
L'apiculture moderne, confrontée à des défis croissants pour maintenir des colonies productives, exige une maîtrise approfondie des techniques d'élevage de reines. Parmi celles-ci, le greffage de larves royales est une méthode largement adoptée. Cependant, le succès de cette technique repose sur une vérification minutieuse de l'acceptation des cellules royales par la colonie. Comprendre les signaux d'acceptation, identifier les causes de rejet et appliquer les meilleures pratiques sont des étapes fondamentales pour tout apiculteur désireux d'optimiser son cheptel.
Les différents types de cellules royales et leur formation
Pour bien comprendre la vérification des cellules royales greffées, il est crucial de distinguer les types de cellules royales que les abeilles peuvent bâtir naturellement. Ces constructions reflètent des besoins spécifiques de la colonie.
Les cellules royales d'essaimage
Au printemps, les ouvrières bâtissent naturellement des cellules royales de type essaimage. Ce phénomène est le processus naturel de division de la colonie. En fonction de la sous-espèce, on trouvera de 2 à 20 cellules en bordure d’un ou plusieurs cadres de couvain. La vieille reine s’envole avec plus ou moins la moitié de la colonie, marquant le début d'un nouvel essaim.
Les cellules royales de sauvetage
Lorsque la reine disparaît brusquement, souvent par une mauvaise manipulation de l'apiculteur, les ouvrières orphelines construisent en urgence une cellule de sauvetage. Cette cellule est édifiée à partir d’une alvéole contenant une larve plus ou moins âgée. De cette cellule, située généralement au milieu du cadre, naîtra une reine souvent de moins bonne qualité. La raison en est que la larve choisie n'aura pas été nourrie exclusivement avec de la gelée royale. Il est important de rappeler qu'une larve d’ouvrière est nourrie pendant 3 jours avec de la gelée royale, puis 3 jours avec un mélange de miel et de pollen, tandis qu'une larve royale doit être nourrie exclusivement à la gelée royale.
Quelques heures plus tard, une ou plusieurs autres cellules seront bâties en bordure du cadre, à partir d'alvéoles contenant des larves très jeunes. Ces dernières, nourries uniquement à la gelée, donneront de bonnes reines. Malheureusement, la cellule de sauvetage éclora avant les autres, et la reine qui en émergera tuera les larves royales encore emprisonnées, assurant ainsi sa suprématie.
Les cellules royales de remérage (ou supercédure)
En automne, les ouvrières construiront une ou deux cellules royales de remérage ou supercédure. Ce processus vise à remplacer une reine âgée ou dont la ponte est déclinante. On peut également rencontrer ce phénomène après l’application d’un traitement à l’acide formique, qui peut affecter la vitalité de la reine existante.
Les cellules royales artificielles par greffage
L’éleveur, quant à lui, greffera des larves de moins de 24 heures, issues de reines de sélection, sur des cupules. Ces cupules seront ensuite introduites dans des colonies orphelinisées pour un élevage artificiel. Cette technique permet de contrôler la génétique des futures reines et d'assurer le maintien d'un cheptel apicole productif, devenu de plus en plus complexe ces dernières années.
Les indices visuels d'acceptation des larves greffées
Pour déterminer si vos larves greffées ont été acceptées, vous devez rechercher deux indices visuels distincts au sein de la colonie. Le principe fondamental est que l'acceptation est un processus actif, confirmée par les comportements spécifiques de construction et d'alimentation des abeilles nourricières.

Le rebord de cire nouvellement construit
Premièrement, observez les cupules pour l'ajout d'un rebord de cire lisse et légèrement incurvé autour du bord. Ce rebord est la fondation de la nouvelle cellule royale. Il sera lisse et aura une légère courbe descendante. Cette nouvelle construction de cire est l'indicateur le plus fiable d'acceptation. Les abeilles commencent à allonger la cupule, transformant l'alvéole initiale en une véritable loge royale. Ce travail de cire témoigne de leur intention de développer une nouvelle reine. L'absence de ce rebord, ou la présence d'un rebord irrégulier ou endommagé, peut indiquer un rejet.
