L'Acquisition et la Gestion des Concessions Funéraires par un Tuteur : Informations Essentielles

L'organisation des funérailles et la gestion du patrimoine funéraire constituent des démarches empreintes de sensibilité et de complexité juridique. Au cœur de ces préoccupations se trouve la concession funéraire, un élément fondamental de la planification des obsèques. Cet article explore en profondeur ce qu'est une concession, qui peut l'acquérir, ses différentes formes, ses durées, ainsi que les implications de son acquisition et de sa gestion, notamment dans le contexte particulier d'une personne placée sous tutelle.

Qu'est-ce qu'une Concession Funéraire ?

Une concession funéraire représente, dans le paysage des cimetières, un emplacement spécifique et délimité. Il peut s'agir d'un espace destiné à l'inhumation de corps, prenant la forme d'un caveau ou d'une tombe, ou bien d'un logement au sein d'un columbarium, accueillant alors les urnes contenant les cendres des personnes ayant fait l'objet d'une incinération. Il est essentiel de comprendre que la concession n’est pas un droit de propriété sur une parcelle du terrain communal, mais plutôt un droit d’usage et de jouissance. La commune, propriétaire du terrain, concède cet espace à une personne qui désire y établir sa propre sépulture et/ou celles d’autres individus. Cette mise à disposition s'effectue moyennant le versement d'une somme d'argent, comme le stipulent les articles L.2223-13 à 18 du Code général des collectivités territoriales (CGCT).

La commune a également la capacité de concéder des emplacements spécialement conçus pour le dépôt ou l’inhumation des urnes cinéraires dans l'enceinte de ses cimetières. Un contrat est signé avec la commune, et cet accord, dénommé acte de concession, détaille précisément les bénéficiaires de cet emplacement ainsi que la durée pour laquelle il est accordé. Juridiquement, cette concession peut être qualifiée de contrat d’occupation du domaine public ou de droit de jouissance et d’usage assorti d’une affectation spéciale.

Plan détaillé d'un cimetière avec différentes concessions

Qui peut Acquérir une Concession dans une Commune ?

L'acquisition d'une concession funéraire est encadrée par des dispositions légales précises, notamment l'article L. 2223-3 du Code général des collectivités territoriales. Ce texte identifie les catégories de personnes pour lesquelles la sépulture dans un cimetière d’une commune est due de plein droit. Il s'agit des personnes décédées sur le territoire de la commune, quel que soit leur domicile au moment du décès. Sont également concernées les personnes domiciliées sur le territoire communal, même si leur décès est survenu dans une autre commune. Enfin, les individus non domiciliés dans la commune mais qui peuvent faire valoir un droit à une sépulture de famille, comme une concession familiale ou collective déjà existante, ont aussi ce droit.

De plus, les citoyens français établis hors de France, qui ne disposent pas d'une sépulture de famille au sein de la commune mais qui sont inscrits sur ses listes électorales, bénéficient également d'un droit à l'inhumation. Il est important de noter que même si l'on ne remplit pas ces conditions de plein droit, il est toujours possible de solliciter une concession auprès de la commune. Cependant, le maire peut refuser une telle demande, par exemple en raison d'un manque de places disponibles dans le cimetière. Avant de déposer une demande, il est utile de consulter le règlement intérieur du cimetière pour s'informer sur les conditions spécifiques et les disponibilités. La concession peut être souscrite par une ou plusieurs personnes, désignées comme le concessionnaire ou les titulaires, et elle peut bénéficier à une ou plusieurs personnes, appelées bénéficiaires, ayants droit ou héritiers. Seul le concessionnaire initial est habilité à décider des personnes qui pourront être inhumées dans la concession.

Les Différents Types de Concessions Funéraires

Les communes offrent généralement trois principaux types de concessions funéraires, chacun répondant à des besoins distincts et présentant des modalités d'usage spécifiques.

La Concession Individuelle

La concession individuelle est strictement réservée à la personne qui l’a acquise. Elle est conçue pour accueillir la sépulture d'un unique individu et offre un espace dédié exclusivement à cette personne. Elle peut se matérialiser sous la forme d'une inhumation en pleine terre ou d'un caveau, sur lequel une stèle peut être érigée pour rendre hommage au défunt. Ce type de concession permet à l'acquéreur de prévoir son propre lieu de repos final de manière autonome.

