Avoir un jardin propre sans efforts est le rêve de chaque jardinier qui se désole de voir des herbes indésirables supplanter les belles plantes disposées avec amour et harmonie, déranger les précieux légumes. Pour soulager ce jardinier, il existe une panoplie de solutions, allant des méthodes naturelles aux traitements plus spécifiques, chacun avec ses avantages et ses précautions d'emploi. Cet article explore les différentes approches pour lutter contre les mauvaises herbes, en mettant l'accent sur les désherbants à pulvériser et les alternatives durables.
L'Émergence des Désherbants de Biocontrôle : Une Approche Naturelle
Depuis le 1er janvier 2019, l’entrée en vigueur de la loi Labbé a interdit la vente de pesticides de synthèse pour les particuliers. Ils sont remplacés par des produits appelés “de biocontrôle”, c’est-à-dire des produits composés de substances naturelles. Ils sont repérés par la mention “EAJ”, Emploi Autorisé dans les Jardins, pour les différencier des produits autorisés pour les professionnels. Ces désherbants naturels offrent une alternative respectueuse de l'environnement, imitant les processus de la nature pour venir à bout des adventices.

Les Composants Clés des Désherbants de Biocontrôle
Ces désherbants naturels sont constitués de plusieurs acides gras végétaux et d'autres substances naturelles, chacun agissant de manière spécifique pour éliminer les mauvaises herbes :
- Acide Pélargonique : Cet acide gras végétal est issu notamment des géraniums de balcon, les pélargoniums, mais aussi du tournesol, du colza ou encore du rosier. Il est connu pour son action rapide sur les parties aériennes des plantes.
- Acide Caprique : On peut trouver cet acide gras notamment dans le lait de chèvre et dans le lait de coco.
- Acide Caprylique : Un autre acide gras présent dans l’huile de coco et dans l’huile de palme (ainsi que dans le lait maternel).
- Acide Acétique : Un produit issu de la fermentation naturelle de sucres (fruits ou amidon de maïs), souvent utilisé sous forme de vinaigre blanc.
Ces produits peuvent être vendus dans des pulvérisateurs gradués, ils sont alors prêts à l’emploi, mais ils existent également sous forme concentrée, en tubes pré-dosés, à diluer dans de l’eau. Ces derniers sont plus économiques et plus pratiques pour les grandes surfaces.
Mode d'Action et Efficacité des Acides Gras
Les acides gras détruisent tout d’abord l’enveloppe protectrice des végétaux, puis celle qui isole les cellules à l’intérieur de leur organisme. C’est au printemps qu’il est conseillé d’utiliser ces produits, sur des végétaux encore jeunes, plus fragiles. Pour de plus grandes adventices, ainsi que les vivaces, l’application sera à répéter plusieurs fois.
ASTUCE pour FABRIQUER son DÉSHERBANT
L'Acide Acétique : Un Désherbant Naturel Polyvalent
L'acide acétique, un produit d'origine naturelle, a une action corrosive (du fait de son pH très bas) sur les tissus vivants. Il détruit la membrane protectrice présente sur les feuilles et toutes les parties aériennes, provoquant à court terme la déshydratation des tissus de la plante et l’impossibilité de poursuivre la photosynthèse. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol, libérant seulement des molécules d’eau et d’oxygène, ce qui le rend inoffensif aux doses indiquées par les fabricants.
Cet herbicide de contact est utilisé de préférence au printemps, voire au début de l’été, pour que les végétaux visés soient encore jeunes, idéalement moins de 2 semaines. Ils sont en effet moins robustes et moins bien implantés dans le sol. Les adventices annuelles sont plus faciles à éradiquer que les vivaces, celles-ci nécessitant généralement plusieurs passages, tout comme les adventices déjà adultes. Il est possible, pour les plus résistantes, d’injecter l’acide acétique dans le sol (qui doit être sec), au milieu du collet des plantes, afin que le produit atteigne les racines.
