
Le repiquage est une étape cruciale dans le cycle de vie de nombreuses plantes, qu'il s'agisse de plantes ornementales, potagères, fruitiers ou arbres d'ornement. Il consiste à transplanter les plantules qui ont été semées en caissette ou godets, favorisant ainsi le développement de racines secondaires qui assurent un meilleur soutien à la plante. Cette opération permet de faire passer les jeunes pousses d'un environnement initialement conçu pour la germination à un milieu plus adapté à leur croissance continue. Comprendre les subtilités du repiquage, et en particulier le choix du terreau, est essentiel pour garantir la vigueur et la productivité de vos cultures.
Les avantages indéniables du repiquage
Le repiquage est une pratique horticole aux multiples bénéfices. Un des principaux intérêts du repiquage est de permettre d’avancer tout le cycle de production. En semant sous abri puis en repiquant, il est possible d’obtenir bien plus rapidement des plantes productives que ne le permettent les semis en pleine terre. Pour les plantes potagères, le repiquage succède à un semis, le plus souvent sous abri. Cette méthode offre une longueur d'avance significative, particulièrement pour les cultures qui nécessitent une longue saison de croissance, ou dans les régions où les conditions climatiques sont moins clémentes.

Un autre avantage majeur est le contrôle des semences, en particulier si elles sont de votre propre production. Le repiquage constitue également un tri qui vous permet de ne garder que les plantes avec la meilleure vigueur. Lors du repiquage en godet en particulier, il ne faut pas hésiter à écarter les plantules qui semblent les plus faibles, les plus rabougries. Produire plus, plus vite, plus longtemps et avec les plantes les moins capricieuses, voilà ce que permet le repiquage. Cette sélection naturelle assure que seules les plantules les plus prometteuses poursuivent leur développement, optimisant ainsi l'espace et les ressources.
Les défis et précautions du repiquage
Bien que très fiable, le repiquage reste cependant un stress pour les plantes. Les racines sont la partie la plus sensible d’une plante. Durant un repiquage, les plants sont extraits de la terre pour être réimplantés dans un nouveau milieu. Cette transition de milieu implique nécessairement un passage des racines à l’air libre, que le transplant soit en mottes ou à nu. En cas de contact prolongé à l’air libre, certaines racines peuvent sécher et mourir. À la plantation, le végétal devra utiliser une partie de ses réserves pour créer de nouvelles racines avant de pouvoir continuer son développement aérien. Un autre facteur de stress peut être la manipulation en elle-même, qui cause des blessures au niveau racinaire. Suivant les plantes, ces blessures vont avoir un impact plus ou moins fort: tantôt sans effet, tantôt provoquant la montaison des plants, ce qui les rend improductifs.
Il est également important de ne pas trop tasser la terre lors d’un repiquage. Un sol trop compacté limite l'aération et la capacité des racines à se développer, ce qui peut freiner la croissance de la plantule. Si la plantule a déjà un bon nombre de feuilles, il est judicieux de la rabattre légèrement (enlever une ou deux feuilles) afin qu’elle ne consomme pas trop d’énergie dans sa masse aérienne et qu’elle puisse se concentrer sur l’adaptation de sa masse racinaire dans le godet. Laissez le godet à l’ombre, un soleil direct pourrait stresser la plantule pendant les premiers jours suivant l'opération. Pendant les jours qui suivent le repiquage, il est normal que la plantule se plisse légèrement.
Le rôle crucial du terreau de repiquage
Le choix du terreau est fondamental pour la réussite du repiquage. Le mélange utilisé pour les semis est souvent léger et peu fertile. Et c’est au moment où les cotylédons commencent à se rider et que les 2 premières vraies feuilles sont bien développées que vous pouvez repiquer la plantule dans un terreau plus riche. Il est préférable d'utiliser un terreau de repiquage, de transplantation ou de plantation, et d'éviter absolument le terreau de semis pour le repiquage car il contient trop d'azote, ce qui peut être néfaste pour les jeunes plants.
