L'utilité de la plantation du saule marsault : un atout majeur pour la biodiversité et le jardin

Le saule, ou Salix, est un genre fascinant de la famille des Salicacées, regroupant près de 300 espèces d'arbres et d'arbustes. Présent principalement dans l'Hémisphère nord, en particulier dans les zones tempérées, il se décline en une multitude de formes et de tailles, allant de l'arbrisseau de 50 cm à l'arbre majestueux de 25 mètres. Cultivé pour ses chatons, ses rameaux colorés ou son port pleureur, le saule est beau aux quatre saisons, en particulier en hiver. Parmi cette diversité, le saule marsault (Salix caprea) se distingue par des caractéristiques uniques qui en font une espèce d'un très grand intérêt pour la biodiversité et pour l'aménagement paysager.

Illustration de la diversité des saules et de leurs formes

Le saule marsault : une identité botanique et des spécificités remarquables

Le saule marsault doit son nom scientifique latin, Salix caprea, à la chèvre qui en goûte les feuilles. Son qualificatif « marsault » provient du latin marem salicem, signifiant « saule mâle », soulignant l'attention particulière portée aux individus mâles de l'espèce. Cet arbre à feuilles caduques est un habitant fréquent des forêts, notamment la forêt de Saint-Germain et la forêt de Marly, et se rencontre très souvent dans nos campagnes. Il présente un tronc d'abord lustré et brun, qui évolue avec l'âge vers une surface grise et crevassée, révélant une écorce gris vert qui devient noirâtre et crevassée avec le temps, et dont la structure d'écorce caractéristique est un signe distinctif. Sa hauteur est généralement de 6 à 14 mètres, mais il peut parfois atteindre 20 mètres et vivre jusqu'à 60 ans. Il rejette facilement de souche et son houppier en dôme se répartit généralement sur plusieurs troncs.

Les feuilles du saule marsault sont elliptiques, alternes, tomenteuses et à nervures saillantes sur la face inférieure. À long pétiole, elles sont largement ovales et à bord entier, atteignant une longueur de 7 cm, voire 10 cm sur les longues pousses, et sont très douces au toucher en raison de leur face inférieure pubescente. La nervure centrale de la feuille du saule marsault est généralement incurvée de manière caractéristique vers l'extrémité de la feuille. Elles débourrent généralement tôt au printemps et tombent tardivement en automne après avoir jauni.

Une floraison précoce et spectaculaire

L'un des grands avantages du saule marsault est sa floraison précoce. Il est en effet l'une des premières essences forestières à débourrer au printemps, dès mars-avril, et parfois même en fin d'hiver. Les chatons, qui mesurent de 3 à 7 cm de long, apparaissent avant les feuilles. Pour le promeneur en forêt, c'est en mars que le saule marsault révèle toute sa splendeur. À partir de la mi-février, les pieds mâles vont se couvrir de gros chatons blanc argenté, avant la sortie des feuilles. Ce premier spectacle vaut déjà le déplacement. À partir de début mars, une multitude d'étamines jaune vif vont sortir au milieu des chatons blanc argenté, illuminés par leurs longues étamines. Ces chatons mâles, d'abord veloutés et argentés puis dorés, sont les plus remarquables visuellement. Les chatons pendants ou dressés prennent la forme de fleurs minuscules réunies en chatons qui s'épanouissent avant ou en même temps que la mise à feuilles.

Le saule marsault est une espèce dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des pieds séparés. Les pieds mâles donnent des chatons d'abord blanc duveteux qui deviennent jaune poussin au moment de la pleine floraison, tandis que les pieds femelles donnent des chatons gris-vert qui ne fournissent que du nectar. La pollinisation des fleurs se fait par les insectes et par le vent. Après fécondation des fleurs, les saules femelles (et hermaphrodites) fructifient. Les fleurs des chatons femelles se transforment en capsules à extrémité bifide. Elles éclatent dès la première quinzaine de mai en libérant de minuscules graines munies de soies qui facilitent la dispersion par le vent (anémochorie). Ces graines ont une faculté germinative extrêmement courte car elles doivent germer dans le mois qui suit leur dissémination.

