Vivre en Ferme Permaculturelle : Entre Idéal et Réalité d'un Modèle Durable

La permaculture, un ensemble de pratiques et de modes de pensée s’inspirant du fonctionnement de la nature pour concevoir des installations économes en ressources et des systèmes agricoles humains, suscite un intérêt croissant. L'objectif est de cultiver la terre et de produire des récoltes diverses, dans le respect des êtres vivants et de leurs relations réciproques. Néanmoins, la question de la viabilité économique de la permaculture en tant qu'activité professionnelle, particulièrement pour les fermiers, reste un sujet de débat.

Schéma illustrant les principes de la permaculture

Un soir de la fin janvier, dans le cadre des jeudis en questions - un cycle de conférences-débats mensuels et militants dans le voisinage de Marcillac - le café de Pruines recevait la visite de Linnéa Lindstroem pour parler de permaculture. On a compté entre 70 et 80 participants, ce qui était pour le moins inattendu pour un thème si spécialisé et pour une contrée si reculée. Dans le débat qui a suivi la présentation, une question a particulièrement interpellé l’assemblée, à laquelle ni l’intervenante ni les aspirants permaculteurs présents n’ont pu apporter de réponse entièrement satisfaisante : la permaculture paie-t-elle son homme à travers la vente des produits de la ferme, ou plutôt à travers la commercialisation de livres, de stages, de prestations de conception, de gîtes écolos, ou alors à fonds perdus pour ceux qui ont une autre activité par ailleurs ?

La Permaculture : Un Cadre de Pensée Avant Tout

Il faut rappeler que la permaculture est un système de pensée avant d’être une pratique agricole. Elle a été formulée par Bill Mollison et David Holmgren en Australie dans les années 1970. C’est une science de conception de cultures, de lieux de vie et de systèmes agricoles humains utilisant des principes d'écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels. Appliquée à l’agriculture, c’est une agriculture manuelle, donc post-pétrole, qui se fait sur de petites surfaces, en allant dans le sens de la biodiversité, le respect des sols, mais qui est surtout hyper productive.

On pourra éluder la question de la rentabilité en se réfugiant derrière le fait que la permaculture n’a jamais prétendu être une activité professionnelle, mais un cadre de pensée, ou une méthode de conception permettant de mettre en place des « écosystèmes » durables, qu’ils soient agraires, économiques, ou bien sociaux. Certes. Cependant, cette approche ne répond pas entièrement à la quête de ceux qui souhaitent faire de la permaculture leur métier principal et en vivre pleinement.

Les Défis de la Permaculture Professionnelle

Si l'on cherche des maraîchers, des éleveurs ou des arboriculteurs se réclamant explicitement de la permaculture et arrivant à vivre du produit de la ferme, même outre-Manche et outre-Atlantique, on tombe peut-être sur une paire de douzaines de paysans. Ce constat soulève plusieurs interrogations quant à la faisabilité économique du modèle.

Le Mythe de la "Magie" de la Permaculture

La première réponse, parfois suggérée, est que la permaculture est du flan, un joli miroir aux alouettes pour néoruraux rêveurs, exploité par quelques gourous vénaux. Au moins en théorie, appliquée aux systèmes agricoles, la permaculture ça devrait marcher. Cependant, la réalité du terrain est souvent plus complexe que les belles idées sur le papier.

La conception permaculturelle fournit des dizaines d’idées sur la façon d’agencer le paysage et les éléments pour qu’ils interagissent, pour que les déchets des uns soient la nourriture des autres, pour que rien ne soit jamais perdu, etc. Sur le papier, tout est beau. Et comme les idées se basent sur l’observation minutieuse du fonctionnement de la nature, on se persuade qu’elles doivent fonctionner du premier coup. Que nenni !