Le terreau de repiquage est un substrat de culture spécifiquement formulé pour accompagner la croissance des jeunes plants. Il est généralement plus riche en humus et en matières organiques que le terreau de semis, apportant les nutriments nécessaires au développement continu des racines et de la partie aérienne. Contrairement au terreau de semis qui est très fin et pauvre en éléments nutritifs, le terreau de repiquage est conçu pour offrir un soutien structurel et nutritionnel accru.
Comment choisir son terreau pour le potager ? (ou le faire soi-même !)
Compositions et caractéristiques du terreau idéal
Un bon terreau de repiquage doit présenter un équilibre entre rétention d'eau et drainage, tout en étant suffisamment aéré pour favoriser le développement racinaire. Il est principalement composé de tourbe et de débris de végétaux compostés (feuilles…). Afin d’en améliorer la structure, de la terre végétale et d’autres matières organiques (fibres de bois, écorces compostées, fumier….) peuvent y être ajoutés.
D’autres éléments peuvent venir le compléter afin de lui donner des qualités spécifiques :
- De l’engrais : il apporte des nutriments contribuant au bon démarrage des plantations.
- Des matières minérales : elles sont destinées soit à retenir l’eau (argile), soit à alléger le terreau et à en améliorer l’aération (sable, perlite, vermiculite).
Ces éléments permettent de créer un environnement propice à l'enracinement et à la croissance, en évitant l'asphyxie des racines et en assurant une bonne circulation de l'eau et des nutriments.
Terreau de semis vs. Terreau de repiquage : ne pas confondre !
Il est important de distinguer le terreau de semis du terreau de repiquage. Le terreau pour semis est généralement composé d'éléments facilitant le drainage et donc l'enracinement, tel que la perlite entre autres. Il est très fin et léger, dépourvu d’obstacles qui pourraient gêner la levée des graines. La germination d’une graine consiste à émettre à la fois de très fines racines et une tige également très fine. Un terreau fin va de plus totalement entourer la graine d’un film humide qui va favoriser la germination. Il n'a pas besoin d'être riche en nutriments, car la graine contient déjà les réserves nécessaires à la germination et au développement des premières feuilles.
En revanche, le terreau horticole est lui plus lourd, grossier et retient davantage l'humidité. Il est plus riche en humus et en matières organiques. Lors du repiquage, les plantules ont dépassé le stade de la simple germination et nécessitent davantage de nourriture et un support plus dense pour leurs racines déjà bien développées. Ainsi, un terreau de repiquage enrichi est essentiel pour la phase de croissance post-germination.
Certains jardiniers ont rapporté des expériences décevantes avec le sable dans les terreaux faits maison. Le sable est certes drainant, mais très lourd. Il tasse les autres matières, notamment végétales, les composts, les débris grossiers non compostés. La différence de poids est impressionnante comparée à un terreau du commerce. Il est donc préférable de privilégier des terreaux maisons issus de composts (en prenant garde aux graines) ou simplement des bons terreaux à semis du commerce.
Les différents types de terreaux pour diverses utilisations
Le premier critère de choix d’un terreau est l’usage auquel vous le destinez. Selon que vous voulez planter, semer, repiquer, bouturer ou rempoter, vous n’utiliserez pas le même terreau. De plus, pour certains types de plantes, un terreau spécifique est nécessaire.
Terreaux pour plantation générale
- Terreau universel : Théoriquement, le terreau universel est censé convenir à tous les types d’utilisations, hors plantes à besoins particuliers. Il peut être un bon choix si vous cherchez surtout à amender le sol de votre jardin.
- Terreau horticole : C’est un terreau plus riche en humus et en matières organiques (fumier, algues…). Contrairement à ce que suggère son nom, c’est un terreau très polyvalent, convenant non seulement à la plantation des fleurs et arbustes fleuris, mais aussi au potager et au verger. Il convient aussi bien pour les cultures en pot qu’en pleine terre, mais pas pour les plantes aux besoins particuliers.