Le saule marsault

Un habitat privilégié : loin de l'eau, mais en quête de fraîcheur

La première particularité du saule marsault est d'être la seule espèce de saule à pouvoir pousser en dehors des zones humides, contrairement à presque tous les autres saules. Il n'est pas lié à la proximité des cours d'eau, car il évite les sols engorgés. Petit arbre pionnier des milieux ouverts, des lisières ou des coupes forestières, il est héliophile et s'installe assez vite là où la place lui est faite, dans les ouvertures forestières ou les haies. En revanche, il ne se plaît pas à l'ombre, si bien qu'il disparaît assez rapidement des couverts forestiers denses. Il aime la fraîcheur, l'humidité et les sols assez acides à neutres, pouvant aller jusqu'à s'installer sur des sols calcaires. Cette espèce commune pousse dans toute l'Europe à l'exception du sud de l'Espagne ainsi qu'en Afrique du Nord et en Asie centrale, et peut aller jusqu'à 2000 mètres d'altitude. On le trouve aussi bien en plaine qu'en montagne. Sur des sols perméables et bien exposés, le saule marsault peut atteindre plus de 10 m de hauteur.

Le saule marsault : un pilier de la biodiversité

Le saule marsault est un arbre d'un très grand intérêt pour la biodiversité et ses caractéristiques étonnantes. C'est un arbre qui nourrit les abeilles au cœur de l'hiver, qui structure un jardin, qui supporte la taille et qui, en plus, est superbe.

Un garde-manger vital pour les pollinisateurs

C'est là que le saule marsault devient vraiment précieux. Quand les températures remontent un peu en fin d'hiver, les reines bourdons, les abeilles solitaires et même l'abeille domestique se réveillent. À ce moment précis, le saule marsault peut être l'un des seuls arbres en fleurs. Sa floraison précoce constitue par ailleurs un atout supplémentaire, car les besoins alimentaires des colonies d'abeilles sont importants à cette période de l'année. Ses chatons fournissent alors deux ressources essentielles : un nectar très énergétique, pour les insectes adultes qui ont besoin de carburant après l'hibernation, et un pollen riche en protéines, indispensable pour nourrir les larves et relancer les colonies.

Infographie sur l'importance du saule marsault pour les pollinisateurs en sortie d'hiver

Mellifères et nectarifères, les chatons des saules attirent en nombre les insectes pollinisateurs du jardin. C'est une bonne source de nourriture quand les fleurs sont encore rares ! Le saule marsault est réputé comme plante mellifère car ses potentiels nectarifères et pollinifères sont élevés (> 100 kg/ha). Il fournit un miel jaune d'or, irisé de vert, qui prend ensuite des teintes brun clair à beige. Il est de saveur légèrement boisée et florale. C'est un miel relativement rare, produit principalement dans l'ouest de la France. Le mois de mars est l'occasion pour tous les amoureux de la forêt d'admirer les chatons argentés du saule marsault. Avec la floraison du saule des chèvres ou saule marsault, on entre véritablement de plain-pied dans la saison apicole. Ce petit arbre modeste mais très commun constitue en effet un véritable hyper-marché pour butineurs affamés.

Un écosystème à part entière pour les insectes

Son feuillage héberge un impressionnant bataillon d'insectes phytophages que l'on compte en centaines d'espèces parmi les coléoptères (chrysomèles, charançons, etc.), les lépidoptères, les hyménoptères (tenthrèdes notamment) et les hémiptères (cicadelles). Mais le bois de cet arbre d'une importance capitale pour la biodiversité est encore le site de développement de diverses larves d'insectes xylophages tels que buprestes, longicornes ou sésies. Or, nous connaissons les très fortes menaces qui pèsent sur les insectes, ceux-ci en particulier. Les saules comptent parmi les plantes les plus importantes pour les papillons. Environ 20 % des espèces de grands papillons d'Europe centrale sont associées aux saules. Les chenilles de plus de 150 espèces de papillons diurnes et nocturnes se nourrissent de feuilles de saule. Beaucoup d'entre elles sont oligophages, c'est-à-dire qu'elles ne se nourrissent que de quelques espèces végétales. Le saule marsault est également très apprécié des apiculteurs et apicultrices comme plante mellifère. Outre les punaises, les larves de coléoptères et de tenthrèdes, les chenilles de plus de 110 espèces de papillons diurnes et nocturnes se nourrissent des feuilles du saule marsault. De nombreuses autres espèces de papillons l'utilisent comme source de nectar.

