Originaire d'Écosse, la Highland Cattle est une race bovine qui se distingue par son petit format, ses hautes cornes et la longue toison qui lui dissimule les yeux. C'est une bête rousse qui en sort d'un pas tranquille, museau au vent, et frappe par son look préhistorique : une toison dense et longue qui lui recouvre les yeux et pend le long de ses flancs, un corps petit et massif, et ces deux pointes démesurées qui s’étirent de chaque côté de la tête avant de s’élancer vers le ciel gris. De bon caractère, la vache est aussi réputée pour ses qualités de débroussailleuse, ce qui en fait un animal prisé pour la gestion écologique des milieux.

Des Origines Anciennes Ancrées dans les Highlands
Comme son nom l’indique, la Highland Cattle est originaire des hautes terres (Highlands) du nord-ouest de l'Écosse ainsi que des Hébrides extérieures, les îles situées en mer d’Écosse. La vache d'Écosse provient à l'origine du nord de l'Écosse et des îles proches de ses côtes. Cette région, faiblement peuplée et isolée, se caractérise par des collines et des montagnes dont plusieurs sommets dépassent les 1 000 mètres d'altitude. La rusticité de la Highland Cattle s’est donc forgée au gré des climats rigoureux et d’une nature peu fertile.
Historiquement, il existait deux types principaux : la Highlander, qui vivait dans les hautes terres d’Écosse, et la Kyloe (ou West Highlands), plus petite, qui habitait les îles occidentales d’Écosse. La Kyloe comptait un pourcentage plus élevé de vaches noires et bringées que la Highlander du continent. Au cours du XVIIIe siècle, on observait des milliers de têtes en train de brouter l’herbe du Strathspey, une région située aux abords de la vallée de la rivière écossaise Spey. L’été, les troupeaux montaient sur les hauteurs sous la surveillance de leurs bergers qui logeaient dans des habitations temporaires d’estive (shieling), faites de bois ou de pierre.
La Highland Cattle était si populaire qu'elle faisait l’objet de vols réguliers, au point que les éleveurs pouvaient solliciter une commission pour mettre en place une garde officielle rémunérée afin de ramener le bétail. L’exportation de la race à l’international a commencé à la fin du XIXe siècle quand s’est ouvert son livre généalogique en 1884, ce qui en fait la plus ancienne race de bétail enregistrée au monde. Aujourd’hui, la race bovine est surtout présente dans le sud de l’Écosse, dans le reste de l’Europe, ainsi qu’en Australie, en Amérique du Nord et du Sud. On rencontre même le bovidé à 3 000 m d’altitude dans les Andes, témoignant de son adaptabilité remarquable.
Un Physique Robuste et une Toison Inimitable
La Highland Cattle arbore une tête en forme de triangle équilatéral dont le toupet long et bien fourni dissimule les yeux. Ses yeux vifs sont en partie cachés par de longs poils touffus. Son corps robuste et musclé, surtout chez les mâles, présente un dos rectiligne et large, une poitrine profonde, des épaules épaisses et un bassin légèrement incliné. Les femelles ont des hanches larges et une culotte assez arrondie. La vache Highland a un format avec une bonne largeur et profondeur ainsi qu'une taille légèrement en dessous de la moyenne. Le dos est droit et large avec un long bassin. Le corps est en équilibre entre l'avant et l'arrière-train avec une musculature moyenne. De petite taille, de 1,10 à 1,30 m de hauteur au garrot pour un poids de 400-500 kg (femelle) et 500-750 kg (mâle), et légère, de 450 à 650 kg, elle s'adapte particulièrement aux parcelles humides.

Une des caractéristiques les plus frappantes de la Highland Cattle est sa toison typique qui a fait sa popularité. Pour affronter les rigueurs du climat, la Highland a une peau très épaisse. De plus, elle possède deux épaisseurs de poil : le sous-poil, doux et fin, jouant le rôle d'isolant thermique, et le poil du dessus, long (jusqu'à 35 cm) et huileux, celui d'imperméabilisant. La combinaison d’un épais manteau extérieur huileux et d’un sous-poil laineux lui confère chaleur en hiver et imperméabilité. La longue frange tombant sur sa tête et ses yeux la protège des branchages, des broussailles ainsi que des mouches. Mesurant jusqu'à 35 cm de long, son abondant pelage ondulé se désépaissit l’été. Il n'est pas rare de voir certaines Highlands perdre leur poil l'été, quand la température est élevée et que l'air est sec. Dès les premiers frimas, les poils repoussent.
La robe de la Highland Cattle se teinte souvent de rouge-brun ou de noir, mais des variantes sont admises telles que le marron, le jaune, le blanc, le bringé (noir et rouge mélangés), le louvet (ou dun) et le louvet argenté (ou silver dun) avec des nuances allant du clair au foncé. Les deux couleurs principales sont le rouge et le noir, mais de nombreuses variantes sont acceptées. On a acheté des brunes, des noires, des blanches et des jaunes. La robe varie toujours unie, du clair au foncé : les animaux présents sur les Courtils de Bouquelon sont blonds, roux clairs, roux foncés, bringés et noirs. Le museau a aussi ses couleurs, en passant par le blanc et le rouge. Dans de rares occasions, le mufle de certaines vaches au pelage rouge sera entouré d'une mince ligne de poils noirs. Il faudra attendre au moins 2 ans avant que la couleur définitive du jeune veau soit fixée. Toutes les vaches noires ont la langue noire et le bout du nez noir. La plus blonde, c'est Perla.
