Le jardin, qu'il soit modeste ou étendu, est bien plus qu'un simple terrain ; il représente un espace de bien-être où le contact avec la nature permet de s'oxygéner et de ralentir le rythme d'un quotidien souvent bien chargé. Loin des jardins très ordonnés, composés de plantes horticoles et structurés de formes géométriques, le jardin sauvage se révèle être tout aussi beau pour qui sait contempler la nature. Un jardin peut être sauvage et réfléchi à la fois, constituant un havre de paix pour la vie sauvage.

Pour commencer, il est essentiel d'observer votre terrain, d'en évaluer son potentiel et ses atouts : la nature du sol, la taille de votre terrain, le climat de votre région. Ensuite, prenez en compte vos souhaits, vos envies, votre façon de vivre votre extérieur. Enfin, soyez prêts : un jardin sauvage, c'est arrêter d’essayer de tout contrôler et surtout accepter de se laisser surprendre !
Découvrez comment jardiner avec la nature et faire de votre Refuge LPO un endroit à la fois joli, vivant et accueillant pour la faune et la flore sauvages.
Préserver des zones d'herbes hautes et de fleurs sauvages
Cette pratique fait partie des techniques utilisées en gestion différenciée. Elle consiste sur les espaces verts urbains à ne pas faucher certaines zones au printemps pour laisser pousser la flore spontanée, les hautes herbes et les fleurs sauvages. Il peut s’agir de bandes enherbées, de massifs (îlots non fauchés ou fauchés une fois par an) ou bien même d’une prairie entière. L’idée étant de n’utiliser la tondeuse que pour créer des allées d’accès.
Il est alors conseillé de régler la hauteur de coupe de la tondeuse à 8 cm. Ainsi, vous limiterez l’impact sur la microfaune (petits invertébrés) en passant la tondeuse, et la hauteur de l’herbe permet de maintenir une certaine humidité pour éviter l’assèchement rapide de la surface du sol. Les zones d’herbes hautes et de fleurs non fauchées ne sont pas « abandonnées » ou « laides ». Elles sont des associations végétales indigènes et diversifiées et forment des massifs de verdure. Ces massifs accueillent les papillons, les criquets, les sauterelles et les coléoptères qui y trouvent un refuge. Ces insectes attirent à leur tour les oiseaux. Pour donner à votre jardin l’aspect le plus naturel possible, privilégiez les formes arrondies (patatoïdes) plutôt que les parcelles délimitées à angles droits. Voir le geste Refuge « Je laisse des zones naturelles d’herbes hautes et de fleurs sauvages ».
Planter des arbres indigènes et des haies champêtres
Les arbres indigènes, qu’ils soient vivants ou morts, et les haies champêtres sont les éléments incontournables du jardin sauvage. Les essences indigènes apportent les cachettes et les supports pour les nids ainsi qu’une abondante nourriture toute l’année. Il vous faudra privilégier les essences à fruits, baies et graines pour les oiseaux : sureau noir, érable champêtre, aubépine monogyne.
Les mammifères (chauves-souris, loir gris) logent dans les cavités alors que les insectes xylophages se nourrissent du bois mort. En fonction de la place dont vous disposez, un gros arbre situé au centre du terrain sera vraiment un atout pour la biodiversité. Imaginez que plus de 500 espèces d’animaux sont étroitement liées à un vieux chêne ! Si vous envisagez de planter un arbre sur un terrain vierge, choisissez plutôt un arbre indigène à feuilles caduques : érable plane, chêne (chêne vert dans le sud), hêtre ou châtaignier. Pour planter votre haie sauvage, il est préférable de choisir des jeunes plants de 1 à 2 ans (moins coûteux) et à fort pouvoir de reprise. Voir le geste « Je plante et préserve des variétés locales d’arbres et d’arbustes ».
Les massifs de fleurs indigènes : un jardin sauvage est un jardin fleuri !
Pour les massifs, plutôt que choisir des mélanges de graines de fleurs « prêts à semer », bien souvent constitués de fleurs sélectionnées et peu diversifiées (cosmos, bleuet), il est conseillé d’obtenir des graines de fleurs sauvages auprès d’une pépinière spécialisée en plantes indigènes.
