La culture des arbres fruitiers, et plus particulièrement de l’abricotier (Prunus armeniaca), repose sur une compréhension fine des mécanismes biologiques qui régissent leur reproduction. Les abricots du potager sont délicieux, remplis de jus et de saveurs délicates. Consommés directement de l’arbre, ils sont plus savoureux que tout ce qui est acheté dans un magasin. Et ce ne sont pas les tendres trésors que vous pouvez imaginer - de nombreux cultivars modernes ont été sélectionnés pour produire de manière fiable dans des climats plus frais. Ils peuvent être cultivés comme des arbres ou des buissons, ou dressés en éventail contre un mur. Il existe également des variétés compactes pour un pot sur la terrasse.

Anatomie florale et stratégies de reproduction
L’abricotier est un arbre à feuilles caduques atteignant 9 m (29 pieds) sur 6 m (19 pieds) à un rythme moyen. L’espèce est hermaphrodite (a des organes mâles et femelles) et est pollinisée par des insectes. La plante est autofertile. Convient aux sols légers (sableux) et moyens (loameux) et préfère les sols bien drainés. pH approprié : sols légèrement acides, neutres et basiques (légèrement alcalins). Il peut pousser à mi-ombre (bois clair) ou sans ombre. Il préfère les sols humides.
Ne pouvant se déplacer comme les autres êtres vivants, les plantes enracinées au sol ont une solution pour se reproduire : la pollinisation. D’un côté, on trouve les arbres fruitiers monoïques (espèces bisexuées), qui portent des organes mâles et des organes femelles. On distingue les monoïques stricts, dont les organes se situent sur des fleurs différentes. On trouve, sur ces sujets, des fleurs mâles et des fleurs femelles. Les arbres fruitiers dioïques (espèces monosexuées) possèdent tantôt, par pied, des fleurs mâles, tantôt des fleurs femelles. L’un des plus connus est le kiwi. Les arbres fruitiers hermaphrodites, quant à eux, possèdent des fleurs pourvues d’organes mâles et femelles. L’arbre possède des fleurs hermaphrodites, mais il porte également des fleurs strictement mâles et des fleurs strictement femelles. On utilise alors la dénomination d’« arbre polygame ».
Le pommier est un arbre qui porte, dans la même fleur, les organes sexuels mâles (étamines) et femelles (pistil). Il n'y a donc qu'un seul type de fleur. Contrairement à certaines espèces hautement spécialisées, le Prunus armeniaca utilise la structure hermaphrodite pour maximiser ses chances de survie. Chez les variétés autofertiles, tout se passe à l’intérieur de chaque fleur, il n’y a pas besoin d’une aide extérieure. Pour les variétés autostériles par contre, le pollen qui se trouve dans une fleur ne peut pas fertiliser celle-ci, ni même une autre fleur du même arbre.
La reconnaissance pollinique : barrières et compatibilité
Pour la pollinisation et la fructification, est-ce que les fleurs femelles des arbres monoïques et/ou dioïques reconnaissent le "bon" pollen (par exemple : pollen de la fleur mâle du cerisier reconnu par la fleur femelle du cerisier) ? Oui, les plantes possèdent des mécanismes moléculaires complexes (auto-incompatibilité) qui empêchent le pollen étranger ou le propre pollen de l'individu de féconder l'ovule si le génotype n'est pas compatible. Cette barrière garantit que la fécondation ne se produit qu'entre des individus ou des organes compatibles, évitant ainsi un gaspillage énergétique.
Par ailleurs, est-ce que le pollen d'une fleur mâle d'abricotier pourrait féconder une fleur femelle d'un pêcher, ou vice-versa ? Bien que le genre Prunus regroupe des espèces proches, la barrière génétique entre un abricotier et un pêcher est généralement infranchissable par pollinisation naturelle. Existe-t-il des "croisements" de pollen (par exemple pollen de la fleur mâle du cerisier féconde la fleur femelle de l'abricotier) qui ont donné naissance à des nouvelles variétés de fruits ? Les hybridations interspécifiques sont extrêmement rares et complexes. Si des croisements ont pu être tentés en laboratoire, ils ne produisent pas de nouvelles variétés fruitières viables et commerciales par le simple dépôt de pollen sur une fleur non apparentée dans un jardin. L'intégrité génétique de l'espèce est protégée par ces barrières biologiques strictes.

