Le monde de la céramique est vaste et offre une infinité de possibilités créatives, souvent en explorant les propriétés intrinsèques des matériaux et en expérimentant avec des techniques ancestrales. L'argile, cette matière première fondamentale, peut être transformée de multiples façons, et l'une des techniques les plus fascinantes est l'enfumage, qui donne naissance à la "terre fumée". Mais qu'est-ce que l'argile exactement, quels sont ses différents types et comment l'enfumage permet-il de la sublimer ?

L'Argile : Une Matière Première Fascinante
L'argile est une sorte de terre glaise, que l'on trouve à l'état naturel, souvent dans des terrains humides. Elle est généralement plus collante que de la terre de jardinage. Sa composition comprend une plus grande proportion de silice et de feldspaths qu'une terre classique. Chaque poterie, chaque pièce, ne se ressemble pas, et cela est dû en grande partie à la diversité des argiles et aux processus de cuisson.
Les Trois Grands Types d'Argile en Céramique
Pour mieux appréhender la terre fumée, il est essentiel de comprendre les bases de l'argile et de ses différentes familles. Les terres (ou argiles) sont constituées de différents composants chimiques, des minéraux et des oxydes de métaux (cuivre, fer…) dans des proportions variables, ce qui fait qu’elles ont toutes des propriétés différentes et donc une réaction différente lorsqu’elles seront travaillées ou cuites. On distingue trois familles d’argile, essentiellement : la faïence, le grès et la porcelaine.
La Faïence : La Terre de Basse Température
La faïence peut être "rouge", "blanche" ou "noire" de nature. C'est celle que l'on utilise traditionnellement en France pour les pots de jardin, ces pots couleur terracota. C'est une terre dite "de basse température" : on ne la cuit pas plus haut que 1 100°C, sinon, elle fond pendant la cuisson et fait une grosse flaque d'argile qui vient franchement abîmer le four. Pendant la cuisson, les plaquettes d'argile se resserrent.
Comment reconnaître de la faïence ? Il y a de grandes chances qu'une pièce de couleur terracota soit en faïence. Elle est poreuse, et a un faible retrait.
Le Grès : Une Terre de Caractère à Haute Température
Le grès est une terre dite "de haute température". On le cuit entre 1 250°C et 1 300°C. C'est une terre souvent appréciée pour le caractère "brut" qu'elle dégage, quelle que soit son origine ou sa couleur. Le grès peut être beige, roux, noir, blanc, porcelainique, ocre, rose, bref… on en trouve vraiment de toutes les couleurs à l'état naturel (sans rajout de colorants).
Le grès offre de multiples possibilités en termes de couleurs, de textures, mais aussi en termes de fabrication. C'est une terre très plastique, qui est très appréciée par les céramistes. Elle est très agréable à travailler et offre beaucoup de possibilités. Comme c'est une terre haute température, au moment de la cuisson, les plaquettes d'argile se resserrent et laissent peu d'air entre elles. Du coup, la majorité des grès sont imperméables après cuisson, bien qu'il existe des exceptions. Si la pièce fuit, c'est que ce grès n'est pas totalement imperméable. On peut faire le test de la goutte d'eau sur tesson cuit nu. Si la terre n'absorbe pas instantanément l'eau, c'est probablement que c'est du grès ou de la porcelaine. Gardez en tête que le grès peut avoir de multiples couleurs, mais il y a peu de chances qu'il soit aussi blanc que la porcelaine.
En pratique, le grès est une terre de haute température, qui est souvent facile à façonner. Selon les grès, vous obtenez des coloris différents et des coefficients de retraits différents également. Il y a vraiment une très grande variété de grès disponibles à travailler. La terre utilisée par Giom provient de Dordogne (Forêt de la Double) et de Bourgogne (Saint-Amand-en-Puisaye), ce sont des grès de belle qualité.

La Porcelaine : La Pureté Blanche à Haute Température
Très convoitée pour sa blancheur, la porcelaine fait partie des terres "hautes températures", c'est-à-dire que l'on peut la cuire entre 1 280°C et 1 300°C. C'est une terre très riche en Kaolin, ce qui lui confère sa couleur blanche. Les plaquettes d'argile qui la composent se resserrent tellement pendant la cuisson, qu'elle devient alors une terre non-poreuse et surtout très solide. C'est d'ailleurs pour ça qu'on peut la travailler aussi finement, contrairement à la faïence, par exemple. La porcelaine vient de Limoges.
