Le monde de l'agroéquipement évolue vers une polyvalence accrue, répondant aux besoins complexes des exploitations modernes. Au cœur de ces évolutions, la gestion des effluents d'élevage et le transport de matières diverses représentent des enjeux de rentabilité et de logistique majeurs. Cet article explore les innovations en matière de matériel, les fondements agronomiques de l'utilisation du fumier, ainsi que le cadre réglementaire régissant la conduite des engins agricoles.
La benne Fusion : L'innovation au service de la méthanisation
Transporter les effluents solides et liquides avec un seul et même véhicule est désormais possible avec la benne monocoque Fusion de l'entreprise française Deguillaume. Conçue dans l'usine d'Eymoutiers en Haute-Vienne, cette remorque pas comme les autres devrait séduire les exploitations agricoles équipées d'une unité de méthanisation. La benne Fusion de l'entreprise Deguillaume s'adresse principalement aux exploitations agricoles équipées d'une unité de méthanisation.
Elle leur promet, grâce à sa polyvalence, de réduire leurs investissements en matériels et d'améliorer leur rentabilité en limitant les voyages à vide réalisés habituellement avec une simple benne ou une tonne à lisier. La Fusion s'utilise en effet pour acheminer le fumier ou d'autres matières organiques vers le digesteur et, une fois vidée, elle se transforme en un véhicule adapté au transfert du digestat vers un point de stockage ou un chantier d'épandage. Pour le transport des matières liquides, la benne Fusion de Deguillaume reçoit un cône de remplissage à l'avant et une vanne de vidange à l'arrière.
Cette benne multifonction se caractérise par l'adoption d'un double fond. Le relevage hydraulique de la partie supérieure du plancher forme un espace étanche de 21 m3 adapté au transport des produits liquides. Il s'accompagne du déploiement de cloisons transversales perforées anti-tangage. Le remplissage de cette cuve s'opère via un cône situé en partie avant, à l'aide d'une potence alimentée par une pompe externe. La vidange s'effectue par une vanne arrière.
La remorque Fusion se valorise également pour le transport de l'ensilage, des céréales et des betteraves. Son plancher élévateur est aussi susceptible de séduire les producteurs de pommes de terre, car il réduit la hauteur de chute lors du chargement. Cette benne dispose de trois essieux, bénéficie de l'homologation à 40 km/h et se décline en deux versions de caisse : acier et inox ou aluminium. Sa capacité à l'ensilage s'élève à 56 m3.

Fondements agronomiques : La fertilisation par le fumier
Le fumier est un précieux fournisseur d’éléments nutritifs pour le sol. Le fumier de bovin, de poule et de cheval fournit non seulement des nutriments précieux pour les plantes, mais aussi beaucoup de matière organique. Le fumier frais contient, outre les excréments des animaux, plus ou moins de litière, selon l’étable et l’élevage. La litière est généralement constituée de paille. On différencie les fumiers en fonction de leur provenance et de leur forme de production.
Le fumier est le mélange de plusieurs matières organiques. On y retrouve d’une part les urines et les déjections ou fèces des animaux (crottins, bouses, fientes, crottes…). Vient ensuite la litière qui absorbe les urines, que ce soit foin, paille, broyat ou encore sciure. Le fumier est un mélange d’urine, d’excrément, et de matière carbonée. Au final, le fumier est un mélange de matières très sèches, très carbonées, très ligneuses, couplées à des matières très humides.
Pratiques de compostage et gestion des nutriments
La question se pose de savoir si un fumier s’utilise frais ou s’il est nécessaire de le composter durant quelques semaines, quelques mois. Les deux hypothèses sont envisageables, mais l’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue. Elle est même obligatoire en maraîchage professionnel. Le premier avantage à composter un fumier est de l’assainir, se prémunir plus encore de quelconques risques sanitaires.
Autre avantage à composter un fumier en tas : la litière imprégnée d’urine et les déjections vont se bonifier l’une et l’autre dans un équilibre d’humidité et d’oxygénation. Vous obtiendrez ainsi un très beau compost. Il prend deux fois moins de place qu’un fumier frais. La paille notamment qui se décompose, s’émiette. Il demande donc deux fois moins de logistique de transport. Il est parfaitement homogène, stable, libère très lentement des minéraux et on peut, de ce fait, l’utiliser toute l’année.
Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3%. Pour l’azote, il faudra plusieurs semaines, plusieurs mois et même plusieurs années pour qu’il se rende disponible pour nos cultures. On parle de minéralisation de l’azote.

Réglementation sur la conduite des engins agricoles
Depuis l’entrée en vigueur de la loi « Macron » du 6 août 2015, la conduite des matériels agricoles s’est fortement simplifiée. Il y a désormais deux cas de figure : la dispense de permis de conduire et le permis B.
La dispense de permis
Pour bénéficier de la dispense de permis de conduire, il faut respecter deux conditions essentielles :
- Que le matériel soit attaché à une exploitation agricole, une ETA ou une Cuma.
- Que le matériel soit utilisé pour la réalisation de travaux agricoles : travaux qui entrent dans le cycle de la production animale ou végétale, travaux d’améliorat# Tout Savoir sur la Benne à Fumier et les Épandages

Le fumier, un mélange d’urines, d’excréments d’animaux et de litière (paille, foin, sciure, broyat), est une ressource agronomique précieuse. Il représente une source importante d’éléments nutritifs pour le sol et contribue à l'apport de matière organique, essentielle pour la fertilité des terres agricoles. Sa gestion et son transport nécessitent des équipements spécifiques, notamment les bennes à fumier, qui ont considérablement évolué pour offrir une polyvalence accrue aux exploitations modernes.
La Benne Multifonctionnelle : Innovation et Rentabilité
Le transport et l'épandage du fumier sont des opérations fondamentales dans l'agriculture. Les innovations technologiques ont conduit au développement de bennes toujours plus performantes et polyvalentes. Parmi ces innovations, la benne monocoque Fusion de l'entreprise française Deguillaume se distingue par sa capacité à transporter à la fois des effluents solides et liquides avec un seul et même véhicule.

Conception et Polyvalence de la Benne Fusion
Conçue dans l'usine d'Eymoutiers en Haute-Vienne, la benne Fusion s'adresse principalement aux exploitations agricoles équipées d'une unité de méthanisation. Cette remorque promet de réduire les investissements en matériels et d'améliorer la rentabilité des exploitations en limitant les voyages à vide. Sa polyvalence lui permet d'acheminer le fumier ou d'autres matières organiques vers le digesteur. Une fois vidée, elle se transforme en un véhicule adapté au transfert du digestat vers un point de stockage ou un chantier d'épandage.
Cette benne multifonction se caractérise par l'adoption d'un double fond. Le relevage hydraulique de la partie supérieure du plancher forme un espace étanche de 21 m³ adapté au transport des produits liquides. Il s'accompagne du déploiement de cloisons transversales perforées anti-tangage, un dispositif crucial pour stabiliser le chargement liquide et prévenir les mouvements dangereux lors du transport. Le remplissage de cette cuve s'opère via un cône situé en partie avant, à l'aide d'une potence alimentée par une pompe externe, tandis que la vidange s'effectue par une vanne arrière.
La benne Fusion de Deguillaume reçoit, pour le transport des matières liquides, un cône de remplissage à l'avant et une vanne de vidange à l'arrière. La livraison de la première benne Fusion de Deguillaume a été programmée en mai 2021, marquant le début de sa commercialisation.

Capacités et Caractéristiques Techniques
Outre le transport du fumier et du digestat, la remorque Fusion est également valorisée pour le transport de l'ensilage, des céréales et des betteraves. Son plancher élévateur est aussi susceptible de séduire les producteurs de pommes de terre, car il réduit la hauteur de chute lors du chargement, minimisant ainsi les dommages aux produits sensibles.
Cette benne dispose de trois essieux, bénéficie de l'homologation à 40 km/h et se décline en deux versions de caisse : acier et inox ou aluminium, offrant des options en fonction des besoins spécifiques des utilisateurs et des types de matières transportées. Sa capacité à l'ensilage s'élève à 56 m³, démontrant sa grande capacité pour les volumes importants.
La Fertilisation au Fumier : Un Apport Essentiel pour la Vie du Sol
Le fumier est un berceau de richesse pour notre sol et un apport de nutriments pour nos cultures. C'est un précieux fournisseur d’éléments nutritifs pour le sol.