Le Poids des Subventions et des Coûts de R&D

Un système agraire qui se passe des subventions (servitude, aides, intrants, dégradation) part avec un handicap majeur. Certes, les pratiques permaculturelles sont susceptibles d’être aidées par la nature, au moins au bout d’un certain temps. Cependant, comme toute entreprise d'innovation, la permaculture n'échappe pas à la dure réalité des coûts de recherche et développement. D’un certain point de vue, les principes de la permaculture peuvent être considérés comme une boîte à outils pour l’innovation agraire (voire économique et sociale).

De plus, aucune technique permaculturelle n’a de vocation universelle, chaque situation étant différente au sens des écosystèmes naturels, économiques et sociaux autour desquels va s’articuler la conception. Cela signifie qu'il est difficilement possible de déléguer la mise au point à quelque Institut de Recherche en Permaculture et d'appliquer des recettes éprouvées. Des questions spécifiques émergent : la baissière va-t-elle vraiment arrêter le ruissellement, et combien d’eau pourra-t-elle stocker dans le sol pour mes fruitiers en contrebas ? Dans quelle mesure vais-je pouvoir semer directement derrière les cochons ? La haie fournira-t-elle assez de fourrage pour que mes chèvres puissent passer le manque d’herbe de la fin de l’été sans se tarir ? Quelle est la bonne association ou la bonne rotation pour limiter les dégâts des limaces et ceux des pucerons ? Ces incertitudes nécessitent une expérimentation et une adaptation constantes, générant des coûts et des risques.

La Question de la Formation et de l'Expérience

Il est important de souligner la différence entre une formation théorique et l'expérience pratique. On peut se faire adouber concepteur en permaculture après un stage de 15 jours. Le PDC, Permaculture Design Course, institué par les fondateurs australiens, sert à transmettre la bonne parole en 72 heures de théorie avec un peu de pratique. Par comparaison, le BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole), c’est 1400h et à la fin, on est seulement chef d’exploitation, on n’est pas encore paysan, loin s’en faut. C’est le piège qui attend un grand nombre de jeunes permaculteurs quand ils n’ont pas grandi à la ferme. De même qu’on ne s’improvise pas professeur de lettres quand on a vu 'le cercle des poètes disparus', de même on ne s’improvise pas paysan quand on a lu 'la révolution d’un seul brin de paille'.

Quand on veut gérer un paysage avec les principes de la permaculture, mais dans le but d’exporter commercialement les surplus (ne serait-ce qu’auprès des voisins), on ne veut pas juste un écosystème honorablement productif et passablement stable dans un jardin qui marchouille bon an mal an. On veut un écosystème très productif et très stable dans une ferme qui ronronne malgré les aléas écologiques, économiques et climatiques. Et pour cela, il faut bien observer et bien réfléchir, mais cela ne suffit pas ; l'expérience et la connaissance approfondie du métier de paysan sont indispensables.

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Stratégies pour une Viabilité Économique en Permaculture

Après ces constats, il est moins difficile de comprendre pourquoi si peu de gens peuvent réellement « vivre de la permaculture ». Si l’on pense que la production de nourriture devra opérer bientôt une descente énergétique, les principes permaculturels deviendront incontournables, quels que soient les noms qu’on leur donnera. Pour compenser le handicap financier, on comprend pourquoi beaucoup de permaculteurs trouvent des moyens de subventionner leur activité d’une façon ou d’une autre. À travers des cours, des conférences, des livres, ou tout autre métier connexe ou parallèle.

La Diversification des Sources de Revenus

Comme l'illustre un témoignage, un projet a ramené des sous dès le début, mais n’a pas payé toutes les factures. Les revenus peuvent être dérivés des produits de la ferme, des ventes de plants d’arbres et d’arbustes, de conférences et de travaux de conseils, de revente de produits d’autres paysans. Il est souvent essentiel que l'activité principale soit complétée par d'autres sources de revenus, comme le métier de kiné pour une femme dans un exemple donné. Aucune de ces activités, prise séparément, ne peut porter seule le poids économique. C’est le système complet qui y parvient. Tout doit fonctionner ensemble ; il doit être conçu ainsi.

