Aujourd'hui, presque tous les jardiniers utilisent un tuteur pour cultiver de meilleures plantes. Ce support ajustable selon les besoins, soutient en effet les fleurs, les légumes et les arbres. Il n’existe aucune contrainte d’installation. Composé d’un matériau robuste, tel que le bois, le bambou, le métal ou encore le plastique, il dure dans le temps. Le tuteurage, loin d'être une simple formalité, se révèle être un art subtil, dont la maîtrise est essentielle pour garantir la vigueur, la santé et la productivité des végétaux.

Pourquoi Tuteurer ? Les Multiples Bénéfices du Support Végétal
Le tuteur, c’est un support boostant la croissance des végétaux. Son usage est loin d’être anecdotique et répond à plusieurs besoins spécifiques des plantes.
1. Soutien et Stabilité Accrus
Un tuteur permet de tenir une plante droite, de l’associer à plusieurs autres plantes et peut encercler une plante vivace en fleur pour ne pas qu’elle s’écroule sous son propre poids. Il apporte de l’équilibre et de la protection aux plantes. Si les herbacées ne se couchent pas sur le sol, elles résistent mieux aux pathologies fongiques. Pour les jeunes arbres, le tuteurage des premières années de croissance stabilise le système racinaire encore fragile, notamment pour une plante non enracinée en profondeur qui n’est pas en mesure de contrer la prise au vent que forme son branchage.
2. Prévention des Maladies et Amélioration de la Santé
Saviez-vous que les plantes fragiles nécessitent des soins particuliers ? Au lieu de les embourrer de produits, pourquoi ne pas vous contenter d’un tuteur ? Il permet à l’air et à la lumière de circuler, ce qui a un impact direct sur la plante. D'une part, les maladies cryptogamiques, ces champignons néfastes favorisés par l'humidité, ont un terrain moins favorable à leur installation et d'autre part, la plante s'épanouit plus facilement, profite au mieux de son environnement et donc fructifie plus généreusement.
3. Optimisation de l'Espace et du Rendement
La solution est adaptée si vous disposez d’un petit jardin, mais que vous souhaitiez semer des légumineuses. Le tuteurage permet un gain de place considérable en libérant de l'espace au sol pour d'autres cultures qui en plus apprécieront l'ombre du plant et la fraîcheur au pied. L’usage du tuteur permet de guider les tiges pour obtenir des rendements à la hauteur de vos attentes. Au potager, le tuteur pour les tomates permet une croissance verticale qui optimise l’espace et facilite la récolte.
4. Protection Contre les Aléas Climatiques et Dommages Physiques
Sur des terrains d’altitude, exposés régulièrement à des vents forts, un jeune sujet fraîchement planté peut littéralement être couché par une rafale. Le tuteur plantation arbre limite alors la flexion excessive du tronc. Un tuteur agit aussi comme un signal visuel, indiquant la présence d’un jeune plant fragile et le protège des chocs accidentels - passage de tondeuse, coup de pied involontaire, animaux domestiques.
5. Amélioration Esthétique du Jardin
Question esthétisme, la présence de ce matériel apporte de l’élégance. Les tuteurs décoratifs, ornés d’objets, donnent du style à votre jardin. Les tuteurs colonne, très réputés auprès des architectes, donnent une allure romantique aux espaces verts.
Quand Tuteurer ? Le Moment Idéal pour Chaque Végétal
Voulez-vous vous lancer dans un projet de tuteurage pour vos plantes ? Retenez d’abord les règles à respecter. L’installation du support doit s’effectuer au bon moment. Attendre que la plante montre des signes de faiblesse pour installer un tuteur complique l’opération et risque d’endommager les racines. Les tiges déjà développées se cassent facilement lors de la manipulation. Un tuteurage tardif oblige souvent à redresser des tiges déjà penchées, ce qui crée des plis disgracieux. Les plantes grimpantes qui ont commencé à ramper au sol peinent à retrouver un port vertical.
1. Le Jour de la Plantation : Une Stabilité Immédiate
Le mieux est de s’y mettre le jour de la plantation pour les jeunes arbres. Posé directement dans le trou avant d’y placer la graine, le tuteur promet de la stabilité. Concernant les légumes, les jardiniers professionnels conseillent la pose du tuteur avant celle des plantes. Ici, il faut éviter toute détérioration des racines. La plantation représente le moment optimal pour installer un tuteur. Cette anticipation évite de blesser les racines lors d’un tuteurage tardif. Pour les arbres fruitiers en racines nues, cette stabilité initiale est particulièrement importante.