Pour les oiseaux et les insectes, les espèces suivantes sont particulièrement indiquées : marguerite commune, lotier commun, verveine officinale, coquelicot, vipérine commune, chicorée sauvage, sauge de près, onagre bisannuelle, qui par ailleurs peuvent très bien pousser spontanément dans le massif. Il vous suffira de garder sur pied ces plantes au printemps et en été et les laisser grainer afin d’étoffer le massif l’année suivante. Parfois même, des orchidées sauvages apparaissent ! En complément des fleurs sauvages, quelques fleurs ornementales de jardin sont particulièrement attractives pour les oiseaux : la giroflée ravenelle, la monnaie du pape et l’aster d’automne. Ces fleurs viendront apporter quelques touches de couleur dans le massif.
10 plantes incontournables dans un jardin sauvage
- Marguerite commune (Leucanthemum vulgare) : Attire les coléoptères et les abeilles sauvages.
- Digitale pourpre (Digitalis purpurea) : Attire les bourdons au moment de la floraison entre juin et septembre. Attention cette plante est toxique pour l'Homme !
- Thym (Thymus sp.) : Source de nectar pour les abeilles. Excellent couvre-sol, attire les carabes et d'autres invertébrés.
- Lavande (Lavandula sp.) : Attire abeilles et papillons. Les oiseaux peuvent prélever les graines.
- Chèvrefeuille (Lonicera sp.) : Attire le sphinx morio ; les fauvettes et les grives apprécient les baies.
- Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) : Les baies attirent les grives et les merles à l'automne.
- Sureau noir (Sambucus nigra) : Les ombelles blanches de fleurs sont très nectarifères, les baies noires et juteuses nourrissent de nombreux oiseaux dont les fauvettes.
- Salicaire commune (Lythrum salicaria) : Ses fleurs roses sont sources de nectar pour les papillons (sphinx) et les bourdons.
- Tournesol (Helianthus sp.) : Apporte des graines riches en lipides aux oiseaux.
- Onagre bisannuelle (Oenothera biennis) : Ses fleurs s'ouvrent le soir et attirent de nombreux insectes nocturnes, tandis que ses graines sont appréciées des oiseaux.
Massifs fleuris pour papillons
Les papillons diurnes et nocturnes visitent les jardins fleuris du mois de mars au début de l’automne. Il est possible de confectionner un massif dédié aux papillons dans un endroit ouvert, ensoleillé et bien exposé au sud. La floraison devra idéalement s’étaler du début du printemps à l’automne.

Les fleurs sauvages suivantes sont particulièrement attractives pour les lépidoptères : la cardamine des prés, les trèfles, la primevère officinale, la marguerite commune, les centaurées, les silènes (compagnon blanc), le lychnis fleur de coucou, les violettes, les chardons, la vipérine, la marjolaine, les menthes, l’onagre et les bruyères, alors que les lavandes et les saules seront les petits arbustes attractifs. Si vous disposez d’une simple terrasse ou d’une cour, des jardinières ou des bacs de plantes aromatiques feront l’affaire des butineurs.
Comment créer un jardin de papillons dans votre jardin
Favoriser les grimpantes
Le long d’un vieux mur, dans la haie ou accrochées à une treille, les lianes grimpantes constituent des lieux touffus et sécurisés où les oiseaux peuvent dormir (troglodyte mignon, mésanges, moineaux) et parfois nicher (merle noir, pouillot véloce, troglodyte mignon). Il est conseillé de les maintenir en place et de seulement couper les parties hautes qui pourraient s’effondrer en devenant trop volumineuses comme le lierre commun notamment. Les autres grimpantes favorables au jardin sauvage sont la clématite des haies, les chèvrefeuilles, le houblon ou la bryone dioïque.
La mare naturelle : un point d'eau vital
Un point d’eau est important en toute saison au jardin. L’eau de la mare inspire la vie, le repos et apporte une zone de fraîcheur. Aussi petite soit-elle, la mare permet à la faune de venir boire ou de se baigner. Veillez à ce que votre mare naturelle présente des pentes douces, avec un dispositif anti-noyade (rampe) disposée sur un bord afin d’éviter la noyade des animaux (insectes, hérisson).
