La Vigne de Table et l'Art d'Utiliser le Fumier de Cheval : Un Guide Complet

La culture de la vigne de table gagne en popularité auprès des particuliers, qui sont de plus en plus nombreux à l’adopter. Pour assurer une croissance optimale et une fructification abondante, le choix des amendements et des pratiques culturales est primordial. Parmi les solutions naturelles, le fumier de cheval se distingue comme un allié précieux pour enrichir le sol. Cet article explore les spécificités de la culture de la vigne de table et détaille l'utilisation judicieuse du fumier de cheval, en soulignant ses avantages, ses précautions d'emploi et les meilleures pratiques.

La Vigne de Table : Un Choix Gourmand pour Votre Jardin

La vigne de table, prisée pour ses grappes juteuses et sucrées, est de plus en plus présente dans les jardins. Elle peut se planter aussi bien au printemps qu'à l'automne, et son succès dépend en grande partie de son exposition.

Choix de l'Emplacement et Préparation du Sol

Pour une fructification optimale, installez la vigne en plein soleil. Cette exposition est même indispensable dans les régions au nord de la Seine où le climat est moins favorable. La vigne s'adapte à presque tous les sols, à l'exception de ceux qui sont trop argileux et pas assez drainants.

Pour la préparation du trou de plantation, creusez un trou d'environ 50-60 cm de profondeur et de largeur, pour bien ameublir la terre. Désherbez soigneusement sur un rayon de 50 cm tout autour du plant, car la vigne ne supporte pas la concurrence des mauvaises herbes.

Plan de plantation d'une vigne de table

Techniques de Plantation et Amendement Initial

Avant la plantation, arrosez le plant. Déposez-le ensuite dans le trou, étalez bien les racines et comblez avec de la terre meuble. Le point de greffe doit être à 4 ou 5 cm au-dessus de la surface de la terre. Apportez un peu de fumier bien décomposé en surface, en veillant à ce qu'il ne soit pas au contact direct des racines. Arrosez copieusement. Au fond du trou, ajoutez environ 80 g de corne torréfiée (soit une grosse poignée) à mélanger à la terre. Remplissez le trou avec la terre extraite, éventuellement amendée de terreau de plantation. En suivant ces étapes, vous assurerez une bonne croissance et une fructification optimale de vos vignes de table.

Entretien de la Vigne de Table

L'entretien de la vigne de table implique plusieurs gestes clés pour garantir une bonne récolte :

  • Désherbage manuel : Les deux années qui suivent la plantation, les pieds sont désherbés à la main, à l'aide d'une bêche, pour ne pas heurter le plant de manière radicale.
  • Taille : La taille de la vigne se fait en mars. Sur une treille plantée à l'automne, intervenez dès le printemps suivant ; sur une vigne plantée au printemps, taillez au bout d'un an. Laissez pousser la charpente principale ou « cordon » le long d'un support - mur ou poteau de pergola. Chaque année, taillez les bois qui partent de cette charpente, courts, à 2 ou 3 yeux. Ces bois, appelés coursons, sont ceux qui porteront les fruits. La poignée tournante du sécateur Felco 7 en fait un outil très ergonomique pour la taille de la vigne.
  • Épamprage : Ôtez les rameaux qui apparaissent le long du tronc en période de végétation, car ces jeunes pousses détournent la sève au détriment des fruits.
  • Échardage : Cette opération, généralement effectuée en juillet, permet d'aérer la zone fructifère sur un pied de vigne en éliminant les gourmands, ou entre-cœurs, qui poussent sur les bois de l'année. Contrairement à l'effeuillage mécanique, l'échardage permet de conserver la feuille mère décisive pour une bonne photosynthèse et une bonne maturation du fruit.
  • Levage : Il s'agit de guider les rameaux pour optimiser l'exposition au soleil.
  • Raccourcissement des rameaux : Raccourcissez les rameaux de l'année en laissant 6 à 9 feuilles après la dernière grappe (ce sont les feuilles qui donnent le sucre au raisin grâce à la photosynthèse).
  • Ensachage : Il permet de protéger les grappes contre les oiseaux, les guêpes et les frelons.

COMMENT TAILLER LA VIGNE (méthode Guyot)

Engrais et Amendements pour la Vigne

Les besoins de la vigne sont variables selon le type de sol, mais surtout selon le rendement et la vigueur souhaités. Des apports d'engrais organique peuvent être faits entre novembre et mars, et des apports d'engrais minéraux en mars/avril.