Comment reconnaître la porcelaine ? On la reconnaît surtout à sa couleur d'un blanc pur. Elle est imperméable. C'est une terre qu'il est possible de travailler très finement. Du coup, parfois, les parois d'une pièce sont si fines, qu'elles sont translucides. Alors essayez de mettre votre tasse à la lumière : si vous voyez l'ombre de votre main à travers, il est certain qu'elle est en porcelaine. Si la lumière ne passe pas, soit ce n'est pas de la porcelaine, soit la porcelaine est travaillée plus épaisse.
Techniquement, la porcelaine est généralement une argile plus complexe et plus capricieuse à travailler que les autres. Elle a une texture plus "chewing gum". Elle a un coefficient de retrait au séchage et à la cuisson assez important, les risques de fissures (notamment aux collages) peuvent être fréquents. Elle se déforme également plus aisément que d'autres terres.

La Chamotte : L'Argile Cuite pour la Résistance
Un détail peut parfois vous induire en erreur : la chamotte. La chamotte, ce sont des fines particules d'argiles cuites rajoutées dans l'argile crue. En gros, ça donne un effet "granuleux", "sableux" à la terre. C'est une argile qui a déjà été cuite à haute température puis broyée avant d’être ajoutée à votre argile fraîche, que ce soit du grès ou de la faïence. C’est donc principalement un mélange d’alumine et de silice qu’on peut trouver de différentes finesses. La structure de l’argile étant plus résistante, elle devient plus facile à façonner. Cela permet de réaliser des sculptures et projets de façonnage de plus grand format. Pas trop grossière, on peut aussi l’utiliser dans une argile de tournage pour les mêmes raisons.
La chamotte peut être épaisse, moyenne, fine, voire "invisible". Elle aide beaucoup le potier car grâce à elle, l'argile est structurée (la chamotte maintient les plaquettes entre elles) et c'est plus simple à coller, à malléer. Toutes les terres peuvent avoir de la chamotte. Il est plutôt commun d'en retrouver dans du grès, mais en réalité, toutes les argiles peuvent être chamottées.
Les avantages de l'argile chamottée sont multiples : elle va sécher plus rapidement et le retrait de l’argile sera moins important car elle contient moins d’eau (la chamotte a déjà été cuite). Le séchage est aussi plus uniforme, ce qui diminue le risque de fissures. L’inconvénient est que la chamotte contient aussi du fer, cela va influencer la couleur de l’argile, si elle est blanche ou claire, mais aussi vos résultats avec les glaçures. Par contre il existe une chamotte blanche appelée molochite.
Des Matériaux Insolites pour Sublimer l'Argile
Si le rendu ou la texture finale de votre terre ne vous convient pas tout à fait, ou si vous pensez à changer d’argile pour une terre plus malléable sans savoir par où commencer, pourquoi ne pas laisser votre créativité s’exprimer en intégrant des matières insolites à votre argile crue. Certains matériaux ont des propriétés grandioses, ils peuvent améliorer votre processus de travail, tandis que d’autres vont totalement transformer l’apparence de vos poteries.
La Terre-Papier : Facilité de Modelage et Résistance aux Chocs Thermiques
On pourrait penser qu’ajouter à l’argile une matière qui brûle à la cuisson est complètement illogique. Pourtant, cela permet de pousser les capacités d’une argile, comme la porcelaine par exemple, réputée difficile à manier. En effet, grâce aux fibres du papier, le modelage devient plus facile. Les assemblages entre les différents éléments sont également plus faciles. Il n’est pas nécessaire d’avoir des morceaux qui ont atteint le même stade de séchage comme avec l’argile classique. Associer un morceau humide avec un morceau sec est possible car la terre se ré-humidifie.
Une fois sèche, une pièce en terre-papier va être également plus facile à manipuler, elle ne va pas s’effriter. À la cuisson également, la terre-papier est intéressante. La monocuisson et la cuisson raku se font bien, puisque le papier brûle en premier, et la structure microporeuse de l’argile supporte mieux les chocs thermiques.
