Guide complet sur la culture et le palissage de l’arbre à kiwi

L’arbre à kiwi, ou actinidia de son nom botanique, est une liane sarmenteuse devenue incontournable dans les jardins français. Originaire de Chine, où il est appelé « Yang Tao », le kiwi a été introduit en France au début du XXème siècle, bien qu'il fût alors quasi inconnu sous le nom de « groseille de Chine ». C'est grâce à la Nouvelle-Zélande et à son travail de sélection variétale que ce fruit a pris le nom de « Kiwi » en référence à l’oiseau emblématique du pays. Depuis les années 80, sa culture s'est fortement développée, tant chez les professionnels que chez les particuliers, grâce à sa capacité à produire des fruits délicieux à la chair vert vif et à la peau poilue.

Illustration d'un plant de kiwi vigoureux sur une structure palissée

Comprendre la biologie de l'Actinidia

L'arbre à kiwi est une plante dioïque, ce qui signifie que la distinction entre les sexes est marquée : il existe des pieds mâles, qui produisent uniquement du pollen, et des pieds femelles, qui portent les fleurs destinées à devenir des fruits après pollinisation. Pour réussir sa culture, il est impératif d'associer un pied mâle pour environ 5 à 6 pieds femelles.

Il existe de nombreuses variétés adaptées à nos régions :

  • Jenny : une variété autofertile donnant des fruits de la taille d'un œuf au goût acidulé.
  • Ananaskaja : fruits ovales à peau lisse et arôme doux.
  • Prince Jumbo : variété pollinisatrice mâle hautement productive.
  • Red Jumbo : variété à chair rouge et très sucrée.

L'importance capitale du palissage

Contrairement à une idée reçue, le kiwi n'est pas un arbre mais une liane capable d'atteindre une dizaine de mètres. Sans support, la plante rampe au sol, ce qui compromet sa croissance et réduit drastiquement la fructification. Le palissage consiste à contrôler le développement du végétal en fixant ses tiges sur des supports. Cette étape est cruciale pour faciliter la pollinisation et garantir une exposition optimale au soleil.

Le choix du support est déterminant : pergolas, tonnelles, treillis muraux ou structures en « T-bar ». Il est déconseillé de faire grimper un kiwi sur un arbre vivant, car la concurrence pour la lumière et les nutriments pénaliserait la récolte.

COMMENT BIEN ATTACHER UN KIWI SUR SON SUPPORT

Construction d'un support robuste : la méthode « T-bar »

Le kiwi, une fois chargé de fruits et de feuillage, représente un poids considérable, surtout après une averse. La structure doit donc être pensée pour la durabilité.

  1. Planification : Avant de débuter, définissez l'espace nécessaire (comptez 4 à 5 mètres par plant). Prévoyez un sol riche, bien drainé et une exposition protégée des vents dominants et des gelées tardives.
  2. Matériaux : Utilisez des poteaux en bois autoclave (classe 4) de 7 à 10 cm de section ou des tubes métalliques de 6 cm de diamètre. Prévoyez des fils galvanisés de 2,4 mm de diamètre pour le maintien.
  3. Installation : Espacez les poteaux de 3 mètres. Enterrez-les d'au moins un mètre, idéalement dans un bloc de béton. Ajoutez des tasseaux horizontaux pour former une silhouette en « T ».
  4. Renforts : Installez des « jambettes » (contre-fiches) en diagonale pour rigidifier l'ensemble contre la torsion.
  5. Tension : Percez le support horizontal tous les 50 cm pour passer les fils, en utilisant des tendeurs à chaque extrémité pour garantir une tension constante.

Entretien et soins au jardin

La longévité de votre plantation dépend d'interventions régulières. Le kiwi nécessite un apport d'eau constant, notamment en été et en cas de sécheresse. L'utilisation d'un paillage épais (mulch) en permaculture, comme le Bois Raméal Fragmenté (BRF) sur une dizaine de centimètres, permet de conserver l'humidité et de stabiliser le sol.

Au printemps, au mois de mars, un apport de compost bien mature au pied de la plante est recommandé. Pour les sujets en pot (minimum 30 litres), un apport d'engrais spécifique pour fruits et baies est nécessaire en cours de saison. Il est également essentiel de maintenir le sol propre, exempt d'adventices, pour éviter la compétition racinaire.

La taille : clé de la fructification

La production de fruits dépend largement de tailles successives. Il faut réaliser une taille d'hiver et deux tailles en été. La taille d'hiver s'effectue en mars, avant le débourrement, en rabattant les rameaux de 3 à 5 yeux. Les tailles d'été (juillet et août) servent à renforcer les rameaux porteurs.

Tous les 3 ou 4 ans, les branches fatiguées doivent être coupées à ras du tronc pour favoriser le renouvellement de la vigueur. Une astuce de jardinier consiste à placer un scotch de couleur sur les pédoncules lors de la récolte pour repérer facilement les zones de taille fructifères quelques semaines plus tard.

Gestion des maladies et parasites

Bien que le kiwi soit une plante robuste, quelques problèmes peuvent survenir :

  • Cochenille farineuse : se reconnaît à son duvet blanc cireux. Un nettoyage régulier prévient son installation.
  • Pourriture grise (Botrytis) : favorisée par une humidité élevée et 20°C, elle fait sécher les boutons floraux. Les traitements à base de soufre sont efficaces.
  • Pourridié : maladie du sol se développant sur le bois mort. Anticipez en nettoyant soigneusement vos outils de taille et en favorisant une cicatrisation rapide des plaies.

Schéma de taille estivale pour un pied de kiwi sur support horizontal

Culture en pot et contraintes spécifiques

Si vous manquez d'espace, il est possible de cultiver des variétés compactes en pot (minimum 40 cm de diamètre). Cependant, la masse foliaire impose un arrosage très rigoureux. En hiver, les pots doivent impérativement être protégés du gel pour préserver la motte racinaire. Pour les variétés autofertiles, le palissage reste identique, mais la surface occupée est plus modulable, permettant ainsi de profiter de cette liane exotique même sur un petit balcon ou une terrasse bien exposée.

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