Les plantes riveraines apportent du caractère à la zone humide : les fleurs jaunes de l’iris des marais, les fleurs roses des salicaires communes, les joncs. Les plantes aquatiques (nénuphars, renoncules, potamots aux feuilles flottantes) participent à oxygéner l’eau tout en verdissant la mare. L’eau devenant un bien précieux, il est conseillé de récupérer l’eau de pluie avec une citerne et d’arroser le jardin à l’aide d’arrosoirs et éviter d’utiliser l’eau potable du réseau.
Réaliser un compost : le cœur fertile du jardin sauvage
Le compost est un élément incontournable du jardin sauvage et biologique. Il permet de recycler les déchets verts de la cuisine et du jardin. Le compost évite d’encombrer les déchetteries, limite la production de CO2 émise lors du transport des déchets verts, et assure la production d’un terreau de première qualité pour vos plantations de jardin.
La dégradation des végétaux est réalisée par une multitude de petits organismes (vers, collemboles, bactéries) qui transforment la matière végétale en éléments minéraux - Azote (N), Carbone (C) - en un terreau « mûr » utilisable par les plantes.
Créer des gîtes et des cachettes pour la faune sauvage
Le jardin sauvage vise à apporter de nombreux petits milieux (biotopes) pour accueillir la faune et la flore sauvages. Quelques grosses bûches dans un coin, un tas de branches mortes, un tas de pierres fourniront des gîtes naturels aux amphibiens, reptiles et insectes. Certaines structures plus élaborées comme une spirale d’aromatiques peuvent également embellir le jardin. Sur un terrain sauvage où les plantes, les arbres et les petits milieux abondent, les gîtes et les nichoirs sont bien moins nécessaires car la petite faune trouve suffisamment de cachettes et de supports "naturels". Le jardin sauvage n’est ni abandonné, ni négligé. C’est un jardin VIVANT !
L'écusson du jardinier : un symbole d'engagement et de tradition
L'écusson du jardinier n'est pas seulement une représentation visuelle, c'est un symbole fort de l'engagement envers une pratique respectueuse de la nature et de la biodiversité. Dans la France d’autrefois, les jardiniers, comme toutes les professions, étaient organisés en communautés de métiers. Le terme de jardinier était d’ailleurs un peu restrictif dans son sens moderne et sans doute conviendrait-il de parler ici de maraîchers et de ces cultivateurs qui, dans l’enceinte même de la ville ou de ses abords immédiats, alimentaient les marchés en fruits, légumes et plantes diverses. Cette activité, qui peut paraître bien banale, mobilisait pourtant un corpus légendaire que l’on retrouve dans l’étonnante iconographie de leurs blasons.
Aujourd'hui, l'emblème de la Charte des Jardins, par exemple, symbolisant l’interdépendance des animaux et des végétaux, représente un hérisson avec une fleur en bouche et une mésange sur la tête. Il peut être affiché sur une barrière, un portail, une porte ou une boîte aux lettres, montrant ainsi son engagement et faisant la promotion de la charte. Le hérisson (Erinaceus europaeus) n’a pas été choisi uniquement parce qu’il est sympathique et inoffensif. C’est aussi un très bon indicateur de l’état encore naturel d’un quartier. Pour survivre en zone habitée, il doit pouvoir se déplacer sur un territoire de 2 à 4 hectares. D’où l’importance de lui aménager des passages entre les barrières et les murs des propriétés, afin qu’il puisse changer de jardin sans passer par la route. Ce mammifère carnivore a aussi besoin de coins de prairies et de buissons où trouver sa nourriture: vers de terre, escargots, insectes, araignées, limaces. Son régime alimentaire révèle qu’il est vraiment l’ami du jardinier. Le hérisson a aussi besoin de quelques tas de feuilles et de branches pour abriter ses petits et pour hiberner en hiver.
Ces emblèmes peuvent être réalisés en divers matériaux résistants au soleil et aux intempéries, comme l'aluminium, l'ardoise naturelle, le bois, le cuivre, le zinc ou même des matériaux bi-couches gravés.