2. Dès les Premières Feuilles : Pour les Légumes Grimpants
Les légumes grimpants comme les tomates nécessitent un tuteurage dès l’apparition des premières vraies feuilles. Les plants développent rapidement leur système aérien et un tuteur tardif complique l’opération.
3. En Cas d'Urgence : Soutenir les Branches Chargées
Certaines situations demandent un tuteurage d’urgence. Les branches fruitières trop chargées risquent de casser sous le poids des fruits.
4. Pour les Vivaces à Floraison Lourd
Les plantes vivaces à tiges multiples et fragiles nécessitent souvent un tuteurage collectif. Les marguerites à grosses fleurs, les asters d’automne et les chrysanthèmes développent des touffes denses qui s’étalent naturellement. Les pivoines herbacées produisent des fleurs particulièrement lourdes au printemps. Leurs tiges charnues ploient facilement sous le poids des corolles doubles.
Quelles Plantes Tuteurer ? Une Approche Sélective
Le tuteurage ne semble pas indispensable pour toutes les plantes, seulement pour certaines espèces dont les feuilles sont assez lourdes.
1. Les Arbres et Arbustes : Particulièrement les Jeunes Sujets
Le tuteur serait favorable pour le développement de vos végétaux durant les premières années. Selon plusieurs études, les racines des arbres se révèlent sensibles pendant cette période. Si vous disposez d’arbres aux tiges souples qui tombent facilement à terre, privilégiez cette technique. C’est par exemple le cas des tournesols. Dans la plupart des cas, le tuteur simple est utilisé lors de la plantation d’un arbre. Un arbre non enraciné en profondeur n’est pas en mesure de contrer la prise au vent que forme son branchage.
Comment tuteurer un arbre en motte avec un piquet et un collier
2. Les Légumes Grimpants : Optimiser la Croissance Verticale
Les tomates représentent les légumes les plus couramment tuteurés. Leurs tiges herbacées portent des fruits lourds qui nécessitent un support solide. Les haricots grimpants et les petits pois s’enroulent naturellement autour des supports verticaux. La fabrication de rames pour haricots utilise traditionnellement des branches de noisetier ou de châtaignier.
3. Les Plantes à Grandes Fleurs et Vivaces Robustes
Les grandes vivaces comme les delphiniums ou les digitales développent des hampes florales spectaculaires mais fragiles. Ces plantes nécessitent un tuteurage individuel de chaque tige principale dès l’apparition des boutons floraux. Les asters d’automne et les solidages forment des touffes denses qui s’étalent naturellement. Un tuteurage collectif avec plusieurs piquets reliés par de la ficelle maintient l’ensemble de la masse végétale.
4. Les Rosiers Grimpants : Un Palissage Essentiel
Les rosiers grimpants nécessitent un tuteurage particulier adapté à leur mode de croissance. Contrairement aux vraies plantes grimpantes, les rosiers ne s’accrochent pas naturellement et demandent un palissage manuel de leurs branches. Les branches principales se palissent horizontalement sur des fils tendus ou un treillage pour favoriser la floraison.
5. Exceptions : Les Plantes Autonomes
Toutes les plantes grimpantes ne nécessitent pas un tuteur. Les espèces à crampons comme le lierre ou la vigne vierge s’accrochent naturellement aux supports. Les clématites et les jasmins développent des tiges volubiles qui s’enroulent autour des supports fins.

Choisir le Bon Tuteur : Une Variété d'Options
Face aux nombreuses offres proposées par les fabricants, la sélection d’un tuteur varie en fonction des besoins. Sur le marché actuel, il est possible de se procurer des modèles multi-podes, conçus spécifiquement pour les jeunes herbacées.
1. Tuteurs Simples : Piquets et Tiges Droites
Le tuteur simple : Comme l’indique le nom, il reste le plus commode de tous. Ayant la forme d’un piquet de bois, il s’emploie souvent seul. Parfait pour le tuteurage dit « haubanage ». Rien ne vous empêche de rechercher un modèle en tige droite pour le potager. Cette solution convient aux légumes à tige unique comme les tomates ou aux jeunes arbres.
