La permaculture est devenue depuis quelques années le terme le plus en vogue auprès des jardiniers, des maraîchers et de tous les amoureux de la nature en général. Il est toujours plus agréable de faire pousser ses propres fruits et légumes et d’entretenir ses espaces verts. Ce qui l’est encore plus, c’est lorsque vos méthodes restent en accord avec la nature et sont éco-responsables. Vous avez sûrement déjà entendu parler de permaculture, cette méthode de jardinage écologique qui transforme vos espaces verts en écosystèmes auto-suffisants.
Le concept de « permaculture » est un mot-valise provenant de la contraction de « culture permanente ». Il faut savoir que le concept a été mis en place par un australien, David Holmgren, qui s’est pendant de nombreuses années intéressé à l’écologie, en collaboration avec le biologiste Bill Mollison. Ce mode d’agriculture s’inspire également du modèle d’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka. La permaculture est bien plus qu’une simple méthode de jardinage ; c’est une philosophie, une éthique basée sur l’harmonie entre l’homme et la nature.

Les fondements de la permaculture
La permaculture repose sur l’observation et l’utilisation des écosystèmes naturels pour s’inspirer de leur efficacité et de leur productivité. Le principe de la permaculture est basé sur l’observation et l’utilisation des écosystèmes naturels pour s’inspirer de leur efficacité et de leur productivité. Il s’agit donc de respecter les ressources précieuses qui composent notre planète comme la terre ou encore l’eau.
Dans l’ensemble, il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance importante dans la jardinerie pour se lancer. C’est aussi son avantage, car c’est à la portée de chacun ! La permaculture incite à préserver les ressources de notre planète pour mieux les utiliser.
Les principes éthiques et stratégiques
Pour réussir, il est nécessaire d'appliquer certains principes de réflexion :
- Appliquer l’auto-régulation et la rétroaction : Lors de l’auto-régulation, il y a de fortes chances pour que la nature vous fasse passer des messages en réponse à vos mesures.
- Utiliser des solutions lentes et à petite échelle : Il vaut mieux ne pas être trop gourmand dès les premières étapes.
- Utiliser et valoriser la diversité : Lorsque l’on s’efforce d’imposer la main de l’homme à la nature, cela crée une sorte de vulnérabilité qui perturbe le développement naturel des végétaux.
- Utiliser les interfaces et valoriser les zones de bordure : Tout en laissant la biodiversité agir, il ne faut pas craindre la coalition de plusieurs végétaux bien qu’ils soient différents.
- Utiliser le changement et y répondre de manière créative : C’est en observant régulièrement l’évolution de vos espaces ainsi qu’en analysant certains comportements que vous pourrez vous adapter à ces changements.
Analyser son environnement avant de planter
La première chose à faire, c’est d’observer et de connaître votre environnement. Pour comprendre comment faire de la permaculture dans mon jardin, il faut trouver la zone de culture idéale. Nous vous recommandons d’être attentif aux zones d’ombre, de soleil, aux endroits humides et aux types de plantes qui se développent dans votre espace vert. Les plantes n’ont pas toutes les mêmes besoins et c’est la raison pour laquelle vous devez faire attention à ces premiers signaux.
Tests de sol et climat
Vous allez impérativement devoir tester la nature de votre sol (sableuse, argileuse, grumeleuse). Pour cela, vous pouvez réaliser la méthode du bocal transparent : versez un peu de terre et de l’eau, secouez, puis laissez reposer 24 heures. Vous verrez trois couches : les sables au fond, les limons au milieu et l’argile sur le dessus.
Il est évident que selon la région dans laquelle vous résidez, vous devrez choisir des végétaux adaptés à votre climat :
- Climat continental (Centre-est, Est, Nord-est) : Étés chauds et hivers froids. Abritez vos végétaux les plus fragiles.
- Climat océanique (Côte ouest) : Étés frais, hivers doux, précipitations importantes.
- Climat montagnard : Hivers très froids, gelées tardives, vent froid.
- Climat méditerranéen (Sud) : Étés très chauds, hivers doux. Couvrez les plantes fragiles des rayons du soleil.