L'étiquetage des plantes : une mission pédagogique et scientifique
L'étiquette de jardin est un aide-mémoire essentiel pour le jardinier et une carte d’identité botanique pour les spécialistes et les scientifiques. Elle remplit avant tout une mission pédagogique, voire scientifique au jardin. Elle permet d’identifier précisément les plantes mais aussi d’informer le visiteur.

Pourquoi mettre en place des étiquettes dans votre jardin ?
L'objectif principal est l'aide-mémoire et l'identification. Dans un monde où nous prenons conscience des menaces qui pèsent sur notre environnement, les étiquettes ont définitivement un rôle à jouer dans la préservation de la biodiversité et la transmission des connaissances et des jardins.
Comment identifier une plante ?
Cette étape va faire de vous un véritable enquêteur du jardin. Vous allez devoir collecter des informations fiables qui vont vous permettre d’identifier formellement les plantes à étiqueter.
Voici comment procéder :
- Recherchez dans vos archives un inventaire des plantations existantes : factures d’achat des plantes, plans du jardin, notes dans un carnet de jardin, schémas de plantation.
- Utilisez Internet : sites dédiés, catalogues de pépiniériste, forums, applications sur smartphone. Il est crucial de croiser les informations trouvées avec des ouvrages de botanique, des livres de référence ou une monographie spécialisée.
- Faites appel à un botaniste pour identifier les végétaux présentant un intérêt dans le jardin.
- Visitez des jardins botaniques, en particulier les collections répertoriées par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées).
- Rencontrez des pépiniéristes spécialisés.
Cette étape consiste à réaliser un document pratique et indispensable qui vous permettra d’avoir à portée de main un inventaire précis et à jour de vos plantes au jardin. Un simple petit carnet suffit pour noter les noms des plantes du jardin et de celles que vous souhaitez acquérir. La méthode manuscrite dans un carnet a son charme et ses adeptes. Il est bien plus facile d’identifier une plante à partir d’une liste existante plutôt que sans aucun élément de référence.
Quelles informations sont intéressantes et doivent être consignées dans votre fichier ?
Le nom de la plante est l’information de base qui permet d’identifier la plante :
- Le nom botanique ou nom scientifique (en latin) : Le nom des plantes a été imposé par Carl von Linné, un naturaliste suédois du XVIIIe siècle, sous la forme de la nomenclature binominale actuelle : la classification de Linné. L’objectif était de pouvoir identifier chaque plante sans se tromper. Le nom des plantes est établi depuis 1950 par le Code international de la nomenclature botanique. Ce code évolue et les noms peuvent changer en fonction des découvertes en matière de génétique. C'est l'esperanto des jardiniers : entre jardiniers ou scientifiques, et sans nécessairement parler la même langue, le latin permet de nommer précisément une plante partout dans le monde. À chaque plante est attribué un nom d’espèce et un nom de genre en latin.
- Le nom vernaculaire ou nom commun.
Un fichier réalisé avec Excel permet, par exemple, de classer les lignes par ordre alphabétique pour regrouper les plantes d'une même espèce (ex : les géraniums) tout en conservant l'ordre d'arrivée dans le jardin grâce à des numéros dans la première colonne.
Un quadrillage systématique de l’ensemble du jardin à partir d’un plan de masse (échelle minimum = 1/50) reprenant les massifs, les zones de plantation, les circulations est une méthode efficace. Numérotez chaque ligne, attribuez une lettre à chaque colonne (ou le contraire). Chaque case devient une cellule de plantation : 7A, B12, C5, ce qui ne sera pas sans vous rappeler une partie de bataille navale ! Indiquez ces codes d’emplacement pour chaque plante sur votre fichier informatique. Plus sommairement, vous pouvez indiquer des zones de plantation logiques en nommant les zones du jardin : massif, bosquet, prairie, jardin potager, etc. L'intérêt de cette information est de pouvoir retrouver l'emplacement d'une plante que vous ne trouvez plus ou dont vous n'êtes plus tout à fait sûr de l'endroit où vous l'avez plantée.
Quel type d'étiquette pour quel jardin ?
C’est le moment de choisir le type d’étiquetage qui sera le plus adapté à votre projet, à votre jardin et valorisera ses différents végétaux. Quel que soit son utilisation, simplement informative ou bien décorative, elle devra résister au temps (et aux intempéries !) afin d’assurer sa fonction de conservation au jardin. Avec ou sans surveillance, les contraintes ne sont pas les mêmes.
