Le choix d’une forme d’arbre fruitier dépend essentiellement, pour le jardinier amateur, de la place dont il dispose et de son savoir-faire. Les arbres fruitiers ne sont pas tous conduits de la même façon. On parle de haute-tige, demi-tige ou de basse tige, de gobelet, quenouille ou d’espalier, de cordon ou de palmette, de haie fruitière,… autant de dénominations qui définissent la forme de l’arbre fruitier.

Les principes fondamentaux de la structure et de la taille
L’arbre fruitier est un être vivant complexe. Afin de réaliser des gestes pertinents et précis, il est important de comprendre les règles physiologiques qui le régissent. Il existe une grande diversité dans les types de taille pratiquées en fonction de l’arbre, de son âge, de la région et même parfois de l’héritage culturel local. D’une manière générale, l'objectif final de la taille en arboriculture fruitière est l'obtention d'une production abondante et de bonne qualité. En effet, un développement clair et cohérent de la couronne augmente la productivité et la durée de vie des arbres, la qualité des fruits et facilite la récolte.
Arquer les charpentières pour garantir une bonne structure de départ et pour réaliser votre forme fruitière choisie (L’arbre ne pousse pas toujours comme on le voudrait). C’est pour cela qu’il faut faire une bonne formation initiale de votre arbre. C’est avec les tailles et les arcures qu’on arrive à faire une bonne formation des fruitiers, dans les règles de l’art. Pour un jeune arbre, il faut projeter la taille de l'arbre à l'âge adulte en fonction de sa vigueur, de son emplacement (bâtis à proximité, ombre, etc.) et de son port, afin d’ajuster au mieux les coupes à effectuer.
Les arbres de grand développement : Haute-tige et Plein vent
Les arbres fruitiers haute-tige, souvent appelée tige, sont les formes les plus grandes et les plus encombrantes pour les arbres de plein vent : un tronc, dépourvu de branches, de 1,80 à 2 mètres de haut et une couronne arrondie de largeur conséquente, pouvant atteindre 10 à 15 mètres. L’arbre vit longtemps, produit beaucoup, et la ramure ne gêne pas le passage ou la tonte mécanique ou écologique.
Une taille annuelle n’est pas nécessaire pour obtenir une récolte : la fructification intervient naturellement. Il faut attendre au moins 5 ans avant d’obtenir les premiers fruits. Mais l’inconvénient majeur vient de la hauteur de l’arbre : comptez 8 mètres pour un pommier, 10 à 15 m pour un poirier ou un cerisier. Tout dépend des espèces fruitières et des porte-greffes utilisés. Les pleins vents occupent une surface de 25 à 60 m² (canopée). Leur tronc mesure de 0,80 à 2 m de hauteur et l’arbre peut atteindre 15 m de hauteur.
3.2 La taille de formation, 2ème partie : les parties principales d'un arbre fruitier haute tige
Les formes intermédiaires : Demi-tiges et Gobelets
Les demi-tiges et les hautes-tiges se ressemblent en termes de forme, mais les arbres fruitiers en demi-tiges ont un tronc plus petit : de 1 à 1,5 m environ. Leur couronne mesure entre 10 et 15 m de diamètre et leur hauteur n’excède guère 4 à 6 m à l’âge adulte. C’est la plus petite version des arbres fruitiers qui ne nécessite pas de tuteurage à l’âge adulte. La production de fruits est moins importante, mais ils peuvent se cueillir plus facilement que sur la haute-tige avec un escabeau.
Le gobelet peut atteindre une hauteur de 2 à 4 mètres. Ces arbres ont une tige d’environ 1m20. Ce sont des arbres robustes qui donnent beaucoup de fruits quand ils sont taillés chaque année. Les fuseaux et quenouilles ont un tronc court (0,50 m maximum) avec des branches charpentières partant dans toutes les directions. Il faut prévoir un espace de 9 m² environ pour 3 à 5 m de hauteur.
Les formes palissées et haies fruitières
En horticulture, l’espalier est le nom d’une forme d’arbre, le plus souvent fruitier, obtenue par une technique de taille permettant d’avoir un arbre à forme plate. La technique était populaire au Moyen-âge en Europe pour décorer les murs, mais son origine est plus ancienne. Les formes palissées en haie fruitière permettent un superbe gain de place. Dans ce cas, les arbres sont plantés au sein d’un enclos, le long d’un mur, contre la façade d’une maison ou encore en contre-espalier, palissés sur des lattes et des fils.
La haie fruitière est idéale pour les petits jardins et elle a une mise à fruits plus rapide que les autres formes. La production de fruits est moins importante, mais ils peuvent se cueillir plus facilement que sur la demi-tige, presque sans escabeau. La haie fruitière est un excellent pare-vue qui délimite bien un jardin et elle est facile d’entretien, et de cueillette car la hauteur est limitée. Une haie fruitière plantée dans les vergers d’amateurs et les vergers professionnels a pour obligation de faire un palissage. Il est absolument nécessaire de tendre des fils, pour les porte-greffes de faible vigueur.
Les variantes spécifiques : Cordons et Palmettes
Les arbres fruitiers en cordon simple ont un tronc vertical de 60 à 80 cm de hauteur, qui se prolonge par un bras. Celle-ci porte le nom de « branche charpentière », quasiment à angle droit, se poursuivant à l’horizontale, sur 1,5 m environ. La fructification des fruitiers à cordon simple est relativement rapide, les fruits apparaissant généralement deux ans après la plantation.
Comme son nom le laisse entendre, le U simple consiste à faire pousser, à partir d’un même tronc, deux branches parallèles. Cette forme est largement répandue sur les pommiers et les poiriers. D’une façon générale, les arbres fruitiers palissés en U double se séparent une fois de plus par rapport à la forme précédente. On obtient alors deux U côte à côte, les branches verticales étant séparées de 30 cm environ. Elles peuvent s’allonger jusqu’à 3 m de haut. Productive, cette forme permet d’obtenir de 15 à 20 kg de fruits chaque année.
À la fois originale et élégante, la forme en palmette Verrier convient à bon nombre de fruitiers dont les nashis, les kakis, les abricotiers. L’un des avantages de la forme en palmette Verrier est la facilité avec laquelle le soleil pénètre au cœur de l’arbre, assurant ainsi une fructification abondante.