La Concession Collective

La concession collective est destinée à accueillir un certain nombre de défunts désignés dans l’acte de concession funéraire. Ces personnes peuvent être de la famille du titulaire ou non. Une particularité importante est que si le titulaire a la faculté de modifier la liste des bénéficiaires de son vivant, aucune personne ne peut être ajoutée au contrat après son décès. Ce type de concession ne propose pas nécessairement des sépultures individuelles au sens strict, mais peut être utilisée pour la dispersion des cendres ou pour des inhumations de manière collective. Une plaque commémorative peut être érigée pour honorer l'ensemble des défunts inhumés dans cet espace.

La Concession Familiale

La concession familiale est spécifiquement réservée à son titulaire initial et aux membres de sa famille. Cette notion de "famille" est entendue dans un sens large, pouvant inclure le conjoint, les ascendants, les descendants et les alliés. Dans certains cas, elle peut même s'étendre aux personnes avec lesquelles le titulaire a des liens d'affection étroits, comme les concubins ou les enfants d'un premier mariage du nouveau conjoint. L'objectif est de permettre aux membres d'une même lignée d'être inhumés les uns à côté des autres, favorisant ainsi le regroupement familial post-mortem. Une stèle familiale peut alors être érigée pour commémorer tous les défunts de la famille. Les conjoints peuvent être cofondateurs d'une concession funéraire. Dans ce cas, les époux cotitulaires sont en indivision sur la concession, qui ne peut pas être partagée. Néanmoins, l'un des époux peut renoncer à son droit d'y être inhumé. À défaut de cotitularité, l’époux non fondateur dispose malgré tout, en tant qu'époux, d'un droit individuel à y être inhumé, droit qui se perd par le divorce.

Infographie illustrant les différents types de concessions : individuelle, collective, familiale

La Durée d'une Concession Funéraire

La durée d'une concession funéraire est un aspect contractuel fondamental, déterminant la période pendant laquelle l'emplacement est mis à disposition du concessionnaire. Les communes ont la possibilité d'instituer quatre durées principales de concession, offrant ainsi une flexibilité selon les souhaits des familles et la disponibilité des terrains.

On distingue ainsi :

  • Des concessions temporaires, dont la durée est généralement comprise entre 5 et 15 ans. Leur validité est déterminée précisément dans l'acte de concession.
  • Des concessions trentenaires, accordées pour une période de 30 ans.
  • Des concessions cinquantenaires, dont la validité s'étend sur 50 ans.
  • Des concessions perpétuelles, qui, comme leur nom l'indique, sont de durée illimitée, à condition qu'elles soient entretenues et qu’il subsiste des héritiers pour en assurer la pérennité.

La durée d'une concession funéraire débute à la date de son acquisition. La concession appartient initialement au titulaire ou aux co-titulaires. Après le décès de la personne titulaire de la concession, celle-ci est transmise à ses héritiers, en indivision. Il est possible de demander le renouvellement d'une concession si l'on est héritier. Dans ce cas, la demande de renouvellement doit être effectuée auprès de la mairie dont dépend le cimetière, dans les deux ans suivant l'échéance de la concession. Une concession peut également être convertie en une concession de plus longue durée, par exemple, une concession trentenaire en une concession cinquantenaire. Pour cela, il convient de s’adresser directement à la mairie qui a accordé la concession. Il appartient cependant au conseil municipal de choisir les durées de concession qu’il souhaite octroyer, en tenant compte notamment de la place disponible dans le cimetière de la commune.

Le Coût et les Modalités Financières d'une Concession

Le prix d'une concession funéraire est fixé librement par le conseil municipal de chaque commune et peut varier considérablement d'une localité à l'autre. Ce coût peut également fluctuer en fonction de l'emplacement spécifique de la concession au sein du cimetière, sa superficie, et le nombre d'inhumations possibles. Les concessions sont accordées moyennant le versement d'un capital dont le montant est défini par le conseil municipal, conformément à l'article L 2223-15 du CGCT.

