L'analyse du sol pour un potager sain et productif : Comprendre et prévenir la pollution

Cultiver des légumes et des fruits dans son propre potager est une idée formidable, offrant le plaisir de récoltes abondantes et saines. Cependant, le succès d'un jardin repose avant tout sur la qualité du sol. Loin d'être un simple support, le sol est un écosystème complexe et vivant, véritable réservoir nutritif pour les plantes. Ignorer sa composition, c'est naviguer à l'aveugle, risquant non seulement des rendements décevants, mais aussi la consommation de produits potentiellement contaminés.

L'analyse de sol est la première étape vers un jardinage réussi et une agriculture durable. Elle permet de transformer des suppositions en certitudes, offrant une compréhension approfondie de cet environnement sous nos pieds. Un sol sain est un sol exempt de pollutions, et si ces dernières sont souvent invisibles à l'œil nu, inodores et sans saveur, elles peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de la production alimentaire, la santé humaine et le cadre de vie.

Schéma de l'importance de l'analyse du sol

Pourquoi analyser le sol de son potager ?

Comprendre la composition de votre sol n'est pas une option, c'est la première étape vers un jardinage réussi et une agriculture durable. Le sol est bien plus qu'un simple support pour les plantes ; c'est un écosystème complexe qui constitue le réservoir nutritif de tout potager ou culture. Les plantes y puisent l'eau et les sels minéraux essentiels à leur croissance. Ignorer sa composition, c'est naviguer à l'aveugle.

L'un des bénéfices les plus directs de l'analyse de sol est la possibilité d'appliquer des engrais de manière ciblée et efficace. Sans analyse, l'application d'engrais se fait souvent au hasard, ce qui peut entraîner un gaspillage coûteux et des déséquilibres. En identifiant précisément les carences ou les excès, vous n'apportez que ce qui est nécessaire. Un sol équilibré est la clé de voûte de cultures saines et productives. L'analyse permet de connaître la capacité du sol à fournir aux plantes les nutriments dont elles ont besoin. En corrigeant les déséquilibres (pH, nutriments, matière organique), vous créez un environnement optimal qui favorise un bon développement des racines et une meilleure assimilation des éléments nutritifs.

Le résultat d'une fertilisation excessive, notamment en azote et en phosphore, ne nuit pas seulement à votre portefeuille. Les nutriments non absorbés par les plantes peuvent être lessivés par les pluies et contaminer les nappes phréatiques et les cours d'eau. L'analyse de sol joue un rôle crucial dans la protection de l'environnement en évitant cette sur-fertilisation. Cette approche raisonnée et scientifique s'inscrit dans une démarche de jardinage durable qui préserve les ressources, construit la fertilité sur le long terme et transmet aux générations futures un sol sain et productif.

Alfred GÄSSLER - Santé du Sol & Santé de la Plante - RIAV

Les différents types d'analyses de sol

Il n'existe pas une, mais plusieurs types d'analyses de sol, chacune offrant un niveau d'information différent.

Analyse chimique et physique (Agronomique)

C'est l'analyse la plus courante. Elle fournit des informations essentielles sur l'état chimique et physique du sol. Elle mesure des paramètres clés comme le pH, la conductivité électrique, le taux de matière organique et la concentration des principaux éléments nutritifs (Azote N, Phosphore P, Potassium K) ainsi que des oligo-éléments. Un sol fertile repose sur un équilibre complexe entre pH, matière organique, nutriments majeurs et oligo-éléments. Sans analyse, vous jardinez à l'aveugle : les apports d'engrais peuvent être inutiles si le pH bloque l'assimilation, les amendements calcaires risquent d'aggraver un sol déjà alcalin, les carences en oligo-éléments passent inaperçues jusqu'à ce que les plantes dépérissent.