Les arbres fruitiers nains : Adaptabilité aux petits espaces
Vous pouvez planter des arbres fruitiers nains, en pleine terre ou en pot. Il s'agit d'arbres de petite taille, qui donnent des fruits semblables à ceux que produisent les arbres traditionnels, tant visuellement que gustativement. Leur hauteur maximale oscille souvent entre 1 mètre et 1,50 mètre selon les variétés. Généralement, leur tronc fait une cinquantaine de centimètres de long et s'apparente à une tige relativement fine.
En pot ou en bac, vous devrez vous procurer des contenants de grande capacité, d'au moins 25 litres (40 à 50 centimètres de diamètre). Comme pour toute plantation en pot, placez tout d'abord une couche de drainage, qui évitera aux racines de pourrir, puis ajoutez du terreau, sans lésiner sur la qualité. Si vous en avez la possibilité, utilisez un mélange de terreau et compost, respectivement 50 % et 30 %, et de perlite ou autre matériau drainant pour les 20 % restants.
Importance du porte-greffe et choix des variétés
En fonction du porte-greffe, les arbres fruitiers seront de taille différente. Soyez donc vigilant dans le choix du porte-greffe afin que la croissance de l'arbre et son ampleur soient adaptées à votre jardin. L’adaptation de la variété au territoire et aux conditions pédoclimatiques locales est un élément indispensable pour faire face aux changements climatiques, au manque d’eau et aux parasites. Pour cela le choix du porte-greffe sera déterminant.
Au moment de l’achat des arbres fruitiers, il faut également anticiper leur taille définitive 10 à 15 ans plus tard. Il est donc important d’établir un plan de son jardin et de l’environnement autour, avant de choisir le type de forme fruitière adaptée à l’emplacement. Le scion est la forme la plus jeune de l’arbre fruitier. Cet arbre a été greffé depuis un an et a connu sa première année de croissance et de ramification. Cette forme est souvent utilisée dans les petits jardins ou pour créer une haie de fruitiers.

Réglementations et bonnes pratiques de plantation
Certaines réglementations sont également à prendre en compte notamment en milieu urbain ou semi-urbain. L’article 671 du Code civil prévoit une distance d’au moins 2 mètres de la limite séparative pour les plantations destinées à dépasser 2 mètres de hauteur. La distance est de 0,50 mètre pour les autres plantations. Notons qu’il est possible de planter des arbres, arbustes et arbrisseaux en espaliers le long des murs séparatifs, sans avoir à respecter une distance minimale. Mais, ils ne doivent pas dépasser le sommet du mur.
Le trou de plantation doit être large et profond d’au moins 0,80 m, si possible 1 mètre. Vous pouvez le préparer plusieurs mois à l’avance. Le tuteur doit être enfoncé au fond du trou avant l’ajout des éléments nutritifs et de la plantation. Comblez partiellement le fond du trou avec un mélange de fumier, compost, un peu de corne broyée, drainage. Si vous plantez un fruitier à racines nues, recoupez les racines pour enlever la partie séchée. Pralinez les racines en les plongeant dans une boue organique.
Entretien et taille d'entretien
Il est fondamental de tailler par temps sec et il est tout aussi important de vérifier que la météo des prochains jours est compatible avec une taille. En effet, il faut éviter que les arbres soient confrontés à des précipitations ou du gel après une taille, car les plaies dues aux coupes sont autant de portes d’entrées potentielles pour les maladies. Utiliser des outils désinfectés à la flamme ou à l’alcool pour éviter toute transmission de maladies (feu bactérien, chancres).
Toujours commencer par l’axe de l’arbre et ensuite, les charpentières les unes après les autres. Débuter la taille par le haut de l’arbre et descendre le long des éléments de la structure primaire. Éliminer le bois mort, les gourmands, les branches mal placées. De trop : les pousses placées à l’intérieur de la couronne et ne permettant pas le passage de la lumière et de l’air doivent être supprimées à la base. Trop vieux : le vieux bois ne donne pas une qualité de fruit excellente et risque de casser car il devient plus fragile. Remarque : la taille de restauration met en pratique les mêmes principes de taille que pour l’entretien, à la différence près que les interventions deviennent de plus sévères avec l’âge grandissant de l’arbre.