  • Amendements de fond : Pour un apport qui va améliorer les caractéristiques du sol, la meilleure période se situe durant l'automne-hiver. La matière organique se dégradera lentement, ce qui convient parfaitement pour un apport de fond. Un compost de déchets verts, par exemple, augmentera le taux d’humus du sol, qui se libérera progressivement ; son taux d’Ismo tournera autour de 60 à 80. À ce titre, il pourra être intéressant en amendement, et notamment en fumure de fond à la plantation. Un amendement s'effectue en règle générale à la plantation, et ensuite tous les trois ou quatre ans, pour des questions de faisabilité.
  • Engrais : Dans le cas d’un engrais, destiné à aider la vigne, la fin d’hiver est plus favorable. Selon les régions, on l'épandra en février (zones méditerranéennes) ou en mars (zones septentrionales). Le but est que l’azote minéral soit disponible pour la vigne aux alentours de la floraison, ce qui implique une dégradation préalable par les micro-organismes du sol. Celle-ci dépend des conditions climatiques, car les bactéries nécessitent une température et une humidité suffisantes pour travailler. Ensuite, il faut attendre que l’azote migre en profondeur, cette vitesse variant selon le type de sol. Elle sera notamment plus élevée sur des sables que sur des argiles lourdes. Si la vigne nécessite de l’azote, des engrais peuvent être apportés tous les ans. En revanche, il n’est pas nécessaire d’amener du phosphore et du potassium annuellement. Ce sont des éléments qui migrent très peu dans le sol et restent donc disponibles pour la vigne.
  • Magnésium : Le magnésium est moins indexé sur le rendement, puisqu’on en retrouve peu dans les baies. Il faut en apporter entre 10 et 20 kg/ha/an maximum.

Pour choisir le type de matière organique à épandre, il faut considérer l'objectif recherché : un amendement de fond ou un engrais. Il est recommandé de regarder l'Ismo (indice de stabilité de la matière organique) du produit. Plus celui-ci sera élevé, plus la matière organique contenue dans le produit sera stable, ce qui est recherché pour un amendement de fond.

Le Fumier de Cheval : Un Atout Précieux pour le Potager

Le fumier de cheval est le fumier le plus utilisé dans nos potagers et le plus vendu en jardinerie. C'est un mélange de crottin, d’urine et de litière végétale, qui peut être constituée de paille, de copeaux de bois ou d’autres matières végétales. Il est considéré comme une bénédiction pour le sol, étant riche, structurant et facile à trouver. Il booste la fertilité de votre potager sans produit chimique.

Composition et Avantages du Fumier de Cheval

Le fumier de cheval est un amendement complet. Il apporte des éléments essentiels comme l’azote, le phosphore et la potasse, ainsi que du calcium et du magnésium, qui jouent un rôle dans l’équilibre du sol et la croissance des plantes. Sa faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités. Bien que cela puisse être épuisant à véhiculer, votre sol en sera grandement amélioré.

Tableau comparatif des apports minéraux des différents fumiers

Il contient par exemple 0,6 % d’azote alors qu’un engrais chimique peut en contenir jusqu’à 33 %. Cette faible concentration s'explique par sa richesse en carbone. C'est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, sa structure, le rendre plus meuble, léger, poreux. De plus, il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger et décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Les minéraux qu’il contient vont se libérer dans le sol sur une année, deux années pour l’azote. Le fumier de cheval agit d’abord comme un excellent amendement organique. Sur les terres argileuses, il allège la structure, favorise l’aération et limite la formation de croûtes de battance. En parallèle, le fumier de cheval participe à stimuler la vie du sol, puisque les vers de terre, les champignons et les bactéries se nourrissent volontiers des matières organiques qu’il apporte. Il ne libère pas tous ses éléments nutritifs d’un coup. Dans le fumier de cheval, ces éléments sont présents sous forme organique. Ils se libèrent donc lentement, au fur et à mesure que la matière se décompose. Cela permet d’éviter les excès, les brûlures et les lessivages.

Les Différentes Formes de Fumier de Cheval

Tous les fumiers de cheval ne se valent pas. Leur efficacité dépend de leur état de décomposition et du moment où vous les utilisez.

