Le jardinage est une discipline qui demande observation et anticipation. Les plantes hautes sont souvent malmenées par le vent et les fortes pluies. Selon la nature de la plante, son âge, sa silhouette et sa résistance, mais également les aléas climatiques auxquels elle pourra être exposée, le tuteurage peut s'avérer indispensable. Il sera alors nécessaire de choisir le bon support et la bonne méthode pour l'installer et le faire évoluer. Comment mettre le tuteur adéquat à une plante qui le nécessite ? Suivez le guide ! Et, comme nous le verrons plus loin, il saura s'adapter aux besoins de la plante et du contexte.

Les fondamentaux de l'installation
Mais à quoi être attentif lorsque l'on installe un tuteur ? À sa solidité, en tout premier lieu, qui devra être adaptée à la vigueur, au poids de la plante tuteurée ; à sa résistance aux aléas climatiques, aux vents, aux averses soutenues ; à sa forme qui devra permettre une adaptation à la nature-même de la plante, à sa silhouette, à sa manière de se développer ; à son esthétisme qui devra s'intégrer sans jurer dans l'aménagement paysager. Cette dernière fera partie intégrante du dispositif et de son efficacité ; elle répondra, elle aussi, à des contraintes et des besoins bien particuliers.
L’achat de tuteurs peut revenir cher. Il existe pourtant quelques astuces pour créer soi-même des tuteurs efficaces. La méthode la plus utilisée et la plus simple consiste à planter un piquet dans la terre, près de la plante. Par exemple, plantez trois fois trois tiges de noisetier ou de saule que vous tresserez ensuite. Si vous ne voulez pas que vos tuteurs soient trop voyants, plantez autour de la fleur et assez profondément des petites branches de noisetier.
Le choix des attaches : un élément déterminant
La fixation est cruciale pour ne pas blesser le végétal. Vous aurez globalement le choix entre : les attaches en fibres naturelles, ficelles et cordelettes en jute ou sisal biodégradables, à renouveler souvent d'une année à l'autre ou un peu plus durables comme le raphia ; les ficelles synthétiques plus durables mais moins écologiques ; les fils en acier gainé ou plastifié, réutilisables, à la fois souples et solides ; les attaches souples et réglables qui évolueront avec la plante sans jamais la blesser, ce qui sera également le cas des ligatures en caoutchouc extensibles ; les anneaux en plastique qui maintiennent en parallèle tuteur et tige ; les clips pour tuteur ou treillage qui se déplacent en un clin d'œil au fil des besoins.
Fort de ces quelques éléments de base, voyons à présent quel système choisir et comment mettre un tuteur en fonction de la plante choisie.
Gérer les plantes grimpantes et volubiles
En réalité, il y a plusieurs réponses possibles à cette question tant les plantes grimpantes présentent plusieurs modes d'accroche. Parmi les secondes, la passiflore et son incroyable floraison. Ces plantes, généralement plutôt légères, sont dotées de tiges volubiles qui s'enroulent toutes seules autour de leur support. On peut ainsi imaginer qu'elles partiront sans mal à l'assaut d'à peu près tous les types de tuteur sans avoir besoin de système d'attache.
Prenons l'exemple de la vigne vierge, ses ventouses viendront adhérer à n'importe quel support, y compris les surfaces lisses, sans jamais les altérer. Le lierre lui s'attachera solidement à son hôte via des crampons - des racines aériennes en fait - sur la plupart des surfaces à l'exception des supports lisses. Ces deux végétaux seront parfaits pour habiller rapidement un support disgracieux et de grandes surfaces sans qu'il soit nécessaire d'installer de tuteur particulier ou d'attaches.

Conseil Jardiland : le lierre ne mérite pas sa mauvaise réputation. Contrairement à une idée reçue, il ne nuit pas systématiquement à son support, en réalité il n'altère que ce qui l'est déjà, un mur fissuré, un crépi vieillissant. Que vous décidiez de le conduire contre un mur sur un treillis ou le long d'une pergola, votre rosier aura besoin d'un support bien ancré et solide pour accueillir branches charpentières et lianes vigoureuses. Des installations plus spécifiques comme les charmantes gloriettes en fer forgé ou divers modèles de tuteur parapluie permettront des mises en scène d'un romantisme inégalable. À la plantation, installez votre sujet à une quarantaine de centimètres de son tuteur et attachez-le à celui-ci avec des liens souples. Au fur et à mesure de sa croissance et selon le support choisi, vous apporterez de nouvelles attaches souples et réajusterez ou ôterez les existantes.