En matière de signalétique, la couleur joue un rôle très important au jardin. C’est la couleur jaune qui sera la plus lisible (la plupart des enseignes commerciales choisissent cette couleur pour être identifiées facilement). Le jaune pourra être utilisé si l’étiquette est conçue pour attirer le regard. L'étiquetage peut être très visible ou discret. Il faut bien choisir la couleur des étiquettes en fonction de vos objectifs.
Les étiquettes servent aussi à nommer les plantes d’intérieur, dans les vérandas, les jardins d’hiver ou les serres : bonsaïs, collections de cactées, orchidées, et bien sûr terrariums. Bien abritées, les étiquettes sont beaucoup moins soumises aux dégradations dues à l’humidité, aux UV, au vent et aux écarts de températures.
Une étiquette en plastique avec tuteur bambou est vendue moins de 50 centimes d'euros l'unité alors qu'une étiquette gravée peut valoir 10 euros ! L’étiquetage d’un jardin est un projet qui peut devenir collectif, engageant l’ensemble des personnes qui interviennent dans la gestion du jardin : les membres de la famille, le personnel en charge de l’entretien, les agents municipaux. C’est une occasion idéale pour susciter l’adhésion et la participation de toute une équipe. Il faut communiquer dès la naissance du projet afin d’informer sur les contraintes et l’intérêt de la démarche. Les contraintes concernent en particulier les personnes qui s’occupent des travaux de désherbage, du passage de la tondeuse ou de la débroussailleuse. En effet, les étiquettes constituent autant d’obstacles qu’il faudra éviter ou bien retirer et remettre en place à chaque intervention. Si vous faites entretenir votre jardin par un professionnel, pensez à lui parler de votre projet. Il est également important de se renseigner pour savoir si le jardin ou le site du projet est soumis à une charte graphique.
Ne cherchez pas forcément à vouloir tout étiqueter, mais recherchez plutôt un équilibre afin de maintenir un espace visuellement harmonieux. Une signalétique permanente sera utile pour identifier les plantes qui constituent la structure du jardin, pour les plantations en masse. Dans un massif de vivaces, les étiquettes seront disposées afin de garder une harmonie visuelle : les plus petites au premier plan, les plus grandes et les plus hautes dans le fond. Afin de jouer sur les hauteurs, les supports pourront être plus ou moins enfoncés dans le sol au fil des saisons ou de la taille des végétaux (jeune sujet deviendra grand). Plus l’étiquette sera lisible, moins le visiteur sera tenté de s’en approcher, de la manipuler, de rentrer dans les massifs.
Comment installer les étiquettes dans le jardin ?
Il existe deux solutions et différents types de support pour étiquette afin de les mettre en place au jardin :
- En l’attachant directement sur la plante à l’aide d’un lien (ficelle, ligature, raphia) ou d’une punaise d’arbre (système d’accroche muni d’un ressort qui permet de visser une étiquette sur un arbre sans le blesser au fur et à mesure de sa croissance).
- En les accrochant à un support qu’on vient planter au pied de la plante : également appelé piquets ou porte-étiquettes, ils existent dans diverses hauteurs, formes et finitions. Il existe de nombreux modèles de supports pour étiquettes adaptés à toutes les situations.
Pour quels matériaux ?
Le choix du matériau est crucial pour la durabilité de l'étiquette. Le principal ennemi des marquages, c’est le soleil ! À la maison, il décolore les tentures, les tissus, les tapis. Au jardin, il brûle les encres qui s’atténuent et finissent par disparaître complètement. Moins connus, les effets de la lune peuvent être tout aussi redoutables.

Voici quelques options :
- Crayon gras 'Garden Pen' : Une solution économique et très efficace pour marquer les étiquettes en aluminium, en bois, en zinc ou en plastique. Il tient sous la pluie et ne souffre pas des rayons du soleil. Il est adapté pour l’aluminium, l’ardoise naturelle, le bois, le cuivre, le papier, le plastique, le zinc, offrant un marquage parfaitement lisible, adapté aux conditions extérieures et résistant aux intempéries (soleil et pluie).