En outre, certaines communes peuvent prévoir le paiement d’une "taxe" de superposition des corps à chaque inhumation. Il est important de préciser qu'il ne s'agit pas réellement d'une taxe, mais plutôt d'une modalité du prix de la concession, qui doit être explicitement stipulée dans le règlement municipal. Le tarif applicable est celui en vigueur au jour de la signature du contrat de concession. En cas de renouvellement, une nouvelle redevance est due, calculée au tarif en vigueur au moment du renouvellement, comme le précise l'article L2223-15, al. 2 du CGCT. Si une concession est convertie en une concession de plus longue durée, une somme équivalente à la valeur de la concession convertie, ajustée au temps restant à courir jusqu'à son expiration, est défalquée du prix de conversion (art. L2223-16 du CGCT).

Représentation graphique de l'évolution des prix des concessions funéraires

L'Achat d'une Concession Funéraire de son Vivant : Avantages et Procédure

L'acquisition d'une concession funéraire de son vivant est une démarche de prévoyance qui présente des avantages significatifs, tant pour l'individu que pour ses proches.

Pourquoi envisager l'achat d'une concession de son vivant ?

L'achat d'une concession anticipé permet de soulager la famille endeuillée d'un poids émotionnel et organisationnel considérable. Lorsque survient un décès, la planification des funérailles peut se révéler accablante pour les proches. En organisant ses obsèques de son vivant, et notamment en achetant une concession, la personne concernée permet à ses héritiers de ne pas avoir à supporter ces coûts à un moment déjà difficile. Cela signifie que les fonds nécessaires pour l'acquisition de la concession et d'autres dépenses liées aux funérailles sont mis de côté de manière prévoyante.

De plus, en achetant une concession de son vivant, l'individu a la possibilité de définir précisément ses propres souhaits et de s'assurer que ses obsèques se dérouleront conformément à ses désirs. Ceci inclut le choix de l'emplacement dans le cimetière, le type de sépulture, les cérémonies, qu'elles soient religieuses ou civiles, et d'autres détails importants. Cette planification anticipée réduit également le risque de désaccords familiaux, puisque les décisions ont déjà été prises, évitant ainsi des tensions inutiles au moment du décès.

Processus administratif et choix de l'emplacement

Pour acheter une concession funéraire, il est nécessaire d'en faire la demande auprès de la mairie dont dépend le cimetière souhaité. Le refus de la commune doit impérativement être motivé. En cas d'accord, un acte de concession sera rédigé, prenant la forme d'un arrêté municipal ou d'un contrat. Avant d'entamer ce processus, il est recommandé de se renseigner sur les cimetières disponibles dans la région, leurs règlements spécifiques et les types de concessions qu'ils proposent.

Une fois le type de concession choisi (individuelle, familiale ou collective), il est crucial de lire attentivement toutes les clauses du contrat avant de le signer. Après le paiement, un document attestant de l'acquisition est remis et doit être conservé soigneusement. Lors du choix de l'emplacement, il convient de discuter avec les responsables du cimetière pour déterminer l'endroit exact de la concession. Si l'on souhaite ériger une stèle ou une plaque commémorative, il est important de se renseigner sur les règles et options disponibles. Il est essentiel que toutes les spécifications concernant l'emplacement, les caractéristiques de la concession et les arrangements de commémoration soient clairement mentionnées dans le contrat d'achat. La demande de concession dans un cimetière n’a pas besoin d’être liée au lieu du décès de la personne.

Reprise des concessions funéraires : à l'état d'abandon constant (2/3)

Gestion et Transmission des Concessions Funéraires

Une fois acquise, la concession funéraire entre dans un cycle de vie qui implique son entretien, son renouvellement et, éventuellement, sa transmission.

Comment renouveler une concession funéraire ?

Le renouvellement de la concession funéraire est un droit pour le concessionnaire ou ses ayants droit. Le concessionnaire dispose d’un délai de deux ans après l’échéance du contrat pour effectuer le renouvellement de sa concession. Ce renouvellement est possible soit pour la même durée, soit pour une durée plus longue, conformément à l'article L.2223-15 du CGCT. Il s’opère par le paiement du prix de la concession. Son titulaire voit alors ses droits prolongés pour la nouvelle période. À défaut de paiement de la nouvelle redevance, la concession ne peut être reprise par la mairie qu'après l'expiration de ce délai de deux années révolues suivant la fin de la période fixée par le contrat de concession (art. L2223-15, al. 3 et 4 du CGCT).

Comment transmettre une concession ?

Bien que considérée comme hors du commerce juridique, la concession funéraire peut néanmoins se transmettre. Cette transmission peut s'opérer à titre gratuit par donation ou par legs testamentaire.

