Le maraîchage est la culture intensive de légumes, fruits et autres plantes comestibles. Dans le cadre de l'agriculture actuelle, les itinéraires techniques (ITK) sont la recette de cuisine à suivre décrivant toutes les étapes de la réussite d’une culture. Dans le Guide MSV 2022, plusieurs retours d’expériences de fermes faisant partie du réseau de l'association MSV Normandie ont été recensés. Ce guide essaye de donner une vision synthétique de ce qui se fait sur le terrain, mais il ne faut pas oublier que les variations sont nombreuses !
Conception et optimisation des itinéraires techniques
Il faut faire des essais pour trouver l’itinéraire technique qui nous convient le mieux : tester différents matériaux, différentes épaisseurs. Ces essais peuvent prendre place sur la même planche de légumes, en laissant quelques mètres entre les modalités. Jouer sur les paramètres permet de savoir lesquels ont réellement un rôle pour atteindre ses objectifs de réduction de l’enherbement, de l’irrigation, de travail, tout en augmentant les rendements.
En sol vivant, il n’est pas rare que des légumes au calibre important poussent sur les planches. Or ces derniers sont invendables. Pour bien concevoir un ITK, les facteurs limitants doivent être identifiés : est-ce un manque de lumière, d’eau ou de nourriture qui affectent la plante chétive ? De quoi manquera le légume dans la configuration présente ? Apporter suffisamment de lumière, d’eau et de nourriture, c’est aussi être vigilant à limiter la concurrence entre enherbement et légumes puisque ces derniers sont moins puissants que les adventices pour chercher l’eau et les nutriments.

Ainsi, il faut viser un minimum de 6 semaines de décalage entre la pousse du légume et celles des éventuelles adventices. Clairement, à partir de la moitié de la vie du légume, la parcelle peut commencer à s’enherber sans dommage pour la culture. Avant, l’enherbement impacte énormément le rendement. Une manière élégante de contrer cette concurrence en cas d’enherbement est de surnourrir la planche afin d’alimenter à la fois le légume et l’herbe génératrice de porosité et de nourriture pour les prochains légumes. Des engrais bouchons, de la fiente de volailles seront alors apportés ainsi qu’un bon suivi de l’hygrométrie de la parcelle.
Gestion des ressources et viabilité économique
Les itinéraires techniques décrits dans cette page utilisent très souvent des matières organiques apportées de l’extérieur. Nous recommandons ces pratiques car ce sont les plus simples à mettre en œuvre pour démarrer. L’idéal est de pratiquer la rotation sur prairie (autonome en matières organiques) ou l’utilisation systématique de couverts végétaux. La rotation sur prairie ne peut s’envisager que si on a accès au double de surface cultivée en légume.
Une bonne manière de trancher entre deux variantes possibles de légumes est de déterminer le coût de production de ces deux itinéraires. Pour cela, un tableur donnant des coûts moyens pour chaque légume vous est proposé. Si les données de référence ne conviennent pas, il est possible de les modifier à souhait dans les cases oranges. En utilisant ce fichier, il peut apparaître flagrant que les charges opérationnelles sont généralement très faibles sur petites surfaces, par légumes. Le coût des apports de matières organiques modifie, à la marge, la rentabilité des ITK. De même, travailler beaucoup plus sur un légume n’impacte que peu la rentabilité.
Tutoriel Outil de budgétisation en maraîchage du CETAB+
La modélisation permet de bien mettre en avant ce qui constitue le chiffre d’affaires d’un maraîcher. Les différents graphiques permettent de visualiser les cultures les plus rentables, les marges possibles sur chacun des légumes ainsi que le revenu horaire d'un légume, c'est-à-dire, la marge brute réalisée en 1 heure. Évidemment, ce sont des modélisations qui doivent être prises avec toutes les précautions nécessaires. Dans le cadre du "GIEE 2024 - 2026 sur la modélisation des coûts de production des itinéraires techniques MSV" porté par l'association MSV Normandie, de nouvelles versions de ces outils sont en cours d'amélioration.
Définition et caractéristiques du jardin maraîcher
Le concept de "maraîchage" dans l'agriculture occidentale semble être apparu à Londres vers 1345. À l'origine, ce terme désignait généralement tout type d'agriculture commerciale, c'est-à-dire des cultures ou des produits laitiers élevés pour être vendus à profit sur un marché, par opposition à l'agriculture pratiquée pour la subsistance. Aujourd'hui, le terme "jardin maraîcher" fait référence à un type spécifique d'agriculture commerciale.
Le maraîcher est une ferme commerciale relativement petite caractérisée par une diversité de cultures et une relation avec les marchés locaux. La culture maraîchère est une forme d'agriculture intensive, c'est-à-dire qu'elle nécessite un apport important de main-d'œuvre ou d'argent par rapport à la terre cultivée. Les caractéristiques sont les suivantes : une superficie relativement petite, un travail manuel plutôt que mécanisé, une nature commerciale, une diversité de cultures et une présence sur les marchés locaux plutôt que sur les marchés mondiaux.
Un jardin maraîcher peut ne faire que quelques hectares. Certains ne sont guère plus qu'une simple serre. Pour cette raison, l'utilisation de grandes machines agricoles coûteuses n'est pas rentable. C'est pourquoi les jardins maraîchers sont parfois appelés "fermes à camions". Un jardin maraîcher doit être capable d'offrir quelque chose qu'une chaîne d'épicerie ne peut pas offrir, qu'il s'agisse de meilleurs prix, d'une meilleure qualité ou d'une meilleure expérience d'achat.
Outillage et gestes techniques
La réussite d’une culture maraîchère est en grande partie due à l’utilisation des outils de qualité. Les binettes constituent sans doute les outils nécessaires et même obligatoires de la culture maraîchère. Il existe différents types de binettes. Les binettes à roue permettent un rapide changement de lame oscillante. Ces binettes ont également la possibilité de changer de lame tout en adoptant des griffes ou des charrues.