  1. Le fumier frais : C’est le fumier directement sorti de l’écurie, non composté. Il est encore très actif, produit de la chaleur et dégage de l’ammoniac. Il est peu concentré en minéraux essentiels. Les molécules qu’il contient sont complexes, se libèrent très lentement dans le sol. On peut l'utiliser de la même manière que du fumier frais avec litière, mais il faudra prendre des précautions. La température pourra vite monter sitôt qu’on met une couche épaisse de vingt centimètres, il y aura alors un risque de brûler les racines de nos cultures. Il pourra aussi contenir des résidus médicamenteux si les chevaux sont traités. Pour une telle utilisation de ce fumier frais, prenez soin à ce qu’il vienne de chevaux non traités, non vermifugés. Un fumier frais ne doit jamais être utilisé directement au pied des cultures.
  2. Le fumier demi-mûr (composté 3 à 6 mois) : Il a déjà commencé à se transformer, mais reste encore un peu instable. Il dégage moins de chaleur, mais il faut quand même éviter de l’utiliser au contact direct des jeunes plants.
  3. Le fumier mûr (composté 6 à 12 mois) : C’est la forme la plus polyvalente. Il est bien décomposé, inodore, facile à manipuler et ne présente plus de risque pour les racines. Les résidus médicamenteux sont éliminés via la phase de compostage. Le compost de fumier de cheval agit comme un booster biologique.
  4. Le fumier déshydraté (vendu en sac) : C’est un fumier séché, souvent compressé en granulés. Il est propre, pratique à stocker, mais plus cher. Son action est plus douce, car les micro-organismes doivent le réactiver avec l’humidité du sol. Dans ces sacs, il sera souvent complété d’engrais naturels, algues marines par exemple, pour lui donner plus de richesses. La matière première (fumier de ferme) est identique. Il est élaboré par compostage, broyage et déshydratation.

Quand et Comment Utiliser le Fumier de Cheval

L'utilisation du fumier au potager ne se résume pas à l'épandre et espérer que cela fonctionne.

  • À l’automne : C’est le bon timing pour le fumier frais ou demi-mûr. Vous pouvez l’épandre sur les parcelles libérées après récolte. La pratique la plus répandue est d’incorporer son fumier de cheval sur les premiers centimètres, plus encore s’il est frais. Toujours cette crainte de déperdition d’azote et autant enfouir très légèrement le fumier sous quelques centimètres de terre sans pour autant trop l’enterrer. Sans l'enfouir, en quelques semaines et en fonction de la température et des précipitations, il se compostera tout seul, en “nappe”. Un labour superficiel, sans retournement, permet d’en incorporer les restes à la fin de l’hiver.
  • En fin d’hiver ou début de printemps : Utilisez du compost mûr, bien décomposé.
  • En été : Le fumier composté peut servir de paillage nourrissant. Étalez une couche de 3 à 5 cm autour des tomates, courgettes ou poivrons. Évitez en revanche tout apport massif juste avant les semis de légumes racines à croissance rapide comme le radis ou les carottes. Un excès d’azote favoriserait le développement du feuillage au détriment de la partie comestible.
  • Pour l'entretien régulier de la vie du sol : L'apport le plus intéressant se situe en automne, et à l'entrée de l'hiver.

La dose à utiliser dépend surtout de l’état de décomposition du fumier.

  • Fumier frais : Comptez 2 à 3 kg par m², soit environ 20 à 30 tonnes à l’hectare. Ce type de fumier ne doit jamais être utilisé juste avant une plantation.
  • Fumier composté : Ici, la matière est déjà transformée. 1 à 2 kg par m² suffisent pour enrichir le sol avant les plantations de printemps.
  • Fumier déshydraté : Ce type de fumier est plus concentré. Il suffit souvent de 0,5 à 1 kg par m², ou quelques poignées autour de chaque plant. En entretien, dans un potager, compter entre 300 et 600 g/m².
  • Pour les cultures en pots ou en bacs : Le volume de terre est limité, donc il vaut mieux réduire les quantités. Une petite poignée mélangée au terreau, ou un surfaçage léger, est largement suffisant.

Précautions et Risques Liés à l'Utilisation du Fumier de Cheval

Le fumier de cheval est une ressource puissante, mais il ne s’utilise pas à la légère. Mal géré, il peut nuire aux plantes, déséquilibrer le sol ou même contaminer vos cultures. Utilisé sans compostage, le fumier de cheval peut faire plus de mal que de bien.