Composition et Types de Fumier
Le fumier est le mélange de plusieurs matières organiques. On y retrouve d’une part les urines et les déjections ou fèces des animaux (crottins, bouses, fientes, crottes…). Vient ensuite la litière qui absorbe les urines, que ce soit foin, paille, broyat ou encore sciure. Au final, le fumier est un mélange de matières très sèches, très carbonées, très ligneuses, couplées à des matières très humides.
On différencie les fumiers en fonction de leur provenance et de leur forme de production :
- Fumier frais : Fumier de bovin, de volaille ou de cheval non transformé obtenu directement à la ferme. Il contient, outre les excréments des animaux, plus ou moins de litière, selon l’étable et l’élevage. L’inconvénient de la fertilisation au fumier frais est principalement l’odeur et sa manipulation. Le fumier frais ne doit pas être épandu directement sur les plantes, car l’ammoniac qu’il contient peut provoquer des brûlures.
- Pellets : Fumier séché et délicatement compressé. Les pellets sont faciles à répartir dans le jardin et possèdent une odeur agréable. Ils constituent une bonne alternative pour ceux qui ne sont pas à l’aise pour fertiliser avec du fumier frais.
- Composté : Le fumier de bovin ou de cheval composté, qui ressemble beaucoup au compost, est également utilisé comme celui-ci.
L'Importance du Compostage du Fumier
La question se pose de savoir si un fumier s’utilise frais ou s’il est nécessaire de le composter durant quelques semaines, quelques mois. Les deux hypothèses sont envisageables, mais l’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue et même obligatoire en maraîchage professionnel.
4 utilisations du fumier frais + compostage du fumier en 20 jours - permaculture
Le premier avantage à composter un fumier est de l’assainir, se prémunir plus encore de quelconques risques sanitaires, notamment des résidus médicamenteux parfois présents dans les urines d'animaux traités. Autre avantage à composter un fumier en tas : il se valorisera de lui-même. La litière imprégnée d’urine et les déjections vont se bonifier l’une et l’autre dans un équilibre d’humidité et d’oxygénation, résultant en un très beau compost.
En répandant le fumier frais et non composté au sol, la litière se retrouve parfois d’un côté, les déjections d’un autre. La température monte moins haut (le fumier doit chauffer pour bien se décomposer) et la plus-value n’est pas la même. Il est donc conseillé de prendre le temps de mettre le fumier en tas, de l’aérer si possible tous les 15 jours en brassant le tas.
De nombreux autres avantages viennent s’ajouter à l’utilisation d’un fumier composté. Il prend deux fois moins de place qu’un fumier frais, car la paille notamment se décompose et s’émiette, réduisant ainsi la logistique de transport. Il est parfaitement homogène, stable, et libère très lentement des minéraux, ce qui permet de l’utiliser toute l’année. Enfin, grâce à la phase de compostage à chaud, la présence de graines d’adventices dans l'amendement sera significativement réduite. Ce fumier composté grossièrement va directement au potager nourrir les petites bêtes du sol.
Ces avantages étant dits, il est également possible d'apporter du fumier frais au potager. Les macro-organismes vont se régaler de matières grossières à décomposer et vont se démultiplier. Mais ce fumier sera bien moins stable et homogène, il est alors fortement conseillé de l’épandre en dehors des périodes de culture. Le meilleur moment est en automne, lorsque le sol est encore bien chaud et actif, permettant au fumier de se décomposer durant l’hiver.
L'Apport Correct de Fumier et sa Minéralisation
Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux, d'où sa classification comme amendement plutôt qu'engrais, avec des concentrations en azote, phosphore et potassium inférieures à 3%. Ces concentrations sont bien inférieures à celles des engrais de l'industrie qui contiennent parfois plus de 30% d’azote ou des engrais naturels comme le sang séché qui comprend 14% d’azote.