Le Verre Broyé : Des Effets Cristallisés surprenants
Le verre peut donner de très beaux effets cristallisés sur une tasse ou un bol en céramique. Il est aussi possible de le mélanger directement à l’argile une fois qu’il est broyé. Attention toutefois à la manipulation de votre argile, elle peut être assez dangereuse. Commencez avec des petites billes de verre qui ont une couleur intense, qui sont sécuritaires à manipuler, que vous placerez dans vos bols pour une cuisson lente. Comme le verre peut fondre assez rapidement sur vos céramiques, cela va vous éviter de ruiner votre four. Réservez toutefois cette pratique à des objets non alimentaires car le verre en cristaux crée une surface plus ou moins régulière.
Les Clous en Acier : Une Résistance Inattendue
Si vous n’êtes pas bricoleur, pour une fois, planter des clous vous paraîtra très facile. Vous pouvez cuire des clous en acier à au moins 1060 degrés Celsius, mais possiblement plus, sans que ceux-ci se mettent à fondre.
Les Graines : Des Textures Naturelles Riches en Caractère
Si tout cela vous paraît plutôt laborieux, car vous débutez tout juste l’apprentissage de la céramique, avez-vous essayé d’ajouter des graines comme matériaux à votre argile ? Elles vont brûler à la cuisson et laisser un espace plein de caractère selon leur forme initiale. Les lentilles, les haricots, le riz, et même les grains de couscous, vous donneront des résultats étonnants, plus ou moins subtils.
Comment faire ? Ajoutez une poignée de graines à votre argile bien fraîche et pétrissez. Vous allez ainsi obtenir toutes sortes de textures intéressantes.

La Cuisson : Le Cœur de la Transformation Céramique
La terre, une fois cuite, s’appelle céramique. La première cuisson, aux environs de 980°, permet de brûler les impuretés de la terre et d’éliminer l’eau et l’humidité résiduelles. Les minéraux, les minerais et les oxydes de métaux reconstituent ainsi une nouvelle “roche”. Il en ressort un dégourdi si c’est du grès (tout rose si c’est du grès de St-Amand par exemple) et un biscuit quand c’est de la porcelaine. La deuxième cuisson, dite à haute température, au-delà de 1000°, permet de donner de la solidité à la céramique. Par exemple, la faïence est cuite à basse température (inférieure à 1000°) et, de ce fait, reste assez fragile. La deuxième cuisson à haute température permet également de multiplier les possibilités avec les émaux.
Chaque terre a une température de cuisson à laquelle on dit qu’elle “se ferme”, c’est-à-dire qu’elle n’est plus poreuse. Exemple : un vase de la Collection Port-Anna est cuit une première fois aux alentours de 980°, il est encore poreux. Autre exemple : l’olla, cette jarre qui optimise l’arrosage des plantes. On recherche ici l’exacte inverse des propriétés du vase : on souhaite obtenir une pièce qui reste poreuse (ni trop, ni trop peu) afin que l’eau puisse passer de l’olla à la terre du bac à fleurs ou du potager. L’olla n’est cuite qu’une seule fois, aux alentours de 1200°.
La céramique, grâce à sa cuisson haute température, (c’est-à-dire supérieure à 1200°) est plus solide qu’elle n’y paraît. Ce que la céramique n’apprécie pas du tout, ce sont les chocs thermiques : une tasse dans laquelle on verse un thé bouillant alors qu’elle sortait du frigo par exemple, ou l’inverse. Mais la céramique fait partie des pièces qu’on retrouve très souvent dans les fouilles archéologiques.
Enfumage céramique
L'Enfumage : L'Art de Colorer par la Fumée
L'enfumage est une technique de cuisson primitive qui permet d'obtenir une gamme du gris clair au noir intense et profond en influençant la fixation de l’oxyde de carbone sur la terre. C'est un processus fascinant où les flammes et la fumée deviennent les artistes.
Le Principe de l'Enfumage
Que ce soit avec des fibres naturelles ou des matériaux alimentaires, il peut se dégager de votre four céramique des fumées dues à la combustion. C’est donc préférable de faire vos cuissons en extérieur ou bien de ventiler efficacement votre espace.