  • Risque de brûlure : Le fumier frais contient de l’ammoniac, très concentré juste après la collecte, qui peut brûler les racines.
  • Faim d'azote : Un fumier trop riche en azote peut provoquer ce qu’on appelle une faim d’azote, car les micro-organismes puisent l'azote pour dégrader la matière, au détriment de vos plantes. Le rapport carbone/azote (C/N) est essentiel à connaître. Avec de la paille, ce rapport est assez équilibré (autour de 27 à 30). Avec des copeaux de bois, ce rapport peut grimper jusqu’à 60. Un fumier trop riche en carbone bloque temporairement l’azote du sol.
  • Contamination : Il peut aussi transporter des parasites (strongles) ou des bactéries pathogènes comme E. coli. Pour réduire ces risques, le fumier doit atteindre au moins 55 °C pendant 3 jours lors du compostage.
  • Résidus chimiques : Autre souci potentiel, les vermifuges, insecticides et autres médicaments chimiques de synthèse administrés aux chevaux sont toxiques pour la faune du sol. Si le principe actif peut être considéré comme dégradé en quelques semaines à quelques mois, les résidus de dégradation restent à vie. Des déjections d'animaux frais ou en fumier, sont fertiles que si les animaux ne reçoivent pas de médicaments chimiques de synthèse. De même les huiles essentielles et autres élixirs perturbent, voire détruisent les micro-organismes et autres insectes et animaux des sols et compost. Si vous ne connaissez pas la provenance exacte du fumier, faites un bio-essai simple : semez quelques graines de pois ou de haricots dans un mélange contenant du fumier.
  • Réglementation : Le fumier, comme tout effluent d’élevage, est strictement encadré par la réglementation. Dans certaines zones dites vulnérables (notamment aux nitrates), vous êtes limité à 170 kg d’azote par hectare et par an. Cela correspond à environ 25 à 30 tonnes de fumier frais par hectare, selon sa composition.
  • Stockage : Le fumier doit être stocké dans de bonnes conditions. De préférence sur une fumière étanche, protégée de la pluie, pour éviter les écoulements polluants. Dans les centres équestres, il sera parfois composté de façon non optimale, sans bâchage. Vient alors le risque d’une déperdition d’azote (par volatilisation) ou pire encore un lessivage des minéraux (par excès de pluie).

Le Compostage du Fumier de Cheval

Le compostage n’est pas une option : c’est la clé pour transformer un fumier brut en un amendement stable, sain et efficace. Le fumier de cheval se composte très bien. C’est pourquoi on le retrouve très fréquemment en sacs dans toutes jardineries. L’idéal est de le monter en tas sur bien un mètre de hauteur et qu’il soit humide. Recherchez toujours cette sensation d’humidité comme une éponge essorée. Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d’azote par volatilisation. Autre phase importante, le brasser, l’aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition, l’oxygéner. Voyez-le comme une recette de cuisine. Un saladier dans lequel il faut mélanger tous les ingrédients pour obtenir un résultat remarquable.

Schéma du processus de compostage du fumier

Un fumier bien composté ne sent plus l’urine ni l’ammoniac. Il devient sombre, grumeleux, facile à manipuler à la main, sans morceaux reconnaissables de paille ou de crottin. Inutile de précipiter son usage. Un fumier partiellement décomposé peut encore libérer trop d’azote, ou à l’inverse le bloquer.

Alternative et Cas où le Fumier n'est Pas Idéal

Si votre sol est déjà noir, souple et riche en humus, ajouter du fumier peut être superflu, voire contre-productif. De même, sur un sol lourd et argileux, un fumier mal décomposé risque d’amplifier le phénomène. Toutes les plantes ne tolèrent pas bien les sols enrichis en matière organique. Les légumes-racines comme les carottes, les navets ou les radis réagissent mal à un excès de fertilité. Dans ce cas, mieux vaut éviter tout apport de fumier, même bien composté. Ces cultures préfèrent un sol léger, peu enrichi.

Si vous ne pouvez pas utiliser de fumier, pas de panique. Pas de ferme à proximité, ni d’écurie ? Rassurez-vous : il est tout à fait possible de se procurer du fumier de cheval déjà composté, prêt à l’emploi, dans des enseignes spécialisées. Ce type de produit vous évite toutes les étapes de compostage.

Les Couches Chaudes : Une Utilisation Spécifique du Fumier de Cheval

Le fumier de cheval est un fumier qui chauffe vite. D’où son attrait pour réaliser des couches chaudes, alternance de fumier frais et de paille ou foin. On obtient des andains sur lesquels on peut par exemple déposer des bacs à semis au printemps. Ils auront alors un chauffage naturel. Une couche chaude, avec un voile pour garder la chaleur la nuit. Cette chaleur peut être mise à profit pour créer ce qu’on appelle une couche chaude : on dépose une épaisse couche de fumier sous un châssis ou une mini-serre.

Exemple de couche chaude avec fumier de cheval

Pour réaliser des semis à repiquer, entassez le fumier frais : la température va s'élever et on obtiendra une couche chaude. Puis épandez 10 à 20 cm de terre ou de terreau par-dessus afin de semer des graines de légumes ou de fleurs. L'an prochain, le fumier formera un amendement à enterrer pour fertiliser le sol. Les racines des plantes y trouveront les éléments nutritifs utiles à leur développement. Le fumier retient l'eau et assure au sol une grande fraîcheur.

Pour enfouir le fumier de cheval sans retourner le sol et perturber la vie souterraine, il suffit alors d’épandre une épaisse couche de compost, que l’on recouvre d’un lit de feuilles mortes maintenues solidement par un filet afin de prévenir tout éparpillement à cause du vent et des oiseaux. Cette double couverture est laissée telle quelle pendant toute la mauvaise saison. Au printemps, il n’y a plus qu’à semer ou planter après un petit griffage.

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