  • Le pH du sol : Le pH mesure l'acidité ou l'alcalinité de votre sol sur une échelle de 0 à 14. Un pH de 7 est neutre. Ce paramètre est crucial car il détermine la disponibilité des nutriments pour les plantes. Un pH trop acide (inférieur à 6) bloque l'assimilation du calcium, du magnésium et du phosphore. Un pH trop alcalin (supérieur à 7,5) rend inaccessibles le fer, le manganèse et le zinc, provoquant des chloroses. Beaucoup de jardiniers débutants saturent leur sol en compost ou en engrais pensant bien faire. Or, un excès de phosphore ou d’azote peut être tout aussi néfaste qu’une carence, entraînant une pollution des nappes phréatiques et une fragilité des plantes face aux maladies.
  • La matière organique : La matière organique est le garde-manger du sol. Elle est essentielle à la vie du sol, améliore sa structure (aération, rétention d'eau) et libère progressivement les nutriments pour les plantes. Elle joue un rôle essentiel dans la structure du sol par sa capacité à retenir l’eau et les nutriments, mais aussi dans le développement d’une biodiversité microbienne bénéfique.
  • Les macro-éléments et oligo-éléments : L'analyse révèle les niveaux des macro-éléments (Azote, Phosphore, Potassium) et des oligo-éléments (bore, cuivre, manganèse, zinc et fer). Comprendre ces niveaux permet d'ajuster la fertilisation. Bien que nécessaires en faibles quantités, ces micro-nutriments jouent un rôle crucial dans le métabolisme des plantes, la photosynthèse, le développement racinaire et la résistance aux stress environnementaux. Leurs carences, souvent invisibles jusqu'à un stade avancé, peuvent réduire considérablement les rendements.

Tableau des valeurs optimales de pH pour différentes cultures

Analyse biologique

Un sol fertile est un sol vivant. L'analyse biologique se concentre sur l'activité des micro-organismes (bactéries, champignons) qui sont le moteur de la fertilité. Pour qu'un sol fonctionne bien, il faut que ses micro-organismes soient nombreux et actifs. Cela peut avoir un impact sur l’immobilisation voire même la dégradation de certains polluants organiques.

Analyse granulométrique

L'analyse la plus complète intègre tous les paramètres des analyses chimiques et biologiques, plus la granulométrie détaillée (proportions d'argile, de sable et de limon) et la réserve utile en eau. La granulométrie révèle la texture et la structure de votre sol, paramètres cruciaux pour évaluer la rétention d'eau, le drainage et la facilité de travail. Cette connaissance permet d'adapter précisément les pratiques agronomiques : apports en matière organique, irrigation, techniques culturales.

La détection des polluants dans le sol du potager

Avant de nourrir votre famille avec les produits de votre potager, il est essentiel de s’assurer que ce support de culture est sain. Certains polluants présents dans la terre sont totalement invisibles à l’œil nu, inodores et sans saveur. La problématique d’une éventuelle pollution du sol ne doit pas constituer un frein à la production alimentaire, mais il faut rester vigilant. Un terrain entièrement vierge, sur lequel jamais aucune activité humaine n’a eu lieu est rare, voire inexistant. Dans les régions anciennement industrialisées et fortement urbanisées, il est probable que certains terrains soient pollués.

Infographie sur les sources de pollution des sols

Reconnaître une pollution potentielle

Certains éléments peuvent être détectables à l’odeur ou par l’observation et ainsi indiquer une pollution du sol :

  • Si des résidus de cendres ou des morceaux de goudron sont présents, le sol peut être contaminé par des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
  • Si une nappe d'hydrocarbures flotte sur un étang ou si vous voyez ou sentez des hydrocarbures dans le sol, le sol peut avoir été contaminé par des carburants, des solvants ou des huiles de graissage.
  • Le sol peut avoir une couleur anormale et une odeur désagréable.