2. Tuteurs Décoratifs : Allier Utilité et Esthétisme
Le tuteur décoratif : Vous souciez-vous de l’esthétisme ? C’est le prototype idéal. Orné d’objets décoratifs, il donne du style à votre jardin. Le tuteur colonne : Très réputé auprès des architectes, il donne une allure romantique aux espaces verts, d’autant plus qu’il existe en diverses tailles.
3. Structures Spécifiques : Treillis, Tipis et Parapluies
Le treillis : C’est le modèle accompli si vous vous inquiétez du côté efficacité ainsi que du côté design. Moins encombrant, il s’installe autant sur la véranda que sur le mur extérieur. Appelée « palissage », cette stratégie garantit une liberté accrue par rapport aux autres.Le tuteur tipi rassemble plusieurs tiges reliées au sommet en forme de cône. Cette structure stable convient particulièrement aux plantes grimpantes légères comme les haricots verts ou les capucines. La construction d’un tipi nécessite au minimum trois tuteurs de même longueur.Le tuteur parapluie présente une structure circulaire horizontale soutenue par un ou plusieurs montants verticaux. Cette forme convient parfaitement aux plantes en touffe comme les pivoines ou aux rosiers buissonnants.
4. Tuteurs Spécialisés pour Vivaces et Grimpantes
Il existe aussi des tuteurs spéciaux pour certaines plantes plus petites comme les vivaces mais aussi pour des plantes grimpantes nécessitant un support d’accroche. Bien souvent en fer forgé ou fer plastifié, ils sont prêts à monter directement au jardin. Leur forme peut être évasée sur le haut comme un parapluie ou bien former une petite colonne où des plantes pourront se maintenir. Les tuteurs en échelle peuvent aussi être fixés le long d’un mur pour permettre aux plantes grimpantes de s’y accrocher sans problème.
Matériaux des Tuteurs : Durabilité et Esthétique
Qu’ils soient métalliques, en plastique ou en bois, les tuteurs sont très utilisés au quotidien. Le choix du matériel est fondamental.
1. Le Bois : Naturel et Renouvelable
Le bambou constitue un matériau de choix pour le tuteurage grâce à sa légèreté et sa résistance. Sa croissance rapide en fait une ressource renouvelable appréciée des jardiniers soucieux d’écologie. Les cannes de bambou se déclinent en différents diamètres selon les usages. Les fines cannes conviennent aux fleurs délicates tandis que les gros diamètres soutiennent les légumes lourds.Le châtaignier et l’acacia offrent une résistance naturelle à la pourriture qui prolonge la durée de vie des tuteurs. Ces essences locales s’intègrent harmonieusement dans les jardins naturels. Leur robustesse convient particulièrement au tuteurage des jeunes arbres ou des légumes lourds.
2. Le Métal : Robustesse et Longévité
Les tuteurs métalliques offrent une résistance maximale aux intempéries et une longévité remarquable. L’acier galvanisé résiste à la corrosion tout en conservant sa solidité face aux vents forts. Certains modèles métalliques présentent des formes décoratives qui enrichissent l’esthétique du jardin.
3. Le Plastique : Praticité et Économie
Les tuteurs en plastique de qualité résistent plusieurs années aux intempéries mais finissent par se fragiliser sous l’action des UV. Ils sont souvent utilisés pour leur légèreté et leur facilité d'entretien.
Techniques de Tuteurage : De la Simple Fixation au Haubanage
La technique la plus connue pour le tuteurage des plantes est l’installation d’un piquet dans le sol. Pour des rendus plus esthétiques, c’est la voie la moins fiable.
1. Le Tuteurage Monopode : Simplicité et Efficacité
Dans le cas d’un arbre en racines nues, plantez le tuteur à la verticale, une fois le trou creusé de manière à maintenir le tronc collé au tuteur qui le soutiendra. Enterrez si possible le tuteur d’au moins 50cm pour qu’il remplisse au mieux son rôle et ne soit pas déterré à son tour. Pour les jeunes sujets standard, j’utilise la méthode du tuteurage simple avec un seul piquet. C’est la technique que j’applique pour la majorité des arbres que je plante dans ma pépinière. J’installe toujours le tuteur AVANT de planter l’arbre. Cette précaution évite de blesser les racines en enfonçant le piquet après coup. Le tuteur est placé du côté des vents dominants. L’arbre s’appuie ainsi naturellement sur son support lors des rafales plutôt que d’en être éloigné.