Il est à noter que d’après les statistiques de l’USDA, il n’y a qu’une dizaine de comtés dans tous les USA où les revenus agricoles couvrent les dépenses. Si personne ne gagne réellement d’argent dans ce métier, pourquoi vouloir s’imposer cet objectif si difficile ? L’important, c’est de trouver un moyen de faire vivre la ferme et de payer les factures. 80% des agriculteurs vivent de revenus majoritairement extérieurs. De nombreux agriculteurs atypiques, en particulier en agriculture biologique, disent qu’ils arrivent à dégager un revenu correct, mais ils ne donnent pas souvent de détails et ont généralement des situations particulières [héritage, capital de départ].

L'Importance de la Micro-ferme

Le modèle de la micro-ferme revient en force depuis quelques années. Qu’est-ce qui caractérise une micro-exploitation agricole ? La surface exacte importe peu. Ces surfaces sont en grande majorité exploitées selon les principes de la permaculture et de l’agroécologie. Dans une démarche d’économie locale, les productions récoltées sont vendues en circuit court. On constate aussi que les légumes anciens (topinambours, crosnes, rutabaga…) sont souvent remis au goût du jour par des micro-exploitations.

La micro-agriculture connaît une résurgence : de plus en plus de consommateurs prennent conscience de l’importance d’un mode de vie plus sain et plus écologique. Le monde change, et nombreuses sont les personnes qui se lancent dans un projet éthique et écologique pour répondre à cette demande. Comparée aux fermes qui s’étendent sur plusieurs dizaines d’hectares, une micro-ferme nécessite un investissement plus faible en main-d’œuvre et en machines. L’espace consacré aux cultures laisse la possibilité à son exploitant de gérer tout (ou quasiment) seul. Selon une étude de 2017 menée par l’UMR SADAPT (unité de recherche de l’AgroParisTech), les micro-fermes peuvent faire vivre un agriculteur avec seulement 2000 à 8000 m², quand une exploitation classique en nécessitera 15 000 m². En profitant des bienfaits de la permaculture, cela permet d’utiliser les bénéfices des interactions entre les plantes, les insectes et les animaux.

Les micro-agriculteurs sont des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire. La taille de leur exploitation s’adapte parfaitement à la consommation locale. Les récoltes sont ainsi vendues en direct aux particuliers, sur les marchés ou encore chez des commerçants locaux. Tous les principes associés à la micro-ferme en font un modèle qui respecte la planète : des petites surfaces, des fermes autosuffisantes, du circuit-court, des terres respectées.

Plan d'une micro-ferme permaculturelle

Le Rôle de la Formation et de l'Apprentissage Continu

Pour permettre aux débutants de se former longuement, il faudrait généraliser l’apprentissage. Tout paysan en permaculture devrait prendre sous son aile des compagnons. En contrepartie, les interactions bénéfiques lui serviraient aussi de financement indirect.

Pour s'engager dans cette voie, pas de diplôme unique, mais plusieurs chemins s’offrent. Des formations professionnelles agricoles (BEP, BPA) peuvent être un bon point de départ. Ensuite, il est recommandé de se spécialiser avec des formations en permaculture certifiées (CCP) ou des stages pratiques. L’expérience terrain est aussi hyper importante, alors n’hésitez pas à rejoindre des fermes ou des collectifs ! L’auto-formation via des lectures et des vidéos peut aussi aider à se lancer. Bref, un mix de théorie, de pratique et de passion est essentiel.

La Philosophie Open-Source et la Recherche Collaborative

Pour faciliter la mise au point des multiples solutions permaculturelles, il faut absolument une philosophie open-source de la R&D en permaculture, avec publication des retours d’expérience, échange de résultats, voire programmes de recherche collaboratifs. Cette approche permettrait d'accélérer l'apprentissage collectif et de réduire les coûts individuels d'expérimentation.

La Vie à la Ferme Permaculturelle : Un Engagement Holistique

Vivre dans une ferme permaculturelle offre une opportunité d'approfondir son lien avec la nature et d'acquérir des connaissances agricoles précieuses. Loin des centres urbains animés, la vie à la ferme offre une chance de se reconnecter avec la nature et d'apprendre des compétences précieuses en agriculture durable.

