L’oïdium, c’est le nom donné à certains champignons appartenant à la famille des Erysiphacées. L’oïdium est une maladie cryptogamique également appelée maladie du blanc car son attaque commence par l’apparition d’un feutrage (poudre), blanc à blanc-grisâtre, d’aspect farineux à la surface des feuilles, des tiges et parfois même des fleurs ou des fruits. L’oïdium peut aussi provoquer une déformation des feuilles, qui se gondolent et se boursouflent. Le champignon se multiplie préférentiellement sur les organes jeunes (feuilles), qu’il envahit et déforme.

Mécanismes de développement et conditions favorables
Contrairement à d’autres groupes de champignons (tavelure, mildiou, rouilles, etc.), il peut proliférer par temps relativement sec, sous réserve d’un taux d’humidité de 70 à 80 %. C’est souvent vers le mois d’avril et mai qu’il commence ses ravages, favorisé par l’humidité encore bien présente et l’arrivée de la chaleur. Les écarts de température importants entre la nuit et le jour constituent également des facteurs favorisant l’apparition de ce champignon qui menace grand nombre de cultures, aussi bien au jardin d’ornement qu’au verger ou au potager. L’oïdium sévit surtout en avril‑mai et septembre. Traitez en priorité les rosiers, aubépines, cognassiers, érables du Japon et, au potager, la courgette, l’aubergine, la carotte, la betterave, la pomme de terre et le fraisier. Le Goji (Lycium barbarum) est très sensible à l’oïdium !
Stratégies de lutte préventive
Il est tout d’abord recommandé de traiter l’oïdium de manière préventive pour cela il faut respecter un espacement suffisant entre les plants. Ne pas arroser le feuillage des plantes lorsqu’il fait chaud et nettoyages réguliers autour des plantations afin de ne pas favoriser le maintien d’humidité. Si la maladie venait à apparaitre, il est vivement conseillé de supprimer rapidement les parties ou les sujets atteints afin d’éviter la propagation.
Le lait : un remède naturel contre l’oïdium
Vous apprêtez-vous à jeter cette bouteille de lait périmée ou ce fond de verre que personne ne veut finir ? Stop ! Ne versez pas cet "or blanc" dans l'évier. Le lait est un fertilisant naturel puissant et un remède miracle contre certaines maladies. L’action du lait sur l’oïdium s’expliquerait par ses propriétés antifongiques naturelles.
Pourquoi utiliser le lait au jardin ?
Ce n'est pas un mythe, c'est de la chimie. Le lait contient deux éléments vitaux pour le jardin : le calcium, qui renforce la structure cellulaire des plantes, et l’effet antifongique. Les protéines du lait et ses enzymes combattent efficacement l'Oïdium. Une vaporisation régulière du feuillage avec un mélange d’eau et de lait écrémé permet d’éradiquer l’oïdium. De plus, cette pulvérisation renforcerait les défenses immunitaires de la plante.
Préparation et dosage du traitement au lait
Pour le traitement, mélangez 1/2 litre de lait à 4,5 litres d’eau et pulvérisez toutes les semaines jusqu’à disparition totale. Attention à ne pas surdoser le lait sinon d’autres types de champignons se développeraient ! Utilisez de préférence un lait écrémé ou demi-écrémé pour éviter les odeurs de décomposition des graisses du lait. Le lait agit comme mouillant : il améliore l’adhérence de la solution sur les feuilles.
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Autres traitements biologiques complémentaires
Si le lait est une solution efficace, d’autres méthodes existent pour lutter contre cette maladie cryptogamique particulièrement néfaste pour les cultures.
Le bicarbonate de soude
En raison de son ph basique, le bicarbonate de soude empêche la formation des spores des champignons responsables de la maladie. Dissoudre 5 g (1 cuillère à café) de bicarbonate de soude par litre d’eau et ajouter 1 cuillère à café de savon de Marseille liquide, de lait, ou d’huile horticole ou alimentaire afin que la solution s’accroche aux feuilles. Pulvériser cette solution sous et sur les feuilles et renouveler après toute grosse pluie. L’utilisation du bicarbonate est tolérée en Agriculture Biologique.
La décoction de racines
Le traitement à la décoction de racines d’ortie ou encore d’oseille a un effet spectaculaire. Il suffit de faire tremper dans un litre d’eau 100 g de racines pendant 24h. Laissez frémir 30 minutes et utilisez la solution pure sans dilution. Hachez 100 g de racines d’ortie (pas de feuilles), macérez dans 1 L d’eau 24 h, portez à ébullition puis laissez frémir 30 min. Filtrez et pulvérisez sans dilution.
Le soufre et autres alternatives
Employé depuis un siècle et demi sur la vigne, le soufre est un produit reconnu par l’agriculture biologique. Il agit également sur d’autres champignons ou acariens. Du fait qu’il est totalement biodégradable, il peut être utilisé très prêt de la récolte. Il est conseillé de l’appliquer par des températures comprises entre 10 et 20 °C et de préférence hors soleil, le soir par exemple, pour éviter les brûlures du feuillage. Le soufre s'achète sous forme de « poudre à mouiller » que l'on dilue donc dans l'eau selon les doses indiquées sur l'emballage ; respectez strictement les dosages.

L'utilisation de purin de prêles, contenant de la silice, ou une infusion d'ail additionnée de lait permettent également de supprimer l'oïdium tout en préservant l'environnement et la fertilité du sol. Hachez 500 g de feuilles sèches de prêle, laissez macérer 3 h dans 10 L d’eau, portez à petite ébullition 20 min, filtrez, diluez à 20 % et agitez avant pulvérisation. Le purin de prêle se conserve quelques semaines dans un récipient fermé.
Précautions d'usage et bonnes pratiques
Chaque traitement affecte plus ou moins l'environnement proche. Il est nécessaire de respecter strictement les dosages. Ne versez jamais de lait pur sur une plante ! Cela boucherait les pores de la terre, créerait de mauvaises odeurs et attirerait les mouches. Pour appliquer le mélange lacté sans noyer la plante, il faut une brume fine et homogène. En arrosage, pour renforcer les racines et apporter du calcium, versez le mélange dilué directement au pied de la plante une fois tous les 2 ou 3 mois maximum. N'en abusez pas, sinon votre terreau sentira le fromage !
L'oïdium est hydrophile… ainsi, il ne suffit pas de l'asperger d'eau pour éviter son développement. Une vaporisation régulière du feuillage avec un mélange d'eau et de lait écrémé, ou mieux, de petit lait (10 pour 1) permet d'éradiquer l'oïdium. Le lait aurait un effet direct sur l’oïdium grâce à des propriétés germicides. La plupart des études sur les propriétés antifongiques du lait ont été menées sur du lait frais ou pasteurisé à basse température. Les cucurbitacés sont presque tous touchés par cette maladie en fin de saison.
En conclusion, la lutte contre l’oïdium demande une vigilance accrue dès le début de la saison. L'utilisation du lait, bien que simple, s'inscrit dans une démarche de jardinage raisonné, visant à protéger la biodiversité tout en assurant la santé de vos cultures. Que ce soit par le biais de pulvérisations hebdomadaires ou de préparations à base de plantes, chaque jardin