Conception et aménagement du jardin
Le design est une étape cruciale. Il n’y a pas de jardin en permaculture sans un minimum de conception préalable. Vous devez établir votre plan en visualisant globalement ce que vous êtes sur le point de réaliser.
Zonage et parcelles
Nous vous conseillons de diviser votre jardin en différentes zones. La première zone est celle la plus proche de votre habitation, aménagée pour un accès facile (terrasse, potager quotidien). La dernière zone, la plus loin, est un espace pleinement auto-suffisant, voire sauvage.
Pour les parcelles, plusieurs méthodes existent :
- La culture en butte : Cultiver sur des monticules surélevés améliore le drainage et évite l'engorgement.
- La culture en lasagne : Couches successives de matériaux organiques et de terre pour recréer un sol fertile.
- La culture en trou de serrure : Zones de plantation entourées de matière organique qui retient l'humidité.
Vos parcelles doivent être assez larges, mais vous devez pouvoir en atteindre facilement le centre, 1m20 est raisonnable. Vous ne devez pas avoir à marcher dans vos planches de culture, ça tasse le sol, empêchant les vers de terre de faire correctement leur boulot !
Techniques de culture et gestion des ressources
La permaculture, c’est le principe de réguler ces habitudes de jardinage en adoptant un comportement naturel et écologique. Ici, c’est la biodiversité qui se développe de façon autonome.
Le sol et la biodiversité
En permaculture, la terre n’est jamais retournée ni bêchée. Le sol doit toujours être couvert. Le paillage est une excellente solution pour éviter l’évaporation et le gaspillage de l’eau. Il maintient le sol relativement frais en été, relativement chaud en hiver et empêche le développement de mauvaises herbes.
On peut utiliser :
- Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) : Issu de rameaux jeunes broyés, il développe mycélium et humus.
- Les feuilles mortes : Très semblable au paillis des forêts.
- Les tontes d’herbe : Riches en azote, à faire sécher avant utilisation.
- Les engrais verts : Permettent au sol d’être plus perméable grâce à leurs racines.
Compostage à chaud... LA méthode complète !
Gestion de l'eau
Le jardinage est l’une des activités qui consomme le plus d’eau. Pourtant, des solutions existent :
- Récupération d'eau de pluie : Utilisez des seaux ou des cuves sous les gouttières.
- Goutte-à-goutte : Tuyau percé pour irriguer directement la terre.
- Les Ollas : Récipients en terre cuite enterrés qui laissent la plante puiser l’eau dont elle a besoin par capillarité.
Associations de plantes et protection naturelle
Les plantes compagnes sont essentielles. Certaines plantes peuvent éloigner les insectes nuisibles, tandis que d’autres peuvent enrichir le sol en nutriments essentiels. L’ail, le fenouil, la sauge, le romarin, l’aneth ou encore la lavande éloignent les insectes.

Pour protéger votre potager, vous pouvez construire un hôtel à insectes. Sa fonction est multiple : il attire les pollinisateurs (bourdons, abeilles) et les insectes auxiliaires (coccinelles, carabes) qui éloignent les nuisibles. N'oubliez pas que les limaces ne sont pas nécessairement des dangers : elles aident à la décomposition de la matière organique.
Maintenir un système vivant
Une fois que vous avez planté vos végétaux, c’est là que tout commence vraiment. Vous devez poursuivre vos actions pour faire de votre potager un espace fructueux. Notez les associations qui fonctionnent bien et celles qui ont moins de succès pour faire évoluer votre potager au fil des saisons.
En développant votre potager 100% écologique, vous vous tournez vers une production bio et indépendante. Ne plus utiliser de pesticides ou de produits chimiques aura également de l’impact sur votre santé. La permaculture est une invitation à observer, apprendre et s'adapter, transformant non seulement votre jardin, mais également votre vision du monde.
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