Un refuge pour la faune et un enrichissement des sols

Outre le fait d'être très mellifère, cette plante nourrit différents mammifères de ses feuilles, dont les chèvres, comme nous l'avons vu. Les feuilles de cette espèce ont un goût très doux (de nombreuses espèces de saules, comme le saule pourpre, ont un goût extrêmement amer), c'est pourquoi elles sont très appréciées du bétail et du gibier. De plus, les feuilles présentent un rapport carbone-azote favorable, ce qui leur permet de se décomposer rapidement après la chute et de contribuer ainsi à l'amélioration du sol et à la formation d'humus dans la couche arable. Les spécimens particulièrement anciens du saule marsault offrent également un habitat à de nombreuses espèces vivant dans le bois. Par exemple, les chenilles du cossus gâte-bois (Cossus cossus), un papillon de nuit vivant dans différentes espèces de saules, ainsi que les larves du lamie tisserand (Lamia textor), une espèce de capricorne fortement menacée, se développent dans leur bois. La promotion du saule marsault peut se faire activement par des plantations et par la création d'habitats pionniers appropriés, tels que des clairières dans les forêts, car il est un véritable allié pour la nature.

Diagramme illustrant la chaîne alimentaire autour du saule marsault

Le saule marsault au jardin : plantation et entretien

Le saule marsault peut jouer sans problème les guest-stars au jardin, en point focal. Sa floraison de début de printemps le rend particulièrement précieux.

Choisir l'emplacement idéal

Plantez les saules au soleil ou à mi-ombre. Évitez l'ombre pour favoriser la floraison et la couleur du feuillage. Les saules supportent tout type de sol profond et frais voire humide pour certaines espèces comme le saule blanc et le saule pourpre. Cependant, le saule marsault, lui, peut se contenter de sols maigres caillouteux et drainants. La plantation débute par la détermination du lieu idéal pour votre saule marsault : il vous faut un emplacement ensoleillé mais pas brûlant, voire à la mi-ombre. Bon à savoir : éloignez les grands saules des fondations et des canalisations que leurs racines peuvent endommager.

Les étapes de la plantation

Plantez de préférence en automne pour que le saule puisse s'enraciner avant le premier été. Procédez à la plantation au printemps, ou à la sortie de l'été (septembre-octobre). L'avantage de l'automne est d'éviter d'avoir à trop arroser votre jeune sujet. Prévoyez un trou de plantation trois fois le volume de la motte de racines. Commencez par creuser un trou de plantation de belle taille et positionnez le saule. Installez par la même occasion un tuteur, notamment si le saule est pleureur. Remplissez le trou de terre et éliminez les poches d'air en tassant légèrement la terre. Améliorez sa fertilité avec quelques poignées de compost mûr ou de fumures organiques. Le jeune saule marsault va demander un arrosage attentif dans la première année de croissance, le temps qu'il s'enracine bien.

Illustration des étapes de plantation d'un saule marsault

La culture en pot

Si vous plantez en pot, n'oubliez pas de bien drainer le fond du pot avant d'ajouter la terre. Prévoyez un bac de grande taille pour que votre saule se développe bien et un mélange 50-50 de terre et de terreau. Le saule marsault, s'il est conduit en arbre pleureur, peut s'envisager sur une terrasse, à condition de lui prévoir un bac d'une profondeur suffisante (deux fois au minimum la taille de la motte).

Entretien et taille

La croissance du saule est très rapide. Si vous souhaitez que votre saule reste petit, taillez à ras (laissez 15 à 30 cm au pied) : il formera ainsi de nouvelles pousses et ressemblera à un arbuste. Taillez les grands sujets régulièrement en hiver pour les garder arbustifs et éviter qu'ils prennent trop d'envergure si vous avez choisi des espèces arborescentes. Attention à ne pas tailler des branches de section supérieure à 5 cm, cela induit parfois un pourrissement du bois.

Pour les saules pleureurs et tortueux, on dégage un tronc remonté à plus de 2 m pour faciliter le passage sous la ramure. Au bout de quelques années, allégez la couronne du saule pleureur 'Kilmarnock' en supprimant les plus vieux rameaux après floraison. Propriétaire d'un saule 'Kilmarnock' ? Il vous faut entretenir chaque année ce joli parapluie de chatons ! Pour cela, attendez la fin de la floraison (soit en mars-avril) et enlevez les branches mortes en premier lieu. Ensuite, concentrez-vous sur l'éclaircissement de votre saule : ôtez les plus vieilles branches (à l'écorce grisée) et celles qui sont situées à l'intérieur de la charpente. Puis raccourcissez de moitié les branches restantes. Elles pousseront d'ici la fin de l'été suffisamment pour toucher le sol. Taillez court en fin d'hiver les branches du saule crevette afin d'obtenir des repousses toutes neuves hautes en couleur !