L'acide acétique vise les plantes à larges feuilles et les graminées. Les pissenlits semblent par contre résister à l’acide acétique. Il peut être employé sur des surfaces non cultivées, le potager est donc à éviter en cours de culture. Il est adapté pour désherber autour des arbres, ainsi que les allées et les zones pavées ou gravillonnées.
Pour une bonne efficacité, ces produits doivent être appliqués tous les printemps, afin que le stock de graines de ces indésirables diminue. Le moindre manquement met à bas tous les efforts accomplis les années précédentes !
Précautions d'Usage des Désherbants de Biocontrôle
Bien que naturels, ces produits ne sont pas sans risques et nécessitent des précautions. Il est fortement conseillé de porter des gants, des lunettes et des manches et jambes longues lors de l’application. Vous interdirez l’accès aux zones traitées aux enfants et aux animaux domestiques jusqu’à leur séchage complet, en moyenne 6 heures. Il est également recommandé d'éviter l’application d’acide pélargonique durant la floraison pour éviter d’éventuelles atteintes pour les abeilles. Ne pas utiliser ce produit à proximité d’un point d’eau et ne pas rincer le contenant.
Les conditions d’application sont assez précises : l’application doit se faire par temps doux (10 à 15° au moins), sans vent ni pluie, sur des plantes sèches. La pluie diluerait et disperserait le produit, qui serait moins efficace. Plus la température est élevée et le temps sec (ce qui entraîne un stress hydrique de la plante) plus le produit se montre efficace. Le soleil favorise également l'action de l'acide. N’hésitez pas à tremper toutes les parties de la plante. Si d’autres plantes, non indésirables, sont à proximité, attention à bien diriger votre jet. Il y a cependant peu de risques pour elles si elles ne reçoivent que des éclaboussures.
Ces acides gras sont donnés pour éliminer chiendent, prêle, plantain, liserons, orties (bien que ses longues racines traçantes rendent peu efficace à long terme l’utilisation d’un désherbant définitif pour l’ortie), chardons, lorsqu’ils sont jeunes, entre 5 et 10 cm pour le maximum d’efficacité. La période d’utilisation se situe entre le début du printemps et la fin de l’automne. Généralement 2 applications par an maximum sont recommandées.
Il est important de noter que toutes les informations concernant ces produits sont génériques, suivez impérativement les indications du fabricant concernant leur dosage et les conditions d’utilisation. N’utilisez pas ces produits sur une surface imperméable à cause du ruissellement.
Désherbage Total à l'Acide Acétique
L’acide acétique peut être employé comme désherbant définitif sur une grande surface. Dans ce cas, préparez un pulvérisateur avec de l’acide acétique pur, à raison de 100 ml (à 10 %) pour 1 mètre carré. Attention, ce désherbant n’est pas sélectif, il va éliminer toute la végétation de la surface. Les indésirables au milieu du gazon ou d’un massif peuvent également être traitées à l’acide acétique.
Le Sulfate de Fer : Un Allié pour le Gazon et Contre la Mousse
Le sulfate de fer (ou sulfate ferreux) est un engrais de jardin essentiel, particulièrement utile pour le gazon. Son application la plus importante est sans doute l'utilisation du sulfate de fer pour lutter contre la mousse. C'est un engrais couramment utilisé, principalement répandu sur les pelouses.

Rôle du Fer dans la Croissance des Plantes
Le fer joue un rôle direct dans la production de chlorophylle, un pigment vert nécessaire à la photosynthèse. Il est important tant pour la photosynthèse que pour la respiration des plantes. Il fait partie des oligo-éléments les plus importants et il est indispensable à votre gazon.