Échapper au Chaos Urbain et se Reconnecter à la Nature

La vie à la ferme offre une évasion de l'atmosphère trépidante et animée de la vie citadine. Au lieu d'être entouré de pollution sonore, d'embouteillages et d'espaces surpeuplés, vous aurez amplement l'occasion de profiter d'un environnement paisible tout en admirant des paysages naturels époustouflants. Ce changement d'environnement peut aider à réduire considérablement le stress.

Un aspect clé de la vie à la ferme est de s'immerger dans la nature. Que ce soit en se réveillant avec des levers de soleil époustouflants ou en profitant de promenades tranquilles à travers des champs luxuriants, se reconnecter avec la nature saura sûrement revitaliser votre esprit. De plus, respirer l'air pur de la campagne peut améliorer votre santé physique.

Apprendre et Appliquer des Pratiques Durables

Les communautés agricoles privilégient souvent des pratiques agricoles durables, telles que les techniques de culture biologique ou les projets de permaculture visant à préserver les ressources de notre planète pour les générations futures. En tant que permaculteur·trice, vous concevez et mettez en place des systèmes agricoles durables, inspirés des écosystèmes naturels. Votre rôle est de restaurer la biodiversité, améliorer la fertilité des sols et réduire l’empreinte environnementale de l’agriculture. Vous privilégiez des techniques respectueuses de l’environnement comme le compostage, le paillage et l’agroforesterie. Vous contribuez à une production alimentaire plus résiliente et locale, en harmonie avec la nature.

Le métier de permaculteur·trice est né de la transition écologique. Il s’inscrit pleinement dans une démarche de respect de l’environnement et de recherche d’autonomie alimentaire. Face aux défis du changement climatique et de la dégradation des sols, votre expertise est de plus en plus recherchée.

Le Rôle Essentiel des Animaux dans un Écosystème Permaculturel

Dans une ferme ou un potager, l’animal a toute sa place. La nature ne peut s’en passer dans n’importe lequel de ses paysages, du désert à l’océan, d’une manière ou d’une autre, il est omniprésent. Il y a encore peu, l’agriculture dite paysanne élevait les animaux pour répondre à un besoin alimentaire, mais n’oubliait pas dans sa démarche la fonction première de ce dernier dans l’écosystème et s’en servait dans le travail de la ferme. Sous le coup du progrès et de la mécanisation, l’illusion qu’il serait possible de produire plus en rendant la tâche moins pénible au fermier est devenue alléchante.

En permaculture, un élément doit avoir plusieurs fonctions, et il en va de même avec les animaux.