On rabat jusqu'au sol, à 50 cm ou à 1 m pendant l'hiver les sujets dont on récolte les rameaux colorés (Salix alba, Salix purpurea, Salix viminalis…). Cette taille régulière permet d'obtenir des pousses jeunes bien flexibles. On forme ainsi des saules « têtards » pourvus de trognes à hauteur facilitant la récolte.

Lutte contre les maladies et parasites

S'ils bénéficient d'un endroit ensoleillé, d'une bonne circulation d'air et d'un sol frais, les saules évitent la plupart des maladies cryptogamiques auxquelles ils sont sensibles : anthracnose, chancre, rouille, tavelure… Côtés parasites, les chenilles et les pucerons sont les plus fréquemment rencontrés. Le saule marsault peut être touché par l'anthracnose, qui se caractérise par des taches noires sur le feuillage. Profitez de votre taille annuelle pour enlever les parties touchées.

Multiplication

Les saules ont comme principal avantage de se bouturer très facilement. Cela permet de réduire les coûts d'installation et de plantation, tout en ayant une croissance forte dès la mise en place de la bouture. Par bouturage ! La reprise est facile et rapide. Tout l'hiver, à bois sec, prélevez des boutures de 20 à 30 cm de long et enfoncez-les de moitié dans la terre. Conservez un sol frais pour favoriser l'enracinement. Cependant, contrairement à presque tous les autres saules, les spécimens purs de Salix caprea ne sont pas faciles à bouturer. Si un saule qui ressemble à l'espèce prend facilement racine (enracinement traçant), il s'agit probablement d'un hybride avec une autre espèce de saule. Pour couper les boutures, il faut choisir des brins de 2 à 4 cm de diamètre, pour une longueur comprise entre 40 et 100 cm. Les meilleurs taux de réussite sont obtenus avec des bois de 2 à 3 ans.

Les multiples usages du saule marsault et autres saules

Les saules comptent parmi les plus anciennes plantes cultivées et sont utilisés de multiples façons depuis des millénaires.

Utilisations traditionnelles et ornementales

Traditionnellement, les rameaux portant des chatons mâles sont utilisés comme ornements de Pâques : ce sont les pompons argentés. Les bourgeons et chatons de saule marsault, par leur précocité, sont des symboles de fécondité importants dans les régions d'Europe de l'Est. On les utilise pour décorer les maisons lors du Dimanche des rameaux. Les chatons à peine épanouis illuminent les bouquets de l'hiver.

Cultivé pour ses chatons, ses rameaux colorés ou son port pleureur, le saule est beau aux quatre saisons, en particulier en hiver. Cette variante du saule marsault séduit par ses épais rameaux retombants à partir du point de greffe situé à 1,5 à 2 m de haut. Ceux-ci encore nus se couvrent dès février/mars de gros chatons mâles d'abord veloutés et argentés puis dorés avec leurs nombreuses étamines. Les feuilles vert foncé épaisses, offrent un revers grisé. H et E : 2 à 2,5 m. Idéal dans un espace réduit en pleine terre comme en bac. Ses rameaux retombants, jaune doré et joliment spiralés sont particulièrement remarquables en hiver quand ils sont nus. Au printemps, en même temps que le feuillage vert franc à revers argenté apparaît des chatons mâles jaune clair de 5 cm de long. H et E : 4 à 5 m.

Le saule marsault

Vannerie et liens

Les rameaux souples et résistants des saules se prêtent à la vannerie et peuvent aussi servir de liens, de tuteurs éphémères, de couronnes de saison… On peut même en faire des clôtures vivantes. Les rameaux récoltés de décembre à avril, sont trempés dans l'eau pendant une dizaine de jours pour les assouplir et favoriser le tressage. Alors que les tiges de nombreuses espèces de saules, en particulier celles à feuilles étroites comme le saule fragile, le saule à trois étamines ou le saule des vanniers (Salix ×fragilis, S. triandra, S. vimilalis), sont utilisées comme matériau de vannerie et de liage.