La larve flottant dans la gelée royale
Deuxièmement, à l'intérieur de ce rebord de cire nouvellement construit, vous verrez la larve flotter dans un lit généreux et blanc laiteux de gelée royale. Ce "lit" de gelée royale est un signe indubitable que les nourrices ont commencé à alimenter la larve de manière intensive, comme il se doit pour une future reine. La gelée royale doit être abondante et avoir une couleur uniforme, signe d'une nutrition adéquate. Si vous voyez une larve sèche, ratatinée, ou si la cupule est vide, la greffe a été rejetée. Une larve non alimentée ne pourra pas se développer correctement.
Le comportement de "couverture" des abeilles
En plus de ces indices directs, les cellules acceptées seront souvent couvertes par un groupe d'abeilles nourricières dévouées. Ce comportement de "couverture" signifie une concentration intense des abeilles autour de la cellule. Elles régulent la température, ajoutent de la cire et nourrissent constamment la reine en développement. Une grappe d'abeilles actives autour de la cellule est un signe très positif d'acceptation et de prise en charge.
Les facteurs influençant le taux d'acceptation et les solutions
Si vous constatez un faible taux d'acceptation, il est crucial de résoudre le problème, car c'est le point de défaillance le plus courant dans l'élevage de reines par greffage. Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès de l'opération.
L'âge des larves greffées
Les larves que vous greffez doivent avoir le bon âge, idéalement moins de 24 heures. Les larves plus âgées ne conviennent pas à l'élevage d'une reine de qualité et seront rapidement rejetées par les abeilles. Une larve trop âgée a déjà commencé à être nourrie comme une ouvrière, et même avec un apport massif de gelée royale, elle ne pourra pas développer toutes les caractéristiques d'une reine de qualité optimale. C'est pourquoi un greffage minutieux et précis de larves très jeunes est primordial.
L'état de la colonie éleveuse
L'état de la colonie éleveuse est primordial. Les larves greffées sont extrêmement fragiles et nécessitent un environnement optimal pour leur développement. La colonie doit être forte, peuplée, et en bonne santé. Une colonie faible, malade, ou stressée aura moins de propension à accepter les larves greffées et à les élever avec succès. Il est recommandé d'utiliser des colonies "starters" ou "finisseurs" spécifiquement préparées pour l'élevage, souvent orphelinisées pour maximiser l'acceptation.
La disponibilité de nectar et de pollen
De même, un manque de nectar et de pollen, souvent appelé une "disette", peut réduire considérablement les taux d'acceptation. Les abeilles nourricières ont besoin de ressources abondantes pour produire la gelée royale nécessaire à l'alimentation des larves royales. Si les flux de nectar sont insuffisants, il faut stimuler la colonie avec un sirop léger, imitant le nectar (40% de sucre, 60% d'eau). Ce sirop doit être distribué tiède, à petite dose (200 ml pendant 3 ou 4 jours) et le soir (le plus tard possible afin d’éviter le pillage), pour encourager la production de gelée royale et éviter le pillage.
L'équipement de greffage
Un greffage réussi repose sur un équipement fiable et de haute qualité. Un greffoir propre et précis, des cupules de bonne qualité, et une technique douce sont essentiels pour ne pas endommager les larves fragiles lors du transfert.

Méthodes et astuces pour un greffage réussi
Pour optimiser les chances de succès, les apiculteurs ont développé diverses stratégies et techniques.
La préparation de la colonie receveuse
L'introduction de cellules royales (CR) greffées dans une colonie issue de division est une pratique courante. Par exemple, greffer deux cellules royales sur couvain naissant dans une colonie orpheline depuis une semaine, dont les cellules royales édifiées ont été cassées, permet une bonne acceptation. La colonie, étant privée de reine, est plus encline à accepter une nouvelle reine en développement.
Le greffage sans finisseur ni couveuse
Certains apiculteurs optent pour des méthodes simplifiées, comme l'introduction de cellules royales de 3 jours (C3J) directement dans les essaims artificiels orphelins (EAO), sans finisseur ni couveuse. Cette approche, bien que simplifiant le travail, augmente la durée de non-ponte de l'essaim et nécessite une visite supplémentaire pour vérifier l'acceptation. Le taux de réussite peut être très bon, parfois plus de 80% pour plusieurs centaines d'introductions, et les reines obtenues semblent de meilleure qualité.
