Verena Allemande : Trajectoires artistiques et culturelles entre France et Allemagne

Portrait de Verena von Lichtenberg

Verena, figure polyvalente dont l'identité est tissée entre la France et l'Allemagne, incarne la richesse des échanges culturels et la complexité des parcours binationaux. Son expérience offre une perspective unique sur les différences et les convergences qui façonnent les relations entre ces deux pays, en particulier à l'approche du 60e anniversaire du traité de l'Élysée, qui a scellé leur réconciliation.

Les racines artistiques et architecturales de Verena von Lichtenberg

Née à Strasbourg, Verena von Lichtenberg est une artiste peintre dont le talent pour le dessin s'est manifesté dès son plus jeune âge. Enfant, elle dessine des perspectives, des coupes et des vues en plan de maisons et de bâtiments, une prédilection qui témoigne d'une sensibilité précoce pour l'architecture. Elle grandit en Allemagne, où elle se distingue dans plusieurs concours de dessin et de peinture.

Son environnement d'enfance est profondément marqué par des figures emblématiques de l'architecture et de la peinture. Parmi ces influences majeures, on retrouve des noms tels que Mies van der Rohe, Otto Wagner, Friedensreich Hundertwasser, ainsi que les artistes Vassily Kandinsky, Miro et Salvador Dali. Ces maîtres ont indéniablement laissé une empreinte sur son parcours artistique ultérieur, façonnant sa vision et stimulant sa créativité.

Ses professeurs d'art plastique, reconnaissant son potentiel, souhaitent l'accompagner dans son cheminement artistique. Néanmoins, Verena s'engage d'abord dans une formation de Dessinatrice technique, où elle se révèle être lauréate du Land de Hessen. Elle obtient son diplôme avec les félicitations du jury, notamment grâce à des présentations de dessin et de perspective à la fois ludiques et plastiques, démontrant une capacité à allier rigueur technique et créativité.

Dans l'obligation de choisir une filière technique, Verena négocie son intégration à l'École des Beaux-Arts de Darmstadt. Là, elle a l'opportunité d'approfondir ses connaissances en Architecture et en Graphic Design. Cette période marque une étape cruciale dans son évolution artistique, lui permettant de poursuivre sa recherche personnelle et son développement créatif tout au long de son parcours scolaire et professionnel. Son cheminement illustre la manière dont une base technique solide peut se conjuguer avec une exploration artistique profonde et continue.

Confrontations culturelles : Habitudes françaises et allemandes

Les témoignages de couples binationaux, dont celui de Verena von Derschau (née en Allemagne et mariée à un Français depuis des années), mettent en lumière les habitudes étranges, et parfois irritantes, qui peuvent émerger de la cohabitation franco-allemande. Ces différences, si proches et pourtant si distinctes, offrent un éclairage sur les spécificités culturelles de chaque pays.

Comparaison des cultures culinaires française et allemande

Baguette contre "Maultaschen" : Les spécificités gastronomiques

La gastronomie est un domaine où les contrastes sont particulièrement saillants. Pour de nombreux Allemands, il est difficile de comprendre le culte français de la baguette. Verena von Derschau s'agace de cette habitude : "il faut toujours qu'il y ait du pain avec le repas. Et puis on ne la mange même pas, elle finit en miettes à côté de l'assiette". Cette observation souligne une divergence fondamentale dans l'approche du pain comme accompagnement.

François Dumas, un Parisien vivant depuis longtemps avec une Allemande, exprime quant à lui son dégoût face à certains plats typiques allemands, souvent considérés comme roboratifs, tels que les Maultaschen, de gros raviolis farcis. "Là je déclare forfait!", s'écrie-t-il. Roland, un Français marié à un Allemand, tacle également la gastronomie d'outre-Rhin, affirmant qu'elle "manque de légèreté" et que les Allemands "ont encore du mal à sortir du chou et de la 'kartoffel'". Ces remarques, bien que teintées d'humour, révèlent des perceptions persistantes des cuisines nationales.

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Fêtes de mariage et style vestimentaire : Des rituels distincts

Julika Herzog, Bavaroise et épouse de M. Dumas, s'attaque aux fêtes de mariage à la française, les décrivant avec une pointe d'exaspération : "Il n'y a que l'apéro jusqu'à 22 heures, puis on est déjà éméché parce qu'on ne mange rien de substantiel et on boit beaucoup de champagne. Le dessert est servi à 1h du matin, et puis tu es censé danser". Cette description met en lumière des rythmes et des attentes très différents en matière de célébrations.

