Le lipome, une tumeur graisseuse bénigne, est l'une des tumeurs des tissus mous les plus courantes, affectant environ 1% de la population, principalement les adultes entre 40 et 60 ans. Bien que souvent inoffensif, sa présence, en particulier dans la cavité abdominale, peut susciter des inquiétudes et justifier une intervention. Cette prolifération localisée de cellules graisseuses (adipocytes) se présente sous la forme d'une « boule » molle située généralement sous la peau, mais peut également se développer dans des zones plus profondes comme les muscles, le thorax (dans le médiastin), et la cavité abdominale, touchant potentiellement les organes.

Qu'est-ce qu'un lipome ?
Un lipome est une tumeur bénigne constituée de cellules graisseuses, d’évolution habituellement lente. Il est généralement bien encapsulé et se trouve le plus souvent dans les tissus adipeux sous-cutanés (abdomen, dos, bras, jambes, cou, tête). En principe, il peut se développer partout où il y a du tissu adipeux. Si plusieurs lipomes sont présents, on parle de lipomatose. Cette condition est caractérisée par l'apparition d'un grand nombre de lipomes et une augmentation du tissu adipeux sur certaines parties du corps. Des antécédents familiaux de lipomes et de lipomatoses représentent d'ailleurs un facteur de risque.
Les lipomes sont fréquents et habituellement isolés, se présentant sous la forme d'une boule arrondie ou ovale, à la consistance molle et élastique, parfois légèrement ferme. Sa taille varie de celle d'un petit pois à peine palpable à celle d'une paume de main. Au toucher, il peut être mou ou très dur. Les tumeurs graisseuses sont généralement faciles à déplacer et de consistance molle. Cependant, ils peuvent parfois être très grossiers.
Types de lipomes
Le lipome a de nombreux visages au microscope. Bien que nous ne nous attarderons pas sur une description microscopique détaillée, il convient d’en mentionner brièvement quelques types :
- Angiolipome : un lipome contenant des vaisseaux sanguins.
- Lipome pléomorphe : caractérisé par des cellules de tailles et de formes variées.
- Myxolipome : un lipome contenant une substance gélatineuse.
- Lipome à cellules fusiformes : composé de cellules allongées et fusiformes.
- Fibrolipome : un lipome composé à la fois de tissu adipeux et de tissu fibreux, ce qui le rend plus ferme au toucher que les lipomes sous-cutanés.
- Myolipome : contient des éléments musculaires.
Outre ces types, on distingue également les lipomes en fonction de leur localisation :
- Lipome superficiel : localisé dans les tissus sous-cutanés superficiels (épiderme). C'est le type de lipome le plus courant et se développe juste sous la peau, formant une bosse douce, mobile et indolore qui peut apparaître n'importe où sur le corps.
- Lipome profond : localisé dans les tissus cutanés profonds, les viscères (comme les intestins, le pancréas, le foie, le cerveau…) ou les muscles (lipome intramusculaire). Ce type de lipome du bras ou de lipome de la cuisse se forme dans le tissu musculaire.
- Lipomes hétérotopiques : des lipomes contenant des cellules graisseuses associées à d’autres types de cellules, provenant d’autres tissus.
- Lipome atypique : ce lipome est composé de divers types de cellules, lui donnant une apparence très hétérogène.
Lipome ou lipoedème ?
Il convient de distinguer le lipome du lipoedème, dans lequel l’augmentation de la graisse n’est pas délimitée, mais se limite néanmoins généralement aux zones typiques des jambes et des bras. Contrairement au lipome qui est une masse localisée, le lipoedème est une répartition anormale de la graisse, souvent symétrique, qui affecte principalement les membres inférieurs et supérieurs, et qui peut être douloureux à la pression.
Diagnostic d'un lipome abdominal
La présence d’une « boule » souple et mobile sous la peau, généralement indolore, est caractéristique d’un lipome. Il peut apparaître sur le dos, les épaules, les bras, les cuisses ou l’abdomen. Bien qu'il soit généralement indolore, selon l’endroit où il se situe (s’il est soumis à des frottements) et sa taille (qui varie généralement entre 5 et 10 cm de diamètre), il peut être douloureux. La douleur résulte alors le plus souvent de la compression des tissus voisins ou de nerfs. Dans ce cas, des troubles de la sensibilité au niveau de la peau peuvent également apparaître. Par exemple, un lipome de l’avant-bras peut comprimer un nerf cutané.

Une imagerie préopératoire est requise pour évaluer la lésion. L’étendue d’une masse graisseuse peut généralement être facilement délimitée par échographie. Dans le cas d'un lipome superficiel, une échographie permet de faire un diagnostic. Dans certains cas particuliers, notamment pour les lipomes profonds ou de grande taille (> 5 cm), une IRM (imagerie par résonance magnétique) peut être nécessaire. Ces examens permettent de sécuriser la prise en charge et de distinguer le lipome d'autres tumeurs.