- Feutre peinture à base d’eau ou d’huile : Ces marqueurs contiennent de la peinture à base d’eau ou d’huile. Le feutre peinture permet de marquer durablement tous les modèles d'étiquette et le texte est parfaitement lisible si vous choisissez une couleur contrastée. Avec le feutre à l’huile, le marquage sèche presque aussitôt. Si nécessaire, corrigez-le avec de l’acétone. Avec le feutre peinture à l’eau, le marquage séchage en quelques heures. Ils conviennent pour l'aluminium, le bois, le cuivre, le zinc, l'acier.
- Marquage par frappe (gravure) : Pour l'inventaire et l'identification des plantes, vous pouvez aligner les caractères et composer vos textes pour marquer durablement l’étiquette en creux. Ce marquage est très résistant, il s’apparente à de la gravure. La mise en œuvre peut être longue et fastidieuse. Vous pouvez graver vous-même les étiquettes avec des marques à frapper ! Une solution qui prend plus de temps mais qui s'avère durable.
- Ruban inox compatible avec la machine : Pour l'inventaire et les étiquettes botaniques. Grâce à la molette, sélectionnez un caractère (chiffre ou lettre).
- Plastique blanc avec surface noire (deux faces) : Pour le marquage d’inventaire, les étiquettes botaniques. Le marquage s’effectue en rayant la surface noire de l’étiquette avec le stylet fourni, afin de faire apparaître le texte en blanc. Un marquage durable. Préférez les lettres bâton car le marquage avec le stylet peut être fastidieux. Les étiquettes à gratter sont d'un très bon rapport qualité/prix, à réserver aux jardiniers minutieux car l'écriture n'est pas évidente avec le stylet.
- Gravure laser ou impression numérique : Idéale pour réaliser les étiquettes botaniques d’un jardin ouvert à la visite. À partir de votre fichier d’inventaire (format Excel), les étiquettes sont gravées au laser. Les avantages sont un rendu professionnel, un texte parfaitement lisible et une durée de vie incomparable ! Les étiquettes gravées ou avec impression numérique sont des modèles haut de gamme qui doivent être installées grâce à des supports fiables. Les étiquettes peuvent être fixées directement sur les arbres grâce à des systèmes d’accroche comme la punaise d’arbre (une vis inox couplée à un ressort pour ne pas blesser l’écorce lors de la croissance de l’arbre) ou l’attache à ressort (un fil ressort qui fait le tour de l’arbre).
Quelques conseils utiles avant d’écrire sur les étiquettes : si vous écrivez à la main, calibrez votre texte. La longueur des noms botaniques varie considérablement !
Jetons en aluminium ou en laiton : une solution discrète
Les jetons en aluminium ou en laiton permettent de numéroter discrètement et durablement les plantes du jardin. Chaque plante reçoit un numéro en suivant l’ordre chronologique de son arrivée au jardin. Les numéros renvoient à une liste que peuvent consulter les visiteurs pendant leur parcours.
Les avantages sont un impact visuel réduit au minimum, une solution économique et pérenne, qui ne risque pas de s’effacer. Le visiteur peut repartir avec la liste des plantes du jardin sur laquelle il aura noté ses coups de cœur ! Un souvenir très utile pour retrouver le nom des plantes et planifier les futurs achats. Le laiton se patine en s’oxydant rapidement : un phénomène naturel qui lui donne une teinte presque brun foncé et lui permet de mieux résister aux intempéries. L’aluminium finit par perdre son aspect brillant avec le temps. Cette solution de marquage étant plutôt discrète, il est important de choisir un principe de pose unique pour toutes les plantes afin de pouvoir retrouver facilement les jetons.
Exemples de pose :
- Sur un support en bois pour les plantes vivaces.
- Sur un support en métal pour les arbres et les arbustes.
- Attaché sur un rameau de la plante, toujours à la même hauteur et du même côté (ex : à 1 mètre, côté est).
- Fixé avec une vis inox directement sur certains gros sujets (arbres).
La durée de vie des étiquettes et leur fin de vie
La durée de vie des étiquettes est très variable selon les modèles : de quelques mois à plusieurs dizaines d’années. Lorsqu’une étiquette n’est pas utilisable, elle peut connaître une seconde vie.