  • Le Porc et la Volaille : Généralement considérés comme des animaux de consommation, ils ont une fonction extrêmement utile : manger les restes ainsi que les fruits et légumes non consommables. Le cochon fait un travail du sol en amont d’une culture. Élevé du printemps à l’hiver, il peut être transformé pour nourrir la famille en saison froide, ses saucissons et lards étant mieux conservés. Un avantage récent découvert est qu'en leur donnant des branches d'arbres fraîchement taillées, ils se nourrissent des feuilles et de l’écorce (riche en minéraux et vitamines), rendant les troncs d'une propreté inégalée et s’amusant avec. Il ne restera plus qu'à les couper en bûches pour le chauffage. La poule, servant également pour le travail du sol, sera plus efficace pour nettoyer potagers et vergers des petites bêtes ravageuses.
  • La Dinde : Un animal atypique, mais fort intéressant. Dans un verger, les dindes se déplacent en bande alignées, comme des chasseurs, et ratiboisent toute la zone en se débarrassant d’une grande partie des rongeurs.
  • Le Mouton : Il mange l’herbe entre les arbres du verger, nettoie le sol des fruits non consommables. Attention tout de même à ne pas le laisser trop longtemps sur une même parcelle, car il risque de trop tasser le sol.
  • L'Âne et le Cheval : Ces animaux sont à mettre dans la catégorie des animaux utiles. Les maraîchers, les viticulteurs et les débardeurs s’en serviront pour la traction. Ils produisent du fumier, tondent l’herbe, empêchent la pousse d’arbre et ralentissent le développement des haies. En fin de carrière, nos ancêtres, bien plus logiques et rationnels que notre génération, afin de boucler la boucle, les auraient transformés pour que d’utiles ils deviennent de consommation. L’âne a toutes les chances de s’en sortir, car mis dans le parc des poules il est un très bon chasseur de renard.
  • Les Abeilles (Sauvages et Domestiques) : Essentielles à nos écosystèmes. Les abeilles sauvages, même si elles ne produisent pas pour l’homme, rendent le plus grand des services en pollinisant de nombreux végétaux. Sans elles, pas de mise à fruit. Pour favoriser leur présence : offrir le gîte et le couvert, planter la biodiversité qui va les attirer, ne pas couper l'herbe dans certaines zones car les herbes hautes sont propices pour créer un nid, installer hôtels à insectes, des petits dômes de pierres sèches, des tas de bois morts ou de branchages, ou laisser quelques vieux tubes de ferrailles à l’horizontale sur un tas de bois. Les abeilles domestiques, tout en produisant cette fois-ci du miel, de la propolis et de la cire, auront le même rôle de pollinisation. Cependant, elles restent plus fragiles et sortent au printemps de la ruche plus tardivement alors que leurs homologues sauvages sont déjà en train de butiner.
  • La Chèvre : Utile, consommable ? Elle fait un super fromage, pour le reste, les contraintes sont plus importantes que les avantages. Si vous ne souhaitez pas de fromage, il est préférable de ne pas succomber à la tentation du citadin arrivé à la campagne avec le rêve d’avoir un potager, un verger et une chèvre.
  • Le Chien et le Chat : Deux alliés purement utiles. Le chien sera le gardien, éloignant les cambrioleurs ou les voleurs de tomates et de fruits. Dans un verger, juste par son odeur, il éloignera les chevreuils qui voudraient s’attaquer à l’écorce des troncs (conseil : laisser des gourmands pousser par-ci par-là autour des troncs et jusqu’à 1.20m du sol environ). Le chat, quant à lui, est un chasseur invétéré de rongeurs. Attention tout de même, car il chasse également les oiseaux comme la mésange (mangeuse de chenilles), et d’autres petits animaux partant de la musaraigne (croqueuse de larve) à la grenouille (adepte de limaces et autres insectes). Il est important de réguler son impact en stérilisant si c’est une femelle pour ne pas avoir une flopée de chats, et en mettant les nichoirs, abreuvoirs et mangeoires hors de sa portée.

Il est crucial de bien se poser les bonnes questions avant d’adopter un animal et d'être certain des avantages, car une fois chez vous il faudra l’assumer pour son confort et sa sécurité. Il faut également prendre en compte les coûts pour la création de son lieu de vie, parc, nourriture, soins. Plus le nombre de résidents sera grand, plus cela vous coûtera.

Créer un Habitat Adapté aux Animaux

La plupart des animaux d’élevage sont issus du milieu forestier. Trop souvent, les jeunes paysans ont oublié comment ces bêtes vivent dans la nature : en sous-bois !

  • Arbres Fourragers : Saule, frêne, robinier faux-acacia, tilleul, mûrier, etc. L’arbre fourrager dépasse largement ses fonctions en apportant un bon nombre d’avantages : piquet de parc pour l’acacia, bois de chauffage et petit bois ne sont que quelques exemples parmi les nombreux services qu’ils peuvent nous rendre.
  • Arbustes à Petits Fruits : Sureau noir, aronia, genévrier, arbre aux faisans, etc. Il s’agit ici de créer un couvert assez bas pour les volailles qui aura pour deuxième fonction de les nourrir avec la production de fruits.
  • Rosacées : Comme l’églantier. Feuilles et fruits sont, pour la plupart des animaux, un vrai régal.
  • Ronces : Elles hébergent papillons et petits mammifères tout en produisant des fruits.