Cette faible concentration en minéraux et cette richesse en carbone ont un double impact. D’abord, il faudra du temps pour que la vie du sol décompose les molécules complexes du fumier, et il faudrait l’emmener en quantité. Pour l’azote, il faudra plusieurs semaines, plusieurs mois et même plusieurs années pour qu’il se rende disponible pour les cultures. Cet azote est très complexe, relié au carbone (on parle d’azote organique). La vie du sol aura du pain sur la planche pour le déchiqueter et le rendre absorbable pour les cultures potagères, un processus appelé minéralisation de l’azote. Pour le phosphore et le potassium, même s’ils sont plus rapides à être disponibles, il faudra tout de même là aussi quelques semaines, quelques mois pour que le fumier libère sa richesse nutritive.
Il est recommandé d'épandre le fumier autour des plantes en automne ou à la fin de l’hiver, puis de bêcher ensuite le sol. Au printemps, il suffira alors de travailler la plate-bande avec un croc et de planter directement. Idéalement, il faut 1 à 2 litres de fumier par m², 3 litres au maximum. Le fumier de bovin, de cheval et de volaille contient généralement un peu d’azote et beaucoup de phosphore et de potassium. Il ne faut donc pas dépasser la quantité indiquée ci-dessus, sinon le sol recevra une surdose de nutriments.
Le fumier et le compost fournissent au sol du jardin de nombreux éléments nutritifs. Cependant, pour que les cultures maraîchères soient bien nourries, il faut encore ajouter de l’engrais pour légumes, car le fumier ne remplace pas l’engrais.
Types Spécifiques de Fumier et Leurs Propriétés
Plus l’animal est petit, plus le fumier est riche. On parle aussi souvent de fumier froid ou fumier chaud, mais il est avant tout conseillé d'utiliser le fumier pour lequel l’accès est le plus facile. Les fumiers de lapin et de poules sont au moins deux fois plus concentrés en minéraux qu’un fumier de vache ou de cheval. Il faut en tenir compte pour apporter les bonnes quantités.
- Fumier de poule : Les fientes de poules sont récupérées avec la litière de paille, directement dans le poulailler surtout sous les perchoirs. Tout juste 1 kilo au m² sera déjà une belle dose, ce qui correspond à une bonne pelletée.
- Fumier de lapin : Après celui de volaille, c’est le fumier le plus riche en potasse, ce qui en fait sa particularité. Il est idéal pour répondre aux besoins exigeants des cultures les plus gourmandes, telles que les tomates, pommes de terre, et betteraves. Il est souvent assez pailleux lorsque les crottes sont récupérées avec la litière. Il sera bien plus efficace en l’utilisant composté et évitera tout risque de brûlure des cultures. Pour un bon compostage, il faudra compter bien 90 jours de stockage en maintenant une bonne humidité et en prenant soin de casser les mottes compactes et sèches. Il fait partie des fumiers chauds, idéal pour alléger des sols lourds.
- Fumier de cheval : C’est celui le plus répandu et le plus utilisé dans les potagers. Il monte vite en chaleur et est d’ailleurs parfois utilisé pour confectionner des « couches chaudes », une alternance de fumier frais et paille ou foin pour chauffer un espace à semis par exemple.
- Fumier de vache : Un fumier également très utilisé au potager et en agriculture du fait des quantités disponibles assez considérables. Il est plutôt conseillé pour les sols légers tellement ce fumier est lourd et froid. Les bouses complétées d’une litière de paille mettent du temps à se décomposer sans trop de montées en température. Mais une fois composté, il pourra être utilisé pour tout type de sol. Sa richesse nutritive est assez similaire au fumier de cheval, un peu plus riche tout de même, notamment en potassium.
Enfouissement du Fumier : Frais vs Composté
Concernant l'utilisation du fumier frais au potager, celui-ci contient une bonne partie d’azote très vite disponible via les urines et déjections fraîches. De nombreuses études montrent une déperdition d’azote jusqu’à 50% par volatilisation, mais dans le même temps, le fumier a besoin d’oxygène pour se décomposer. Il est alors conseillé de l’enfouir tout en le laissant dans un milieu aérobie, aéré, sur les 10 premiers centimètres de sol maximum.