- Terreau potager : C’est un terreau enrichi en engrais organiques et fumier. Il est généralement utilisable en agriculture biologique.
- Terreau pots et jardinières : Il s’agit d’un terreau conçu pour avoir une forte rétention en eau et pour limiter ainsi les arrosages.
- Terreau plantes vertes : C’est un terreau aéré qui favorise l’enracinement des plantes afin de leur permettre une croissance harmonieuse.
Terreaux spécifiques pour besoins particuliers
Certaines plantes ont des besoins particuliers, qui nécessitent absolument l’emploi d’un terreau adapté : il s’agit des plantes de terre de bruyère ou plantes acidophiles (azalées, rhododendrons, hortensias, camélias…), des cactées et plantes grasses, des orchidées et des agrumes.
- Terre de bruyère et terre dite de bruyère : C’est un terreau acide, qui peut être composé soit de terre de bruyère forestière pure (véritable terre de bruyère), ou être simplement un mélange de plusieurs éléments (tourbe, écorces de pin…) rendant le terreau obtenu acide.
- Terreau cactées et plantes grasses : Du sable et de la pouzzolane entrent dans sa composition, pour un terreau très léger et drainant.
- Terreau orchidées : C’est également un terreau très aéré, riche en écorces et en pouzzolane ou en perlite.
- Terreau agrumes : Il s’agit d’un terreau riche en argile, retenant suffisamment l’eau tout en étant léger et souple. Enrichi de nutriments plus spécifiquement destinés aux agrumes, il favorise leur croissance et leur fructification.
- Terreau rosiers, terreau géraniums : Les rosiers et les géraniums n’ont pas réellement besoin de terreau spécifique. Le terreau rosiers ou le terreau géraniums sont de bons terreaux horticoles enrichis en matière organique. Vous pouvez utiliser un terreau rosiers pour toutes les fleurs de votre jardin et un terreau géraniums pour toutes vos balconnières.
Terreaux pour semis, bouturage et rempotage
- Terreau pour semis et bouturages : C'est un terreau sain, particulièrement fin et léger, favorisant la réussite des semis et du bouturage. Il peut s’utiliser pour ces deux types d’opérations même s’il n’est pas expressément mentionné « bouturage » dans l’appellation. Ce terreau peut être utilisé également pour le repiquage des jeunes plants de fleurs ou de légumes après le semis.
- Terreau de rempotage : C’est un terreau adapté au rempotage de toutes les plantes en pot, vertes ou fleuries, hormis celles qui ont des besoins spécifiques.

Comment choisir un terreau de qualité ?
Un terreau de bonne qualité est de couleur sombre. Il doit être souple au touché et homogène. De gros éléments mal décomposés sont au contraire la marque d’un terreau médiocre. Il doit enfin s’humidifier facilement et retenir l’eau. Pour le reste, lisez les étiquettes ! Selon le type de terreau que vous recherchez, certaines mentions sont des gages de qualité : présence de fumier, d’engrais organiques, de stimulateur d’enracinement…
Par contre, sauf utilisations spécifiques, un terreau trop riche en écorces et en fibres de bois est moins intéressant car plus grossier et moins décomposé. La mention « utilisable en agriculture biologique » est un plus, garantissant l’absence de tout produit chimique dans le terreau. D’une manière générale, évitez les terreaux très bon marché. Ils peuvent simplement vous servir à améliorer la structure de votre sol surtout si vous le nourrissez déjà régulièrement avec du compost. Un bon terreau, souvent l’unique substrat pour les plantes en pot, est la garantie d’un bon enracinement tout en favorisant des apports optimaux en eau et en nutriments vers les racines.