- Le compostage : C’est la solution idéale pour les étiquettes en bois non traité (pin, bouleau, chêne, bambou) qui étaient marquées au crayon gras.
- Le recyclage : Les étiquettes en plastique et en métal (zinc, cuivre, acier, aluminium) sont faciles à recycler.
Ce guide est conçu comme un manuel pratique pour vous aider à concrétiser votre projet d’étiquetage méthodiquement. Le monde des étiquettes de jardin est vaste et parfois plus technique qu’il n’y paraît !
Le geste du ruban : une tradition intemporelle pour le jardinier
Dans les campagnes françaises, mais aussi en Italie, en Grèce, ou dans certaines régions d’Europe de l’Est, attacher un ruban à une branche ou un tuteur au solstice approchant était bien plus qu’un ornement champêtre. Ce geste était souvent pratiqué en famille : les enfants nouaient le ruban, les anciens murmuraient une intention. On choisissait l’arbre le plus robuste, ou le plant de tomate le plus prometteur, pour y accrocher ce lien coloré. Aujourd’hui, même si l’on jardine en balcon ou en carré potager, ce geste a toujours sa place.
Pour ce faire, choisissez un ruban naturel : en coton, en lin ou en laine fine. La couleur peut varier (rouge vif, doré, ou blanc) selon les intentions. Nouez le ruban doucement, sans serrer, autour d’un rameau souple ou d’un tuteur, à hauteur du regard.

Dans un monde où tout va vite, où le jardin est parfois réduit à un espace de production, ce genre de geste ralentit le rythme. Il rappelle que la terre est vivante, qu’elle entend, qu’elle échange. C’est aussi un repère visuel : ce ruban attire l’œil, incite à s’arrêter, à observer ce qui pousse autour. Il marque une attention particulière portée à une plante, comme une bénédiction silencieuse. Que l’on jardine sur une terrasse, dans un petit carré de terre ou sur une parcelle de campagne, ce geste est accessible à tous. Il ne coûte rien, ne demande pas d’outils, ne fatigue pas le dos. C’est aussi une activité idéale à partager avec les enfants, qui adorent choisir leur couleur, poser leur vœu, et voir, semaine après semaine, si “leur” plante s’épanouit mieux. À l’automne, lorsque le jardin ralentit, on peut décrocher le ruban, le ranger dans un petit bocal, ou le brûler doucement en guise de remerciement. Et l’année suivante, au mois de juin, on recommence. Avec un nouveau vœu, une nouvelle couleur, un nouveau symbole. On peut croire ou non aux gestes anciens, mais il y a dans celui du ruban une sagesse que le jardin reconnaît. Alors ce week-end, entre deux semis ou un arrosage, prendre deux minutes pour nouer un ruban, ce n’est pas perdre son temps.
Glossaire du jardinier naturel
Pour une meilleure compréhension des termes utilisés dans le jardinage naturel, voici une liste non exhaustive de définitions :
- Acide : caractérise une terre dont le pH est inférieur à 6,5.
- Bêcher : à l’aide d’une bêche, retourner la terre sur 30 cm de profondeur pour la préparer à la plantation.
- Bifère : plante qui fleurit et fructifie deux fois la même année, comme certaines variétés de figuier.
- Biner : le binage consiste à travailler la couche superficielle de la terre, en cassant la croûte supérieure.
- Blanchir : action qui consiste à priver de lumière une plante afin d’obtenir une décoloration des feuilles, en vue de les rendre plus tendres à consommer (ex : Endives, Chicorées Frisées, Cardons).
- Borgne : caractérise une pousse dont le bourgeon terminal a été atrophié suite à un incident (climatique, piqûre d’insecte, etc.).
- Bouillie Bordelaise : préparation fongicide obtenue en neutralisant du sulfate de cuivre avec de la chaux éteinte.
- Bouturer : on bouture pour « multiplier ».
- BRF (Bois Raméal Fragmenté) : Branchages d'arbustes ou d'arbres fraîchement coupés et broyés. Le BRF est utilisé comme paillage puis incorporé dans le sol pour le fertiliser.