L'enfumage est une technique où la terre, biscuitée à une température relativement basse (par exemple, 900-950°C pour un grès qui supporte 1280°C), est ensuite exposée à la fumée dans un environnement réducteur, c'est-à-dire avec un manque d'oxygène. Le carbone de la fumée se dépose sur la surface de la poterie, créant des nuances de noir, de gris et parfois d'autres couleurs si des sels ou oxydes sont utilisés. Le positionnement de la pièce joue un grand rôle dans l'obtention d'un enfumage plus ou moins uniforme. Il est important de veiller à ce que les pièces ne s'écroulent pas lors de la combustion de la sciure ou du papier. Les conditions atmosphériques jouent également sur l’enfumage.
Les Différentes Méthodes d'Enfumage
Il existe diverses méthodes d'enfumage, chacune offrant des résultats uniques.
Enfumage par Défournement à Chaud (Raku et Enfumage en Fosse)
C'est un enfumage par défournement à chaud. Pour obtenir ces deux couleurs (noir et rouge), les pièces sont enfumées en sortie de four en fusion dans des copeaux, herbe, sciure… On peut aussi enfumer dans une grande tranchée, comme les potiers grecs ou dans un demi fût pour quelques poteries. Quelques fois aussi, elles sont cuites dans le four papier. Ce qui est important à voir, c’est la multiplicité des résultats selon les argiles et les types de cuisson.
L'enfumage peut prendre plusieurs heures, voire toute une journée. Pour éviter des chocs thermiques et donc des fissures, il est crucial de gérer la température de sortie des pièces.
Enfumage en Récipient Métallique
Il y a aussi un autre moyen d’enfumer les pièces biscuitées. Pour cela, prenez un four (de potier, un four de campagnard, ou un récipient métallique du genre stérilisateur). Disposez votre pièce. Saupoudrez une couche de sciure de 4 ou 5 cm. Disposez votre pièce. Sans obturer l’orifice prévu pour le thermomètre. Enfournez votre pièce. Vers 600-700° une flamme sort du trou du couvercle. Bouchez le trou et arrêtez le four. Laissez refroidir. La sciure se retirera facilement après l’enfumage. Si l'enfumage se fait à l'air libre, vous obtiendrez des effets nuancés de couleurs.
Fixation de l'Enfumage et Variations de Couleurs
Le peu de pérennité dans le temps est effectivement le plus gros problème de l'enfumage. Surtout pour les céramistes qui ont l'habitude de considérer que leur production défie le temps et se retrouvera dans les fouilles archéologiques grâce à la solidité des émaux. Or l'enfumage est aussi fragile qu'une aquarelle. Sensible aux UV et à l'humidité. Donc effectivement il faut partir sur l'idée d'un décor peu fixé et fragile sur une terre qui l'est beaucoup moins.
Pour ce qui est de l'atmosphère, le cuivre doit se réduire pour virer à l'orange, donc il faut favoriser au maximum le manque d'oxygène dans la combustion et le plus de dégagement de CO2 sans pour cela dépasser la limite qui fait que le feu n'est pas assez actif. La zone d'action est étroite.
Des sulfures, comme le sulfate de fer et de cuivre, peuvent être utilisés avec de l'eau salée pour créer des nuances colorées. Le sel permet d'activer les sulfates. La concentration des sulfates et la température de cuisson sont des facteurs clés pour une bonne réaction. Il est possible d'expérimenter avec du nitrate de cuivre. Cependant, attention aux dégagements toxiques avec les nitrates.
La Terre Sigillée : Une Ancienne Technique Réinventée
Une terre sigillée est une terre dont on ne garde que les particules les plus fines qui vont vitrifier à la cuisson. La couleur orange est donnée par la révélation de l’oxyde de fer dans une terre rouge après la vitrification. Les Grecs employaient des terres sigillées (qui n’avaient pas encore ce nom) avec des degrés de finesse différents et qui étaient plus ou moins sensibles aux fumées. Le noir était une terre sensible à la fumée qui noircissait lors de l’enfumage et le rouge était une terre qui vitrifiait et donc imperméable à l’enfumage. C’est une vision un peu raccourcie mais qui peut permettre de comprendre le processus de la cuisson de la terre sigillée. Toutes les poteries présentées sont bien sûr des poteries récentes.