Observer un lieu et ses environs peut aussi vous fournir des indications sur un éventuel risque de pollution du sol :

  • La présence de déchets où se trouvaient des matières liquides (par exemple : des fûts d’huile vides, des bidons de solvants…).
  • Déchets de construction (par exemple : tôles, métaux, remblais…).
  • Certaines entreprises peuvent, par la nature de leurs activités, engendrer une pollution du sol (par exemple : une pollution aux huiles minérales peut provenir d’un garage d’entretien de véhicules).
  • Des anciens terrains de chemin de fer peuvent avoir été rehaussés avec des cendres.
  • Un site où les services de pompier sont intervenus suite à un incendie.

Les principaux polluants du jardin

Une pollution du sol peut avoir plusieurs origines : activité économique, artisanale ou industrielle ; remblayage d’un terrain avec des matériaux pollués ; utilisation de pesticides chimiques, l'utilisation de mousse d'extinction dans un incendie… Voici les 6 polluants principaux que l'on retrouve dans un potager :

  • Métaux lourds (Éléments Traces Métalliques) : Il s'agit du plomb, cadmium, mercure, arsenic, nickel, cuivre, zinc, ou fer, entre autres. Certains métaux lourds présents dans l’environnement et en dessous de certains seuils ne sont pas considérés comme toxiques et peuvent être naturellement présents. En revanche, d’autres peuvent être fortement toxiques pour l’être humain et l’environnement, en fonction de leur nature ou de leur concentration, comme le plomb et le cadmium. Leur ingestion par consommation des légumes qui les accumulent, s'ils sont présents dans le sous-sol, est dangereuse ; selon la dose, leur toxicité peut entrainer des pathologies spécifiques, notamment pulmonaires. Ils peuvent provenir d’anciennes peintures, de remblais de chantiers, ou de la pollution automobile passée.
  • Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) : Les « HAP » représentent de nombreux composés et peuvent être fortement toxiques. Ils se forment principalement suite à une combustion incomplète : carburant automobile, bois, charbon, incinérateurs… Une partie de cette pollution spécifique s’avère cancérigène. On retrouve les « HAP » e.a. dans des couches de remblai, des morceaux de goudron ou des résidus de cendres. Ils sont impliqués dans le développement de certains cancers (carcinomes de la peau, cancer du poumon, tumeurs des voies urinaires).
  • Huiles minérales : Elles concernent un groupe de substances chimiques dérivées de pétrole brut, largement répandues dans notre société et potentiellement toxiques. Mazout de chauffage, carburants, huile de graissage pour véhicules ou engins de jardinage. Certaines huiles minérales sont également utilisées comme dégraissant ou solvant : c’est le cas du white spirit. Les huiles minérales usagées telles que les huiles de vidange des voitures, tracteurs ou engins de jardinage, déversées dans le sol soit involontairement par fuite accidentelle, soit volontairement comme cela fut le cas durant très longtemps et comme cela se produit encore malheureusement. Les toxiques restent durablement dans le sol et se retrouvent inévitablement dans les produits alimentaires végétaux qui y poussent. Les risques concernent les cancers de la peau et les atteintes sur l'appareil respiratoire.
  • Pesticides : Dans le passé, l’utilisation des pesticides chimiques était très fréquente. Malheureusement, beaucoup de ces substances sont très difficilement dégradables dans l’environnement et restent donc longtemps dans le sol. Celles-ci sont nocives pour l’homme et de nombreuses espèces de plantes et d’animaux. Les produits chimiques agricoles comme les pesticides et les herbicides peuvent contaminer le sol s'ils sont utilisés de manière excessive. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publie un rapport sur les résidus de pesticides dans les denrées alimentaires et d'autres structures font de même comme l'association Générations Futures : il ressort que la présence de résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales apparaît au tout premier rang des préoccupations en matière de risque alimentaire en Europe.
  • PFAS (Substances Per- et Polyfluoroalkylées) : Les PFAS sont des composés fabriqués par l'industrie et n'existent pas à l'état naturel. Ces substances se retrouvent dans de nombreux produits et articles que nous utilisons au quotidien, notamment dans les emballages alimentaires en papier (pour les fast-foods ou les pizzas), dans les revêtements des poêles antiadhésives Teflon®, dans les cosmétiques, dans les vêtements imperméables et dans certaines mousses anti-incendie. Les PFAS sont également connus comme les polluants chimiques "éternels" car ils ne se dégradent pas facilement, restent présents dans l'environnement pendant des centaines d'années et finissent par se retrouver dans les organismes vivants y compris l’Homme.
  • Amiante : L’amiante est un matériau à structure fibreuse qui est à la base de produits aux propriétés spécifiques (pouvoir isolant, résistance au feu, résistance aux acides, forme solide et flexible). Depuis 1998, la production, la commercialisation et le recyclage de l'amiante sont interdits, mais en raison de ses nombreuses applications, l'amiante est largement répandu dans notre environnement de vie. Cependant, l'inhalation de fibres d'amiante présente de graves risques pour la santé.