Cet outil se base sur le système du levier. C’est en réalité une fourche qui permet de faire la bêche. Elle est composée de plusieurs dents et est biseautée et recourbée. La grelinette ou biofourche dispose aussi de deux manches latérales. Le motoculteur est indispensable pour la culture potagère. Il permet en effet de préparer la terre avant la mise en terre des graines ou de la plante. Cette machine est équipée de roues tractées afin de favoriser leur déplacement.
Les récolteuses à mesclun permettent de facilement récolter le mesclun, mais également les nouvelles pousses jusqu’à une hauteur de 80 kg par heure. Elles sont actionnées par voie visseuse ou perceuse en mode distance. La récolteuse à mesclun dispose d’une lame dentelée qui permet d’assurer la précision dans la récolte.
Le semoir est utilisé pour le semis des graines. Ces appareils de semis sont très importants dans la culture maraîchère. Ils permettent de procéder à un bon alignement des différentes cultures. La carotte étant connue pour ses semences minuscules, la nécessité d’utiliser ces appareils s’impose pour mieux les structurer.
Le maraîchage possède un répertoire de gestes combinés à des outils choisis en fonction de la culture potagère et de son cycle. L’outil permet d’accomplir le geste de manière plus précise, facile et rentable. De nos jours, le maraîchage occupe différents espaces en fonction des saisons : en culture potagère, sous serre ou en champ. Souvent, les mêmes étapes caractérisent un cycle de culture :
- Le labourage ou la préparation du sol consiste à retourner la terre pour en enlever les résidus d’anciennes récoltes et l’aérer.
- Le semis est l’action de semer les graines : celles-ci sont déposées dans la terre, de manière irrégulière ou régulière.
- Le pinçage ou le taillage des bourgeons ou des tiges permet de contrôler le volume et la qualité de la production.
Protection et aménagement de l'exploitation
Ces cultures étant assez souvent exposées aux dégâts des animaux ou aux vols, il s’avère nécessaire de les protéger par une clôture qui sert aussi de coupe-vent. La haie morte consiste à fixer en ligne des piquets de bois (de préférence des épineux) qui seront renforcés de manière transversale par des tiges attachées sur deux ou trois niveaux de façon à rendre la clôture peu franchissable.

Elle consiste à la plantation des arbres comme Bauhinia rufescens, gommier ou Prosopis juliflora à un écartement de 1 m x 1 m. Cette opération doit intervenir de préférence durant la saison des pluies pour favoriser leur reprise. Le transplantoir est quant à lui utilisé au déterrage des plants en pépinière, et permet de garder une motte de terre autour des racines. Dans le cadre de cultures industrielles, les machines se substituent aux outils manuels individuels en effectuant des actions multiples et souvent simultanées : labourage et semis, désherbage et arrosage.
La pratique du jardinage ou de la culture maraîchère présente plusieurs avantages pour une personne ou une organisation. Elle est non seulement bénéfique en termes d’alimentation, mais également ludique et éducative comme activité. Pour mieux réussir dans le jardinage, il faudra disposer des outils adéquats dans le respect de certaines normes agricoles et environnementales. Le maraîchage occupe une place importante en agriculture, et se pratique dans le monde entier, à petite ou grande échelle selon les conditions agro-climatiques et les besoins.
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