Les deux sexes se différencient aussi par leurs cornes. Les cornes sont une excroissance osseuse vivante et vascularisée, dont la pousse se poursuit toute la vie durant. Celles du taureau poussent souvent vers l’avant, voire légèrement vers le bas, et leur base est bien plus large. On reconnaît bien les mâles aux cornes qui vont vers le bas, alors que celles des femelles sont en forme de lyre. Certaines vaches ont des cornes en forme de lyre. Les cornes des femelles sont en forme de lyre. Celles des mâles vont vers le bas. Les cornes peuvent être de couleur crème, jaune, blanche, ou brunes pâle. Certains éleveurs préfèrent avoir des taureaux avec les cornes pointant vers le bas au niveau de la couronne, ceci se révélant être un défaut dans le standard de la race Écossais. Les cornes des femelles pointent vers le haut.
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Une Rusticité Hors du Commun et des Qualités Écologiques
La Highland Cattle est une race adaptée aux climats rigoureux à tempérés. Capable de vivre dans des conditions difficiles (froid, neige, humidité), l’animal s'adapte aussi aux contrées plus chaudes grâce à une forte résistance contre les écarts de température. La structure et la longueur des poils les rendent particulièrement adaptés à la vie en plein air toute l'année, comme elles le sont dans leur contrée d'origine au climat froid, pluvieux et venteux. Nul besoin de traitement, de vermifuge, ni de répulsif à tiques. Ni même d’abri : le hangar mis à disposition est toujours vide, les vaches préférant rester sous la pluie ou la neige, dans laquelle elles mettent bas sans broncher.
Herbivore, la Highland Cattle peut pâturer dans divers biotopes tels que les zones de landes ou de marécages, les bois et les friches où elle consomme une grande variété de végétaux de type arbustif et autres fourrages grossiers. Peu exigeant, le bovin peut manger presque n’importe quoi : des ronces comme des jeunes pousses, des feuillages et des broussailles issus de différentes espèces végétales : du sumac vénéneux au chèvrefeuille en passant par la vigne. Ses qualités de tondeur débroussailleur sont d’ailleurs utilisées pour valoriser des terres non cultivables. La balle de foin déballée aujourd’hui n’a pas beaucoup de succès. Tant qu’elles auront de l’herbe, elles ne toucheront pas au fourrage. J’ai vu des veaux bouffer des ronciers !
On “embauche” ainsi la Highland Cattle pour entretenir des fonds de vallée, des berges des fleuves, des zones naturelles, des sentiers de montagne. Avec son look marrant, son côté rustique et ses longs poils, la vache Highland est utilisée dans les zones naturelles pour l'entretien de la végétation. En Lorraine, sur la Zone humide du Moulin, à Teterchen, des Highlands ont été missionnées par le Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine pour nettoyer les roseaux, qui fermaient le milieu, empêchaient les autres plantes de pousser, et même les oiseaux ne pouvaient pas y aller. André Masson, cofondateur de la société Highlands du Warndt, assure qu'il n’y a rien à faire, on les met au printemps, on les récupère en automne.
Son sabot est aussi gros que celui des autres races de vache, mais elle est deux fois moins grande ; c’est parfait pour les zones humides. Loin de boucher la vue, la frange trop longue évite d’avoir des mouches dans les yeux en été, un point non négligeable dans cette zone marécageuse. Mais l’atout numéro un de la Highland, c’est sa capacité à manger tout ce que les autres herbivores dédaignent. Elles ont fait leurs preuves… en ville. Montigny-lès-Metz a utilisé des Highlands pour un parc de 2 hectares en bord de ville, ça a eu un impact formidable ! Après les prairies Jean-Marie Pelt en 2016, de nouvelles pensionnaires sont venues prendre leurs quartiers au stade Ney en 2017, ravissant les services techniques autant que les passants - qui ont vu naître un veau à même le parc au printemps 2019. En échange de cet entretien garanti zéro phyto, la Ville paye le transport et les frais vétérinaires des bovins. La commune de Metz a embrayé, mettant deux zones à disposition, et proposant à André d’assurer des animations avec les écoles pour faire découvrir les avantages de l’éco-pâturage.

Reproduction, Longévité et Caractère
La longévité de la Highland est exceptionnelle, elle peut atteindre plus de vingt ans. La croissance de la race est lente : l’âge adulte sur le plan ostéologique n’intervient que vers 6 ans et demi, mais la longévité dépasse fréquemment les 20 ans. Après une gestation de 9 mois environ, la femelle met bas un veau qui pèse 30 kg en moyenne à la naissance. Les vêlages de veaux, petits (autour de 35 kg), se font le plus souvent de nuit et bien évidemment sans assistance aucune. Aucune naissance gémellaire n’a encore été enregistrée à ce jour sur les Courtils de Bouquelon.