Lutte Contre la Mousse
Le sulfate de fer permet de lutter contre la mousse dans le gazon. La mousse meurt quelques jours après l'application. Vous constaterez rapidement que la mousse prend une couleur brun foncé, voire noire. Une fois que c'est le cas, vous pouvez facilement l'enlever de votre pelouse. Un engrais ferreux permet de lutter rapidement et efficacement contre la mousse. Cependant, il ne s'attaque pas aux causes sous-jacentes. La mousse se développe souvent sur un sol acide et/ou dans des zones ombragées. Elle peut également apparaître lorsque le gazon est accidentellement coupé trop court. Quelle qu'en soit la cause, le fer acidifie le sol. Idéalement, après l'application de sulfate de fer, effectuez un test de sol. Le pH est-il trop bas ?
Stimulation de la Photosynthèse et du Système Racinaire
Le sulfate de fer stimule le processus de photosynthèse. Le gazon est ainsi mieux à même de transformer la lumière (du soleil), l'eau et le CO2 en sucres. Ces sucres sont un carburant essentiel dont les plantes herbacées ont besoin pour croître et se développer. Le sulfate de fer joue également un rôle important dans le développement d'un système racinaire étendu et profond. Ce nutriment stimule le développement des points de croissance dans les racines.
Intensification du Vert de la Pelouse
Le sulfate de fer stimule la production de chlorophylle, un pigment coloré qui donne à l'herbe un vert plus intense. Le fer est un composant essentiel des enzymes responsables de la formation de la chlorophylle. Si votre gazon est vert pâle, voire jaune ou brun, il retrouvera un aspect vert frais en l'espace d'une semaine avec le sulfate de fer.
Précautions et Périodes d'Application du Sulfate de Fer
Le fer est l'un des oligo-éléments les plus importants. Il s'agit d'un composant important qui ne doit être présent qu'en petites quantités pour améliorer la qualité de votre gazon. Veillez à utiliser l'engrais ferreux avec modération. Un excès de fer dans le gazon entrave l'absorption d'autres éléments nutritifs importants.
Les meilleures périodes pour épandre le sulfate de fer sont le printemps (de mars à mai) et l'automne (de septembre à novembre). L'engrais est plus efficace lorsque la température du sol est d'au moins 10 degrés Celsius. Le printemps est la période idéale pour redynamiser votre pelouse.
Utilisez le sulfate de fer par temps sec et sans vent. Coupez l'herbe à ras avant de commencer, afin que le produit pénètre plus rapidement dans le sol. Un sol légèrement humide favorise même l'absorption. Évitez toutefois un excès d'eau en surface ou une averse imminente, car l'engrais risque d'être lessivé.
N'oubliez pas que le sulfate de fer peut laisser des taches brunes et rouillées. Attention aux pavés, aux pierres et au béton, car ces marques sont difficiles à enlever. Pour plus de sécurité, portez des gants, de vieux vêtements et des chaussures.

Méthodes d'Application du Sulfate de Fer
Le sulfate de fer peut être répandu de différentes manières. Les méthodes les plus courantes consistent à mélanger le sulfate de fer avec du sable ou à le dissoudre dans l'eau.
- Dissolution dans l'eau : Dissolvez environ 100 grammes de sulfate de fer dans 5 litres d'eau. Pour les petites pelouses jusqu'à 100 m², un arrosoir fera l'affaire. Si vous disposez d'un arrosoir de 10 litres, 9 à 25 grammes de sulfate de fer (environ une demi-tasse) suffiront. C'est peut-être la méthode la plus simple.
- Mélange avec du sable : Cette méthode est particulièrement utile pour les grandes surfaces. Mélangez 2 à 3 kilogrammes de sulfate de fer avec 4 à 5 kilogrammes de sable pour environ 100 m². Saupoudrez ensuite le mélange uniformément sur la pelouse.
Conséquences et Restauration du Gazon après Application
Le sulfate de fer est composé de minéraux naturels qui ne sont pas toxiques pour les chiens ou les autres animaux domestiques. Toutefois, il n'est pas souhaitable qu'ils le mangent. L'excès n'est jamais bon, et il en va de même pour le sulfate de fer. En effet, ce pesticide peut, s'il est utilisé de manière irresponsable, nuire à la vie du sol.