L'importance du starter
Historiquement, le starter est considéré comme un élément roi et incontournable en élevage de reine. Il s'agit d'une petite colonie orpheline et surpeuplée en jeunes abeilles, qui a pour rôle d'initier l'élevage des larves greffées en cellules royales. Le maintien d'un starter en continu est aisé en période d'essaimage grâce au nombre d'EAO à mèrer. Cependant, en dehors de cette période, la création d'un starter peut être une contrainte.
Supprimer le starter : une approche innovante
Une approche plus récente consiste à supprimer ce fameux starter. L'idée est d'introduire directement des cellules royales juste greffées (C0J) dans les essaims artificiels. Pour cela, on prépare un essaim artificiel avec deux cadres de couvain (de préférence operculé) avec leurs abeilles, un cadre de miel bien plein avec ses abeilles, et un cadre bâti vide. Les 5e et 6e positions sont laissées vides pour faciliter le travail, ou une partition chaude est installée si la ruche est plus grande ou en début de saison. La colonie doit être orpheline, sans reine fécondée, vierge, ni cellule royale, pour garantir un taux d'acceptation de 100%.
Il est crucial de placer l'essaim en rucher de fécondation, en séparant les entrées d'un mètre les unes des autres. Il faut attendre 7 ± 2 jours avant d'introduire les C0J. Attendre 9 jours risque d'avoir une reine vierge émergente, et 5 jours peut laisser des larves potentiellement éligibles au statut de reine. L'objectif est de créer un "mini-starter ouvert".
Le jour G (greffage), il faut greffer le double de cupules royales que d'EAO. Le transport des C0J ne pose pas de problème : une boîte avec un linge humide, à l'abri du soleil, permet de les conserver intactes quelques heures. Si elles sont introduites dans les heures qui suivent le greffage, un greffage à sec est suffisant. Si l'attente dépasse une demi-journée, il est préférable de faire un greffage avec de la gelée royale diluée pour hydrater les larves.
Pour introduire les C0J, il faut vérifier que l'EAO soit bien orphelin : pas d'œufs, ni de larves et présence de CRN (Cellules Royales Naturelles). Toutes les CRN doivent être détruites ; pour cela, il est conseillé de secouer les cadres pour retirer les abeilles et mieux les voir. En laisser une seule, même rabougrie, est synonyme d'échec. Il faut ensuite mettre deux C0J par EAO, une par cadre de couvain, au centre de la grappe, entre le premier et le deuxième cadre. Les C0J sont incrustées dans le cadre comme les C3J, en détruisant les parois des cellules avec le lève-cadre et en piquant le plot dans la feuille de cire. La cupule doit être contre la feuille de cire, l'ouverture vers le bas, avec un espace libre de 2-3 cm en dessous, et les cupules ne doivent pas être en face l'une de l'autre. Il faut nourrir si la colonie a moins d'un bon cadre de miel.
Vérification de l'acceptation et de la ponte
La vérification de l'acceptation se fait au Jour G7 ± 2 (7 jours après le greffage-introduction, plus ou moins 2 jours). Les C0J introduites sont alors operculées (CRO), toujours très belles quelle que soit la saison, même mi-août. Elles ressemblent à des cellules d'essaimage. Certains essaims peuvent en avoir deux, une, ou aucune. Il suffit alors d'équilibrer : prendre un cadre avec une CRO dans un essaim qui en a deux, et l'échanger avec un cadre d'un essaim qui a perdu ses deux C0J, abeilles comprises. Pendant cette opération, il faut détruire toutes les CRN éventuelles, surtout si l'introduction des C0J se fait à moins de 5 jours d'orphelinage. Il faut être très vigilant et ne pas secouer le cadre pour retirer les abeilles afin de ne pas abîmer la CRO. L'objectif est d'avoir, à la fin, une CRO par EA. S'il n'y a pas assez de CRO, il faut rassembler quelques nuclei (nuc), et s'il y en a trop, les introduire dans la série suivante. Il est impératif de nourrir si la colonie a moins d'un bon cadre de miel.