Le style vestimentaire est un autre point de discorde. Bien qu'il y ait désormais des magasins Birkenstock dans le Marais, quartier chic parisien, les sandales à semelles en liège sont souvent associées à des vêtements confortables "typiquement allemands" et jugées "plutôt moches" par de nombreux Français. Roland déplore que "les Allemands s'habillent comme des sacs, toujours confort. On voit partout cette affreuse patte de loup", en référence à la marque Jack Wolfskin, fabricant de vêtements de randonnée.

Achim, le mari de Roland, rétorque en dénonçant les passe-droit qu'il perçoit comme courants dans la société française : "Si quelque chose ne fonctionne pas dans l'administration, vous prenez simplement la voie semi-légale", affirme-t-il. Il assure que tout fonctionne par "relations" en France, y compris pour obtenir un rendez-vous chez le dentiste, s'appuyant sur son expérience personnelle. Ces observations mettent en évidence des visions contrastées des normes sociales et des interactions administratives.

Quand les enfants révèlent d'autres spécificités culturelles

Lorsque les couples binationaux ont des enfants, d'autres différences culturelles se révèlent. Par exemple, Verena von Derschau explique qu'"en France, il n'y a pas de lapins de Pâques, mais des cloches". Elle s'est habituée avec le temps à l'installation du sapin début décembre, alors qu'en Allemagne, il est traditionnellement décoré quelques jours avant Noël, voire seulement le 24 décembre. Cependant, elle a posé son veto sur une guirlande lumineuse clignotante de toutes les couleurs, jugée peu propice au recueillement essentiel en Allemagne à cette période de l'année. Ces anecdotes soulignent la manière dont les rituels et les symboles de l'enfance sont ancrés dans des traditions nationales distinctes.

À l'école en France, les bambins n'ont pas la vie facile, estime Julika Herzog : "Je suis désolée pour eux, leurs journées sont incroyablement longues". Cette remarque met en lumière les différences dans l'organisation du temps scolaire et les attentes envers les enfants entre les deux pays.

Enfants jouant ensemble, symbolisant l'intégration culturelle

Les irritations du quotidien : Transports et loisirs

Lorsque la famille est en vacances en Allemagne, c'est le mari de Julika Herzog, François Dumas, qui se plaint : "Il y a plein d'endroits où on ne peut pas payer par carte". Contrairement à l'image d'un pays puissant où tout fonctionne, il déplore que "les trains y sont toujours en retard". Ces observations remettent en question certains clichés sur l'efficacité allemande et soulignent des frustrations liées aux infrastructures et aux services.

De plus, il se lamente de devoir "regarder Tatort le dimanche soir", une série qu'il juge "tellement banale", en référence à la série télévisée policière la plus ancienne et la plus appréciée dans les pays germanophones. Cette divergence dans les préférences de divertissement illustre également les fossés culturels qui peuvent persister au sein des couples binationaux.

Verena à Paris : Intégration et rayonnement professionnel

Cela fait une décennie que Verena a posé ses valises à Paris. Elle aime la capitale pour sa beauté, ses habitants élégants et la facilité du contact humain, qu'elle trouve plus agréable qu'en Allemagne. Elle apprécie la "forme de séduction" présente à Paris, la politesse des vendeuses et la simplicité du dialogue. Elle y trouve un espace pour être "un peu fou" et rêver.

Durant ses années d'études, elle a habité de nombreux quartiers emblématiques de Paris : "Nation, Odéon, le Marais, du côté du Jardin du Luxembourg, Bonne Nouvelle…". De castings en essayages, de voix off en répétitions, elle arpente la ville quotidiennement, et toujours à vélo. Quand elle est dans le coin, elle prend un café, puis passe au Bon Marché.

Verena ne manque pas de projets, et sa langue maternelle est devenue un atout majeur. Elle est, depuis peu, professeure de théâtre en allemand pour une classe spéciale du Cours Florent. Cette classe réunit des Allemands, des Suisses allemands, des Autrichiens, mais aussi des Français bilingues et des germanophiles, tous ceux qui souhaitent travailler leur langue maternelle sur scène pouvant passer l'audition. Actuellement, elle prépare le spectacle de fin d'année, intitulé "Hamlet ist tot. keine schwerkraft /hamlet est mort".

Verena fait également partie d'une troupe allemande à Paris, Schwarzbrotgold. Cet hiver, ils ont joué une pièce qui se moque des clichés sur les Allemands. Elle décrit cette expérience comme "super d'avoir pu réunir le public germanique, parce qu'ici, il n'y a pas vraiment de communauté". Elle observe que, contrairement aux Français à Berlin qui se retrouvent dans les mêmes cafés, les Allemands à Paris cherchent à s'intégrer, à devenir français. Elle a réalisé "qu'il y a vraiment un traumatisme de la culpabilité et presque une honte de notre identité". Rire ensemble de ces clichés leur a fait du bien.

