La taille en double U : Maîtriser l'art des formes jardinées pour des arbres fruitiers d'exception

L'arboriculture fruitière en formes jardinées est une pratique séculaire qui allie technique horticole et esthétisme. Que l'on opte pour une palmette simple U, double U, oblique ou verrier, les arbres fruitiers ainsi conduits ne sont pas taillés comme les formes de plein vent. Leur taille de formation est en effet beaucoup plus simple à réaliser, tout en étant indispensable pour les maintenir dans la forme désirée et optimiser la production de fruits de haute qualité dans un volume réduit. Cette approche permet également d'exprimer toute la plasticité de l'arbre, offrant au jardinier la possibilité de réaliser de véritables recherches esthétiques.

Arbre fruitier en palmette double U

Principes fondamentaux de la taille des arbres fruitiers formés

La taille de formation des fruitiers en palmette est cruciale pour conserver leur structure particulière. Elle vise non seulement à donner une apparence harmonieuse aux arbres, mais aussi à disposer les branches charpentières à un écartement suffisant pour que la fructification s'établisse et se maintienne sur toute leur longueur, parfaitement éclairée et aérée. Il est important de comprendre que, pendant la période de végétation, la sève montante (brute), chez la plupart des arbres fruitiers, favorise le développement des parties supérieures des branches au détriment de leur base. Le bourgeon qui poussera le plus vite sera celui situé le plus haut et sera également mieux alimenté que ceux situés en dessous.

Pour obtenir une production abondante et de bonne qualité, la taille fruitière consiste à éliminer les pousses inutiles afin de privilégier la mise à fruits, tout en conservant la forme de base de l'arbre. En pratique, on cherche à raccourcir le plus possible les rameaux secondaires pour rapprocher les organes productifs des branches charpentières. L'inconvénient majeur de cette technique est qu'elle nécessite une connaissance approfondie des processus de l'arbre.

Le rôle crucial du porte-greffe et de la variété

Le succès des palmettes ou espaliers repose sur des règles fondamentales, à commencer par le choix judicieux du porte-greffe et de la variété. Le porte-greffe, sur lequel la variété choisie est greffée, porte les racines qui déterminent la vigueur de l'arbre. Pour les arbres palissés, il est impératif d'opter pour des porte-greffes peu vigoureux, tels que l'EM9 ou Pajam 1 pour les pommiers, et le cognassier pour les poiriers. Le choix du porte-greffe dépendra également de la taille finale de la forme désirée, afin d'obtenir plus facilement la forme fruitière adaptée au volume de végétation de l'arbre adulte.

Il est important de noter que toutes les variétés ne sont pas adaptées à toutes les formes fruitières, même avec un porte-greffe judicieusement choisi. Le mode végétatif de certaines variétés peut en effet poser des problèmes, se manifestant par peu de ramifications ou une croissance anarchique des rameaux. Cela demande alors une certaine connaissance et une bonne maîtrise de la taille. La variété peut également influencer le développement des racines, car ces deux parties de la plante vivent en étroite communauté grâce aux échanges nutritifs. Ainsi, une variété de vigueur faible limitera le développement du système racinaire et, par conséquent, la grandeur de l'arbre. La sensibilité aux maladies est un autre critère essentiel à prendre en compte lors du choix de la variété.

Pour les pommiers, les porte-greffes issus de Malus pumila, communément appelés pommiers Paradis jaune de Metz (EM IX, M26, MM106, Pajam™ 1 et 2), sont recommandés pour les formes palissées de petit volume. Pour les poiriers, le cognassier (Cydonia oblonga), de Provence ou d'Angers, est utilisé selon les climats et les terrains. Quant aux nashi, le poirier de Chine (Pyrus calleryana*) est privilégié. L'arboriculteur amateur achètera généralement ses arbres sous forme de scions (plants greffés d'un an) chez un pépiniériste.

Préparation et plantation du scion

Tout commence par une bonne plantation, qui revêt une grande importance pour l'avenir de l'arbre. La période de plantation est primordiale pour une bonne reprise de l'arbre. Si l'on souhaite tailler le scion dès le premier hiver, la plantation doit se faire à partir de novembre. La plantation s'effectue comme pour tous les autres arbres fruitiers, dans un terrain bien préparé et amendé, sous la ligne de tuteurage. Si l'arbre est planté contre un mur, il faudra le faire à au moins 20 cm du mur. Pour des raisons esthétiques, la courbure due au greffage en pied sera placée du côté non visible, et le point de greffe doit toujours rester au-dessus du sol.