Connaître son terrain : le rôle des SIS et CASIAS

Normalement, un terrain situé en zone urbanisée qui a obtenu un permis de construire peut être cultivé pour l'agrément, c’est-à-dire pour accueillir un jardin ornemental avec pelouse ou un potager. Pourtant, il arrive, notamment dans les régions très industrialisées ou avec des installations agricoles intensives ou encore dans les zones fortement urbanisées, que certains terrains soient pollués.

La loi ALUR (loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové), dans son article 173, permet maintenant d'identifier ces terrains. Elle prévoit la mise en place par l’État des Secteurs d’information sur les sols (SIS) qui doivent répertorier les "terrains où la connaissance de la pollution des sols justifie, notamment en cas de changement d’usage, la réalisation d’études de sols et de mesures de gestion de la pollution" (article L. 125-6 du code de l'environnement) : une carte de France des sols pollués à l'échelle cadastrale est ainsi dessinée mais non figée puisqu'elle évolue en fonction des nouvelles informations de pollution, des cessations d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), etc. La carte des SIS est consultable sur le site Géorisques.

Avec la Carte des Anciens Sites Industriels et Activités de Services (CASIAS), la carte des SIS est aujourd'hui intégrée aux documents d'urbanisme tels que Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUi), schémas de cohérence territoriale (ScoT) ou autres documents d'urbanisme en vigueur, ce qui contraint les collectivités qui délivrent des certificats d'urbanisme à mentionner si le terrain est inclus ou non dans ces secteurs.

Si un projet de construction de maison se situe sur un terrain soumis à un SIS, le maître d'ouvrage devra joindre au dossier de permis de construire une attestation garantissant la réalisation d’une étude de sol ainsi que la prise en compte de ses préconisations permettant de garantir la compatibilité entre l'état des sols et la conception du projet de construction habitable. C'est un bureau d’études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, qui est habilité à réaliser cette étude.

Cette avancée sur la prise en compte de la pollution a pour but de préserver la sécurité, la santé et l'environnement puisque les constructions sur les sites pollués sont strictement encadrées avec une clarification des responsabilités entre exploitant, propriétaire et aménageur. Les mauvaises surprises et les surcoûts engendrés par d’éventuelles découvertes de pollutions lors du démarrage des travaux d’aménagement ne peuvent plus se produire théoriquement.

En cas de non-respect de l’obligation d'information pré-contractuelle de l'acheteur d’un terrain soumis à un SIS, la personne flouée dispose d’un délai de 2 ans, à compter de la découverte de la pollution, pour demander la résolution du contrat, se faire restituer une partie du prix de vente avec la possibilité de demander la réhabilitation du terrain aux frais du vendeur lorsque le coût de la réhabilitation n’est pas disproportionné par rapport au prix de vente.

Comment réaliser une analyse de terre ?

Procéder à une analyse de terre est plus simple qu'il n'y paraît. La qualité de l'analyse dépend entièrement de la qualité de l'échantillon.