Après l'utilisation du sulfate de fer pour lutter contre la mousse, des zones dégarnies apparaissent. Pour restaurer votre pelouse :
- Chaulage : Avant de commencer à semer, il est d'abord utile d'épandre de la chaux. Le développement de la mousse est souvent la conséquence directe d'un sol trop acide. De plus, le sulfate de fer ne fait qu'accentuer l'acidité du sol.
- Préparation de la surface : Une fois que les granulés de chaux sont entièrement dissous dans le sol, vous pouvez préparer la surface d'ensemencement. Débarrassez le sol des herbes mortes, de la mousse et des mauvaises herbes.
- Restauration : Répartissez les semences de gazon uniformément sur les zones dénudées et ratissez légèrement. Il est préférable de compléter les zones dégarnies avec des semences de gazon de regarnissage. Ces mélanges de graminées contiennent une forte proportion de ray-grass.
- Fertilisation : Fertilisez régulièrement la pelouse avec un engrais organique. Cela favorisera la santé générale de votre gazon et la vie du sol.
Le Sulfamate d'Ammonium : Propriétés et Sécurité d'Utilisation
Le sulfamate d’ammonium, de formule chimique H6N2O3S et de masse moléculaire de 114,1 g/mol, est une substance hygroscopique qui se dissout facilement dans l’eau avec une solubilité de 2000 g/l à 20°C. La température de fusion s’établit à 131°C, tandis que la décomposition débute vers 160°C. Au-delà de cette température, des ammoniums gazeux, des oxydes d’azote et des oxydes de soufre se dégagent. La densité relative atteint 1,8 par rapport à l’eau.
Précautions et Protection
Un ammonium sulfamate provoque des irritations au niveau de la peau, des yeux et des voies respiratoires. Les symptômes incluent rougeurs, douleurs oculaires et gêne respiratoire. La protection respiratoire devient obligatoire lorsque la concentration dépasse 10 mg/m³. Un appareil filtrant adapté aux particules convient pour des concentrations jusqu’à 50 mg/m³. Les équipements de protection individuelle comprennent des gants résistants aux produits chimiques, des lunettes de protection fermées et des vêtements couvrants.
Le stockage du sulfamate d’ammonium requiert un local sec et bien ventilé. Les contenants hermétiques préviennent l’absorption d’humidité par cette substance hygroscopique. La manipulation nécessite des précautions particulières pour éviter la formation de poussières. L’interdiction de manger, boire ou fumer pendant le travail limite les risques d’ingestion accidentelle.

Premiers Secours et Réactions Chimiques
En cas de déversement, la récupération s’effectue par balayage avec des équipements de protection respiratoire. L’élimination par lavage à grande eau convient pour les résidus. En cas d’inhalation, la victime doit être amenée à l’air frais et mise au repos. Les voies respiratoires irritées nécessitent une surveillance médicale si les symptômes persistent. Le contact oculaire requiert un rinçage abondant à l’eau claire pendant au moins 5 minutes. Les lentilles de contact doivent être retirées si possible. Pour le contact cutané, un lavage immédiat à l’eau et au savon suffit généralement. L’ingestion accidentelle nécessite un rinçage de la bouche et une consultation médicale si des symptômes apparaissent.
Des sulfamates d’ammonium réagissent avec les agents oxydants puissants, créant des risques d’inflammation ou d’explosion. L’incompatibilité avec les acides forts génère des réactions exothermiques dangereuses. En présence d’alcalis ou en solution aqueuse, la décomposition libère de l’ammoniac gazeux. Cette réaction peut créer une atmosphère toxique dans les espaces confinés. L’hydrolyse en solution aqueuse produit du sulfate d’ammonium. Cette transformation modifie les propriétés chimiques du mélange.
