
Le lierre, ou Hedera de son nom botanique, est une plante qui ne laisse personne indifférent. Certains le perçoivent comme un envahisseur, destructeur et toxique, tandis que d'autres le saluent pour sa robustesse, sa résilience et ses vertus écologiques. Cette dichotomie se retrouve souvent dans la perception des bâtisses qu'il enserre, des trésors cachés derrière des voiles de verdure qui vieillissent au même rythme que les murs qu'ils protègent. Comme le dit un vieil adage, « Le lierre meurt où il s’attache », une phrase qui, loin de souligner une destruction, évoque plutôt un attachement profond et mutuel entre la plante et son support. L'exploration de ces demeures oubliées offre un aperçu fascinant de la relation complexe entre l'homme, la nature et le temps qui passe, révélant parfois des histoires inattendues et des beautés insoupçonnées.
Découverte et Accès : Un Trésor Caché au Cœur de la Ville
Les véritables trésors se trouvent parfois au fin fond de la ville, là où on ne se doute pas, derrière des lierres qui vieillissent autant que la bâtisse qu’ils renferment. L'exemple de la "Maison au Lierre" illustre parfaitement cette réalité. Au début, seules quelques reportages photographiques assez mystérieux circulaient, et le peu qui passaient ne donnaient pas vraiment envie. Et pourtant, cette maison a su déjouer les attentes, révélant la présence de quelque chose de vraiment intéressant et beau.
L'accès à cette bâtisse, bien caché, se faisait via un passage étroit, positionné entre deux maisons mitoyennes. Ce chemin, presque dissimulé, menait à une véritable petite forêt dans la vie, ne laissant que très peu de place pour passer. Sur le côté du terrain se trouvaient des sortes de granges avec une voiture devant, transpercée d’arbre, ajoutant à l'atmosphère énigmatique des lieux. L'entrée dans la maison elle-même était repérée et se faisait via la fenêtre de la cuisine, une ouverture assez petite comparée à la taille conséquente de la maison.
Une Exploration Merveilleuse et Énigmatique : Les Pièces Révélées
Une fois à l'intérieur, la petite cuisine menait à deux parties distinctes de la maison. La première, à droite, ouvrait sur le reste de la demeure. On y trouvait tout d’abord un salon/salle à manger, resté dans son jus. Depuis l’ancienne télévision cathodique, on pouvait apercevoir une sorte de véranda qui dissimulait en fait une autre cuisine, bien plus vaste, mais totalement envahie par le lierre.

Par la suite, après être passés devant un escalier, nous accédions directement à un autre salon/salle à manger, bien plus grand. Cet espace mélangeait subtilement un style des années soixante-dix à un style plus ancien, parfois kitsch, mais l’entièreté de la pièce restait dans un parfait état malgré les grosses traces d’humidité qui la menaçaient. L'escalier menait ensuite à l'étage.
L'Étage des Mystères : Chambres et Objets Oubliés
Après avoir emprunté l’escalier, le palier était comme mis en scène avec des inscriptions au-dessus d’un vieux téléphone fixe, digne d’un film d’horreur. À cet étage, techniquement trois chambres se présentaient. La première, celle d’une petite fille, était toute de bois et de vert. Il y était disposé un petit nombre de poupées décharnées et des tableaux bien plus flippants que la poupée Annabelle. La seconde chambre était plutôt classique et typique de beaucoup de lieux explorés, et les explorateurs passèrent rapidement à autre chose. Il en fut de même pour la troisième, qui était dans un capharnaüm monstre.
Exploration d une maison abandonnée flippante au bord de la route.... urbex
Les escaliers menaient également à un dernier étage, les combles. Un petit coin de vie y avait été aménagé derrière tout le bazar du grenier. Tout à fait cosy, cet espace devait être le lieu de squat de l’adolescent de la famille, qui aimait sûrement s’y retrouver avec ses amis ou « sa » sœur.
Les Parties Insoupçonnées : Secrets et Sensation de Mal-être
En redescendant au rez-de-chaussée, il restait la partie gauche de la petite cuisine. Celle-ci ne présentait pas grand-chose, à part ce qui semblait être un ancien bureau, avec, disposée sur un des fauteuils, une peluche immonde, bouteille à la main.
Cependant, une partie plus intrigante de la maison restait à découvrir. Une petite partie du sol de la chambre de la jeune fille était effondrée, et cet endroit menait à une porte dérobée. Cette dernière dirigeait vers une partie bien étrange de la maison : quatre pièces, dont trois dissimulées derrière une porte qui avait été clôturée en vain (avec une salle de bain). Elles étaient principalement vides et plongées dans le noir. L’une d’elles se démarquait par la présence d’un lit de camp disposé tout au fond, dans l’obscurité totale, dégageant un sentiment de mal-être prononcé. Cette partie de la bâtisse n’avait réellement rien à voir avec le reste. Le mystère était d’autant plus étrange qu’un autre escalier était présent dans l’une des pièces mais avait été clôturé au rez-de-chaussée. Malheureusement, avec l’obscurité de ces pièces, et étrangement alors qu’elle ne gênait pas ailleurs dans la maison, les photos de ces pièces citées ci-dessus n’étaient pas exploitables.