Le prélèvement d'échantillons

Pour obtenir des résultats fiables, la qualité du prélèvement est capitale. Cela implique de collecter des échantillons dans différentes zones de votre parcelle, en évitant les zones atypiques où les déchets sont accumulés.

  1. Définir la zone : Choisissez une parcelle homogène (même type de sol, même historique de culture).
  2. Prélever la terre : Ne vous contentez pas d’un seul endroit. Effectuez plusieurs prélèvements (environ 10 à 20) en suivant un schéma en zigzag sur la zone à analyser. Retirez la couche de surface (herbe, feuilles) et prélevez la terre sur la profondeur de la terre arable (généralement 20-25 cm).
  3. Mélanger l'échantillon : Versez tous les prélèvements dans un seau propre. Mélangez soigneusement pour obtenir un échantillon homogène.
  4. Expédier : Remplissez le sachet stérile fourni avec ce mélange, fermez-le hermétiquement et glissez-le dans l’enveloppe prépayée. Déposez-le simplement dans un bureau de poste ou un point relais.

Schéma des étapes de prélèvement d'échantillons de sol

Options d'analyse

Deux options s'offrent à vous : les kits à domicile ou l'analyse en laboratoire.

  • Kits à domicile : Les kits d'analyse à faire soi-même sont abordables, coûtant généralement entre 10 € et 30 €. Ils fournissent des résultats quasi instantanés avec une fiabilité faible à moyenne. Le kit de test pH simple d'utilisation permet de mesurer avec précision et fiabilité le niveau d'acidité de votre sol en quelques minutes. Cette mesure est indispensable avant toute opération d'apport de chaux ou d'utilisation de sulfate de fer.
  • Analyse en laboratoire : Pour une analyse en laboratoire, il faut être plus patient. Les délais peuvent varier mais des services proposent des résultats en seulement 10 jours. Le coût varie considérablement, mais les résultats sont d'une très grande fiabilité. Les laboratoires agréés COFRAC et Ministère de l'Agriculture garantissent des résultats fiables, précis et conformes aux normes les plus strictes. Ces agréments attestent de la compétence technique du laboratoire, de la traçabilité des analyses et de la qualité du process analytique.

Fréquence des analyses

Pour les paramètres stables comme la texture ou la matière organique, une analyse tous les 5 ans est souvent suffisante pour les grandes cultures ou les jardins établis. C'est la recommandation standard en France pour les grandes cultures. Pour les éléments fertilisants (Niveaux 1 et 2), un suivi tous les 3 à 5 ans permet de suivre l'évolution de votre sol et d'ajuster vos pratiques. Pour la pollution, une seule analyse suffit.

Le meilleur moment pour prélever

Le meilleur moment pour prélever est à la fin de l'hiver ou au début du printemps, avant la fertilisation principale, ou à l'automne après la récolte.

Interprétation des résultats et recommandations

Une fois le rapport d'analyse reçu, il faut le déchiffrer. Les bulletins d'analyses sont conçus pour être pédagogiques. L’indice Soilscore, par exemple, est une note de santé de votre sol. Rassurez-vous, un diagnostic moins favorable n’est pas une fatalité.