Applications et Réglementation
Le sulfamate d’ammonium trouve des applications comme agent ignifuge et dans la fabrication de produits organiques. La réglementation classe cette substance avec une valeur limite d’exposition de 10 mg/m³ en moyenne pondérée. Le respect de cette limite protège les travailleurs des effets irritants. Les autorités sanitaires surveillent l’usage de cette substance dans les produits grand public. Les fabricants doivent respecter les normes de sécurité et d’étiquetage.
Le Sulfate de Cuivre : Une Option Spécifique mais Cautieuse
Le sulfate de cuivre désherbant mérite une attention particulière comme alternative au glyphosate. Cette solution agit rapidement contre les mauvaises herbes mais demande des précautions particulières.
Mode d'Action et Efficacité
Le sulfate de cuivre désherbant fonctionne comme un produit non sélectif particulièrement efficace contre les mauvaises herbes à feuilles larges. Son mécanisme d’action repose sur l’oxydation des cellules végétales, provoquant un dessèchement rapide des plantes traitées. L’efficacité de ce produit chimique se manifeste rapidement après application, généralement dans les 24 à 48 heures selon les conditions météorologiques. Le cuivre présent dans la formulation pénètre dans les tissus végétaux par les feuilles et perturbe les processus vitaux de la plante. Les herbes traitées montrent des signes de flétrissement dès les premières heures, puis brunissent complètement sous l’effet de la déshydratation cellulaire.
Avantages et Limitations
L’utilisation du sulfate de cuivre présente plusieurs bénéfices pratiques pour l’entretien des espaces verts. Son spectre d’action large permet de traiter efficacement la plupart des mauvaises herbes courantes comme les pissenlits, plantains ou chardons. La conservation du sulfate de cuivre sous forme de poudre présente un avantage notable : le produit se conserve plusieurs années dans un emballage hermétique, à l’abri de l’humidité.
Néanmoins, ce désherbant présente des limitations importantes qu’il convient de considérer. Sa nature non sélective impose une application précautionneuse, car toute plante touchée par la solution risque d’être endommagée. Les cultures sensibles situées à proximité des zones traitées peuvent subir des dommages par dérive ou ruissellement.
Dosage et Préparation de la Solution
La réussite d’un traitement au sulfate de cuivre repose sur un dosage précis adapté au type de végétation à éliminer. Une préparation correcte de la solution garantit une efficacité optimale tout en minimisant les risques pour l’environnement et l’utilisateur. La sécurité lors de la manipulation et de l’application constitue un aspect fondamental de l’usage de ce produit chimique.
Le dosage standard du sulfate de cuivre varie entre 10 et 20 grammes par litre d’eau selon le type de mauvaises herbes à traiter. Pour les herbes annuelles tendres comme les jeunes plantains ou les mourons, une concentration de 10 grammes par litre s’avère généralement suffisante. Les mauvaises herbes vivaces ou particulièrement coriaces nécessitent un dosage renforcé de 15 à 20 grammes par litre. Cette concentration plus élevée devient nécessaire pour traiter efficacement le chiendent, les liserons ou les pissenlits bien établis.
ASTUCE pour FABRIQUER son DÉSHERBANT
La préparation sécurisée de la solution exige un équipement de protection adapté et une méthodologie rigoureuse. Avant toute manipulation, l’utilisateur doit s’équiper de gants résistants aux produits chimiques, de lunettes de protection et d’un masque anti-poussière pour éviter l’inhalation des particules lors du mélange. Le processus de dissolution s’effectue idéalement avec de l’eau tiède (20-25°C) qui favorise la solubilité du sulfate. L’ajout graduel du produit dans l’eau, accompagné d’une agitation constante, garantit une dissolution complète sans formation de grumeaux.
L’application doit respecter des conditions météorologiques favorables : temps calme sans vent pour éviter la dérive vers les plantes à préserver, et absence de pluie annoncée dans les 6 heures suivant le traitement. Les heures matinales ou en fin de journée offrent les meilleures conditions, avec une évaporation réduite qui permet au produit d’agir efficacement.