Cet été, Verena jouera aussi en français : "Andromaque et Hermione dans un projet un peu fou à l'Abbaye de Sorde". Elle a découvert la Place Sainte Marthe lors de son premier voyage à Paris en 2005, appréciant son ambiance et ses couscous. Verena trouve ainsi son équilibre : "je veux continuer à vivre à Paris et travailler partout ailleurs".

Depuis quelques années, elle habite Belleville où elle a fondé une famille. Elle a découvert son quartier grâce à sa fille, à travers les commerçants, les cafés, les voisins et même les chiens. Elle apprécie beaucoup l'école française : "Je ne connaissais pas le système scolaire français et je trouve super, tout ce qu'ils font en lien avec Paris, les sorties, le cinéma avec Mon premier festival…". Elle ne comprend pas ceux qui quittent Paris pour faire des enfants, trouvant que la capitale offre un environnement enrichissant pour la vie de famille.

Carte de Paris avec des points d'intérêt pour Verena

Franz Gertsch et les Scarifications : Une inspiration artistique

Les informations fournies mentionnent également Franz Gertsch et une référence à "Franz Gertsch · Werkbuch. 1934-2022 | Franz Gertsch- Rainer Michael Mason | 2023 | Nachlaß Franz Gertsch, Rüschegg | S. 101" ce qui pourrait évoquer une connexion conceptuelle ou thématique avec l'œuvre de Verena. Bien que le terme "scarification" puisse avoir différentes interprétations, il est pertinent d'explorer la manière dont l'art de Gertsch, souvent caractérisé par un hyperréalisme photographique et une attention méticuleuse aux détails, pourrait influencer ou résonner avec des thèmes d'identité, de trace, ou de marque.

Franz Gertsch est un artiste suisse dont l'œuvre est reconnue pour sa capacité à capturer la réalité avec une intensité saisissante. Ses expositions majeures, telles que "Franz Gertsch. Die Retrospektive" en 2005 au Museum Franz Gertsch et au Kunstmuseum Bern, ou "Franz Gertsch. Works from the Hess Collection" à Vinopolis, Londres, en 2000, témoignent de l'impact de son travail. Sa littérature, incluant des ouvrages comme "Franz Gertsch - Polyfocal Allover" et "Franz Gertsch - Die Magie des Realen", explore les profondeurs de son approche artistique.

La notion de "scarification" dans le contexte de l'œuvre de Gertsch, ou en tant qu'inspiration pour Verena, pourrait être interprétée de plusieurs manières. Il pourrait s'agir d'une exploration des marques physiques ou symboliques laissées sur les corps ou les paysages, des traces du temps, de l'expérience, ou de l'identité. Dans le cadre de l'hyperréalisme de Gertsch, chaque détail, chaque texture est reproduit avec une précision quasi photographique, ce qui confère une importance particulière aux surfaces et à ce qui y est gravé, qu'il s'agisse de motifs naturels ou de signes humains.

Pour Verena, artiste ancrée dans l'architecture et le design, la notion de scarification pourrait se traduire par une exploration des lignes, des coupes et des strates, à la fois dans le dessin architectural et dans la représentation de l'identité. Les cicatrices, qu'elles soient physiques ou métaphoriques, peuvent symboliser des expériences vécues, des transformations, ou des histoires inscrites dans le temps et l'espace. La confrontation de sa propre identité franco-allemande, avec ses "traumatismes de la culpabilité" et sa "honte de notre identité" en tant qu'Allemande, pourrait trouver un écho dans une exploration artistique de la scarification comme expression de l'histoire et de l'appartenance.

Il est également possible que la référence à la scarification soit une métaphore de la manière dont les cultures et les histoires nationales laissent des empreintes profondes sur les individus, façonnant leur perception du monde et leur sentiment d'appartenance. L'œuvre de Gertsch, par sa focalisation sur le détail et la texture, invite à une contemplation approfondie de ces "marques", quelles qu'elles soient.

La Fête de l'Europe à Paris : Un rendez-vous pour la diversité

Chaque année en mai, Paris met l'Europe à l'honneur à travers un programme riche de concerts, de débats et de rendez-vous festifs, organisés sur le Parvis de l'Hôtel de Ville et dans les arrondissements. Ce type d'événement, tel que la Fête de l'Europe, qui s'est tenue du 7 au 13 mai 2018, offre un cadre idéal pour célébrer la diversité culturelle et les liens qui unissent les nations européennes, une thématique chère à Verena et à son expérience binationale. Ces manifestations contribuent à renforcer le sentiment d'appartenance à une identité européenne commune, tout en valorisant les spécificités de chaque culture.

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