Les distances de plantation entre les plants dépendront de la forme finale choisie : U simple, U double, Palmette Verrier à 2 ou 3 étages. Le scion sera planté verticalement et non pas obliquement. Il ne faut pas tailler, sauf si le scion porte des ramifications latérales.

Schéma de plantation d'un scion pour une palmette

Les étapes de formation d'un double U

La formation d'un arbre fruitier en double U est une technique spécifique qui demande de la patience et une succession d'interventions précises.

Première année : Mise en place du scion et première courbure

En automne, il convient de planter un scion de la variété désirée, mais pas trop vigoureux. Le scion sera planté verticalement.

En été, il faudra courber doucement le scion sur un fil de fer tendu horizontalement à 40 cm au-dessus du sol. Le cordon sera alors fixé sur le fil de fer avec quelques attaches. Il est crucial de ne pas palisser les bourgeons tout de suite. En effet, leur fragilité et le fait de les coucher freineraient trop leur croissance. On ne palisse les bourgeons que lorsqu'ils ont atteint au minimum 15 cm de longueur, en laissant toujours libre la pointe pour permettre une croissance vers le haut. Il y aura donc plusieurs actions d'accolage tout le temps de pousse jusqu'à ce que l'on puisse palisser le rameau verticalement. Aucune autre intervention n'est nécessaire jusqu'au printemps de l'année suivante.

Deuxième année : Sélection et développement des coursonnes

En hiver, il est souvent surprenant de constater que de nombreux yeux à bois se sont transformés en boutons à fleurs. Il faut alors simplement supprimer les ramifications ligneuses (brindilles, rameaux) qui se seraient développées par hasard sur le dessus du cordon. Toutes les autres doivent être conservées en entier.

Au printemps, la sélection se fera par ébourgeonnement.

En fin d'été, on palissera les extrémités des rameaux en formant les coudes qui deviendront le futur U. Il est impératif de respecter des distances de 30 cm entre chaque branche charpentière. Les deux branches ainsi obtenues seront de vigueur identique et faciliteront la taille fruitière. On palissera verticalement les rameaux et on supprimera d'éventuels rameaux en surnombre. Pour obtenir une forme très géométrique des branches, il est possible d'éborgner l'œil terminal afin de faire démarrer les deux yeux stipulaires, plus petits et peu visibles, situés de chaque côté de la cicatrice de la feuille. Ces yeux existent naturellement pour remplacer l'œil principal en cas d'accident.

Comment cultiver des arbres fruitiers palissés ? - Truffaut

Années suivantes : Allongement et fructification

Les branches charpentières doivent être prolongées, allongées, avec une longueur de taille utile, pour un prolongement moyen, située entre 20 et 30 cm. Cette longueur est variable et doit être effectuée en fonction de la vigueur de la branche charpentière. Sur les branches où le courant de sève est freiné, les longueurs de taille seront décroissantes, allant de 30 cm à successivement 20, 10 cm, ou simplement 1 ou 2 yeux. On recherche à la fois l'allongement de chaque branche charpentière et le développement des yeux latéraux portés sur le prolongement taillé. Ce développement des yeux latéraux doit donner des ramifications courtes, nombreuses et, si possible, d'égale vigueur, appelées « coursonnes ». Pour pouvoir porter des fruits longtemps et en bonne santé, une coursonne doit être moyennement vigoureuse, implantée ni trop verticalement, ni trop bas.

La première année, il faut d'abord choisir un œil de flèche ou œil d'extrémité après la taille sur la face avant de la branche charpentière et en rapport avec le résultat de l'année précédente. Les deux branches (dans le cas d'un U simple) devront être taillées à la même hauteur pour éviter un déséquilibre. Ensuite, il faut rechercher un coursonnage latéral, en supprimant, en dessous de l'œil de flèche, les yeux placés directement sur la face avant ou arrière du prolongement.

La deuxième année, on poursuivra la mise en place des coursonnes à venir. La longueur du prolongement doit être limitée selon le résultat de la végétation précédente. Il est conseillé d'utiliser les parties supérieures de la coursonne pour user la sève brute, tandis que, dans les parties médianes et basses de cette même coursonne, la sève élaborée transformera les yeux en éléments favorables à la fructification. Une fois la fructification installée, on supprimera les parties vigoureuses et stériles de la coursonne qui pourraient la concurrencer dans son alimentation en sève, en ne conservant que les organes fertiles pour favoriser ainsi l'alimentation des fruits se trouvant alors à l'extrémité de la coursonne.