Bois de chauffage et sylviculture

Le bois léger du saule offre un fil droit idéal pour constituer des manches d'outils. Les saules têtards (traditionnellement le saule blanc; S. alba) sont issus de tailles répétées pour la production de bois de chauffage. En tant que matière première à croissance rapide, les saules sont principalement cultivés à grande échelle dans des plantations à courte rotation en Europe du Nord pour la production d'énergie.

Pendant longtemps, la sylviculture axée sur la production de bois a également éliminé systématiquement les essences à bois tendre telles que les saules, les peupliers et les bouleaux, y compris sur les surfaces défrichées. Un changement de mentalité s'opère aujourd'hui : afin d'accroître la biodiversité, on encourage la création de peuplements forestiers riches en structures et en espèces, dans lesquels les essences pionnières telles que le saule marsault ont toute leur place, notamment en raison de leur grande valeur écologique pour d'autres organismes.

Fourrage et médecine naturelle

Les feuilles de saule, en particulier celles des espèces à feuilles larges au goût doux, peuvent être utilisées comme fourrage pour le bétail. Les saules ont également une grande importance en tant que plantes médicinales : l'écorce des jeunes branches de saule contient de la salicine, en quantité particulièrement importante chez le saule blanc (Salix daphnoides) et le saule pourpre (Salix purpurea). La salicyline, molécule proche de l'aspirine, a des qualités anti-inflammatoires, antipyrétiques (lutte contre la fièvre) et anticoagulantes. La salicine est la substance de base de l'acide acétylsalicylique. Cette substance, aujourd'hui synthétisée artificiellement, est présente dans de nombreux médicaments analgésiques et antirhumatismaux.

Protection des berges et consolidation des sols

Les saules émettent des racines à partir de boutures, forment un réseau racinaire extrêmement ramifié et étendu et peuvent coloniser des sites gorgés d'eau. Ils sont donc principalement utilisés pour la protection des berges et la consolidation des pentes raides et menacées par l'érosion. Il est ainsi possible de créer à moindre coût des végétalisations de berges écologiquement adaptées et précieuses à différentes altitude.

Schéma des usages du saule marsault

Les saules au jardin : une diversité pour tous les goûts

Le genre Saule ou Salix compte près de 300 espèces d'arbres et d'arbustes que l'on rencontre généralement dans une large aire de répartition de l'Hémisphère nord, essentiellement dans les zones tempérées. Ces espèces offrent de grandes différences de hauteur allant de l'arbrisseau à l'arbre (50 cm jusqu'à 25 m), de port (étalé, érigé, sphérique, retombant…) et d'aspect. Les saules n'ont rien d'un arbre exotique. Il est même très familier dans nos paysages. Et pourtant, dans bien des jardins, il est encore trop peu planté. Dommage, car il offre une combinaison rare : beauté, utilité, et vraie aide à la nature. En Belgique, on compte une quinzaine d'espèces sauvages de saules. Elles se glissent le long des rivières, en lisière de bois, au bord des chemins. Certaines montent très haut, d'autres restent en forme de grand buisson. Il y en a presque pour chaque type de jardin, du grand terrain à la petite parcelle.

Des espèces pour tous les jardins

Quand on pense « saule », on imagine souvent le grand saule pleureur d'un parc. En réalité, le genre Salix est beaucoup plus varié.

