Le lin cultivé (Linum usitatissimum L.) est une plante herbacée annuelle de la famille des Linacées, cultivée depuis plus de 9 000 ans pour ses fibres textiles et ses semences à usage alimentaire et médicinal. L’épithète latine usitatissimum (« très usité ») témoigne de l’ancienneté et de l’étendue de ses usages. Le nom commun « lin » désigne indifféremment la plante, ses fibres et ses graines.

Botanique et morphologie du lin
Le lin cultivé est une plante élancée de 60 à 120 cm de hauteur, à tige dressée et peu ramifiée. Ses feuilles sont lancéolées, alternes, sessiles, d’un vert glauque. Les fleurs, bleues à bleu violet (rarement blanches), comportent cinq pétales libres tombant dès le soir de leur épanouissement. Le fruit est une capsule globuleuse de 6 à 9 mm de diamètre s’ourant à maturité, contenant chacune une graine aplatie, lisse, brillante et légèrement mucilagineuse au contact de l’humidité.
Le système racinaire est constitué d’une racine pivotante se ramifiant jusqu’à une profondeur atteignant 60 cm. Enrobé dans le cortex de la tige se trouve un anneau de 20-50 faisceaux de fibres. Chaque faisceau de fibres est constitué par 10-40 cellules fibreuses, qui sont entrelacées dans le sens longitudinal et cimentées les unes aux autres par des pectines.
Variétés et répartition géographique
Linum usitatissimum est très vraisemblablement issu de la domestication de l’espèce sauvage Linum bienne Mill. Il a évolué vers des types à fibres, appelés « lin textile », et des types à graines oléagineuses, appelés « lin oléagineux ». Le lin textile est cultivé dans les climats tempérés frais et humides, tandis que le lin oléagineux est cultivé sous des climats plus chauds.
L'Inde est un important centre de diversité génétique pour Linum usitatissimum. De nos jours, le lin est largement cultivé dans de nombreuses régions du monde. Les facteurs socioéconomiques influent aussi sur sa répartition ; l’Europe orientale et la Fédération de Russie produisent surtout du lin textile, le Canada et le nord des Etats-Unis surtout du lin oléagineux.
Culture et cycle végétatif
La graine de lin est semée au printemps, entre le 15 mars et le 15 avril lorsque la terre commence à se relancer. Un printemps doux et régulièrement pluvieux assurera la croissance du lin. Il faut 100 jours à la plante pour atteindre sa maturité. À ce stade, chaque tige mesurera 1 mètre et comptera une centaine de feuilles. Sans être certifié biologique, notre lin est une culture écologique. Pendant ses 100 jours de croissance, un hectare de lin va capter 3,7 tonnes de CO2. Sa culture ne nécessite pas d’irrigation, l’eau de pluie est suffisante pour assurer son cycle végétatif.
Mi-Juin, les champs de lin se parent d’une jolie couleur bleue. C’est la période de floraison. En juillet, le lin atteint sa maturité, stade caractérisé par un jaunissement de la tige, la chute des feuilles, et le brunissement de la capsule contenant les graines. C’est le moment d’arracher le lin du sol de façon mécanique, grâce à une machine spécifique.
Transformation et techniques de récolte
Le rouissage du lin est la première phase de transformation de la plante. Une fois remontés sur le lin, ces micro-organismes vont dégrader la pectose de la tige, dissociant ainsi les fibres textiles de la partie ligneuse de la plante. Pour un rouissage homogène du lin, il faut le retourner régulièrement. Nous pressons alors la paille de lin en balles rondes, chacune étant liée avec de la ficelle de lin. Un hectare de lin permet de presser 30 balles, qui seront immédiatement stockées sous abri dans l’attente du teillage.
Pour les semences, trois liniculteurs-multiplicateurs témoignent de l’intérêt de cette culture. Chaque mode de récolte possède ses avantages et ses inconvénients :
- L’écapsulage : consiste en la récolte de la graine une dizaine de jours après l’arrachage du lin.
- Le fauchage-andainage : une méthode réalisée en deux étapes, bienvenue en année humide.
- Le stripper : il suffit d’équiper la moissonneuse d’un stripper, qui cueille les capsules et les amène au batteur par l’élévateur de la machine.
la récolte du lin dans l'Eure
Les fibres de lin : propriétés et usages
Les tissus fabriqués avec les fibres libériennes sont employés pour le linge de maison, l’ameublement et les vêtements. Leur capacité élevée d’absorption de l’humidité, leur résistance, leur facilité de lavage, leur excellente tenue de la couleur et leur résistance au rétrécissement les rendent très aptes pour ces usages. Un inconvénient est qu’ils se froissent facilement.
La fibre de lin est également employée pour la fabrication de papiers fins tels que papier à cigarettes, papier de dessin, billets de banque, papier d’archives et de sécurité. Le cœur ligneux restant après extraction des fibres est employé dans la fabrication de panneaux de particules ou, en combinaison avec des fibres libériennes, pour la fabrication de papier.
Composition nutritionnelle des graines
Les graines contiennent par 100 g de partie comestible : eau 7 g, énergie 2236 kJ (534 kcal), protéines 18,3 g, lipides 42,2 g, glucides 28,9 g, fibres alimentaires totales 27,3 g. La composition en acides gras de l’huile de lin traditionnelle est la suivante : acide palmitique 5-6%, acide stéarique 4-5%, acide oléique 18-20%, acide linoléique 14-16%, acide α-linolénique 40-60%.
Les graines de lin concentrent trois familles de principes actifs aux propriétés complémentaires :
- Oméga-3 ALA : Les graines de lin contiennent 22 à 23 % de leur poids en acide alpha-linolénique (ALA).
- Lignanes : Ce sont des composés phénoliques que les bactéries du microbiote intestinal transforment en entérolignanes.
- **Fibres mucilagine
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