Les différents organes de l'arbre et leur distinction

Pour une taille efficace, il est essentiel de savoir distinguer les différents organes de l'arbre :

  • Le gourmand : Bien que le terme soit impropre par rapport à la définition horticole, en arboriculture, il s'agit d'un rameau vertical d'une très grande vigueur (souvent 1 mètre de longueur) et de forte section. Il est perturbateur, car il a tendance à déséquilibrer la forme de l'arbre en tirant progressivement toute la sève vers lui.
  • Le rameau à bois : Il ne porte que des yeux à bois sur toute sa longueur, bien que ceux de la base soient parfois mal constitués. Sa vigueur est modérée, sa longueur se situe entre 20 et 60 cm environ, avec un diamètre équivalent à celui d'un crayon.
  • La brindille : Les brindilles sont des rameaux à bois de longueur réduite (de 10 à 30 cm), de faible section et donc de faible vigueur. La brindille est terminée par un œil à bois.
  • L'œil à bois : C'est un petit bourgeon plus ou moins pointu, tomenteux (légèrement duveteux) chez le pommier et glabre chez le poirier. Il est situé à la base du pétiole des feuilles en période de végétation et réparti sur l'ensemble des rameaux stériles sur toute leur longueur. Il est protégé par des écailles étroitement unies entre elles. À la base de cet œil, on trouve deux yeux stipulaires, qui sont des yeux latéraux. Peu apparents, ces yeux ne sont pas indépendants et ne se développeront qu'à la suite de la disparition de l'œil à bois qu'ils entourent, même lorsque celui-ci se sera transformé en rameaux. Ces « roues de secours » permettront plus tard le rajeunissement des coursonnes après une taille de rapprochement.
  • La brindille couronnée : La brindille peut se terminer par un bouton à fleurs, qui couronne sa tête. Chez les variétés très fertiles, la transformation des yeux à bois en boutons à fleurs est très rapide et ne demande que quelques mois. On trouve donc en fin de saison, à l'extrémité des ramifications de l'année, des boutons à fleurs.
  • Le bouton à fleurs (ou lambourde fructifère) : C'est un œil à bois, voire un dard, mais plus globuleux. Il donne l'aspect d'un organe légèrement gonflé, ovoïde, recouvert d'écailles plus ou moins brunes (de 17 à 23), semblables à celles de l'œil à bois. À l'intérieur, est présente une inflorescence en corymbe (6 à 15), parfois flanquée à sa base de deux yeux stipulaires à bois. Un bouton à fleurs reste à fleurs, quelle que soit la quantité de sève que l'on dirige sur lui, sans danger de le voir retourner à bois. C'est le résultat de la transformation d'un dard de l'année précédente. On le reconnaît en été, car il est entouré d'une collerette de 6 feuilles, mais surtout, au printemps, il s'épanouit avant le départ des yeux à bois en végétation, pour donner une inflorescence pluriflore, entourée d'une collerette de feuilles. On le rencontre sur les coursonnes où, d'une façon naturelle ou à la suite de la taille de fructification, la transformation de l'œil à bois s'est effectuée en passant du stade d'œil à bois en dard et, enfin, en bouton à fleurs. Cette opération dure normalement de 2 ans (parfois chez le pommier) à plus.

Illustration des différents bourgeons et rameaux

Les périodes clés pour la taille des arbres fruitiers à pépins

Pour les pommiers, poiriers et cognassiers, la taille peut être pratiquée tout l'hiver, en dehors des périodes de gelées :

  • Les tailles de formation et de rajeunissement peuvent se pratiquer de novembre à mars.
  • Les tailles fruitières, permettant d'optimiser la production de fruits, s'opèrent plus souvent en février-mars. C'est en effet à cette période que l'on peut différencier les bourgeons (yeux) à bois des bourgeons à fleurs (plus ronds et gonflés).Il est important d'opérer par beau temps, ensoleillé et sec.

Gestes de base pour la taille des arbres fruitiers

Ces gestes sont valables pour tous les arbres fruitiers et constituent le point de départ de toute taille :

  • Coupez le plus ras possible les « gourmands » qui se développent souvent à la base du tronc ou parfois sur les branches. Ce sont des branches très droites et vigoureuses (trop), aux bourgeons très espacés, qui pompent la sève au détriment des autres et risquent de déséquilibrer la forme de votre arbre fruitier.
  • Enlevez le bois mort, flétri et les branches trop frêles.
  • Supprimez les branches qui se croisent pour que chacune ait sa place vers la lumière. Les branches qui partent vers l'intérieur de l'arbre ne sont pas souhaitables non plus.
  • Taillez au maximum un tiers du volume des branches pour permettre à votre arbre de se renouveler et de garder un équilibre acceptable entre ramure et racines.
  • Taillez toujours au-dessus d'un bourgeon qui part vers l'extérieur, pour orienter la future pousse dans le bon sens.
  • En tournant autour de l'arbre et en coupant peu à peu, vous verrez plus clairement ce qui reste à faire.