Le tuteurage des fleurs à grand développement
Vous avez composé d'élégants massifs où viendront s'épanouir dahlias et pivoines aux fleurs aussi imposantes qu'élégantes. Il sera nécessaire de tuteurer vos plantations, qui plus est si vous avez choisi des variétés hautes et des fleurs doubles. Pour les très grandes variétés (certains dahlias peuvent atteindre 2 m), choisissez pour chaque tige un long tuteur, solide, durable, discret ou encore esthétique pour ne pas nuire à la grande beauté de vos plantes fleuries. Cannes fines de bambou, tiges en osier ou encore tuteurs décoratifs en métal rouillé façon vintage pourront convenir par exemple.
Comment placer le tuteur pour vos plantes fleuries ? Installez ceux-ci dès la plantation, avant même d'enfouir les racines ou les rhizomes, afin de ne pas les blesser. Prévoyez une distance de 4 ou 5 cm entre tuteur et tige et des liens souples, en plastique ou en raphia, que vous attacherez en formant un "8" pour ne pas abîmer le végétal. Pour les variétés de taille moyenne, plantées en touffe, vous pouvez fabriquer une sorte de cage ouverte en grillage ou de colonne en plessis qui viendra enserrer la touffe et lui permettra de conserver un port altier.
L'ancrage des jeunes arbres
Le tuteurage des jeunes arbres permet de faciliter cet ancrage les quelques années suivant la plantation. Choisissez un tuteur solide, épais, un piquet de bon diamètre en bois imputrescible. Dans le cas d'une plantation d'un arbre à racines nues, placez le tuteur dans le trou de plantation en amont à une dizaine de centimètres du tronc. Maintenez-le bien droit et attachez-le au tronc avec des attaches solides mais non blessantes - des liens en caoutchouc ou des colliers en mousse par exemple.
Si vous plantez un arbre en motte, placez le tuteur à l'extérieur de celle-ci afin de ne pas abîmer les racines et inclinez-le légèrement jusqu'à pouvoir y attacher le tronc. Vous pouvez également choisir de planter, cette fois bien droit, deux piquets de chaque côté de la motte. Dans tous les cas, le tuteur doit être bien enfoncé, d'au moins 50 cm pour maintenir correctement le jeune arbre tout au long de sa croissance. Ceci est particulièrement vrai s'il s'agit d'un arbre fruitier ou d'un sujet à feuillaison et floraison dense.
Tuteur révolutionnaire pour arbre (breveté)
Astuce Jardiland : Dans les cas d'un arbre exposé à des vents soutenus ou encore d'un sujet abîmé, proche d'être déraciné, vous pouvez procéder à un haubanage. Il s'agit alors de placer trois points d'attache à 1.50 m du tronc (voire 2 m selon la hauteur de l'arbre), généralement des pieux de fort diamètre enfoncés très largement dans le sol et reliés à l'arbre par des câbles.
Optimisation du potager par le tuteurage
Ils sont nombreux à pousser en hauteur. Leur tuteurage est alors nécessaire pour de multiples raisons. Il permet à l'air et à la lumière de circuler. Ceci a un impact direct sur la plante. D'une part, les maladies cryptogamiques, ces champignons néfastes favorisés par l'humidité, ont un terrain moins favorable à leur installation et d'autre part, la plante s'épanouit plus facilement, profite au mieux de son environnement et donc fructifie plus généreusement. Il permet un gain de place considérable en libérant de l'espace au sol pour d'autres cultures qui en plus apprécieront l'ombre du plant et la fraîcheur au pied. Il apporte un confort aux jardinières et jardiniers qui entretiennent et récoltent plus facilement.
Selon l'espèce cultivée, les possibilités de tuteurage seront diverses et variées. Des tuteurs tomate en spirale qui permettent une progression simple du plant et une bonne distribution des fruits sur le pied à la fabrication de tipi tout aussi efficace et très décoratif. De tuteur classique en métal à des systèmes élaborés mélangeant structure en bambou et corde pour grimper. Ces tuteurs sont très utiles pour vos tomates du jardin. Entourez simplement votre plante d’un cercle de grillage. S’il s’agit de plantes fines, plantez quatre piquets autour de la plante et fixez parallèlement au sol un carré de grillage.
Comment mettre un tuteur à vos plantes du potager ? Pensez vos dispositifs en amont et installez-les autant que possible avant la plantation, là encore pour ne pas abîmer vos cultures. Réajustez régulièrement les attaches. Et si l'aspect ornemental vous importe, vous pourrez joindre l'utile à l'agréable en installant des pergolas, arche ou ombrière dans votre potager. Ces dispositifs vous permettront de cultiver des plantes légumières - lianes feuillues et fleuries de la patate douce, petites courges, etc. - ou fruitières grimpantes - actinidia (liane à kiwi), vigne à raisin, etc. -, d'apporter de la verticalité au paysage et de l'ombre à certains légumes et aromatiques qui la réclament. Nous avons vu comment mettre un tuteur aux diverses plantes ornementales ou potagères. Vos plantations en seront bien évidemment soulagées et consolidées.