2. Le Tuteurage Multipode : Robustesse pour Grands Arbres
Par un principe identique au tuteurage monopode, le tuteurage multipode se réalisera à l’aide de 2 à 4 tuteurs. Cette technique est bien souvent utilisée par les professionnels pour maintenir de grands arbres ou en ville et pour assurer une protection physique autour du tronc. Avec ces techniques, vous pourrez maintenir un arbre aussi bien en racines nues qu’en motte ou en conteneur.
a. Tuteurage Bipode
Il y aura deux tuteurs pour maintenir l’arbre. Positionnés à environ 30cm de part et d’autre du tronc, ils seront plantés à la verticale et attachés l’un avec l’autre à l’aide d’une petite planchette en demi-rondin.
b. Tuteurage Tripode
Dans ce cas, vous devrez utiliser trois tuteurs et trois planchettes, qu’elles soient demi rondes ou non. Fixez les trois planchettes aux trois tuteurs de manière à obtenir un seul et même ouvrage. Pour maintenir l’arbre, attachez le tronc à chacun des tuteurs à l’aide de trois sangles flexibles en plastiques.
c. Tuteurage Quadripode
Cette dernière technique de tuteurage multipode se met en place à l’aide de quatre tuteurs et quatre planchettes (Huit planchettes peuvent être utilisées mais 4 peuvent suffire). Plantez à nouveau chaque tuteur à environ 30 cm du tronc de l’arbre tout en les positionnant en carré et donc à égale distance les uns des autres.
3. Le Haubanage : Sécurité pour Arbres de Grande Taille
Le haubanage est une technique de tuteurage bien souvent réservée aux paysagistes lors de la plantation d’arbres de grandes tailles (3 mètres et plus) ou d’arbres plus petits (1,50 mètres à 3 mètres) mais situés dans des zones très ventées. Il consiste à planter trois piquets en bois ou en fer au niveau des trois points d’attache du sol en veillant à les enfoncer assez profondément pour qu’ils résistent à une pression très forte en cas de tempête. Attachez enfin solidement les câbles d’acier ou les cordes aux piquets plantés au sol, tout en les tendant le plus possible pour que l’arbre soit harnaché solidement.
4. L'Ancrage de Motte : Dissimulation et Stabilité
Cette dernière technique est rarement utilisée par les jardiniers amateurs. Pour réaliser un ancrage de motte, la solution la plus efficace, et la plus simple, reste la technique à manilles et treillis soudé. Une fois tout ce matériel réuni, il ne reste plus qu’à mettre l’ancrage en pratique. Creusez le trou de plantation pour un arbre en motte d’au moins 50 cm de diamètre et 60 cm de profondeur. Attachez ensuite les 3 câbles d’acier avec les 3 manilles sur le treillis en les espaçant au moins de 20 cm les unes des autres pour répartir la future force exercée sur le treillis.
Attaches et Liens : Le Détail Qui Sauve la Plante
C’est peut-être le point le plus important de tout le tuteurage arbre. L’attache ne doit JAMAIS blesser le tronc.
1. Matériaux Naturels : Raphia, Osier et Jonc
Le raphia constitue le matériau d’attache traditionnel grâce à sa souplesse et sa biodégradabilité. Ces fibres naturelles se détendent avec l’humidité et s’adaptent à la croissance des tiges. L’osier et le jonc offrent également des solutions naturelles pour les attaches temporaires. Ces matériaux souples ne blessent pas les tiges délicates tout en assurant un maintien suffisant.
2. Matériaux Synthétiques : Plastique Souple et Clips
Les liens en plastique souple présentent l’avantage de la durabilité et de la résistance aux intempéries. Leur élasticité s’adapte à la croissance des tiges sans les étrangler. Les clips de tuteurage facilitent les ajustements fréquents sur les plantes à croissance rapide. Ces systèmes réutilisables se fixent et se déplacent facilement le long du tuteur.
3. La Technique du "Huit" : Protection Optimale
L’attache en forme de huit constitue la méthode de référence pour fixer une plante à son tuteur. Cette technique crée un coussin d’air entre la tige et le support qui évite les frottements et les blessures. Cette méthode convient à tous les types de plantes et de tuteurs. Elle répartit uniformément la pression sur la tige et permet un ajustement facile lors de la croissance.