Optimisation de la fructification et facteurs environnementaux
La plupart des variétés/cultivars sont auto-fertiles et donneront des fruits sans pollinisation croisée, mais les récoltes sont grandement améliorées lorsqu'une deuxième variété est présente ayant une période de floraison similaire. Il a été rapporté que la pollinisation croisée améliore la nouaison et la période de maturation. Les insectes jouent un rôle prépondérant dans la pollinisation des fruitiers. 35% de ce que nous consommons dépend de la pollinisation par les insectes ! Les abeilles, notamment, jouent un rôle essentiel dans la pollinisation. Une abeille qui récolte du nectar et du pollen sur la fleur d’une plante - en l’occurrence sur un arbre fruitier - une partie de l’organe reproducteur de la fleur colle aux poils du corps de l’insecte. En se déposant sur une autre fleur, une partie du pollen se dépose alors sur le stigmate ou le bout du pistil, l’organe reproducteur femelle de la fleur.
Pour les abricotiers auto-stériles, un des facteurs important pour une bonne pollinisation est la présence de nombreux insectes pollinisateurs. Vous les attirerez dans votre jardin ou verger en leur proposant de nombreuses fleurs d’espèces et de couleurs variées, notamment des arbustes à floraison précoce qui accompagneront la floraison de l’abricotier. Bien qu’un abricotier autofertile n’ait aucun problème pour produire des fruits indépendamment, la pollinisation croisée reste un avantage certain pour la richesse génétique des espèces.
Les défis de la production fruitière
Il faut souligner que les abricotiers comme l’ensemble des arbres et arbustes fruitiers donnent généralement des fruits à partir de la 4ème ou 5ème année. La plupart des variétés d’abricotiers ne fleuriront pas avant leur troisième ou quatrième année. L’abricotier a une durée de vie moyenne de 30 ans, mais il ne fructifie pas durant sa vie entière ! Les conditions climatiques à la période printanière et au début de l’été joueront également sur cette fructification, tout comme la variété. La floraison précoce de l’abricotier rend celle-ci sensible aux périodes de gel printanier. La nouaison des fruits, c’est-à-dire le moment où l’ovaire de la fleur devient fruit, peut également être impactée par le froid et/ou le gel.
Si le printemps s’avère froid et pluvieux, cette situation n’est pas propice à une bonne production fruitière. S’il pleut beaucoup, les fleurs coulent, autrement dit, la pluie a tendance à dégrader toute la floraison. Le bourgeon ne doit pas être exposé à une température en deçà de -4°, la limite pour la fleur ouverte est de -2°, celle de la nouaison est de -0,5°. Un été frais, pluvieux, peut provoquer une faible quantité de fleurs, et donc de fruits, l’année suivante. En effet, l’arbre a besoin que la photosynthèse soit très active pour pouvoir former sa floraison prochaine. Un déficit de soleil peut donc limiter la quantité de fleurs l’année suivante.
Dans les vergers, les producteurs protègent les abricots du gel
Techniques de multiplication et gestion du verger
La propagation peut se faire par différentes méthodes. La greffe en écusson de Jones (Chip budding) aussi appelé écussonnage en placage a l’avantage de pouvoir être utilisé au printemps ou à la fin de l’été selon les espèces à greffer. L’écussonnage en forme de T (T budding) est la méthode préférée pour la multiplication des arbres fruitiers surtout pour les fruitiers à noyaux. La réussite de l’écussonnage repose en grande partie sur le degré de maturité du bourgeon de l’écusson et la facilité avec laquelle l’écorce du porte-greffe se détache facilement du tronc.
Il est possible de greffer l’abricotier rustique sur cerisier des sables (Prunus besseyi), mais pas sur un cerisier ou un prunier (à l’exception de certaines Prunus salicinas), à moins que vous ne souhaitiez conserver le greffon pendant quelques saisons ou moins avant la greffe finale sur un cerisier des sables. Les abricotiers greffés sur ce cerisier doivent être tuteurés. Si vous utilisez le cerisier des sables comme surgreffage, les abricots se portent généralement bien sur les prunes et les cerisiers nains.