Risques Environnementaux et Alternatives
L’usage répété du sulfate de cuivre comme désherbant soulève des préoccupations environnementales majeures liées à l’accumulation progressive de cuivre dans les sols. Cette accumulation peut perturber durablement l’équilibre biologique des écosystèmes du jardin et affecter la biodiversité locale. Les ions cuivre se fixent sur les particules organiques du sol et peuvent atteindre des concentrations toxiques pour les organismes vivants. Les impacts sur la faune du sol se manifestent à plusieurs niveaux : les lombrics, acteurs clés de l’aération et de la fertilisation naturelle, voient leur population décliner dans les sols enrichis en cuivre.
Face à ces risques, les alternatives au sulfate de cuivre offrent des solutions variées pour le désherbage, allant des méthodes mécaniques aux solutions naturelles.
Autres Manières de Désherber : Au-delà des Produits à Pulvériser
L’utilisation de produits désherbants n’est pas la seule méthode pour se débarrasser des plantes indésirables ; elle peut être un complément à un jardinage responsable qui met en œuvre des méthodes douces.
Le Désherbage Thermique
Le désherbeur thermique à gaz ou électrique fait subir la même chose aux herbes adventices : la chaleur intense et dirigée précisément fait éclater les cellules des plantes, les faisant mourir en quelques jours. Pour une efficacité optimum, le désherbage thermique est utilisé lorsque la plante est jeune, des adventices bien installées seront plus difficiles à détruire. Il faut éviter de “brûler” la plante, ce qui risquerait de provoquer un développement important en réaction à l’agression. Un bon coup de chaud suffit à endommager le végétal sans agression brutale. Plusieurs passages peuvent parfois être nécessaires, mais lorsque cette méthode est bien appliquée, le désherbage est définitif.

À savoir : il arrive souvent que la chaleur aux alentours de la plante visée fasse germer des graines d’autres adventices. Il suffit de faire un passage sur ces très jeunes plantes pour les éliminer. Le procédé est efficace et non polluant. Il faudra néanmoins renouveler l'opération au bout d'une dizaine de jours pour les mauvaises herbes les plus rebelles comme le chiendent et insister plus longtemps sur les plantes rampantes comme le lierre terrestre ou les plantes à racines pivot comme le pissenlit.
Le Désherbage Manuel
Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graines, tout votre travail serait alors à recommencer, avec un plus grand nombre de plantes… Certaines adventices seront efficacement éliminées si elles sont arrachées au printemps, tels le chiendent, le liseron ou la ronce. De plus, le sol normalement humide et les plantes jeunes rendent la tâche plus facile. Les adventices sont en effet plus faciles à arracher lorsque le sol est humide, cela aide à retirer la totalité de leur système racinaire, faute de quoi nombre d’entre elles repousseront aussitôt. L’automne est cependant une bonne période pour désherber, surtout dans les régions à hivers doux ou en cas de sol compact, qui reste tiède plus longtemps. Cela vous évitera de voir ces indésirables se développer tout au long de la mauvaise saison.
- Outils adaptés : Utilisez les bons outils pour désherber : le couteau à désherber et la gouge se montrent efficaces pour les orties, les pissenlits ou le trèfle, tandis que vous utiliserez une fourche-bêche pour venir à bout du chiendent avec ses racines traçantes et cassantes. Adaptez également vos outils à la surface à désherber : au potager ou dans les massifs, vous attaquerez une plante à la fois, à l’aide d’un couteau ou d’une gouge, tandis que vous préfèrerez le sarcloir et la binette pour aller plus vite dans les espaces nus.
- Réutilisation des mauvaises herbes : Une fois ces indésirables arrachées ou coupées, utilisez-les ! Elles peuvent faire un bon paillage ou alimenter le tas de compost dès lors qu’elles ne sont pas en graines.