Le nom de "Terre sigillée" provient du mot "sigillum", sceau en latin. Les sculpteurs gallo-romains fabriquaient des poinçons (sceaux) qui servaient aux potiers à fabriquer des moules d’argile avec les motifs en creux. Lorsqu’ils estampaient la terre dans les moules, les décors sortaient en relief. Ces sceaux et les moules ont été sculptés avec la terre du site gallo-romain de la Grauffesenque à Millau.
Pour préparer une terre sigillée, après tamisage des terres, elles sont mélangées, liquides ou en poudre, avec de l’eau et du silicate de soude ou défloculent. Une recette typique est : 1kg d’argile en poudre, 1 litre et demi d’eau et 10 grammes de silicate de soude. Il faut bien agiter cinq minutes au mélangeur à peinture monté sur une perceuse et laisser décanter 24 heures. Au bout de ce temps, verser délicatement la partie supérieure dans un seau et le fond est à jeter. Ce qui reste, ce sont les particules lourdes. La terre sigillée est en surface.
On peut préparer de la sigillée avec de la terre diluée, il faudra alors évaluer la proportion d'eau et de terre pour mettre le silicate. Tremper un tesson sec dans la sigillée deux fois et laisser sécher. On peut lustrer avec un chiffon très doux, un plastique très fin. Ça brille tout de suite. C’est une façon simple et rapide de préparer une terre sigillée. Attention à la soude, elle peut faire décoller la sigillée si la proportion est trop forte. On peut agiter et laisser reposer une heure, et recommencer jusqu’à 50 fois pour certaines argiles pour obtenir de belles terres grasses qui n’ont pas un aspect trop brillant, en évitant de forts risques de décollement des particules. Il reste à les passer sur les poteries au pinceau, aérographe, par trempage, puis à les confier au feu et à les sortir en fusion pour les enfumer.
Après chaque cuisson, Giom passe une fine couche de cire d'abeille et d'huile sur ses pots afin de protéger la surface. Un entretien régulier assurera ensuite la pérennité de leur éclat.

Au-delà de la Technique : Philosophie et Métier
Le choix de l'argile se fait par affinité avec la texture, la couleur, etc. Mais aussi en fonction de la technique de fabrication que l'on utilise. Il y a des terres qui se prêtent par exemple plus à la sculpture qu'au tournage. Le métier de céramiste est un choix de vie, une passion. C'est un travail d'artisan, qui n'est pas produit à la chaîne.
L'ouverture du four est toujours un moment important. Il faut dire que l’on peut y mettre jusqu’à 250 pièces. Plusieurs heures de travail et plusieurs kilos de matière y sont savamment entassés pour optimiser l’espace et les cuissons. Bref, jusque-là tout allait à peu près bien, Giom a bien travaillé et le four est rempli de belles pièces. L’ouverture du four vous rappelle bien souvent que c’est la terre qui commande et pas toujours le potier.
D'abord, il y a le phénomène de rétractation de la terre, c’est-à-dire que la pièce, surtout lors de la deuxième cuisson, devient plus petite, il faut donc en tenir compte dès le départ, notamment lorsque la pièce dispose d’un couvercle par exemple car, alors, il faut impérativement que les deux parties de la pièce continuent à s’assembler après la cuisson.
Ensuite, la terre et les émaux ont des propriétés qui font que selon la courbe de cuisson (temps et degrés), selon la place dans le four, selon les pièces qui sont situées à côté, les résultats peuvent être totalement différents. Ceci est particulièrement délicat quand le four contient différentes pièces constituées de différentes terres avec différents émaux. Il peut y avoir aussi des anomalies dans la terre, de type bulles d’air, qui provoquent la casse des pièces ou encore parce qu’un filon de terre a des propriétés légèrement différentes de celles attendues. Et des fois, on ne sait pas trop ce qui s’est (mal) passé. Et dans ce cas, c’est un long processus de recherche de causes qui commence pour trouver des réponses, afin de comprendre et ne pas reproduire l’erreur qui a été faite.
Pour un usage alimentaire, il est plus sage, et même obligatoire, de s’assurer que de vilaines réactions liées à la composition, au mélange, à la cuisson…, ne viennent compromettre notre santé. Giom envoie donc un échantillon de ses pièces à la Société Française de Céramique où des tests intérieurs et extérieurs sont réalisés.
Avec tous ces matériaux et techniques, le plaisir de faire de la poterie est décuplé. Alors par quels matériaux allez-vous commencer à transformer vos créations en terre cuite ?