Concernant le fumier composté, celui-ci est beaucoup plus stable. L’azote est lié au carbone, et les molécules sont complexes. On pourra le laisser en surface sur un sol gorgé de vie biologique. C’est cette vie qui va travailler mieux que tout engin mécanique et incorporer le compost de fumier aux premiers centimètres de sol. Au contraire, sur un sol peu propice au potager, manquant de vie, d’aération ou d’humidité, il est conseillé d’enfouir mécaniquement le compost de fumier sur les premiers centimètres, comme un enfant à ses premiers âges à qui il faut de l’aide pour manger et se développer. L'incorporation des apports sur les 10 premiers centimètres de sol, par exemple avec une grelinette ou un simple croc, est une méthode qui perturbe très peu, voire quasiment pas, la vie du sol.
Acquisition de Fumier pour le Jardin
Si l’accès au fumier frais est compliqué, il est tout à fait possible d’acheter du fumier pour le potager en jardinerie. C’est souvent celui de cheval que l’on trouve. Le principe sera presque le même : améliorer légèrement le sol et surtout nourrir les futures cultures. L’avantage est qu’il est desséché, donc plus léger et plus facile à transporter. Il est à noter que le fumier de jardinerie est souvent enrichi avec des algues marines ou autres apports organiques, car le fumier est assez pauvre et peu concentré en minéraux essentiels. Ces ajouts permettent d'enrichir une plus grande surface du potager avec un seul sac. Les doses de fumier varient, mais on est généralement sur un apport de 500 grammes de fumier desséché par mètre carré cultivé.
Si l’accès au fumier repousse ou est compliqué, d’autres solutions existent pour enrichir le sol : le compost ménager, le compost végétal, les paillages diversifiés (broyat, foin, paille, tontes, feuilles…) qui mois après mois apporteront de la richesse. Il faut aussi penser à la multitude d’engrais naturels qui vont enrichir le sol.
Réglementation et Logistique des Engins Agricoles
L'utilisation de tracteurs et de bennes à fumier est soumise à des réglementations spécifiques concernant les permis de conduire, les carburants et l'immatriculation.
Permis de Conduire pour Engins Agricoles
Depuis l’entrée en vigueur de la loi « Macron » du 6 août 2015, la conduite des matériels agricoles s’est fortement simplifiée. Il y a désormais deux cas de figure : la dispense de permis de conduire et le permis B.

Dispense de Permis
Pour bénéficier de la dispense de permis de conduire, il faut respecter deux conditions essentielles :
- Que le matériel soit attaché à une exploitation agricole, une ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) ou une Cuma (Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole).
- Que le matériel soit utilisé pour la réalisation de travaux agricoles, c'est-à-dire des travaux qui entrent dans le cycle de la production animale ou végétale, des travaux d’amélioration foncière agricole ainsi que les travaux nécessaires à l’exécution des travaux précédents (article L 722-2 du Code rural).
La dispense s’appliquant durant l’activité agricole, le texte de l’article sous-entend qu’elle bénéficie aux actifs agricoles :
- Chef d’exploitation.
- Salariés, apprentis, stagiaires.
- Aides familiaux, associés d’exploitation et conjoints collaborateurs.
- Et autres personnes à qui le matériel est mis à disposition dans le cadre de l’entraide agricole.
Il faut être âgé d’au moins 16 ans, sauf exemptions prévues par décret par le Conseil d’État. L’âge limite passe à 18 ans lorsque :
- La largeur hors tout de l’ensemble dépasse 2,50 m (attention avec les tracteurs de grosse puissance et les remorques équipées de pneus « basse pression » qui dépassent couramment cette largeur).
- L’ensemble comprend plusieurs matériels remorqués.
- Le tracteur est attelé à une remorque transportant du personnel.
Les dérogations pour les cotisants et assimilés valent pour les conducteurs qui sont cotisants au régime agricole pour justifier de leur activité agricole. Sont cotisants : les chefs d'exploitation ou d'entreprise (à titre principal ou temporaire), par extension les conjoints participant aux travaux, les collaborateurs à titre principal ou secondaire (personne participant aux travaux de l'exploitation sans rémunération), les aides familiaux (épouse, enfants), les salariés agricoles et les apprentis et stagiaires.
Cas particulier : les personnes qui ont cotisé et qui ont exercé une activité agricole, et qui sont maintenant en retraite (ou qui ont simplement arrêté leur activité) peuvent conduire un tracteur avec remorque, à condition de détenir le permis B (voiture). Cette autorisation ne concerne pas uniquement les tracteurs de leur ancienne exploitation.
