La tomate est très certainement le légume le plus cultivé. Productifs, variés en dimensions, en goûts et apparence de leurs fruits, faciles à cultiver, les plants de tomates sont néanmoins assez exigeants quant à leurs conditions de culture. Outre leurs besoins élevés en matières organiques et en eau, ils ont besoin d’être tuteurés pour maintenir leurs nombreuses tiges et leurs fruits lourds de jus. Les pieds de tomates n’ont pas besoin d’un entretien très compliqué. Malgré tout, certaines tâches s’avèrent indispensables pour faciliter la culture, optimiser les rendements et éviter certains problèmes.

Pourquoi tuteurer les tomates ?
Le tuteurage consiste à soutenir une plante au moyen de structures verticales afin de favoriser sa croissance. La plupart des tomates ont besoin d’être attachées au fur et à mesure de leur croissance, faute de quoi elles vont s'étaler au sol. Elles prennent alors beaucoup plus de place, les fruits sont difficiles à repérer et à ramasser, les fruits et les feuilles sont plus en contact avec l’humidité du sol, ce qui va favoriser le développement de maladies. Les tomates sont une variété à croissance haute, pouvant atteindre une taille de 2,5m, voire plus pour certaines variétés de tomates cerise.
Lorsque les plants de tomates arrivent à maturité, le poids des fruits peut en outre endommager les branches et entraîner leur rupture. Cette surcharge peut simplement faire plier l’ensemble du plant de tomate, jusqu’à le faire toucher le sol. Le tuteurage permet une meilleure circulation d’air et un meilleur ensoleillement des tomates. Moindre risque de limaces et d’escargots : accrocher les plants de tomates évite que les branches touchent le sol. L’autre argument en faveur du tuteurage, c’est tout simplement votre confort : il sera bien plus facile pour vous de cueillir vos tomates quand elles seront mûres si vos pieds sont correctement tuteurés.
Quel type de tuteur choisir ?
Le choix du matériau du tuteur pour ses pieds de tomates est important. Non seulement il doit être résistant, mais en plus il doit résister à l’humidité du sol puisqu’il y sera planté durant de longs mois. Tout ou presque peut servir de tuteurs pour les tomates. Les matériaux utilisés sont pour la plupart du temps en bois, en fer, en plastique ou en inox. Il y a aussi une grande diversité dans la forme du tuteur: rectiligne, torsadé, conique ou cylindrique.
Les tuteurs simples et spirales
Le tuteur simple est une solution classique, c’est la technique la plus couramment utilisée, tout simplement parce que c’est également la plus facile. Il s’agit de planter un piquet, en bois ou en fer, avant d’y enrouler vos plants de tomates au fur et à mesure de leur croissance. Le tuteur métallique offre l’avantage de pouvoir être utilisé de très nombreuses années. Le tuteur en spirale est très pratique car il ne nécessite pas l’utilisation de liens. Il suffit d’entortiller le pied autour de la spirale.
Le bois et le bambou
Le tuteur en bois est un bon choix, à condition de choisir des bois durs, résistants : le châtaignier et l’acacia sont des bois imputrescibles, le noisetier produit des tiges assez fines mais solides et droites. Les tuteurs en bois ont une durée de vie plus courte que le métal. Ils sont en revanche faciles et rapides à mettre en place et sont très peu coûteux. Une canne en bambou peut très bien faire office de support. Veillez juste à suffisamment enterrer la base de la canne dans le sol.
Les structures assemblées
Il est possible de choisir une bonne hauteur de piquet pour pouvoir l’enfoncer profondément dans le sol afin de supporter des tiges lourdes de fruits. Le portique en V est constitué de 2 lignes de piquets plantés en biais pour que chaque paire, écartée des autres de 50 cm, forme un V renversé. À la jonction de ces paires se placent un ou plusieurs piquets horizontaux. Le tipi est constitué de plusieurs (3 ou 4) piquets plantés en biais et formant un rond, assemblés par le haut. Les tomates y sont attachées par des liens. Très résistant au vent, il est idéal pour les plants non taillés, volumineux et aux gros fruits.
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Techniques de palissage et installation
Avant toute chose et quel que soit votre choix quant au tuteur que vous utiliserez, pensez à le planter avant vos plants. Ainsi, vous éviterez d'abîmer ces derniers. Pour cela, enfoncez votre tige d'au moins un tiers, afin qu'elle soit suffisamment solide le jour ou vos plants auront grandi.
Le palissage à la ficelle
Le palissage consiste à conduire les tomates au moyen d’une ficelle. Employer cette technique de support à la place des traditionnels piquets évite d’avoir à attacher les tomates à leur support. Enterrez la ficelle avec la motte des tomates. Les racines s’y accrocheront et permettront de bien ancrer la ficelle au sol. Attachez la ficelle en hauteur à la verticale du pied de tomate. Utilisez des matériaux solides et résistants comme le coton ou mieux encore des matériaux rapidement biodégradables comme le chanvre, le sisal ou la fibre de coco tressée.
Le sens d’enroulement peut paraître anodin. Pourtant, étant dans l’hémisphère nord vous devrez enrouler vos plants de tomates dans le sens des aiguilles d’une montre. Si vous procédez en sens inverse, les tomates ne s’enrouleront pas correctement et s’écarteront du tuteur.
L'usage des cages
C’est sans doute l’option la plus simple et la moins exigeante, puisque cette méthode n’implique pas de devoir accrocher les tomates au tuteur constitué par la cage. Investissez dans des cages de qualité, suffisamment résistantes, plutôt que dans des cages fragiles et bon marché. Il peut être difficile de se procurer des cages de tomates robustes, aux bonnes dimensions et surtout à moindre prix. La tomate est très certainement le légume le plus cultivé. Productifs, variés en dimensions, en goûts et apparence de leurs fruits, faciles à cultiver, les plants de tomates sont néanmoins assez exigeants quant à leurs conditions de culture.