Pour les ronces, il n’y a aucun désherbant définitif. Seul le désherbage manuel et régulier peut en venir à bout. En effet, cette plante ligneuse et rapidement pourvue d’épines se développe très rapidement, possède une profonde racine pivotante et se marcotte seule. Il faut la couper à ras, voire profondément si possible, dès que vous voyez une pousse, et y revenir très régulièrement afin de permettre à vos plantations aux alentours de prendre sa place.
Le Faux-Semis
Le faux-semis est une méthode couramment employée par les jardiniers : au printemps, travaillez légèrement votre terre. Les graines vont être activées par l’air et la lumière et vont germer rapidement. Vous n’aurez plus qu’à passer le sarcloir sur la surface pour que celle-ci soit dégagée.
Couvrir le Sol : Prévention et Enrichissement
C’est sur un sol laissé nu (même s’il s’agit d’une toute petite surface) que se développent majoritairement les plantes indésirables. Une fois réalisé votre travail de désherbage, il est donc crucial de couvrir le sol entre vos plantations.
- Paillage : Le paillage est réputé pour empêcher les adventices de pousser, car elles sont alors privées de lumière. Il faut cependant, pour que cela soit efficace, que le paillis soit très épais, minimum 15 cm, et suffisamment dense. Cependant, la présence d’un paillis, quel qu’il soit, a toujours son utilité : il garde le sol bien meuble, les indésirables sont donc plus faciles à arracher, et elles sont aussi plus visibles. Les matériaux de paillage sont très variés : paille, écorces, coques de cacao, minéraux divers, compost, déchets verts, paillettes de lin… Vous pouvez également opter pour des toiles biodégradables dans votre potager. Le paillage sur cartons, c’est-à-dire une à deux épaisseurs de carton recouvertes de broyat, est très efficace. Bien opaque, il prive les plantes de lumière et s’avère très efficace autant pour détruire des plantes indésirables déjà installées que pour éviter la germination de nouvelles. Dans un jardin d’ornement, le paillage doit être maintenu toute l’année.

- Bâchage du sol : Pour un désherbage total, vous pouvez opter pour la solution de bâchage du sol, qui est une alternative au paillage : étalez sur la zone ciblée une bâche, des cartons ou encore des tapis et laissez tel quel durant plusieurs mois. Lorsque vous découvrirez la zone, elle sera nue, mais aussi bien meuble et pleine de vie. Ce mode de culture sous bâche présente cependant l'inconvénient de ne pas nous permettre d'intervenir sur le sol.
- Engrais verts : Plantez des engrais verts (moutarde, trèfle, phacélie, luzerne…) dès qu’une surface est libre, ils empêcheront les indésirables de l’envahir. Une fois adultes, ils seront fauchés et fourniront un matériau de paillage nourrissant. Leurs racines elles-aussi nourriront le sol.
- Plantes couvre-sol : Pour vos massifs, utilisez chaque espace vide pour y installer des plantes couvre-sol : géraniums vivaces, santoline, lamium, genévrier, saxifrage, sedum, lierre…
- Tonte haute : Ne tondez pas votre gazon trop court, une tonte haute entraîne une concurrence importante entre les graminées et les adventices qui pourront moins facilement se développer.
- Plantes inhibant la germination : Certains végétaux émettent des substances qui inhibent la germination, notamment le ciste ou le phlomis. Leur présence empêchera les graines échappées des adventices de germer dans vos plates-bandes.
Recettes Maison et Astuces Naturelles
Des recettes maison permettent également d'éradiquer les mauvaises herbes sans polluer les sols.
- Eau bouillante : L’eau bouillante est un désherbant total puissant. Versez de l’eau bouillante sur les chardons ou autres indésirables pour brûler les racines. Mieux encore, l’eau de cuisson des pâtes, du riz, des légumes ou des pommes de terre, riche en amidon, sera plus efficace ! Ce défoliant maison est à renouveler régulièrement.