Donner une concession

Seul le fondateur de la concession (à l'exclusion de ses ayants droit) est habilité à la donner. L’acte de donation doit impérativement être réalisé par acte authentique, c'est-à-dire devant notaire, selon l'article 931 du Code civil. Le bénéficiaire de cette donation devra ensuite solliciter auprès du maire la rédaction d'un nouvel acte de concession, en présentant l'acte notarié de donation.

La jurisprudence judiciaire distingue deux cas de figure :

  • Lorsqu’aucune inhumation n’a eu lieu dans la concession : Le titulaire peut la donner à un membre de sa famille ou même à un tiers (Civ. 1re, 23 octobre 1968).
  • Lorsqu’une inhumation a déjà eu lieu : Le titulaire ne peut la donner qu’à un héritier par le sang (Civ. 1re, 6 mars 1973).

Cependant, il est important de noter que le juge administratif s’est parfois opposé à la transmission du vivant d'une concession funéraire. Il est donc primordial de se renseigner auprès du maire de la commune pour savoir si celui-ci s’opposera à la donation envisagée.

La transmission par succession

En l'absence de dispositions testamentaires spécifiques, la concession est transmise aux héritiers du défunt, puis aux héritiers des héritiers, créant ainsi une indivision perpétuelle. La concession funéraire n’entre pas dans le cadre du partage successoral traditionnel. Lorsqu’un concessionnaire décède, la concession est généralement transmise à ses successeurs. Cette transmission se fait en indivision, ce qui signifie que tous les héritiers deviennent conjointement propriétaires de la concession. Cette situation peut parfois générer des litiges, notamment en cas de désaccord sur l'entretien de la sépulture ou sur l'inhumation d'un nouveau défunt.

Il est possible que le concessionnaire ait prévu la transmission de la concession dans son testament. Dans ce cas, c'est le bénéficiaire désigné dans le testament qui en devient propriétaire. Cependant, la transmission d’une concession funéraire est soumise à un régime successoral spécifique. En l’absence d’héritier, la gestion de la concession peut s’avérer délicate. En théorie, la concession revient à la commune qui l’a octroyée. Cette dernière peut alors déclarer la concession en état d’abandon après une période d’inactivité définie par la réglementation locale. Toutefois, avant de procéder à la reprise, la commune a l'obligation de vérifier l'absence d'ayants droit potentiels, souvent par un appel public.

L'Entretien des Concessions et la Procédure de Reprise

Le titulaire d'une concession funéraire a non seulement des droits mais aussi des obligations, notamment celle d'entretenir la sépulture. L'entretien des tombes des défunts est perçu comme un devoir moral, mais il constitue également une obligation réglementaire.

Le rôle du propriétaire d'une concession

Le rôle du propriétaire d’une concession, également appelé concessionnaire, est multiple. Premièrement, il est directement responsable de l’entretien de la tombe. Il doit s'assurer que celle-ci ne se trouve pas en état d'abandon et veiller à ce qu'elle demeure en bon état, respectant ainsi le règlement intérieur du cimetière en matière d'esthétique et de décence (éviter les aspects indécents ou délabrés). Deuxièmement, le propriétaire détient un droit exclusif d’inhumation dans la concession. Cela implique qu'il est le seul à décider qui aura le droit d'y être inhumé. Enfin, le concessionnaire a l’obligation de communiquer ses changements d’adresses successives à la mairie, afin de faciliter la communication en cas de nécessité. Le respect de ces obligations est crucial pour maintenir les droits sur la concession.

Procédure de reprise d'une concession en état d'abandon

En cas de dégradation d'une concession (aspect indécent ou délabré), la commune est en droit de constater son état d'abandon et d'engager une procédure de reprise. Cette procédure est possible lorsque plusieurs conditions sont remplies :

  • La concession doit avoir été accordée depuis plus de 30 ans.
  • La dernière inhumation doit remonter à au moins 10 ans.
  • L’état d’abandon doit être formellement constaté.