Les bonnes pratiques de fixation
Une fois que vous avez trouvé le tuteur adéquat, pensez à l'entretien et aux besoins de vos plants. N'hésitez pas à palisser régulièrement si vous avez opté pour un tuteur simple, par exemple. Cependant, assurez-vous que vos liens ne sont pas trop serrés… Il serait dommage d'abîmer ou de casser des bras de tomates en les attachant à vos piquets !
- Liens naturels : Fil de sisal, de chanvre ou de coton. Ce type de liens très bon marché conviendra parfaitement. Il permet aux plantes de bouger librement. Il offre aussi l’avantage d’être compostables pour le sisal ou le chanvre.
- Matériaux de récupération : Le tissu et les collants usagés sont des matériaux extensibles, bien adaptés pour fixer les pieds aux tuteurs.
- Accessoires modernes : Il existe des clips de tuteurage spécialement prévus à cet effet et qui vous faciliteront la vie si vous n’êtes pas très doué pour confectionner des nœuds. Attaches velcro.
Le lien parfait se réalise en huit. Le croisement du nœud doit toujours se trouver entre la tige et le tuteur afin d’éviter le frottement.
Erreurs courantes à éviter
Il est essentiel de rester vigilant lors de la manipulation des plants. Veillez à ne pas installer le tuteur trop tard. Positionnez le support avant la plantation ou au moment de celle-ci. Ne pas laisser assez d’espace. Assurez-vous d’avoir les mains propres avant de manipuler les plants de tomates. Vous éviterez de propager d’éventuels spores de champignons. Si vous fumez soyez d’autant plus vigilant. Ne pas faire attention aux parties les plus fragiles. N’attachez pas les plants si le feuillage est humide.
Gestion des variétés et arrosage
Toutes les tomates n’ont pas besoin de la même hauteur de tuteur. Les variétés indéterminées bénéficieront de tuteurs à tomates de 1m80, voire 2 m. Un tuteur pour tomates cerises et autres variétés déterminées n’a pas besoin d’être aussi haut, 1m50 est normalement suffisant. Les premières, à port déterminé, ont une forme légèrement buissonnante, assez compacte. Le tuteur ne leur est pas indispensable, une cage à tomates est plus adaptée, car la croissance de leur tige est limitée. Les tomates cerises, entre autres, ont cette forme buissonnante.
Une fois que vous avez trouvé le tuteur adéquat, pensez à l'entretien et aux besoins de vos plants. De plus, pensez à arroser vos tomates. Ce n’est pas parce qu’elles auront été tuteurées que leur croissance se fera toute seule : elles auront besoin d’eau ! Pour l'arrosage, il existe d'autres possibilités que de parcourir votre potager muni d’un arrosoir. Vous pouvez investir dans des tuteurs à réservoir d'eau, qui se trouvent très facilement dans le commerce.

La culture sans tuteur : une alternative possible
Il est possible de cultiver des tomates sans tuteur. Loin d’être marginale, cette technique peut produire de très beaux rendements grâce au développement d’un système racinaire puissant. Elle nécessite simplement de l’espace : un plant peut occuper plus d’un mètre carré. Lorsque les tiges rampent au sol, les fruits doivent absolument être isolés de l’humidité. Un paillis sec est indispensable : paille, foin, lin ou tontes parfaitement séchées. La culture au sol demande peu d’entretien. Supprimez uniquement les feuilles les plus basses pour améliorer l’aération. L’arrosage peut être espacé : un apport tous les quinze jours en période sèche suffit.