La vérification de la ponte se fait au jour G30 ± 5. Si la ponte est positive, le nuc est complété avec des cadres gaufrés, car dès que la reine pond, ses abeilles récupèrent l'instinct de bâtir. Si le nuc est orphelin, il faut le secouer. Et toujours, nourrir s'il y a moins d'un bon cadre de miel. Pour les Mini+, la reine peut être prélevée quand le couvain est operculé. Pour les ruchettes, il faut attendre deux cycles de couvain pour transférer en ruche.
Cette technique présente des avantages : elle est simple, ne nécessite plus de starter, finisseur ni couveuse. Elle est très souple dans le temps, avec des fenêtres de 4 jours pour chaque opération (introduction des C0J, vérification des acceptations, vérification de la ponte), ce qui permet d'ajuster le calendrier en fonction des autres travaux et de la météo. Elle donne de très bons résultats en termes de taux de reines fécondées et de qualité de reines. Cependant, elle est à réserver aux apiculteurs qui maîtrisent très bien le greffage.
Sélection et transfert des larves d'abeilles pour le greffage des reines
Introduction des reines vierges : défis et solutions
L'introduction de reines vierges est une étape délicate et cruciale dans le processus d'élevage. Plusieurs facteurs peuvent compromettre la réussite de cette introduction et de la fécondation ultérieure.
La fécondation des jeunes reines
La fécondation des jeunes reines pose des défis, surtout pour les apiculteurs disposant de peu de ruches et souhaitant y consacrer le moins d'abeilles possible. Une reine, même issue d'une sélection rigoureuse, ne se révélera jamais une bonne reine si elle reste vierge ou est mal fécondée. La qualité de la fécondation est primordiale pour la performance future de la reine.
Les facteurs affectant la fécondation
Plusieurs éléments peuvent affecter la réussite du vol de fécondation :
- Le mauvais temps : Des conditions météorologiques défavorables (pluie, vent fort, froid) peuvent empêcher la reine de sortir pour ses vols nuptiaux, ou réduire la présence des mâles (faux-bourdons).
- L'absence de miellée : Une absence de miellée dans les jours qui suivent le vol de fécondation peut retarder le début de ponte. Une jeune reine ne commencera sa ponte que si les nourrices la "gavent" de gelée royale. Si les nourrices ne reçoivent pas de nectar et de pollen en quantités suffisantes, le début de ponte est retardé. Plus on avance dans la saison, plus ce retard risque de ne pas engendrer une population suffisante pour l’hivernage. De plus, les abeilles peuvent tuer une reine dont la ponte tarde trop.
- La stimulation alimentaire : Pour pallier l'absence de miellée, il ne faut pas hésiter à stimuler la colonie avec un sirop léger (40% de sucre, 60% d'eau), distribué tiède, à petite dose (200 ml pendant 3 ou 4 jours) et le soir (le plus tard possible afin d’éviter le pillage). Si cette stimulation ne donne rien, c’est qu’il y a absence de reine dans la colonie. Dans ce cas, il faut y introduire sans tarder des œufs ou des très jeunes larves, à moins de maîtriser l’élevage des reines ou d’en acheter.
Techniques d'introduction des reines vierges
Pour introduire une reine vierge, certaines pratiques peuvent augmenter les chances d'acceptation. Certains apiculteurs, pressés ou ayant un surplus de reines, optent pour une méthode simple : enduire la reine de sirop et la poser directement sur le haut des cadres. Cette technique peut simplifier le travail en évitant la familiarisation préalable.
Une autre idée consiste à introduire la cellule royale entourée de papier aluminium dans un cadre de couvain, sans utiliser de bigoudis. L'aluminium protégerait la cellule tout en permettant aux abeilles de ressentir la présence de la future reine.
Les "nuclei" pour la fécondation et la vérification de ponte
Pour les apiculteurs qui ne peuvent pas diriger la fécondation en raison de la présence de nombreuses ruches dans leur environnement, l'utilisation de nuclei (ruchettes de fécondation) est une solution. Les nuclei permettent d'élever les reines jusqu'à leur début de ponte et de vérifier la qualité de cette ponte avant d'introduire la reine dans un essaim de production. Cela permet d'avoir une ou deux reines d'avance en cas de division tardive ou de remplacement de reines non performantes. Ces nuclei peuvent être constitués à partir de ruchettes Dadant de 3 ou 5 cadres ou de hausses adaptées.