Le Lierre : Une Plante Entre Mythes et Réalités
Le lierre, de son nom botanique Hedera, est une plante particulièrement clivante. Certains font tout pour s’en débarrasser et l’accusent de tous les maux, quand d’autres font son éloge avec force et conviction. Pourtant, le débat est simple à trancher. Les premiers s’appuient sur des réputations souvent infondées, tandis que les seconds observent que le lierre coche toutes les cases des plantes recherchées par les temps qui courent.
Les Reproches Courants et Leurs Démystifications
Il est temps de déconstruire les idées reçues concernant le lierre, en examinant les faits de manière objective.
Toxicité du Lierre : Une Question de Dosage
Le lierre est-il toxique ? Oui, ses baies sont toxiques pour les humains et pour certains animaux, même si elles ont parfois été utilisées bouillies pour l’alimentation pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cependant, ces mêmes baies sont appréciées par les oiseaux, notamment en fin d’hiver. Par ailleurs, le lierre est régulièrement utilisé comme plante médicinale, notamment pour soigner la toux, les troubles respiratoires ou certaines maladies de la peau. Comme souvent, avec certaines substances, c’est la dose qui fait le poison.
Le Lierre Est-il Vraiment Envahissant ? Contrôle et Variétés
Le lierre est-il envahissant ? C’est en partie vrai. Des lierres laissés à l’abandon peuvent s’étaler au détriment des autres plantes, ou grimper sur le toit et se glisser sous les tuiles. Mais le lierre est une plante qui supporte parfaitement la taille. C’est d’ailleurs à peu près le seul entretien qu’il requiert, et une taille par an suffit en général très largement. Par ailleurs, il existe de nombreuses variétés de lierres qui restent compactes et à faible développement. Avec celles-ci, quasiment aucun risque d’envahissement.

Impact sur les Murs : Protection ou Dégradation ?
Le lierre abîme-t-il les murs ? C’est le plus souvent faux. Tout d’abord, le lierre n’abîme pas du tout les murs en bon état. Au contraire, il protège le mur de l’humidité, ce qui le préserve. De la même manière, un mur de vieilles pierres ne sera pas dégradé par le lierre. C’est le fait d’arracher le lierre qui pourrait effectivement risquer de faire tomber des pierres. Mais si vous n’y touchez pas, le lierre formera une carapace ligneuse qui consolidera le vieux mur. Par contre, si le mur est crevassé, le lierre peut alors pénétrer dans les fentes du mur et accentuer le phénomène. Vous pouvez donc sans crainte installer des lierres au pied d’un mur sain.
Le Lierre est-il un Parasite ? Une Relation Symbiotique
Le lierre est-il un parasite ? C’est totalement faux. Tous les botanistes sans exception vous le confirmeront. Le lierre se fixe à l’aide de crampons, mais ceux-ci ne servent pas à pomper la sève. Par ailleurs, au pied d’un arbre, les racines du lierre ne font pas concurrence à celles de l’arbre. Au contraire, le lierre, dont les feuilles sèches se décomposent sur place, va fournir de l’humus aux arbres et protéger le sol. Par ailleurs, quand un lierre grimpe aux arbres, il le fait verticalement sans étrangler l’arbre, par différence avec d’autres grimpantes. Le lierre s’arrêtera le plus souvent bien avant la canopée et ne privera pas l’arbre de lumière. Seuls les arbres en fin de vie peuvent éventuellement être recouverts complètement par le lierre. Mais ce n’est pas le lierre qui est à l’origine de la fin de vie de l’arbre.
Le Lierre : La Plante Idéale pour l'Éco-Jardinier
Rassuré sur les prétendus dangers du lierre, voyons s’il peut répondre aux critères actuels dans la recherche de la plante idéale. Les lierres font partie de la famille des Araliacées. Curieusement, parmi la bonne quarantaine de genres botaniques dans cette famille, Hedera en est le seul représentant dans la flore européenne. Tous les autres membres de cette famille sont des plantes tropicales ou subtropicales. Le lierre est donc le seul membre de la famille dans la zone tempérée. En fait, il serait apparu sur terre vers la fin de l’ère secondaire. C’est donc une plante très ancienne. Il se trouvait alors dans des régions au climat bien plus chaud qu’aujourd’hui. À cette époque, de nombreuses plantes fleurissaient et formaient des fruits en hiver, saison plus favorable car plus tempérée et plus humide. De nombreuses et importantes perturbations climatiques sont intervenues depuis lors, et bien des plantes et des animaux de l’époque ont disparu. Seuls ceux capables de s’adapter subsistent encore. Le lierre en fait partie, ce qui témoigne de sa résilience. Il a gardé de cette époque originelle sa saisonnalité, puisqu’il fleurit et fructifie d’octobre à mars.