Différenciation avec le liposarcome
Il est primordial de consulter un médecin en cas de signes évocateurs d'un lipome afin qu'il puisse rassurer sur la nature bénigne de cette excroissance. Si la masse graisseuse n’est pas déplaçable, il faut exclure d’autres tumeurs - en particulier des tumeurs malignes ! Il peut s’agir, entre autres, du liposarcome, une tumeur rare qui se développe également à partir de cellules adipeuses, mais qui dégénère. Contrairement au lipome, le liposarcome se développe rapidement, ne peut pas être déplacé et apparaît à un âge avancé. Une biopsie permet de confirmer le diagnostic de lipome et de différencier avec certitude ces deux types de tumeurs. Un lipome ne peut être diagnostiqué avec 100 % de certitude que lorsqu’il a été envoyé à un pathologiste et examiné au microscope après son ablation.
Différence entre lipome et sarcome des tissus mous | OSUCCC – James
Quand faut-il faire enlever un lipome ?
Le retrait d’un lipome n’est pas obligatoire, car un lipome est bénin et ne dégénère pas en cancer. Cependant, il est proposé lorsqu’il devient gênant, douloureux, volumineux ou inesthétique. Chaque fois qu’il montre une tendance à la croissance, il est conseillé de l'envisager. Un lipome peut rester petit ou atteindre plusieurs centimètres. Les lipomes très volumineux peuvent également provoquer des troubles mécaniques par frottement.
En cas de doute sur sa bénignité, le lipome doit être opéré. En cas de symptômes associés à l’apparition de la grosseur (douleur, changement de forme, croissance rapide, etc.), il est vivement conseillé de consulter. Il n’existe pas de traitement conservateur efficace des lipomes qui soit scientifiquement fondé. Un lipome peut disparaître sans traitement, mais dans la majorité des cas, une chirurgie est conseillée s’il entraîne une gêne.
Raisons de l'ablation chirurgicale
- Gêne physique ou fonctionnelle : lorsqu'il est volumineux et/ou qu'il est soumis à des frottements, ou qu'il comprime des nerfs.
- Douleur : même si le lipome est en général indolore, il peut provoquer des douleurs, notamment s'il appuie sur des nerfs ou des tissus voisins.
- Croissance rapide : un lipome qui grossit régulièrement finira par devenir gênant et nécessitera une incision plus large. Le stade 3 est agressif (le lipome augmente rapidement de volume).
- Demande esthétique : un lipome est perçu comme inesthétique à partir d'une certaine taille, surtout s'il est situé sur des zones visibles.
- Doute diagnostique : en cas de suspicion de liposarcome ou d'autres tumeurs malignes, l'ablation chirurgicale est nécessaire pour l'analyse anatomopathologique.
L'intervention chirurgicale pour l'ablation d'un lipome
L'opération lipome est l’unique traitement efficace, car aucun médicament ni aucune crème ne peut dissoudre ces amas graisseux encapsulés. La décision de procéder à une opération lipome n’est pas systématique.
Préparation à la chirurgie
Le déroulement de la chirurgie du lipome commence par un entretien obligatoire avec le spécialiste. Ce dernier procède alors à un examen complet du lipome et réalise un plan opératoire qui correspond à la situation du patient. Avant tout traitement chirurgical d’un lipome, le patient doit arrêter de fumer du tabac 1 mois avant l’intervention et 15 jours après pour ne pas provoquer de problèmes de cicatrisation ou d’une infection. Les médicaments qui contiennent de l’aspirine sont à éviter les 10 jours qui précèdent la chirurgie de son lipome.
Anesthésie
La chirurgie d’exérèse des lipomes est réalisée sous anesthésie locale dans la majorité des cas. L’ablation de la tumeur graisseuse sous-cutanée se déroule la majorité du temps sous anesthésie locale avec prise de sédatif. Une anesthésie locale est réalisée pour endormir la zone opérée après désinfection locale. Cependant, le chirurgien peut effectuer une chirurgie générale lorsqu’il faut procéder à une intervention chirurgicale de plusieurs lipomes, ou en cas de lipome profond et/ou de taille > 5 cm. Dans ce cas, un rendez-vous avec un médecin anesthésiste est réalisé 48h avant d’opérer le lipome. Pour les chirurgies qui se passent sous anesthésie générale, le patient doit obligatoirement être à jeun pendant 6 heures avant l’opération.
Déroulement de l'opération
Le principe de l'ablation chirurgicale est simple : on incise la peau, on retire la masse graisseuse et on l'envoie en analyse afin d'obtenir la certitude du caractère bénin de la tumeur. L'opération lipome nécessite une incision d’au moins la taille de la lésion. Pour les lipomes de grande taille, il est préférable d’enlever l’excédent de peau sous forme de fuseau. Dans de nombreux cas, le chirurgien voit un pédicule vasculaire en profondeur, qui doit être soigneusement ligaturé pour éviter les saignements ultérieurs.