L’état d’abandon est attesté par un procès-verbal dressé sur place par le maire ou son délégué. La famille ou la personne chargée de l'entretien de la concession doit être informée de ce procès-verbal. Un délai d'attente d'un an à partir du constat d'abandon doit être respecté. Si une personne "Morte pour la France" est inhumée dans la concession, un délai minimal de 50 ans doit être observé à compter de son inhumation avant toute procédure de reprise. L'article R. 2223-17 du Code général des collectivités territoriales prévoit que les concessions funéraires de plus de 30 ans laissées à l'abandon (10 ans après la dernière inhumation) peuvent être reprises par les mairies après avis favorable du conseil municipal. Le maire prend alors un arrêté de reprise de la concession. Trente jours après la publication et la notification aux héritiers, la mairie peut reprendre la concession (art. L2223-17 du CGCT).

En cas de reprise, les restes sont exhumés puis réinhumés ou incinérés et placés dans l’ossuaire de la commune ou, à défaut, dans celui d'une commune proche (art. L2223-18 du CGCT).

Photo d'une concession en état d'abandon avec végétation envahissante

Le Rôle du Tuteur dans l'Acquisition ou la Gestion d'une Concession Funéraire

La question de l'achat ou de la gestion d'une concession funéraire par un tuteur pour une personne protégée (sous tutelle) est particulière et exige une compréhension fine des prérogatives du tuteur et des principes régissant la protection juridique des majeurs.

Cadre général de la tutelle

La tutelle est une mesure de protection judiciaire destinée à protéger une personne majeure et/ou son patrimoine si elle n'est plus en état de pourvoir seule à ses intérêts en raison d'une altération de ses facultés mentales ou physiques. Le tuteur, désigné par le juge des tutelles, représente la personne protégée dans tous les actes de la vie civile, ou l'assiste. Les actes que le tuteur peut accomplir sont classés en actes d'administration (gestion courante) et actes de disposition (qui engagent le patrimoine de manière durable ou importante). L'acquisition d'une concession funéraire est généralement considérée comme un acte de disposition.

L'acquisition d'une concession funéraire par un tuteur pour la personne protégée

L'achat d'une concession funéraire au nom et pour le compte de la personne protégée, de son vivant, relève d'une décision qui doit être prise dans l'intérêt supérieur de cette dernière. Un tel acte, étant un acte de disposition engageant le patrimoine de la personne protégée sur le long terme, requiert généralement l'autorisation préalable du juge des tutelles ou, le cas échéant, du conseil de famille s'il a été constitué.

Le tuteur devrait justifier cette acquisition par des motifs clairs :

  • Volonté antérieure de la personne protégée : Si la personne protégée avait exprimé des souhaits clairs concernant ses funérailles ou l'acquisition d'une concession avant d'être placée sous tutelle, le tuteur peut chercher à respecter ces volontés. La volonté du défunt peut se déduire de déclarations faites devant sa famille ou même d’un achat de concession funéraire et de l’édification d’un caveau et d’un monument avant l'incapacité.
  • Intérêt familial : L'acquisition d'une concession familiale existante ou d'une nouvelle concession pour y regrouper les sépultures familiales peut être considérée comme étant dans l'intérêt moral et affectif de la personne protégée.
  • Optimisation patrimoniale : Dans certains cas, l'acquisition pourrait s'inscrire dans une planification successorale ou patrimoniale globale, toujours sous contrôle du juge.

Le tuteur ne pourrait pas agir de sa propre initiative pour un tel achat sans une validation judiciaire, qui s'assurerait que l'acte est justifié et proportionné aux ressources de la personne protégée. Le juge pourrait par exemple refuser si l'achat représentait une charge financière excessive ou si aucune raison valable n'était avancée.

Le tuteur face à une concession funéraire existante

Si la personne protégée est déjà titulaire d'une concession funéraire au moment de l'ouverture de la mesure de tutelle, le tuteur a pour mission de la gérer. Cela inclut :

  • L'entretien de la sépulture : Le tuteur doit veiller à ce que la concession soit entretenue conformément aux obligations du concessionnaire et au règlement du cimetière. Les frais d'entretien seraient alors prélevés sur les revenus ou le patrimoine de la personne protégée.
  • Le renouvellement de la concession : Si la concession arrive à échéance, le tuteur devra évaluer s'il est dans l'intérêt de la personne protégée de la renouveler. Une telle décision, impliquant des frais et un engagement à long terme, pourrait également nécessiter l'autorisation du juge des tutelles, surtout si les fonds nécessaires sont importants.