Erreurs Courantes à Éviter : Pour un Tuteurage Réussi
Après des années à conseiller mes clients et à observer les problèmes de reprise, j’ai identifié les erreurs les plus fréquentes dans le tuteurage des arbres fruitiers.
1. Tuteurer Systématiquement sans Réflexion
L’erreur numéro un est de tuteurer par automatisme, sans se demander si c’est vraiment nécessaire. Un petit sujet bien raciné dans un jardin abrité n’a souvent besoin d’aucun tuteur. Le mettre quand même retarde son autonomisation. La force vient du mouvement. Les arbres qui bougent légèrement au vent développent des troncs plus épais et des systèmes racinaires plus profonds que ceux maintenus rigidement.
2. Attacher Trop Serré : Le Piège de la Strangulation
Le lien qui serre le tronc est un véritable fléau. Au fur et à mesure que l’arbre grossit, l’attache s’enfonce dans l’écorce, créant une strangulation. Le frottement du tronc contre le tuteur crée des blessures - portes d’entrée pour les pathogènes. Les attaches trop serrées provoquent des nécroses où s’installent champignons et bactéries. Il convient de laisser un espace suffisant entre l’attache et la tige pour permettre la croissance. Les vérifications régulières permettent d’ajuster la tension des liens avant qu’ils ne deviennent contraignants.
3. Enfoncer le Tuteur Après la Plantation : Un Danger pour les Racines
Comme je l’expliquais plus haut, cette séquence est désastreuse pour les racines. Le tuteur doit toujours être en place AVANT l’arbre. C’est particulièrement crucial pour tuteurer un arbre fruitier en racines nues où chaque racine compte.
4. Oublier le Tuteur Pendant des Années : Une Dépendance Préjudiciable
Le tuteur et son attache restent en place 5, 10, parfois 15 ans. L’arbre a développé une dépendance structurelle, le lien étrangle le tronc, et le tuteur pourri devient un foyer de maladies. Dans le cas d’un arbre, ne conservez pas un système de tuteurage plus de 3 à 4 ans. En effet, l’arbre risquerait de s’habituer à être maintenu et deviendrait ainsi moins résistant au vent.
5. Utiliser un Tuteur Surdimensionné ou Inadapté
Un tuteur trop imposant par rapport à la plante crée un déséquilibre visuel disgracieux. Cette disproportion nuit à l’esthétique du jardin et peut gêner le développement naturel de la plante. Les tuteurs surdimensionnés créent également une prise au vent excessive qui peut déstabiliser l’ensemble.
Entretien et Retrait du Tuteur : Assurer l'Autonomie de la Plante
Un tuteurage arbre fruitier n’est pas une opération « pose et oublie ». Il nécessite un suivi régulier pour éviter les problèmes et savoir quand retirer le support.
1. Vérification Régulière des Attaches et du Tuteur
Dans ma pépinière, je vérifie tous mes tuteurs au moins deux fois par an : au printemps avant le démarrage de la végétation, et en automne après la chute des feuilles. Je contrôle que le lien ne comprime pas le tronc qui grossit, qu’il n’y a pas de frottement blessant l’écorce. Si le lien commence à serrer, je le desserre immédiatement ou je le remplace par un lien plus large.
2. L'Arrosage : Un Complément Indispensable au Tuteurage
Le tuteur stabilise l’arbre, mais c’est l’eau qui permet l’enracinement. Pendant la première saison, l’arrosage régulier est crucial. Un arbre bien hydraté développe rapidement ses racines et retrouve son autonomie beaucoup plus vite.
3. Le Retrait du Tuteur au Bon Moment : Favoriser l'Autonomie
C’est une question que mes clients me posent fréquemment : quand enlever un tuteur ? Ma réponse : le plus tôt possible, dès que l’arbre n’en a plus besoin. Pour vérifier, je détache le lien et je fais bouger doucement l’arbre. Si la motte reste stable dans le sol, si l’arbre revient naturellement en position verticale après une légère inclinaison, c’est que les racines ont fait leur travail. Le tuteur peut être retiré. En général, pour un arbre en racines nues bien raciné, un an suffit. Pour un gros sujet ou dans un site très venteux, cela peut prendre deux ans. Mais rarement plus. Laisser le tuteur au-delà est contre-productif.
