Le lierre terrestre (Glechoma hederacea), souvent désigné sous des noms populaires comme herbe de Saint-Jean, trainasse ou couronne de terre, est une plante herbacée sauvage vivace et rustique qui désespère fréquemment les amateurs de gazon. Cette plante est une espèce de plantes herbacées avec une hauteur de 20 à 30 cm tout en étant couchée contre le sol. Ses fleurs sont bleues tachetées de pourpre. Bien que portant le nom de lierre, il n’a rien à voir avec le lierre grimpant ou rampant (Hedera helix) qui fait partie de la famille des Araliacées et qui est toxique. Le lierre terrestre, lui, appartient à la famille des Lamiacées, comme les menthes. Il est répandu en Europe, en Asie tempérée et en Amérique du Nord.

Pourquoi le lierre terrestre est-il problématique dans le gazon ?
Le lierre terrestre est une plante qui se propage extrêmement vite et soustrait au gazon et à d’autres petites plantes leurs moyens de subsistance. En matière de lutte pour la lumière, les nutriments et l’eau, elle ressort souvent victorieuse et la pelouse autrefois si verte se transforme en parterre de lierre terrestre en un temps record, ne laissant alors plus de place aux graminées de gazon. Il soustrait la lumière, l’eau et les nutriments au gazon, l’étouffant progressivement. Le gazon est parsemé de petites plantes formant des fleurs violettes d’avril à juillet. Malheureusement, il est extrêmement vulnérable aux infections fongiques, ce qui représente un risque de contamination élevé pour les plantes voisines.
Toutefois, la première question à se poser est : est-ce que la présence du lierre terrestre dans un gazon est vraiment problématique ? Dans un monde où l’on prône de plus en plus la diversité des espèces dans un gazon en santé afin de réduire les impacts environnementaux négatifs d’un gazon composé uniquement de graminées, cette plante n’est probablement pas une ennemie, mais plutôt une amie. À la différence du lierre grimpant, le lierre terrestre n’est pas toxique. En effet, les feuilles et les fleurs sont comestibles en salade, beurre aux fines herbes, limonades ou tisanes.
Stratégies de prévention et contrôle écologique
Les désherbants sélectifs étant interdits, il est important de prévenir au maximum le développement de ces mauvaises herbes. Lorsque les fleurs violettes du lierre terrestre apparaissent en avril, il est grand temps d’agir.
La gestion par la tonte et l’entretien
Tondre correctement et régulièrement est très important pour fortifier le gazon et ne laisser aucune chance aux adventices. Ce qui signifie : tondre le gazon de moins d’un tiers. Car une tonte radicale - par exemple après les vacances d’été - affaiblit le gazon. Il est préférable de tondre plus fréquemment, mais moins ras. Cinq centimètres constituent une hauteur optimale. Cette hauteur permet de priver les plantules d’adventices de la lumière dont elles ont besoin pour pousser. Si vous tondez à ras, vous affaiblissez non seulement le gazon, mais laissez aussi la porte grand ouverte au développement et à la propagation du lierre terrestre.
L’apport de bore : une solution naturelle
En appliquant du bore sur un gazon infesté de lierre terrestre, on arrive habituellement à bien le contrôler. À cette fin, diluez 250 g de borax (un produit naturel, en passant) dans un litre d’eau chaude, puis versez dans neuf litres d’eau froide. Cette solution traite 100 m². Il ne faut pas en appliquer plus, car, comme tous les minéraux, un excès n’est pas mieux qu’une carence.
La méthode de l’affamement
Il est aussi possible d’affamer les adventices. Car cette herbe sauvage supporte moins bien les carences nutritives que les robustes graminées de gazon. Le principe est donc : ne pas fertiliser jusqu’à ce que le lierre terrestre soit mort. Dès qu’il est passé de vie à trépas, faites un apport d’engrais azoté à effet immédiat, pour que votre gazon resplendisse bientôt d’un tout nouvel éclat. Un gazon de haute qualité et bien entretenu est généralement suffisamment robuste pour supporter une cure d’austérité pendant une brève période.

Éradication mécanique : arrachage et déracinement
Cette méthode peut être appliquée en cas de faible infestation sur un gazon ou pour pratiquer une activité en famille un dimanche après-midi. Il est préférable d’utiliser un désherbeur mécanique dès le mois de mars. Car plus les plantes sont jeunes, plus il est facile de s’en débarrasser, puisqu’elles ne sont pas encore bien enracinées.
- Déracinement complet : Ôtez le lierre terrestre avec ses racines. Il se peut fort que vous extrayiez des stolons mesurant jusqu’à deux mètres de long, pour éliminer toutes les racines d’une plante.