La première saillie des génisses se fait en moyenne à 27 mois permettant un premier vêlage à trois ans. L’année suivante, l’animal ne reproduit généralement pas, ce qui lui permet d’avoir une croissance compensatrice. Rarement malade, aux problèmes du grand âge près, le Highland ne nécessite pas de soins particuliers, notamment en ce qui concerne sa tolérance au parasitisme qui est excellente. Sur le plan zootechnique, les animaux sont capables de faire « l’accordéon » en perdant entre 60 et 80 kg chaque hiver et qui sont repris chaque été. Élevées dans des conditions proches de son milieu d'origine, les vaches peuvent vêler jusqu'à 20 ans, voire plus. Une vache peut avoir aisément plus de 15 veaux dans sa vie.
Les troupeaux sont visités au moins une fois par semaine, ce qui permet de consigner divers événements d’élevage comme la naissance de veaux. Dans ces conditions, il est rare de pouvoir intervenir le jour de la naissance, car les naissances sont étalées tout au long de la belle saison dans une végétation relativement haute et les mères cachent parfois leurs veaux. Le bouclage des veaux nouveau-nés est cependant pratiqué « au champ » avec les vaches les plus « gentilles ». C’est une opération cependant dangereuse au vu de la longueur des cornes et de la vélocité maternelle aiguisée par l’inquiétude. Il se pose aussi la question d’oreilles vraiment petites à la naissance et de surcroît assez souvent profondément et naturellement échancrées, ce qui rend le percement de l’oreille particulièrement difficile. La date de naissance la plus probable est déterminée en fonction de la chute ou non du cordon ombilical, de la réactivité du veau et l’incertitude ne peut de toute façon ne porter que sur quelques jours vu le caractère hebdomadaire des visites. La réglementation de la réserve naturelle impose une certaine quiétude aux lieux, ce qui est incompatible avec « des grandes manœuvres » pour rentrer coûte que coûte des animaux qui par ailleurs deviendront de plus en plus craintifs au fur et à mesure des reprises.
D’un tempérament tranquille et docile, la Highland Cattle ne craint pas l’homme et s’approche volontiers des promeneurs pour quémander une caresse. Respectueux de la hiérarchie sociale instaurée au sein du troupeau, le bovin ne se montre jamais agressif envers ses congénères contre lesquels il ne se bat jamais. Les génisses s’approchent de leur propriétaire, poussées par la perspective d’un morceau de pain sec et, indifférentes à la pluie fine qui s’abat sur elles. La bouille hirsute de la douce Écossaise fait fureur.
Une Viande de Qualité et une Production Laitière Particulière
Si la race est élevée pour la qualité reconnue de sa viande, elle est également une excellente débroussailleuse. La Highland produit peu de lait (moins d’1 litre par jour), une quantité infime par rapport à une vache laitière (plus de 25 litres). En revanche, sa production est très riche. Contenant un pourcentage de crème hautement élevé (jusqu’à 10%), ce n’est pas du lait, disent les Écossais, c’est du beurre !
Le cheptel Highlands de la Réserve Naturelle Régionale des Courtils de Bouquelon compte entre 40 et 50 têtes de tous âges et de tous sexes. Le premier troupeau comme le second sont des troupeaux reproducteurs possédant un taureau en permanence et une douzaine de femelles d’âge très variable (2 à 20 ans). Le troisième est constitué d’un lot d’une dizaine de bœufs de 18 mois à environ 4-5 ans, âge auquel ils sont destinés à l’abattoir. Il s’agit des mâles surnuméraires issus des troupeaux précédents et qui sont castrés vers l’âge de 1 an et demi. Le quatrième lot, temporaire, est un lot de veaux, issu des deux troupeaux reproducteurs et constitué au moment de la reprise effectuée pour la prophylaxie. Certains de ces animaux quitteront le site à la demande d’organismes divers à des fins de gestion environnementale.
La Highland Cattle dans le Contexte Actuel
Le troupeau d'André Masson s’élève maintenant à une cinquantaine de têtes, et le petit complément d’activité est devenu une passion pour les cinq associés. Arnaud Friderich siffle et crie pour rassembler les bêtes. Des mots de patois lorrain se mêlent au français. Arrivent deux vaches blondes et un petit qui court pour tenir la cadence des aînées. C’est bientôt toute une file qui se forme, dans un défilé de poils et de cornes. Elles ont toutes un nom ! La plus blonde, c’est Perla. Ensuite les deux petits c’est Pepito et Pedro. C’est ma conjointe qui choisit les noms.
Si l’élevage de Highland Cattle n’est pas toujours considéré comme très rentable pour les éleveurs intensifs, il est formidable pour ceux qui n'ont pas de revenus à dégager. Les rustiques Highlands ont fait leurs preuves dans l’éco-pâturage et l’entretien des espaces naturels, devenant des alliées précieuses pour la biodiversité et la gestion paysagère.