Comment tuteurer un arbre en motte avec un piquet et un collier
Tuteurage Spécifique : Adaptations pour Différentes Espèces
Dans ma pratique de pépiniériste, j’ai observé que chaque type de fruitier a ses particularités en matière de tuteurage.
1. Arbres à Racines Nues : Un Soutien Quasi Indispensable
Les arbres fruitiers en racines nues, comme je les produis dans ma pépinière, nécessitent une attention particulière. Pendant l’arrachage et la préparation, ils perdent une partie de leur chevelu racinaire. Le tuteurage est quasi indispensable pour ces plants durant leur première saison.
2. Adaptation Selon les Espèces Fruitières
Chaque espèce a ses spécificités. Les pêchers, par exemple, développent rapidement un système racinaire puissant et ont rarement besoin d’un tuteur au-delà de la première année. Les cerisiers, surtout sur porte-greffe vigoureux comme le Merisier, s’ancrent solidement et deviennent très vite autonomes. En revanche, un cerisier sur Gisela (porte-greffe nanifiant) peut nécessiter un tuteur permanent. Les pommiers sur M9 ou M26 (porte-greffes semi-nanifiants) demandent souvent un tuteurage prolongé, parfois permanent.
3. Tuteurage des Rosiers Grimpants : Un Palissage Structuré
Les rosiers grimpants nécessitent un tuteurage particulier adapté à leur mode de croissance. Contrairement aux vraies plantes grimpantes, les rosiers ne s’accrochent pas naturellement et demandent un palissage manuel de leurs branches. À la plantation, installez votre sujet à une quarantaine de centimètres de son tuteur et attachez-le à celui-ci avec des liens souples. Au fur et à mesure de sa croissance et selon le support choisi, vous apporterez de nouvelles attaches souples et réajusterez ou ôterez les existantes.
4. Tuteurage des Plantes en Pot : Solutions Adaptées
Le tuteurage des plantes en pot nécessite des supports adaptés à la taille du conteneur. Les tuteurs en forme d’échelle ou d’arceau se fixent directement dans le substrat sans risquer de percer le fond du pot.
Fabriquer Ses Propres Tuteurs : Astuces Économiques et Écologiques
L’achat de tuteurs peut revenir cher. Il existe pourtant quelques astuces pour créer soi-même des tuteurs efficaces.
1. La Méthode Simple du Piquet en Bois
La méthode la plus utilisée et la plus simple consiste à planter un piquet dans la terre, près de la plante. Si vous ne voulez pas que vos tuteurs soient trop voyants, plantez autour de la fleur et assez profondément des petites branches de noisetier.
2. Le Cercle de Grillage : Pour les Tomates et Plantes Fines
Ces tuteurs sont très utiles pour vos tomates du jardin. Entourez simplement votre plante d’un cercle de grillage. S’il s’agit de plantes fines, plantez quatre piquets autour de la plante et fixez parallèlement au sol un carré de grillage.
3. Le Tipi Tressé : Esthétique et Fonctionnel
Par exemple, plantez trois fois trois tiges de noisetier ou de saule que vous tresserez ensuite. Leur forme conique, tel un tipi peut-être plus ou moins large et vous pourrez également les fabriquer vous-même à l’aide de tiges de bambou attachées entre elles à leur sommet.
Le Tuteurage dans la Planification Globale du Verger
Le tuteurage s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’aménagement du verger. Ce n’est pas une étape isolée, mais un élément parmi d’autres de la stratégie de plantation.
1. Choix des Variétés et Besoin de Tuteurage
Certaines variétés anciennes que je multiplie développent naturellement un port équilibré et un ancrage puissant. D’autres, notamment certaines variétés modernes sélectionnées pour la production intensive, ont un enracinement plus superficiel. Quand je conseille mes clients sur le choix de leurs arbres fruitiers biologiques, je prends en compte cette dimension. Une variété rustique bien adaptée au terroir nécessitera moins de soins et un tuteurage plus court qu’une variété inadaptée.
2. Densité de Plantation et Exposition au Vent
Dans un verger dense où les arbres se protègent mutuellement du vent, le besoin de tuteur pour arbres fruitiers est moindre. Dans un verger isolé en plein champ, chaque arbre fait face seul aux éléments. Cette réflexion sur l’exposition influence le choix du porte-greffe, de la variété, et de la technique de tuteurage.