La taille trigemme : Un principe simple mais adaptable

La taille décrite ici dérive de la méthode de taille dite « trigemme ». Elle consiste, comme son nom l'indique, à tailler toujours à « trois yeux », ce qui signifie réduire la longueur des pousses à seulement trois yeux, soit entre 5 et 10 cm de longueur environ selon les arbres. Si ce principe de taille a le mérite d'être simple à comprendre, il reste exposé à l'incertitude, car aucun arbre, aucune variété n'est semblable à l'autre. Chaque arbre a ses particularités, et il faut savoir s'adapter en taillant plus « court » ou plus « long » en fonction de la végétation existante. Le jardinier n'est cependant pas entièrement désarmé face à la fructification. Il sait que le choix du terrain, des sujets porte-greffe, des variétés, du travail du sol ou de la taille sont tous des facteurs qui régissent le comportement de l'arbre.

Schéma de la taille trigemme

Régulation de la sève : Acupuncture arboricole

Indépendamment de la taille proprement dite, des interventions ont pour but de régler la végétation en agissant sur les canaux de sève. La sève brute, assurant la végétation à bois au printemps, est surtout active dans le sens de la longueur des rameaux. On peut donc modifier en partie son débit en sectionnant ses canaux d'alimentation, au-dessus ou en dessous d'un œil, qu'elle est chargée d'alimenter. Dans la pratique, on appelle ces interventions des barrages de sève. On les réalise en général à l'aide de la serpette ou du greffoir, durant le repos de la végétation, avant que la sève ne se soit mise en mouvement. Pour éviter une infiltration d'eau de pluie, il est recommandé d'appliquer un peu de mastic de cicatrisation. Le pincement consiste également à freiner et à limiter un rameau ou une branche dans son développement. À l'aisselle de la dernière feuille, un bourgeon va repartir quelques semaines après le pincement, c'est un bourgeon anticipé. Si l'on attend trop longtemps, le bourgeon arrête sa végétation et présente une extrémité sans foliole.

Il est également important d'intervenir pour réguler la circulation de sève, la freiner ou l'accélérer. Ces interruptions sont appelées « cran », « entaille » ou « incision », suivant la forme qu'elles revêtent. L'effet est limité par le temps nécessaire à la cicatrisation. Les opérations de taille ne doivent pas être envisagées seulement à court terme, mais également dans leur répercussion sur l'avenir.

Pour obtenir un fruit, il faut que la sève circule très lentement à travers toutes les ramifications de l'arbre. Si en taillant une ramification partant du tronc sur une forme jardinée à trois yeux, selon le principe de la dominance apicale, le bourgeon terminal, qui reçoit de la sève en abondance, part à bois. Le second bourgeon qui reçoit également beaucoup de sève part aussi à bois. Ceci explique le principe de la taille, qui consiste à anticiper comment les bourgeons se développeront, puis de raccourcir chaque branche, en ne laissant que la longueur nécessaire pour qu'un bourgeon à fleurs se développe au printemps suivant.

Deux facteurs sont essentiels dans le processus de la mise à fruit : la richesse des tissus en azote (N) et leur richesse en hydrates de carbone (C).

  • Si N est fort et C faible, alors les arbres croissent très vigoureusement, mais ne portent pas de fruits. C'est le cas des arbres jeunes, au porte-greffe vigoureux, et croissant dans un sol riche.
  • Si N est limité et C abondant, alors les arbres fleurissent abondamment et ont une croissance acceptable.
  • Si C est trop bien pourvu par rapport à N, ce qui est le cas des arbres vieillissants, alors le résultat varie suivant le degré de pauvreté en azote.
  • L'apport d'azote doit être modéré pour les arbres jeunes ou approchant le stade de fructification, et tout ce qui diminue la surface foliaire (taille trop sévère) réduit l'alimentation carbonée.
  • La formation de boutons à fleurs est également directement influencée par la quantité de fruits que porte l'arbre au moment de la différenciation des boutons.
  • On estime qu'il faut environ 30 à 50 feuilles normales pour alimenter un fruit moyen, si l'on désire que, en même temps, l'arbre continue à pousser et fructifier normalement. Le rôle de la sève est prédominant pour la mise à fruits.