Fabriquer son propre terreau pour semis et repiquage
Réaliser ses propres semis est intéressant à plus d’un titre. Cela élargit considérablement les variétés proposées, vous maîtrisez le développement de vos plants de A à Z et c’est très économique, entre autres. Il est tout à fait possible de réaliser son propre terreau pour semis et même de l'adapter pour le repiquage. Cela nécessite du compost de déchets verts et de la terre de jardin, ainsi que du sable de rivière si besoin. La proportion de ce dernier dépendra de la nature de votre sol.
Tamisez séparément le compost et la terre avec un tamis fin pour supprimer tous ces morceaux qui sont défavorables à la levée. Mélangez les deux matériaux en quantités égales et ajoutez le sable au besoin, notamment si votre terre est argileuse, pour obtenir un mélange fin et léger. Ajoutez un peu d’eau et brassez le tout avant de passer à nouveau le mélange au tamis. Votre terreau devrait être parfait, sans agglomérat, souple, totalement homogène.
Cependant, il est important de noter que le compost maison et la terre de jardin contiennent souvent de nombreuses graines indésirables, qui pourraient germer en même temps que vos semis. Pour y remédier, deux techniques simples peuvent être employées :
- Le faux-semis : Il consiste à créer des conditions favorables à la germination des graines naturellement présentes dans la terre de jardin ou le compost domestique (température, lumière, humidité) comme si vous alliez réaliser un semis. Mettez le terreau dans un bac comme si vous vous apprêtiez à semer, humidifiez-le et ne semez rien pendant 10 jours. Attendez que des graines éventuellement présentes germent. Si c’est le cas, arrachez le tout et ensuite faites votre VRAI semis.
- La stérilisation : Le passage au four ou micro-ondes est efficace, mais cette méthode tue aussi tous les micro-organismes naturellement présents dans le substrat. Versez le terreau dans un plat et mettez-le soit au four soit au micro-ondes.

Les contenants adaptés aux semis et au repiquage
Le choix du contenant est également important pour la réussite de vos semis et repiquages.
- Le semis en caissettes (terrines) : Le plus souvent, les semis (et surtout ceux de printemps) se font dans des caissettes, qui sont très pratiques pour semer un grand nombre de graines sans utiliser beaucoup d’espace et de matériel. Elles doivent être propres et dotées de trous de drainage. Un couvercle est très utile pour les graines les plus frileuses. Il est tout à fait possible de recycler des contenants types bacs en plastique ou en polystyrène, à condition de les nettoyer soigneusement et de les percer avant utilisation. Étalez tout d’abord au fond de la caissette un sable grossier qui va servir de couche de drainage. Remplissez ensuite de terreau pour semis légèrement humidifié et tassez. Semez vos graines, puis mettez une fine couche du même terreau, et, facultatif mais efficace contre la fonte des semis, un peu de charbon de bois broyé. Humidifiez à l’aide d’un vaporisateur et posez le couvercle. Installez les caissettes dans un endroit lumineux et adapté à la température de germination de vos graines. Dès que les plantules auront levé, il vous faudra placer les caissettes au soleil. Et les repiquer dès qu’elles auront les deux premières vraies feuilles. Vous choisirez un terreau pour semis basique pour vos caissettes.
- Le semis en godets : Ce sont généralement les grosses graines que l’on sème en godet, mais ceux-ci peuvent tout aussi bien accueillir des graines fines comme celles des tomates ou des poivrons. Comme pour les caissettes, vous pouvez utiliser des godets spécifiques ou recycler des pots de yaourts ou autres petits contenants, le principal est qu’ils soient un peu profonds, percés au fond et propres. Vous remplirez les godets avec du terreau pour semis enrichi et préalablement humidifié. Tassez avant de placer 1 graine en l’enfonçant très légèrement et vaporisez. Il est aussi possible de semer 2 ou 3 graines dans le même godet et d’éclaircir lorsque les plantules ont 2 vraies feuilles en gardant la plus vigoureuse. Il n’y aura pas besoin de repiquage avant la mise en place définitive. Pour les godets, un terreau pour semis enrichi sera préférable, car les plants pourront y rester plus longtemps.