  • Saule marsault (Salix caprea) : parfois appelé « saule des chèvres ». C'est un petit arbre d'environ 6 m de haut pour 3 m de large. Il s'adapte bien aux jardins et aux lisières, et il se ressème volontiers quand il se plaît. C'est aussi une véritable vedette pour les insectes au tout début du printemps.
  • Saule blanc (Salix alba) : le géant des bords de cours d'eau. Il peut atteindre environ 20 m de haut sur 10 m de large. À réserver aux grands jardins ou aux terrains humides. Il forme de belles silhouettes argentées près des rivières.
  • Saule fragile (Salix fragilis) : il peut monter jusqu'à 12 m pour 8 m de large. Ses rameaux cassent facilement d'un coup net, d'où son nom. Certains vanniers l'utilisent malgré tout pour certains liens.
  • Saule à trois étamines (Salix triandra) : un arbre ou grand arbuste d'environ 6 m sur 4 m. Son écorce se desquame avec l'âge, ce qui lui donne un aspect décoratif intéressant. Une allure assez élégante, avec une écorce qui se desquame en vieillissant. Il reste pourtant trop peu planté, même s'il a sa place dans de nombreux jardins.
  • Saule des vanniers (Salix viminalis) : l'osier traditionnel de nos campagnes, souvent taillé très court pour produire des tiges souples. Hauteur moyenne autour de 5 m pour 4 m de large si on le laisse pousser. C'est le fameux saule utilisé pour produire l'osier traditionnel. On peut le tailler régulièrement pour récolter les tiges et former des plessis, des treillages ou même des cabanes vivantes pour les enfants.
  • Saule pourpre (Salix purpurea) : parfait pour les jardins plus petits. Il atteint environ 2,5 m de haut sur 1,5 m de large. Ses rameaux fins, flexibles et rougeâtres sont très décoratifs, surtout en hiver. Plus compact, aux alentours de 2,5 m de hauteur pour 1,5 m de large. Ses rameaux fins, souples et rougeâtres apportent une touche très graphique, même en hiver. C'est une version miniature du saule pourpre ou osier pourpre dont les rameaux souples et retombants sont teintés de rouge. Les feuilles gris-vert font 3 à 5 cm de long. Les chatons retombants évoquent des chenilles vert grisé. Les étamines des mâles sont pourpre doré. Le saule pourpre nain est extra en haie basse ou sur une berge.
  • Saule crevette : Souvent conduit sur tige, le saule crevette fait beaucoup d'effet au jardin ou en bac avec sa couronne en boule de petites feuilles aux coloris changeants. Les feuilles printanières sont crème éclaboussé de rose crevette puis verdissent peu à peu tout en restant panachées de crème. Les jeunes rameaux du saule crevette sont rosés.
  • Saule pleureur : Grand arbre à réserver aux parcs ou aux jardins XXL, le saule pleureur pousse à toute vitesse et forme un rideau végétal de toute beauté avec ses longs rameaux souples et pendants qui touchent le sol. Les chatons vert tendre pour les femelles et dorés pour les mâles, s'épanouissent en même temps qu'apparaît le feuillage vert vif. H et E : 15 à 20 m. Supporte bien les tailles sévères. Parfait près d'une grande pièce d'eau comme à Giverny, le beau jardin du peintre Monet.
  • Saule à chatons framboise : Ses gros chatons duveteux couleur framboise s'épanouissent sur des branches nues avant même la fin de l'hiver. Les feuilles évoquent celles du cognassier du Japon. H et E : 3 m.
  • Saule tortueux : Selon la taille, arbre ou arbuste aux longs rameaux souples et brillants verts, dorés, jaune clair, brun rouge selon la variété.

En choisissant bien, vous pouvez donc installer un saule même sur un terrain assez modeste. Il suffit d'éviter les géants si vous manquez de place, et de privilégier les formes arbustives ou taillées.

Un allié précieux pour l'aménagement paysager

Un saule mal placé peut devenir trop grand ou prendre trop de lumière. Mais bien pensé, il devient une vraie structure paysagère. Tout est question de choix initial et de gestion. Sur un petit terrain, privilégiez des espèces de taille modérée, comme le saule pourpre ou des formes taillées en cépée (plusieurs troncs partant de la base). Près d'un point d'eau ou en zone humide, un saule des vanniers ou un saule marsault trouvera facilement sa place. Pour un grand jardin ou un terrain agricole, les grands saules comme le saule blanc peuvent aussi jouer un rôle de brise-vent et de refuge pour la faune. Les saules supportent très bien la taille. Vous pouvez les recéper régulièrement (couper à 30-50 cm du sol tous les 2 à 4 ans) pour obtenir une touffe de jeunes rameaux souples. Cela limite la hauteur, favorise le renouvellement des branches et donne un style champêtre très vivant.

Beaux en toute saison, pas seulement au printemps. On pense souvent aux saules pour leurs chatons printaniers. Mais en réalité, ils offrent un intérêt presque toute l'année. Leur feuillage léger filtre la lumière en été. Le mouvement de leurs rameaux dans le vent apporte une vraie douceur visuelle. En hiver, certains saules restent très décoratifs. Les tiges rougeâtres du saule pourpre, par exemple, tranchent sur un ciel gris ou un fond de haie sombre. L'écorce qui s'exfolie d'un saule à trois étamines donne aussi du relief au décor quand tout le reste dort. Et entre les deux, le ballet des insectes au moment de la floraison est un spectacle à lui seul. On entend presque le jardin reprendre vie autour des chatons jaunes.

Images de différents types de saules dans des jardins

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