mais entrava le bas des robes. En 1911, il fut le premier couturier à posséder sa maison de parfums, Rosine. Cette année-là, Jeanne Lanvin figurait parmi les rares créateurs à avoir les honneurs du pavillon de l’Élégance. Incarnation de « l’excellence française », elle présidait alors, il est vrai, la « classe XX » de l’Exposition, consacrée au vêtement. Avec Armand-Albert Rateau, qui aménagea son hôtel particulier, elle créa Lanvin Decoration.

Bijoux Art Déco avec motifs géométriques

Les figures emblématiques de l'Art Déco

Jean-Michel Frank, Jean Dunand et Emile-Jacques Ruhlmann font partie des artistes les plus célèbres de l’Art Déco. Leurs œuvres sont constituées de mobilier et d’objets de décoration. Ces pièces uniques ont été vendues à des milliers d’euros. Un mobilier signé Jean Dunand est, à titre d’exemple, vendu de 250 à 380 000 euros.

Figure de proue du mouvement Art déco qui fête cette année son centenaire, le designer Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933) est actuellement célébré au musée des Arts décoratifs à travers une exposition de ses dessins pour revêtements muraux et tissus.

Chana Orloff (1888-1968), sculptrice Art déco associée au Montparnasse cosmopolite de l’École de Paris, a pourtant été une artiste majeure de son temps. Un peu oubliée aujourd’hui, son œuvre est redécouverte.

Femme libre et engagée, Charlotte Perriand révolutionna le design et l’architecture d’intérieur tout en initiant une réflexion profonde sur notre manière d’habiter le monde. Longtemps restée dans l’ombre de Le Corbusier, la Fondation Louis Vuitton lui rend un vibrant hommage, vingt ans après sa disparition.

De la matière avant toute chose ! Depuis 1982, un musée monographique met l’œuvre d’Ossip Zadkine à l’honneur et est l’un des rares ateliers de sculpteurs sauvegardés à Paris, témoignant du Montparnasse des artistes.

Créateur de bijoux Art nouveau pour les mondaines de la Belle époque puis maître verrier Art déco à succès dans l’entre-deux-guerres, René Lalique fut un artiste indépendant d’une grande inventivité. Parallèlement à ses activités de faïencier et de créateur de meubles, il mena avec la verrerie de Meisenthal, puis dans la manufacture qu’il créa à Nancy en 1894, d’innombrables expériences pour accroître les possibilités artistiques du verre. À partir de 1884, il travailla sur la coloration par adjonction en cours de soufflage de poudres, copeaux et autres « salissures ». Ses verres doublés et triplés superposaient des couches de couleurs différentes ensuite gravées à la roue ou à l’acide. En 1898, il brevetait sa technique de « marqueterie de verre », insertion à chaud de fragments d’épaisseur et de formes variables.

Portrait de Tamara de Lempicka

Tamara de Lempicka, reine des nuits chaudes. Figure incontournable de la scène artistique et mondaine des années 1920, Tamara de Lempicka (1898-1980) a vécu une vie à 100 à l’heure. À la croisée des avant-gardes, sa peinture, à l’image de son existence, s’est autorisée toutes les extravagances. Le Musée d’arts de Nantes vous propose de faire connaissance avec plusieurs des femmes artistes exposées dans ses salles.

L'héritage et la redécouverte de l'Art Déco

Déjà en déclin en 1929 à cause de la crise économique et de la Grande Dépression, l’Art déco commence à disparaître à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. L’Exposition internationale de New York, qui a lieu en 1939 avec pour thème le « Monde de demain », préfigure la standardisation qui se met en place pendant la guerre. Des styles plus épurés sont utilisés et l’Art déco s’efface petit à petit.

Toutefois, un intérêt pour l’Art déco ressurgit dans les années 1960 et 1970, dans un contexte de boom économique et de volonté de conservation du patrimoine.

100 ans après l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui marqua son apogée, l’Art déco était à l’honneur tout au long de l’année 2025 à travers une programmation swingante aux quatre coins de la France, mais aussi en Belgique et aux États-Unis.

Le jardin, la terrasse ou même un balcon peuvent aussi accueillir des statues. Maison Techneb privilégie des matériaux résistants comme la résine renforcée, la pierre reconstituée, le métal thermolaqué ou encore des finitions prévues pour résister aux intempéries. Sur un carrelage graphique ou un sol en pierre naturelle, la statue devient le contrepoint parfait. Choisir une statue, c’est choisir une intention décorative. Maison Techneb propose des modèles pour tous les styles d’intérieur et d’extérieur, à découvrir en ligne.

Le mouvement Art déco, qui se distingue des styles des années 30 et du mouvement moderne, est avant tout un courant esthétique emblématique de la modernité. Il a laissé une empreinte indélébile sur l'architecture, le design, la mode et l'art, et continue d'inspirer les créateurs contemporains par son élégance, sa sobriété et son goût pour les formes géométriques.

Architecture Art Déco à Miami

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