- Les plaques alvéolées : Idéales pour toutes les plantes qu’on sème en grande quantité, comme les laitues, les mâches, les épinards, mais aussi les tomates, ou autre. Pour gagner un peu de temps, vous pouvez poser vos plaques alvéolées sur le sol, dans votre serre par exemple. Le sol devra être propre et enrichi. Les racines des plantules poursuivront leur prospection dans ce nouvel espace. C’est très pratiqué pour les oignons notamment. On peut ainsi faire germer des choses au chaud à la maison sans occuper trop de place, et poursuivre la croissance avec les avantages de la « pleine terre ».
- Les mini serres : Elles sont composées d’un bac, qui fait office de réserve d’eau, et d’un couvercle transparent, qui permet de maintenir la chaleur et l’humidité au niveau des semis. Certaines sont vendues avec des plaques alvéolées, on peut aussi y placer des godets. Elles permettent également de protéger les jeunes plants placés en serre froide, lorsque des gelées sont encore à craindre.
Les facteurs environnementaux clés pour la réussite du repiquage
La réussite de vos semis et de vos repiquages dépend de plusieurs facteurs environnementaux qu'il est essentiel de maîtriser.
Température
La température joue un rôle important pour la réussite de vos semis, car certaines plantes ont besoin d’une température élevée pour pouvoir germer. C’est la raison pour laquelle on différencie les plantes frileuses, qui devront être semées au chaud (pièce chauffée, serre chauffée, couche chaude…) et les plantes résistantes au froid, capables de lever à basse température et de supporter des petites gelées, qui pourront être semées sous abris froids (serre froide, châssis, tunnel…). Pour les plantes frileuses, il est habituel de les garder dans une pièce chauffée jusqu’à la levée. Une véranda simple vitrage, pas très bien isolée, mais adossée à un salon, peut offrir une excellente configuration : elle est hors gel et la température n'y est pas excessivement chaude.
Lumière
L’intensité lumineuse et la durée du jour sont deux paramètres à prendre sérieusement en compte. Pour se développer convenablement et faire leur photosynthèse, les jeunes plantules auront besoin d’un maximum de lumière. Lorsque les semis manquent de lumière, ou lorsque la durée du jour n’est pas cohérente avec la température, les semis filent. Un semis qui file se reconnaît à sa tige qui s’allonge démesurément jusqu’à plier, voire même casser, car la jeune plante cherche la lumière. Après la levée, il est souvent judicieux de déplacer les semis dans une pièce non chauffée (aux alentours de 10°), sur le rebord intérieur d’une fenêtre bien exposée. Ainsi, les jeunes plantules bénéficient d’une bonne luminosité, et d’une température cohérente avec la durée du jour. L’éclairage artificiel, avec une installation LED et un chauffage soufflant branché sur un thermostat, est également très efficace, tant que la chaleur n’est pas trop importante.

Humidité
La maîtrise de l’humidité est un autre paramètre essentiel pour la réussite de vos semis. Une bonne humidité est indispensable pour permettre la levée des graines. Mais un excès d’humidité peut s’avérer nuisible et provoquer la pourriture des graines ou la fonte des semis. Pour éviter cela, il est conseillé de saupoudrer votre semis avec une fine couche de charbon de bois réduit en poudre.
L’arrosage par capillarité est une méthode très efficace : il suffit de disposer les semis dans un bac qui fera office de réserve d’eau. On pourra ainsi les laisser tremper jusqu’à ce que le substrat soit bien humide. Cette méthode permet d’arroser sans mettre de l’eau partout, ce qui est appréciable pour les semis réalisés en intérieur. Elle permet également de bien humidifier l’ensemble de la motte, là où les pulvérisations ont tendance à humidifier uniquement en surface, le tout sans déranger les graines, le terreau ou les jeunes plantules. Arroser par le dessous et laisser sécher le terreau sur la surface permet au terreau de former une croûte dure que vous pourrez casser avec un petit couteau. Humide au fond, sec sur le dessus, c'est le but pour éviter les maladies de la plantule qui va créer des racines pour aller chercher l'eau au fond.