Soutien et palissage des formes jardinées

Les arbres fruitiers à forme palissée ont tous besoin d'un support assez conséquent pour les maintenir. Il peut s'agir d'une structure métallique souvent soutenue par de solides poteaux et des fils horizontaux. Pour palisser et lier les branches d'un fruitier dans une direction déterminée, contre un support, on utilise des matériaux assez rigides pour garantir un beau résultat bien droit et esthétique. Lorsque l'arbre est en feuilles et fruits, il forme un mur avec une prise au vent assez conséquente. Les palmettes U double ou U simple seront arrimées à des lattes de bois ou des tuteurs, eux-mêmes maintenus verticalement sur des fils de fer horizontaux.

Il est crucial de maintenir une symétrie constante pour les arbres palissés afin que la végétation soit équilibrée et la production de fruits régulièrement répartie sur l'ensemble des branches. Il faut savoir que plus une branche est haute dans l'arbre et à la verticale, plus sa pousse sera longue. Couper une jeune branche fera démarrer le ou les deux bourgeons situés juste en dessous de la coupe. Les arbres palissés reprennent facilement et ne demandent pas de taille sévère à la plantation. Il suffira de pratiquer une « taille de renforcement » qui permettra le départ et le développement d'un prolongement vigoureux. Durant 2 ou 3 ans, vous réduirez annuellement les branches de vos arbres de la façon suivante : plus la pousse est verticale, plus vous la taillerez court.

Exemple de structure de palissage

Importance de l'équilibre et de la vigueur

Le but de la formation des arbres fruitiers est d'obtenir des charpentières de même diamètre et de même vigueur pour avoir un bel arbre, bien équilibré. La sève descendante (élaborée) est gorgée de sucre. Elle participe à la fois à élaborer les fruits et à nourrir l'arbre. Afin d'obtenir des charpentières solides et rigides, leurs allongements durant la formation doivent se faire de façon modérée, pour que leur section puisse augmenter. Les allongements trop rapides donnent des branches plus fragiles et avec moins de coursonnes ou de rameaux. En plus d'être solide, la charpente doit être équilibrée, c'est-à-dire répartie dans l'espace de façon homogène et symétrique, ce qui permet à la sève de circuler de la même manière dans toutes les directions. Le but étant d'avoir des charpentières avec le même diamètre, pour réaliser une forme fruitière bien équilibrée et esthétique.

Si une ou plusieurs charpentières ont plus de vigueur que d'autres, on peut y remédier en laissant plus de fruits sur les branches les plus vigoureuses, ce qui va enlever plus de sève et permettre aux autres de rattraper le retard. La première année, on ne laisse jamais de fruits pour favoriser une bonne reprise de l'arbre. Si l'on constate que l'arbre a fait des pousses de 50 cm minimum, alors on pourra laisser 1 à 5 fruits, suivant la grandeur et la vigueur de chaque branche.

Outils et astuces du professionnel

Des outils de qualité professionnelle sont indispensables pour un résultat impeccable. Le coupe-lien Handy, par exemple, permet de gagner énormément de temps pour couper tous les liens, y compris les scoubidous. Cela offre une grande liberté de mouvement pour lier ou attacher les branches. Des liens souples, avec une durée de vie de 4 à 5 ans, sont idéaux pour attacher les plants de tomates, fleurs, arbres fruitiers et palmettes en formation, sans risquer d'étranglement ou de blessure par frottement. Le scoubidou, une gaine réutilisable pendant plusieurs années, est également indispensable pour la formation des arbres fruitiers, des palmettes et des espaliers grâce à son élasticité et sa résistance. Le mastic de cicatrisation et de greffage, tel que le Lac Balsam Etisso, est également un allié précieux.

Si vous achetez un scion d'un an, il peut y avoir de grosses branches qui ne sont pas faciles à arquer pour donner la forme souhaitée. Il est parfois nécessaire de fabriquer d'abord les armatures avant de pouvoir lier les branches. Il faut le faire quand l'arbre est en sève, car les branches deviennent un peu plus souples. Sans cette opération de sécurisation, la branche risque de casser. Ensuite, on peut lier l'autre branche, sans forcer et avec douceur. C'est la façon la plus simple de former votre espalier ou votre palmette, car le bois est bien tendre et se laisse former comme on veut.

Au printemps, si un œil ne démarre pas ou si une jeune pousse vient de casser et était indispensable pour réaliser votre forme, il suffit alors de greffer en coulée ou en écusson, pour une reprise quasiment assurée, à condition d'avoir des greffons ou de pouvoir en prélever sur un arbre en début de végétation.

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