Pour germer, tous les arbres tempérés ont besoin d’un temps au froid et à l’humidité pour pouvoir germer. Ce temps de froid et d’humidité, une fois qu’il est terminé, indique que l’hiver est terminé et donc ils peuvent germer sans problème. C’est cette période de froid et d'humidité qui est appelée la stratification. La stratification permet de briser la dormance, et de démarrer le processus de germination. Prenez note qu’un plant issu de pépins ou d'un noyau ne sera pas identique, sauf exceptions, à l’arbre original. Seules les variétés autofertiles ont plus de chances d’être identiques si ceux n’ont pas subi de pollinisation croisée.
Entretien et valorisation de la récolte
Il est préférable de reporter la période de taille après la floraison pour les arbres fruitiers sensibles aux principales maladies et difficiles à contrôler. La taille de fructification se réalise durant la période de formation des fleurs, au cours de l’été donc. Elle consiste à sélectionner les branches qui vont porter les fruits parmi les plus robustes et les mieux orientées/placées. Ce faisant, certes vous supprimez des branches qui auraient porté des fleurs, et donc des fruits, mais cela évite que des branches fragiles cèdent sous le poids de trop de fruits. De plus, en réduisant le nombre de fruits, vous limitez le phénomène d’alternance. Les fruits que vous récolterez seront plus gros, vous n’aurez donc pas de perte de productivité finalement.

Utilisation en cuisine : Les abricots se savourent d’abord tels quels, en dessert ou pour un en-cas léger. Ils peuvent aussi être préparés en coulis, compotes et confitures (leur richesse en pectine est alors un atout). Ils se glissent dans les salades de fruits estivales, ou peuvent être pochés au sirop, et servis avec une crème glacée. Ils sont aussi très appréciés dans de nombreuses pâtisseries : tartes, crumbles, clafoutis, charlottes, etc. L’abricot se marie à merveille avec l’amande, la lavande, la vanille ou la violette. Lorsqu’il est déshydraté, il parfume délicatement les plats sucrés-salés : tajines, terrines, chutneys.
La période de récolte se situe entre le début de juillet et la fin d’août. Cueillir délicatement les fruits lorsqu’ils ont atteint leur pleine maturité, c’est-à-dire lorsqu’ils ont légèrement ramolli mais qu’ils sont toujours fermes au toucher et se détachent facilement de l’arbre. L’abricot se conserve environ une semaine au réfrigérateur. On peut aussi les faire sécher, ils se conservent alors plusieurs mois. Comprendre la pollinisation des arbres fruitiers, c’est encourager la biodiversité dans le jardin et s’assurer de belles récoltes de fruits bien savoureux. Aromatiques et bourrées de vitamines, les fleurs sont aussi intéressantes que les fruits. L’abricotier est une des premières plantes cultivée par l’Homme. Et c’est en Chine que la culture de l’abricot débute. Les terrains secs, abrités des vents violents, du gel et de l’humidité, lui sont parfaitement favorables. En mettant de côté la saveur sucrée de ses fruits, voyons comment identifier cet arbre lorsque ces derniers ne sont pas encore prêts pour la cueillette. Comme beaucoup d’autres arbres fruitiers, et plus particulièrement les Prunus, l’abricotier perd ses feuilles à la saison froide. Il faut donc regarder les bourgeons sur les tiges de l’arbre. C’est la partie que tout le monde connaît et qu’on retrouve sur les étals des marchés. Les feuilles se disposent le long des rameaux de manière alterne et sont absentes du tronc. Elles n’ont pas de duvet ni de poils. Du moins, tant que le climat soit favorable. Pour le cas de l’Europe, les abricotiers naturels connaissent les mêmes limites climatiques que la vigne. Les abricotiers sont des plantes assez rustiques. Enfin, ils sont malheureusement très sensibles aux gelées printanières qui peuvent détruire leur floraison. Mais ce n’est pas tout. Le choix d’une variété parfaitement adaptée à votre terroir est le point le plus important. C’est l’aboutissement d’une gestion réfléchie, alliant respect des cycles biologiques et techniques culturales appropriées pour assurer la pérennité de votre verger.
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