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Quand et comment repiquer ses plantules ?
Une plantule peut être repiquée lorsqu’elle porte deux ”vraies” feuilles. Si vous attendez plus longtemps, les racines risquent d’être entremêlées et il en sera plus difficile de repiquer sans les endommager. Les semis précoces, réalisés en fin d’hiver, bien avant la mise en place des plantes au potager, permettent de gagner quelques précieuses semaines de développement. Il est préférable de réaliser les repiquages par temps frais et humide.
Le processus de repiquage
Une heure après un arrosage copieux, soulevez délicatement le mélange à l’aide d’une fourchette en commençant par les bords. Le sol aura été préalablement travaillé pour accueillir les plantules. Désherbé, biné et amendé, il sera bien meuble ; le travail sera facilité. Creusez ensuite les emplacements directement dans la terre en respectant la distance préconisée pour chaque espèce, et installez les plantules. Prélevez délicatement les plantules, en vous aidant éventuellement d’une fourchette ou d’un plantoir, très pratique pour les semis et le repiquage. L’opération ne doit pas les abîmer. Vous pouvez réaliser une sélection naturelle et ne conserver que les plus beaux plants. Si vous avez semé dans des pastilles de coco, le repiquage sera grandement facilité, puisque ce contenant est biodégradable et peut être conservé lors du transvasement.
Profondeur de repiquage
La profondeur de repiquage varie selon la plante :
- Repiquage collet à terre : La plupart du temps, un repiquage collet à terre convient, ce qui signifie que le plant est enterré jusqu'à la naissance des deux premières feuilles.
- Repiquage collet flottant : Pour les plantes plus sensibles dont le collet risque de pourrir (fraises, betteraves ou salades), il vaut mieux faire un repiquage collet flottant, c’est-à-dire enfoncer à peine le plant dans le sol.
- Repiquage profond (à collet enterré) : Ce type de repiquage ne s’applique qu’aux plantes supportant bien le repiquage (tomates, piments et solanacées). Il consiste à enterrer collet, hypocotyle et même les premières feuilles jusqu’à leur sommet afin de favoriser le développement racinaire.
Pour finir, égalisez le terreau (vous pouvez tasser doucement avec vos doigts) en prenant soin de laisser un espace d’environ 1-2 cm entre le sommet du godet et votre terreau. À ce stade, votre godet doit être légèrement bombé sous l’effet du tassement. Décompactez-le en le tapotant sur le dessous et les bords.
Lors d’un repiquage en pleine terre, la marche à suivre doit s’adapter. Le décompactage reste important dans le cadre d’une plantation de fruitiers. Toujours en lien avec le décompactage, lorsque vous procédez au repiquage de plantes achetées en pépinière ou jardinerie, vérifiez l’état des racines avant de les mettre en terre. Si ces dernières sont denses et apparentes, n’hésitez pas à casser la motte et démêler délicatement les racines afin d’optimiser leur contact avec le sol et éviter qu’elles ne se forment un chignon en se développant.
Acclimatation des plants
Pour acclimater vos plantes, il vous suffit de les habituer progressivement aux conditions extérieures. Par exemple, placer les futurs transplants à l’ombre puis augmenter peu à peu leur exposition pour les accommoder à l’exposition lumineuse de leur place définitive. Sortez vos plants les jours de beau temps, pour qu’ils se familiarisent avec le soleil direct et le vent. Cela les renforcera avant la plantation définitive. Pour une plantation en racines nues, il est conseillé de réaliser un pralinage des racines, qui consiste à enrober les racines d'un mélange de terre, d'eau et de matière organique pour les protéger et favoriser la reprise.