- Bulbe : organe souterrain qui contient la plante complète avec une réserve de nourriture (fleurs, feuilles, tunique, base d’où partent les racines) comme la tulipe. Par extension, sont nommés « bulbes » tous les organes de réserves comme les rhizomes, tubercules, cormes et racines tubérisées.
- Capitule : inflorescence constituée d’un groupe de fleurs sans pédoncules insérées sur un support commun donnant parfois l’aspect d’une fleur unique.
- Chevelu : ensemble des radicelles nées sur les racines principales, qui permettent à la plante de puiser sa nourriture et l’eau dans le sol.
- Collet : point de séparation entre la racine et la tige au niveau du sol.
- Éclaircir : supprimer des branches ou des tiges d’un arbre ou d’une plante pour dynamiser une plante.
- Écusson : Le greffage en écusson est une méthode de multiplication qui consiste à introduire un lambeau d'écorce encore vert portant un œil dans une plaie en forme de « T » incisée dans l'écorce d'un porte-greffe.
- Gourmand (chez le rosier) : chez le rosier, le gourmand est une nouvelle pousse vigoureuse issue directement de la greffe. Il faut la garder car elle permet de renouveler les branches charpentières.
- Gourmand (hors rosiers) : nouvelle pousse qui se développe au détriment des branches plus anciennes.
- Greffage : technique de multiplication végétative, d’un greffon sur une plante déjà enracinée.
- Habillage : suppression d’une partie des racines accompagnée d’une taille des branches ou du feuillage lors de la plantation.
- Herbicide : produits désherbants.
- Ligaturer : réunir deux parties végétales en les maintenant ensemble avec une ficelle.
- Marcotter : technique de multiplication d’une plante directement sur la plante mère. Dès que le rameau forme des racines, il peut être détaché de la plante mère.
- Montaison : moment où les tiges prennent de la longueur.
- Rosier sans motte : conditionnement traditionnel, c’est le plus facile et le plus économique pour le jardinier.
- Rosier avec motte : C’est le rosier prêt-à-planter par excellence car il évite la taille des racines. La motte, formée manuellement pour chaque rosier, est composée de terreau fertilisé et est maintenue par un filet.
- Paillage : technique destinée à protéger les végétaux les plus fragiles notamment pendant les périodes de froid. Elle consiste à recouvrir le pied du végétal d’un paillis naturel ou non.
- Pincement : action qui consiste à entraver la montée des sèves en coupant avec l’ongle l’extrémité des jeunes rameaux au profit des plus anciens.
- Plants en godets : plantes enracinées dans des petits pots carrés ou en mottes de terreau compressé, destinées à être repiquées à leur emplacement définitif (pot ou pleine terre).
- Praliner : opération consistant à tremper dans une terre argileuse liquide enrichie d'engrais naturel (Les plus connus étant le compost et les fumiers), les racines d'une plante destinée à être installée en pleine terre afin de protéger les racines et de lui offrir un bon départ.
- Racines nues : se dit d’un arbre ou arbuste qui est vendu sans terre sur les racines.
- Radicelle : les radicelles d'une plante sont les plus petites parties de ses racines.
- Ramification : départ de plusieurs tiges à partir d’une première tige.
- Rempoter : enlever une plante d'un pot devenu trop petit pour l'installer dans un pot de taille supérieure.
- Rhizome : tige modifiée souterraine ou de surface qui porte des racines et produisant des tiges feuillées.
- Roulage : terme qui désigne le passage d’un rouleau sur le sol.
- Sarmenteux : se dit d'un végétal à longs rameaux plus ou moins souples qui a besoin d'être attaché sur un support pour grimper.
- Sauvageon : pousse indésirable car elle prend naissance sur le porte-greffe (ou ses racines) et non sur la greffe.
- Succulente : plante à tiges et feuilles épaisses, charnues, gorgées d'eau.
- Traçant : végétal qui produit des rhizomes ou des stolons pour se développer.
- Tubérisée (racine) : caractérise une racine qui stocke des réserves nutritives en gonflant.
- Turion : concerne certaines plantes comme l’asperge dont les parties aériennes meurent chaque année.
- Voile : le voile (horticole) est utilisé pour protéger les plantes du froid.