Le tuteur et les formalités funéraires après le décès de la personne protégée

Il est crucial de distinguer l'acquisition ou la gestion d'une concession pendant la vie de la personne protégée des démarches post-décès. L'article 443 du Code civil dispose que la mesure de tutelle prend fin avec le décès de l’intéressé. Par conséquent, le tuteur n’a pas pour mission d'engager les formalités funéraires après le décès de la personne protégée. Cette mission est en principe dévolue à la famille du défunt.

La détermination de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles peut parfois être complexe. Lorsque le défunt n’a laissé ni écrit ni possibilité de reconstituer ses vœux, il appartient de déterminer quelle sera la personne la plus apte à exprimer ses dernières volontés. L’Instruction Générale Relative à l’État Civil (IGREC) de 1999 rappelle que, "Lorsque aucun écrit n’est laissé par le défunt, ce sont les membres de la famille qui sont présumés être chargés de pourvoir aux funérailles." En cas de conflit familial ou amical, le juge judiciaire est compétent pour trancher ces litiges, et peut même, dans des circonstances exceptionnelles, désigner une personne étrangère à la famille.

Obligations du tuteur et limites

Le tuteur agit sous le contrôle du juge des tutelles. Toute action concernant l'acquisition ou la gestion d'une concession pour la personne protégée doit être conforme à la loi et surtout à l'intérêt de la personne. Le non-respect de ces règles pourrait engager la responsabilité du tuteur. Il est donc impératif pour un tuteur d'obtenir les autorisations nécessaires avant d'engager des dépenses importantes ou des actes de disposition concernant une concession funéraire.

Schéma illustrant les étapes et autorisations requises pour un tuteur

Aspects Juridiques et Contractuels Approfondis

La concession funéraire, au-delà de son aspect pratique, s'inscrit dans un cadre juridique et contractuel rigoureux. Comprendre ces aspects est essentiel pour toute personne impliquée dans son acquisition ou sa gestion.

Durée de la concession : rappel et implications

La durée de la concession est un élément central du contrat d'achat. Elle détermine la période de validité du droit d'usage sur l'emplacement. En France, la durée moyenne est de 30 ans, mais des périodes plus courtes (temporaires, entre 5 et 15 ans) ou plus longues (cinquantenaires, perpétuelles) peuvent être disponibles, selon les réglementations locales et les politiques du cimetière. À la fin de la durée convenue, la concession peut être renouvelée, sous réserve des règles spécifiques du cimetière et du paiement des redevances en vigueur.

Renouvellement et reprise : les mécanismes légaux

Le renouvellement d'une concession est une démarche cruciale pour maintenir le droit d'utilisation de l'emplacement. Généralement, il est possible de renouveler une concession avant son expiration, assurant ainsi la conservation de la sépulture pour une période supplémentaire. Le non-renouvellement d'une concession, dans le délai imparti de deux ans après son échéance, peut entraîner la reprise de l'emplacement par le cimetière.

En cas de reprise par la commune, les restes ou l'urne funéraire peuvent être exhumés et déplacés vers un autre emplacement ou vers un ossuaire commun, conformément aux règles établies par la municipalité et la législation en vigueur. Ce processus est strictement encadré et ne peut intervenir qu'après avoir respecté des délais et des procédures de notification aux ayants droit.

Résiliation et revente : conditions spécifiques

La résiliation et la revente d'une concession funéraire sont des opérations moins courantes et sont soumises à des conditions très strictes et variables selon les cimetières et la jurisprudence. La résiliation peut être envisagée si les conditions contractuelles ne sont pas respectées par le concessionnaire. Quant à la revente, elle peut être envisagée si le titulaire ne souhaite plus utiliser la concession, mais elle est très encadrée et souvent limitée. Le principe est que la concession est un droit d'usage personnel ou familial, et non un bien transmissible comme une propriété immobilière classique. Retrocéder une concession à la commune est souvent la seule option si le titulaire ne souhaite plus la conserver.

Il est important de se rappeler que la concession n’est pas un droit de propriété sur le terrain lui-même, mais un droit d’usage. C'est un simple droit d'usage, et le terrain concédé demeure la propriété communale. Ces éléments soulignent la nécessité de bien s'informer auprès des services municipaux pour toute question relative à l'acquisition, la gestion, le renouvellement ou la transmission d'une concession funéraire.

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