  • Identifier les déséquilibres : L'analyse permet d'identifier les déséquilibres qui freinent vos rendements, vous permet d'agir de manière ciblée en évitant les apports inutiles, et prévient les problèmes à long terme. Si votre sol est trop acide ou trop calcaire, les éléments nutritifs (azote, phosphore, potassium) sont « bloqués » chimiquement.
  • Adapter la fertilisation : En obtenant des résultats, vous savez immédiatement et avec précision si vous devez apporter du calcaire pour corriger l’acidité, enrichir votre terre en matière organique ou tout simplement choisir des variétés de légumes mieux adaptées à votre type de terre. Nous analysons les données, identifions les points d'attention, expliquons les déséquilibres constatés et proposons des recommandations concrètes et personnalisées. Mieux encore, nous vous orientons vers les produits spécifiques de notre gamme adaptés à votre situation : amendements pour corriger le pH, engrais ciblés pour combler les carences, composts et fumiers pour enrichir en matière organique, ou engrais verts pour améliorer la structure.
  • Gestion des pollutions : Si après analyse, le seuil 1 est dépassé pour cadmium, plomb, PFAS, pesticides ou amiante, ou le seuil 2 est dépassé pour au moins une autre substance, évitez d’installer votre potager en pleine terre dans la/les zone(s) polluée(s). Cultivez vos légumes dans des bacs ou autres récipients que vous remplissez de terre propre et de compost, dont vous connaissez l'origine.

Alfred GÄSSLER - Santé du Sol & Santé de la Plante - RIAV

Bonnes pratiques pour éviter de polluer le sol dans son potager

Des pollutions sont maîtrisables sur base de certaines bonnes pratiques et mesures de prévention.

  • Éviter les produits toxiques : Veillez à ne pas utiliser de produits toxiques, en particulier des pesticides chimiques.
  • Gérer les cendres : Évitez l’épandage de cendres car elles peuvent contenir des pollutions en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou d’autres polluants si elles sont issues d’une incinération (incomplète) de déchets.
  • Choisir un compost et une terre de qualité : Utilisez du compost de bonne qualité et d’origine fiable car un compost d’origine douteuse peut contenir des pollutions en raison de la présence de déchets organiques pollués, par exemple des déchets verts provenant d’un terrain pollué. De même, en cas de rajout de terre, assurez-vous de son origine. Ajouter du bon compost dans votre sol afin d’améliorer le processus de dégradation des polluants comme des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des résidus de pesticides.
  • Utiliser une eau non polluée : N’utilisez pas d’eau de pluie ou de puits si vous suspectez qu’elle est polluée. Il est déconseillé d’utiliser de l’eau collectée d’un toit en zinc ou en amiante-ciment parce qu’ils peuvent la contaminer. L'eau peut véhiculer des bactéries ou des nitrates.
  • Entretenir les outils de jardinage : La maintenance de vos outils de jardinage qui fonctionnent à l’essence (p.ex. débroussailleuse, tondeuse, etc.) ne doit pas se faire dans le potager.
  • Éviter les équipements peints et l'amiante : Évitez d’utiliser des équipements de jardin peints (cabane, clôture…). Avec le temps, la peinture pourrait se détacher et ses composants pourraient se retrouver dans le sol. N’utilisez pas de matériaux suspectés d’amiante dans votre jardin.

Le choix des légumes en fonction de la pollution du sol

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer qu’une plante accumule plus de polluants que d’autres. Le type de sol ou la nature du contaminant par exemple sont importants. À ce stade-ci des connaissances, il n’est pas évident de fournir des recommandations détaillées concernant le type de légume à cultiver en fonction du type de pollution présente.

De façon générale, en ce qui concerne les pollutions aux métaux lourds on peut faire la distinction suivante :

  • Les fruits, légumes-fruits et graines : Ce sont les cultures les moins sensibles aux contaminants. Exemples : tomates, aubergines, poivrons, gombos (seulement les graines des cosses), courges, maïs, concombres, melons, pois et haricots écossés, oignons (bulbe seulement) et les fruitiers tels que les pommiers et les poiriers.
  • Les légumes-racines : Ils présentent une capacité intermédiaire à fixer les polluants des sols. Une partie des métaux lourds restera à l’extérieur des légumes. Lavez donc bien les légumes ou épluchez-les avant de les consommer. Exemples : carottes, betteraves, pommes de terre et navets.
  • Les légumes feuilles et les herbes aromatiques : En général, ce sont ceux qui concentrent le plus les polluants du sol. Ne les cultivez donc que dans un sol exempt de pollution, ou cultivez-les en cas de doute dans des bacs. Exemples : laitue, épinards, blettes, les différents choux, brocolis, haricots verts et petits pois non écossés, thym, etc.