Trop souvent, nous nous concentrons sur les animaux domestiques en oubliant les auxiliaires qui sont nos premiers alliés dans la lutte des ravageurs. Ainsi, en leur créant un biotope adéquat et des habitats, les nuisibles et maladies fondront comme neige au soleil. La coccinelle se régale de pucerons, grenouille, orvet et hérisson mangeront limaces et escargots, la chauve-souris est une grande prédatrice d’insectes volants dont les moustiques qu’elle dévore au nombre de 500 par heure, les oiseaux picorent les chenilles, la belette est une croqueuse de mulot, les hyménoptères (abeille, guêpe, fourmis, frelon) mangent des insectes, pollinisent, etc.

  • Sandarium : Creuser un trou de 50cm de profondeur sur 1m², remplir d’un sable épais, y déposer des pierres et rondins de bois tout en laissant des zones de sables. La plupart des hyménoptères sont fouisseurs et nichent dans le sol.
  • Petite Mare : Autour de laquelle vous aurez laissé la végétation pousser naturellement. Les grenouilles s’y installeront rapidement.

Il faut du courage, mais très souvent la relation homme/animal apporte bien plus qu’une utilité ou de la pitance, c’est un lien fort qui se crée.

Exemple d'intégration des animaux dans un système permaculturel

L'Expérience et la Croissance Personnelle

La vie à la ferme peut être physiquement exigeante mais gratifiante. Attendez-vous à des matins tôt et à des corvées quotidiennes liées aux soins des animaux ou à la culture des cultures. En embrassant les défis de la vie à la ferme, on peut acquérir des connaissances et une expérience précieuses qui profiteront à la fois à soi-même et aux efforts de la communauté locale. Faites face à chaque défi en apprenant de vos hôtes et d'autres bénévoles et tirez parti de cette opportunité de réflexion personnelle, de découverte de soi et de connexion avec la nature.

L'Importance du Réseau et de l'Accompagnement

Il est fortement recommandé de se former à l’entrepreneuriat et de se faire accompagner par une communauté (amis, collègues, familles ou encore mieux, un réseau). Ceci vous aidera à entretenir votre motivation, améliorer votre communication et gagner en efficacité. Des programmes de formation, comme « Ecopreneur », sont conçus pour aider à maîtriser tous les aspects de la création et du développement d’une activité ou entreprise rentable, avec une approche éthique et écologique.

La Ferme du Bec Hellouin : Un Modèle Inspirant

La Ferme biologique du Bec Hellouin en Normandie, créée en 2006, est devenue un lieu de référence de la permaculture en France. Perrine Hervé-Gruyer, agricultrice en permaculture à cette ferme, est également conférencière et consultante en permaculture, et auteure de "Vivre avec la Terre". La ferme fut l'un des premiers lieux en production maraîchère en Europe dessiné selon les concepts de la permaculture. Aujourd’hui, les recherches menées au Bec Hellouin inspirent des personnes du monde entier : agriculteurs, politiques, responsables de collectivités territoriales, etc. Cet exemple montre qu'il est possible de créer des systèmes agricoles productifs et durables en s'appuyant sur les principes de la permaculture, bien que cela puisse nécessiter une approche diversifiée et innovante pour assurer la viabilité économique.

Photographie de la Ferme du Bec Hellouin

Recyclage, gestion des déchets en entreprise ou à la maison, consommation locale et raisonnée, mobilité douce, autant de mouvements qui trouvent de plus en plus échos en France et ailleurs, à l’image de la permaculture. L’objectif est de créer un petit espace qui “s’auto-fertilisera” et permettra la récolte de légumes tout au long de l’année, en respectant les principes de la permaculture. En 6 à 8 mois, la terre peut redevenir fertile. La permaculture est un système conceptuel, mais c’est avant tout un outil incroyable qui nous aide à créer des écosystèmes résilients et durables.

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