- Précision : Procédez minutieusement et déracinez les plantes entièrement. Supprimer simplement les feuilles ne suffit pas. Le désavantage de cette méthode est qu’elle est très chronophage.
- Humidité : L’arrachage manuel après une pluie, quand le sol est humide, donne les meilleurs résultats.
Le lierre grimpant (Hedera helix) : un défi structurel
Aussi décoratif qu’envahissant, le lierre grimpant est une plante qui colonise l’espace. Il ne suffit pas de le décrocher pour l’éliminer : il faut également éliminer et détruire ses racines, sans quoi, il ne cessera de repousser.
Techniques d’élimination sur les murs
- Coupe à la base : Si le mur sur lequel le lierre est agrippé est très endommagé, commencez simplement par couper la liane à sa base. En coupant la plante, vous allez la tuer. Les morceaux les plus hauts et les mieux accrochés vont sécher.
- Ramollissement : Cette pulvérisation va permettre de ramollir les ancrages du lierre sur le support. Parfois, le lierre est agrippé si fort et depuis si longtemps, qu’en tirant dessus, le revêtement d’un mur peut céder.
- Éradication des racines : Faites chauffer une grande marmite d’eau et, une fois bouillante, versez-la sur le sol, à l’endroit où sont enterrées les racines. Récupérez de l’eau de cuisson de féculents (pâtes, riz, pomme de terre) et versez-la directement à l’emplacement des racines.
Détruire et se débarrasser Du lierre Avec Du Vinaigre
Usage stratégique des substances et alternatives naturelles
Le lierre, et plus particulièrement le lierre commun, possède des caractéristiques biologiques qui expliquent sa ténacité. Sa cuticule cireuse forme une barrière naturelle contre la pénétration des produits chimiques. Pour ceux qui préfèrent éviter les produits chimiques, des alternatives naturelles existent pour les zones tenaces :
- Vinaigre blanc : Le vinaigre blanc concentré à 20-25% agit comme un désherbant de contact naturel. Cependant, il agit uniquement sur les parties aériennes et nécessite de nombreuses applications.
- Bicarbonate et sel : Versez du bicarbonate de soude à la surface du sol (entre 20 et 30 g/m²) ou une grosse quantité de sel sur la localisation de l’ancien lierre.
- Application ciblée : À l’aide d’un pinceau imbibé d’herbicide, badigeonnez les feuilles du lierre à éliminer. En travaillant ainsi, vous n’endommagerez pas les autres plantes et arbres de votre jardin.
La relation complexe entre le lierre et les arbres
Contrairement aux idées reçues, le lierre n’est pas un parasite : il ne vole ni l’eau ni la sève de l’arbre. C’est une liane, il n’a donc pas de tronc et est incapable de porter son propre poids. L’idée, notamment sur les arbres fruitiers, n’est pas de tout supprimer, mais de maîtriser.
Vous pouvez retirer le lierre à la base du tronc et sur la partie principale, là où il gêne la respiration de l’arbre et complique l’entretien. Sur le haut du tronc ou sur les arbres non productifs, il peut être laissé sans problème. Il ne faut pas tout couper, mais maîtriser la pousse. S’il est trop envahissant, il faut bien entendu le couper, mais rien ne vous empêche d’en laisser un petit peu : il sera très utile à la faune et à la flore locales.
Propriétés médicinales et utilités du lierre terrestre
Il y a tellement d’utilisations potentielles de cette plante qu’on devrait la retirer définitivement de la liste des mauvaises herbes ! Le lierre terrestre a des apports nutritifs qui sont loin d’être négligeables. La nature du lierre terrestre est d’être chaud et sec. La plante entière fleurie est antibiotique, antiscorbutique (riche en vitamine C), antispasmodique, béchique, diurétique, tonique et vulnéraire.
Elle est utilisée pour résoudre les infections annuelles : angines, cystites, rhumes, bronchites chroniques, asthme, affections urinaires. Elle agit sur l’inappétence, la digestion et les fièvres intermittentes. Elle est aussi utile en cas d’intoxications aux métaux comme l’aluminium, le zinc, le cuivre, le plomb.
Toutes les parties tendres y compris les fleurs sont des aromates à mettre dans des plats cuits ou crus, salés ou sucrés. Les feuilles sont un très bon condiment pour les salades, les soupes, les céréales, les boissons et les desserts. Jusqu’au XVIIe siècle, le lierre terrestre était utilisé pour donner de l’amertume aux bières. De par sa proximité, nos ancêtres le considéraient comme gardien des maisons, bon esprit de la ferme et lutin protecteur qui venait en aide en cas de besoin. Avec un bouquet de lierre terrestre, on bénissait des personnes, des lieux et on éloignait les maladies.