- Vinaigre blanc et sel : Un désherbant 100% naturel et BIO à base de vinaigre, de sel et d'eau peut être fabriqué très rapidement. Bon marché, il est très efficace pour venir à bout des mauvaises herbes entre les dalles de votre terrasse. Il suffit de mélanger 5 litres d'eau, 1kg de sel et 200 ml de vinaigre blanc et de pulvériser cette préparation sur les adventices. Toutefois, du fait de sa grande acidité, le vinaigre tout comme le sel peut influencer la fertilité du sol et la micro-biodiversité. Nous vous conseillons d'utiliser cette solution seulement sur les éléments maçonnés de vos extérieurs (terrasse, escalier, dalles, allées de gravier…) mais pas sur vos parterres ou massifs. Le gros sel est toxique pour les plantes cultivées et source de pollution pour les sols, les cours d’eau et les nappes phréatiques. Il est à utiliser exclusivement dans des allées et loin de toutes plantations ou haies.
- Bicarbonate de soude : Pour nettoyer votre terrasse et supprimer les végétaux qui s'installent au fil des années comme la mousse, vous pouvez également utiliser le bicarbonate de soude. Naturel et sans danger, le bicarbonate remplace l’eau de javel parfois utilisée pour désherber les terrasses. Saupoudrez directement le bicarbonate sur les zones à désherber (en évitant les pelouses et massifs de fleurs) puis arrosez avec de l’eau (dosage conseillé : 20 g/m2 d'eau).
ASTUCE pour FABRIQUER son DÉSHERBANT
Comprendre les "Mauvaises Herbes" : Des Indicateurs Précieux
Il faut avant tout avoir à l'esprit que les "mauvaises herbes" sont considérées comme telles car elles se développent à un endroit que vous n'aviez pas choisi. Pourtant, elles n'arrivent pas là par hasard. Elles sont souvent un bon indicateur de la santé de votre sol : par exemple le bouton d'or pousse sur les sols humides et pas assez drainés ; la mousse qui se développe sur votre gazon indique que votre pelouse a besoin d'être scarifiée ; les pissenlits se développent quand la terre est trop compacte et trop riche en matière organique. Et les exemples sont nombreux.
Avant d'utiliser un désherbant, qu'il soit total, sélectif ou thermique, renseignez-vous sur la raison de la présence de cette plante dans votre jardin et si celle-ci peut être nocive ou au contraire bénéfique. Par exemple, le trèfle capte l'azote de l'air pour le restituer dans le sol, nourrissant ainsi le gazon. La ronce, "berceau du chêne", est riche en hormone de croissance. Elle permet ainsi aux jeunes arbres de se développer plus rapidement et plus sereinement, protégés des ravageurs grâce à ses piquants. Une fois l'arbuste développé, la ronce cède sa place et se repique naturellement plus loin. La ronce nourrit et protège les oiseaux, elle est également un bio-indicateur, signe d'une terre riche en azote et en matière organique (autrement dit idéale pour la fertilité).
Certaines adventices sont par ailleurs très utiles et comestibles ! Les pissenlits sont par exemple très appréciés des abeilles et peuvent être mangés en salade, en poêlée, en infusion… L'ortie a de nombreuses vertus, elle se déguste crue, cuite, en jus ou en tisane et se macère également pour fabriquer un purin maison. Le plantain a des vertus médicinales : en cataplasme, les feuilles apaisent les brûlures et les piqûres ; en infusion, il soigne les affections respiratoires. Le pourpier se mange en salade ou revenu à la poêle. Bref, avant de détruire les "mauvaises herbes", il est bon de savoir si elles ne peuvent pas être bénéfiques pour votre sol ou votre corps !
Pour favoriser la biodiversité, gardez une zone de votre jardin garnie de toutes ces plantes spontanées, elles abritent et nourrissent nombre d’auxiliaires du jardin. Quant à l’ortie si envahissante, elle compose un précieux purin ou un paillage riche en azote. Le jardinier éco-responsable veillera cependant à laisser quelques-unes de ces herbes folles, qui enrichissent la biodiversité de son jardin !