Tableau d'accumulation des polluants par type de légume

Comment se protéger d’une pollution du sol dans son potager ?

Mesures de précaution générales

D’une manière générale, il convient de toujours laver les légumes et fruits avant de les consommer. De même, il est conseillé de se laver les mains après avoir jardiné. Les plantes peuvent montrer une croissance plus lente. Les feuilles et les tiges peuvent montrer des déformations, telles que des feuilles enroulées, froissées ou des tiges tordues. Les feuilles peuvent jaunir, brunir ou montrer des taches.

Avant d’installer son potager

La meilleure façon de minimiser les risques d’entrer en contact avec une pollution du sol est le choix de l’endroit où on veut installer un potager. Choisissez donc un endroit de votre jardin approprié et non suspect.

Si vous avez déjà effectué l’analyse et que le seuil 1 est dépassé pour cadmium, plomb, PFAS, pesticides ou amiante, ou le seuil 2 est dépassé pour au moins une autre substance, évitez d’installer votre potager en pleine terre dans la/les zone(s) polluée(s). Cultivez vos légumes dans des bacs ou autres récipients que vous remplissez de terre propre et de compost, dont vous connaissez l'origine.

Si vous n’avez pas (encore) fait d’analyse, évitez de mettre un potager en pleine terre, dans des zones remblayées avec des déchets de construction, de matériaux suspectés d’amiante, des cendres, etc. Il est également préférable de ne pas planter de potager dans les zones situées à proximité immédiate des grands axes de circulation, des voies ferrées ou des zones où se déroulent certaines activités économiques et industrielles. Si vous avez des doutes, vous pouvez faire analyser, au préalable, un échantillon de sol pour exclure la présence d’une pollution du sol.

Lors du jardinage

Veillez à avoir une terre saine et fertile. Pour ce faire, ajoutez régulièrement du compost ou du fumier à votre sol. En effet, la matière organique dans le sol a un impact positif sur la structure et la vie microbienne du sol. Cela peut avoir un impact sur l’immobilisation voire même la dégradation de certains polluants organiques.

Veillez à ce que votre sol ne soit pas trop acide (pH). En effet, dans un sol plus acide, les métaux lourds sont plus facilement libérés et pourront alors être absorbés par les plantes. En général, un sol sableux est plus acide qu’un sol argileux. Les laboratoires, mais aussi certains centres de jardinage, peuvent analyser l’acidité de votre sol pour vous. Pour diminuer l’acidité de votre sol, vous pouvez ajouter, par exemple, de la chaux ou du compost mûr.

Ne laissez pas un sol nu. Vous pouvez couvrir les parterres avec du compost ou des déchets verts hachés de manière à éviter une dispersion des particules de sols avec le vent ou la pluie. La couverture du sol permet également de le protéger de la sécheresse et des intempéries. Cela contribue également à diminuer la pousse des « mauvaises herbes ».

Ressources et accompagnement

Si après lecture de ces pages, vous avez encore des questions concernant la pollution du sol de votre potager, vous pouvez entre autre contacter les personnes suivantes :

  • Le facilitateur sol de Bruxelles Environnement qui peut vous expliquer la politique de gestion des sols pollués de la Région de Bruxelles-Capitale.
  • Les experts en pollution du sol peuvent vous renseigner sur les aspects techniques et scientifiques relatives aux pollutions du sol, les études de sol ou même le traitement d’une pollution du sol. Sachez toutefois qu’il s’agit des sociétés privées et que les conseils ne sont pas gratuits !
  • Les laboratoires agréés qui peuvent aussi vous donner des conseils sur les analyses chimiques que vous pouvez réaliser.
  • Il y a aussi des organisations qui s’intéressent à la problématique des potagers en milieu urbain.

Carte des zones à risque de pollution des sols

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