La durée de l’intervention est d’environ vingt à trente minutes, et généralement entre 20 et 45 minutes, selon la taille et la localisation du lipome. Cet acte chirurgical donne la possibilité de supprimer les excroissances de la peau, après que le praticien ait fait une incision pour retirer le lipome et garder uniquement les cellules saines. Mon objectif est d’assurer un retrait complet de la lésion, tout en optimisant le résultat cicatriciel et le confort post-opératoire. Réaliser une opération lipome demande un savoir-faire spécifique en chirurgie dermatologique pour éviter les récidives. Nos chirurgiens veillent à retirer non seulement la graisse, mais aussi l’enveloppe fibreuse (la capsule) qui l’entoure. Si la capsule reste en place, le risque que le lipome repousse au même endroit est élevé. Une exérèse totale de la lésion est pratiquée par le médecin. Afin d’être sûr que le lipome est bénin, le chirurgien fait une vérification de celui-ci via une analyse anatomopathologique. L’incision s’effectue en rapprochant les deux berges. Une fois le lipome retiré, des points de suture sont réalisés. La chirurgie se termine par la suture de la peau qui peut laisser une cicatrice plus ou moins visible.
Différence entre lipome et sarcome des tissus mous | OSUCCC – James
Ablation par liposuccion
En particulier dans le cas d’une grosseur graisseuse, il est parfois possible de procéder à une ablation par liposuccion. Les incisions nécessaires pour les canules sont petites. Les zones concernées peuvent être traitées de telle sorte qu’il n’y a généralement pas de bosses à craindre. L’inconvénient est toutefois qu’il n’est pas toujours possible d’aspirer complètement le lipome. Les cellules adipeuses restantes peuvent se développer à nouveau et entraîner la formation d’une masse graisseuse. Les cellules du lipome sont également beaucoup moins faciles à évaluer par le pathologiste, car elles ont été fortement maltraitées mécaniquement et sont en grande partie détruites. Les lipomes conjonctifs, généralement plus petits, sont en partie très durs et donc inaccessibles à la liposuccion. L’exérèse chirurgicale est habituellement préférée à la lipoaspiration, car cette dernière technique ne permet pas d’étudier la nature du lipome.
Récupération et soins post-opératoires
Après une opération lipome, la récupération est rapide. La convalescence est globalement assez simple. Le patient peut retourner travailler le jour même dans la plupart des cas. Cette chirurgie se pratique en ambulatoire, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de rester hospitalisé plusieurs jours. Le patient peut ainsi rentrer chez lui directement après l’intervention.
Gestion de la douleur et des pansements
Des antalgiques simples seront prescrits ainsi que des soins de pansements pour une quinzaine de jours environ. Après la chirurgie d’un lipome, l’inconfort est diminué, tout comme les frottements et les irritations produites par la lésion cutanée. Généralement, la chirurgie dermatologique du lipome n’est pas spécialement douloureuse. Après l’opération d’une grosse masse graisseuse avec un fort pédicule vasculaire, un bon pansement compressif permet de minimiser le risque de saignement ultérieur. Dans ce cas, une certaine immobilisation est également utile. En cas de grosse cavité dans la plaie, il faut parfois utiliser un matériel de compression. C’est également le cas après une liposuccion d’un lipome. Les soins consistent à nettoyer la cicatrice et à changer le pansement selon les recommandations du chirurgien. Les fils de suture non résorbables sont enlevés environ 1 semaine après l’acte chirurgical.
Cicatrisation et risques post-opératoires
Une opération chirurgicale du lipome laisse toujours des cicatrices. Après avoir retiré les fils, il faut que la personne opérée du lipome se masse, protège et hydrate sa cicatrice. Un écran total est recommandé pour toute exposition au soleil pendant plusieurs mois pour éviter une hyperpigmentation. Parfois la cicatrice se voit plus que le lipome, c'est pourquoi il faut bien peser les indications de l'intervention.
Après une operation lipome, un hématome peut se former chez les patients sous anticoagulant, ou lorsque la lésion était volumineuse. Un abcès est également parfois possible même s’il est rare. Cette infection sous la cicatrice nécessite une réouverture de la cicatrice pour évacuer l’abcès, puis des soins locaux quotidiens. En cas d’infection, une mèche est placée dans la cicatrice pour permettre une cicatrisation de la profondeur vers la superficie. Une désunion de la cicatrice peut également arriver lorsque la cicatrice est située sur des zones de traction (articulation, dos) ou lorsque le patient reprend précocement une activité physique intense.
Récidive
Il est rare, mais possible, qu'un lipome récidive après son retrait. Une récidive est possible si l’exérèse complète du lipome n’a pu être obtenue, mais elle reste néanmoins assez rare. Lorsque le lipome est retiré complètement, le risque de récidive est faible. Dans la majorité des cas, l’ablation chirurgicale est définitive. Il n’existe pas de moyen prouvé pour prévenir les lipomes, car leur origine est principalement génétique.
Aspects financiers de l'opération
Il n’y a pas de prise en charge par la sécurité sociale, si l’intervention a un objectif purement esthétique. Dans ces situations, le chirurgien établit un devis qui est remis avant la chirurgie. Les tarifs dépendent de la taille, de la localisation et de la complexité du lipome. Lorsque l'ablation est justifiée médicalement (douleur, gêne fonctionnelle, croissance rapide ou doute diagnostique), une prise en charge partielle ou totale peut être envisagée.