Permis B
Lorsque le matériel attaché à une exploitation agricole, une ETA ou une Cuma, est utilisé dans le cadre d’une activité « hors agricole » (travaux publics, entretien de voirie, vidange de fosse septique…), son conducteur doit justifier du permis B.
L’article 27 de la « loi Macron » du 6 août 2015 autorise n’importe quelle personne titulaire du permis B à conduire un engin agricole et véhicule assimilé non attaché à une exploitation, à partir du moment où celui-ci ne dépasse pas 40 km/h. Cela peut être un tracteur, une moissonneuse ou autre automoteur agricole, avec ou sans matériel attelé, quel que soit son poids total roulant autorisé en charge. Sur une exploitation, lorsque le conducteur ne bénéficie pas de la dispense de permis (voisin non agricole, ami…), la règle du permis B s’applique. Attention toutefois à respecter les clauses du contrat d’assurance et le Code du travail ; le bénévolat ne s’applique pas aux structures économiques et peut être considéré comme du travail illégal.
Pour les personnes qui ne peuvent pas justifier être, ou avoir été, actifs agricoles, depuis la publication de la loi Macron, ces dernières sont dans l'obligation de détenir le permis B, et non plus le permis CE (également appelé "super lourd"), pour conduire tout tracteur de plus de 3,5 tonnes de Ptac et attelé à une remorque de plus de 750 kg. Pas besoin d'une autorisation de conduite, mais reste à la charge du propriétaire du tracteur la vérification des compétences de son chauffeur. Il doit également prévenir son assurance et le déclarer comme salarié exceptionnel. En effet, le bénévolat n'est admis que pour les associations à but non lucratif, et la jurisprudence interdit le recours à des bénévoles dans les structures économiques à vocation lucrative, qu'elles soient individuelles ou sous forme de sociétés. En cas de contrôle par la MSA ou la Direccte, les exploitants agricoles risquent un procès verbal pour travail dissimulé.
Si une personne est contrôlée au volant d'un ensemble tracteur-benne durant les moissons, et qu'elle ne peut justifier ni son activité agricole, ni être détentrice d'un permis B, elle risque (en théorie) les mêmes sanctions que quelqu'un qui conduit sans permis. Rappelons que, selon le Code de la route, ce délit est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Les conséquences les plus graves restant, bien entendu, la non couverture par l'assurance et les conséquences pénales en cas d'accident sur la route avec un autre usager.
Carburant : GNR ou Gazole ?
L'utilisation du carburant est également réglementée pour les engins agricoles.
GNR pour les Travaux Agricoles
Le GNR (gazole non routier) est détaxé. Vis-à-vis du gazole, il se reconnaît par sa couleur « rosé » et bénéficie d’un taux de soufre de 10 mg/l, lui permettant d’assurer un bon fonctionnement des moteurs répondant aux dernières normes antipollution. Il a remplacé le fioul domestique à partir de 2011. Il est autorisé pour l’ensemble des travaux agricoles (travaux définis par l’article du Code rural L 722-2) et pour de nombreux matériels : tracteurs de type agricole ou forestier, automoteurs de récolte (moissonneuse-batteuse, ensileuse, arracheuse de betterave…), chariots de manutention, chariots transporteurs agricoles, tractopelles ou mini-pelles, moteurs mobiles (groupe de rampe d’irrigation)…
La circulaire du 17 juillet 2013 précise qu’un tracteur de type agricole (TRA sur certificat d’immatriculation) ou forestier, utilisé dans une exploitation agricole ou forestière, ne peut fonctionner avec du GNR que pour des travaux agricoles ou forestiers, que ce soit à titre industriel, commercial, mais également à titre privé. Ainsi, un agriculteur retraité, ou un particulier non-agriculteur, peut utiliser du GNR dans son tracteur si ce dernier est utilisé à titre privé pour des usages agricoles ou forestiers.
Gazole « Blanc » pour les Autres Travaux
Depuis la publication de la circulaire du 17 juillet 2013, les tracteurs agricoles doivent fonctionner avec du gazole blanc pour :
- Les travaux de transports de matières agricoles entre deux sites de stockage, quand ils ne s’inscrivent pas dans la continuité de l’activité agricole.