Pour la fécondation des jeunes reines, des méthodes spécifiques ont été développées. Par exemple, une technique consiste à récupérer 2 kg d'abeilles par tapotements sur deux ou trois ruchettes (en les marquant). Un léger mouillage des abeilles est effectué pour les rendre orphelines, ce qui brouille leur identité et réduit leur capacité à s'envoler lors des manipulations. Ces abeilles sont logées avec une casserole à café dans une ruchette 5 cadres Langstroth avec une haussette de 12 cm de haut en dessous, soit une hauteur totale de 36 cm. Le fond est aéré et l'entrée obturée. Dans cette ruchette "starter", on place un cadre d'eau (intégré par secouage pour évacuer les bulles d'air), deux cadres de miel et de pollen, et un cadre vide. Le cinquième cadre sera celui du greffage. L'ensemble est mis au frais et à l'abri de la lumière pendant 24 heures.
Le greffage des 45 cupules (3x15) sans acceptation, sans nourrissement liquide ni gelée, est réalisé en humidifiant les cupules avec un brumisateur d'eau minérale et en secouant pour éviter la noyade des larves. Le cadre de greffage est ensuite intégré dans le starter, déplacé à l'envers du lieu de greffage au lieu d'introduction.
Le lendemain, deux ruchettes doubles Langstroth sont préparées en mettant la reine en bas, en vérifiant qu'elle dispose de place pour pondre. Une grille à reine est posée, et le deuxième corps est remis, pourvu d'un cadre vide, d'un cadre de couvain ouvert et de deux cadres de couvain operculé. Le cinquième cadre sera celui du greffage. Les cellules royales valides, après sélection (élimination de celles qui ne sont pas assez fournies en gelée royale), sont réparties sur deux cadres (par exemple 20 et 20) et introduites dans les deux finisseuses préparées le matin. Les abeilles du starter sont remises à l'entrée des ruchettes fournisseuses.
Le septième jour, toutes les cellules operculées, non crochues et supérieures à 2 cm, sont mises en couveuse pour éviter les ponts de cire entre les cellules (en cas de miellée), le cannibalisme (en cas de disette), ou pour poursuivre avec une deuxième série. Ce procédé de mouillage est également utilisé pour optimiser l'acceptation des reines et des cellules dans les paquets d'abeilles, et pour attraper d'éventuels essaims.
L'introduction de la reine dans une colonie "ossie"
L'introduction d'une nouvelle reine dans une colonie ayant déjà une vieille reine (une "ossie") est généralement déconseillée. La vieille reine réglerait vite son compte à la nouvelle à la sortie de son emballage cadeau. La seule possibilité serait que la vieille reine soit mise dans un compartiment de la ruche, la cellule royale dans un autre avec une grille à reine au milieu (les abeilles de ce compartiment se sentant orphelines). Cependant, cette méthode est très contraignante en termes de travail et de complexité.

L'élevage de reines et la production de miel : une synergie complexe
Faire de l'élevage de reines et produire du miel simultanément peut être un défi. Pour un apiculteur désireux de s'agrandir et de se développer, il est souvent nécessaire d'oublier toutes récoltes de printemps, de privilégier l'élevage du mieux possible, et d'ensuite essayer de faire du miel en fin de saison. Il n'y a pas 36 choix. Cependant, il est possible de faire vivre quelques ruches de production et d'en consacrer une ou deux à l'élevage sans compromettre la récolte de miel, à condition de bien planifier et d'utiliser des techniques adaptées, comme l'utilisation de nuclei et de méthodes de greffage simplifiées.
Le maintien d'un cheptel apicole productif et la production de reines de qualité sont des piliers de l'apiculture durable. Une bonne compréhension des processus naturels des abeilles, associée à la maîtrise des techniques de greffage et d'introduction des reines, permet d'assurer la vitalité des colonies face aux nombreux défis environnementaux et sanitaires actuels.