- Les travaux de déblaiement de matériaux laissés sur le bord des routes ou aux abords des chantiers.
- Les travaux de BTP (Bâtiment et Travaux publics).
Pour les deux derniers points, l’utilisation du GNR pourra remplacer celle du gazole blanc lorsque ces travaux sont réalisés pour le compte d’une collectivité et qu’un contrat de délégation de service précise clairement les usages concernés.
Immatriculation et Homologation Routière
Depuis 1954, les véhicules agricoles doivent être homologués pour circuler sur la route (article R 321.15 du Code de la route). Le Code de la route classe les véhicules agricoles en plusieurs catégories :
- TRA : tracteurs agricoles.
- MAA ou MAGA : automoteurs agricoles (moissonneuses, ensileuses, automotrices à betteraves, automoteurs de pulvérisation…).
- S ou MIAR : machines et instruments agricoles remorqués (pulvérisateurs traînés, presses, enrouleurs d’irrigation, cover-crop, charrue semi-portée sur chariot).
- R ou REA et SREA : remorques et semi-remorques agricoles (bennes, plateaux à paille, épandeurs à fumier, tonnes à lisier,…).
Les TRA, MAA, S et R de plus de 1,5 tonne de PTAC (Poids total avec charge) sont concernés par l’homologation. Les outils portés ne sont pas soumis à homologation, ainsi que les engins spéciaux de catégorie B (certains automoteurs de manutention), bridés par construction à 25 km/h.
Cette démarche administrative est réalisée par le constructeur ou son distributeur sur le territoire national, auprès de la DREAL (Direction Régionale Environnement Aménagement Logement), ou anciennement Drire ou Service des Mines. Elle consiste à vérifier que le matériel, au moment de sa mise sur le marché, respecte les règles de sécurité liées aux déplacements routiers. L’homologation routière se matérialise par un certificat accompagnant le véhicule qui est couramment appelé « barré rouge ».
Depuis 2009 et l’application du décret n°2009-136 du 9 février 2009, les conditions d’immatriculation des machines agricoles ont évolué.
Plaque d'Immatriculation
Avec la mise en place du S.I.V. (Système d’Immatriculation des Véhicules), la plaque d’exploitation est remplacée par une plaque d’immatriculation type automobile, de couleur blanche comportant 2 lettres - trois chiffres - deux lettres, destinée à rester à vie sur le véhicule. Celle-ci doit être positionnée à l’arrière du véhicule. La carte grise est remplacée par le certificat d’immatriculation. Les premiers engins concernés par ce nouveau dispositif ont été les tracteurs neufs, à partir d’avril 2009, suivis de ceux faisant l’objet d’un échange sur le marché de l’occasion à partir d’octobre 2009. Puis, il s’est appliqué aux machines agricoles automotrices vendues neuves ou importées d’occasion pour la première fois sur le territoire national, à compter du 1er janvier 2010.
4 utilisations du fumier frais + compostage du fumier en 20 jours - permaculture
Les Différents Matériels Agricoles et Leurs Fonctions
Le tracteur est un engin polyvalent et très utile. Il sert à endainer, à faucher, à épandre, et peut aussi être utilisé pour transporter des veaux, ramener des piquets et des cailloux. Il a généralement plusieurs vitesses et différents équipements peuvent y être attelés.
Parmi les machines agricoles couramment utilisées avec un tracteur, on trouve :
- La faneuse : Elle sert à pirouetter, c’est-à-dire à écarter tout le foin et à le mettre en vrac pour qu’il sèche.
- L’endaineuse : Elle sert à faire les boudins, qui sont des rangs d’herbe. Avant d’endainer, on fauche et on pirouette.
- La presse à foin : Elle sert à faire les bottes rondes de foin ou de paille. Avant de presser le foin, on fauche, on endaine et on pirouette. La presse à foin ramasse l’herbe et fait les rouleaux. Des marques comme Krone sont réputées dans ce domaine.
- L’épandeur à fumier : C'est une machine qui, une fois le fumier dedans, utilise des hélices pour éjecter le fumier et ainsi favoriser la pousse de l’herbe.
- La bétaillère : C'est comme une remorque où l'on met des animaux lorsque le trajet est long. La bétaillère est tirée par un tracteur.