Longévité et Dimensions Impressionnantes
Les lierres peuvent vivre très longtemps, certainement plus de 400 ans. Certains diraient même jusqu’à 1000 ans. Quand vous plantez un lierre, c’est comme si vous plantiez un arbre ! Il peut prendre des dimensions considérables. Le lierre peut en effet faire plus de 30 mètres de hauteur.
Les Trois Âges du Lierre : Une Évolution Remarquable
Le lierre passe successivement par 3 stades. Dans un premier temps, il rampe et s’étale. Ses tiges émettent des racines adventives qui pénètrent dans le sol et le renforcent. Il va ainsi continuer à ramper jusqu’à ce qu’il trouve un support pour grimper. Il commence alors son deuxième stade. À la place des racines adventives, apparaissent des crampons qui ne servent pas à l’alimenter mais à l’accrocher fermement à son support : un arbre, un mur, un poteau. Son objectif maintenant est de rechercher plus de lumière. Lorsqu’il arrive suffisamment haut et dispose de suffisamment de lumière, il entre dans son troisième stade, le stade adulte. Jusqu’alors, au cours des deux étapes précédentes, le lierre était dans son stade juvénile. À partir du stade adulte, le lierre cherche à se reproduire.
Les Feuilles du Lierre : Une Diversité Selon les Stades
Les feuilles de lierre sont des feuilles persistantes composées de 3, 5 ou 7 lobes quand elles sont jeunes. Bien qu’elles soient dites « persistantes », elles ne sont pas éternelles. Elles peuvent vivre de 3 à 5 ans. Elles sont remplacées régulièrement par de nouvelles feuilles donnant au lierre son aspect persistant tout au long des 4 saisons. Ces feuilles sont sillonnées par des nervures bien visibles. Lorsque le lierre atteint le stade adulte, les tiges commencent à former des branches qui s’écartent du support. Les feuilles adultes ne sont plus lobées, mais entières, souvent elliptiques ou ovales. Les nervures désormais s’estompent. Ainsi, sur un même pied de lierre ayant atteint le stade adulte, vous trouverez deux formes de feuilles : les feuilles juvéniles sur les parties basses et les feuilles adultes sur les parties arbustives. Il y a même souvent des formes intermédiaires.
Le lierre est une des rares plantes grimpantes à feuillage persistant. Très rustique et d’une vigueur exceptionnelle, il pousse rapidement dans le jardin, et s’adapte bien à la culture en pot à l’intérieur. Peu exigeante, cette liane tout-terrain pousse dans toutes les régions de France et est idéale pour couvrir les murs, les clôtures ou les sols. Les éco-jardiniers y trouveront une plante très mellifère par sa floraison automnale abondante, pour le plaisir des abeilles et autres insectes pollinisateurs.
Du Vert Partout, et Vite ! Ses Qualités Écologiques
En tant que liane rampante et grimpante, le lierre est apprécié pour son feuillage persistant décoratif et sa capacité à pousser rapidement, partout et dans n’importe quelle condition. C’est en effet une plante très rustique d’une vigueur exceptionnelle. Ses jeunes pousses s’attachent d’elles-mêmes au support à l’aide de leurs courtes racines. Le lierre fait ainsi office d’occulteur en garnissant les murs ou les clôtures. Il peut également être utilisé dans les haies, comme couvre-sol en sous-bois ou sur des talus en forte pente. Et contrairement aux préjugés, le lierre n’attire pas l’humidité, au contraire ! Il assèche les murs, car ses ventouses absorbent l’humidité alentour, car, comme toutes plantes, le lierre a besoin d’eau pour se développer. Au stade adulte, les fleurs crème se dévoilent abondamment en automne et constituent une ressource importante de nectar et de pollen pour les abeilles et autres auxiliaires du jardin. Certaines variétés produisent des baies globuleuses noires ou jaunes, appréciées de quelques oiseaux, mais toxiques pour l’homme.
Une Vigueur à Toute Épreuve : Adaptation et Polyvalence
C’est très simple : le lierre prospère sous tous les climats, toutes les expositions et dans tous types de sols, même pauvres et calcaires ! Préférant l’ombre, le lierre est d’ailleurs une des seules plantes grimpantes qui colonisent les coins les plus retranchés et inconfortables du jardin. De par ses qualités, le lierre pousse aussi très bien en pot, et demande de même très peu de soin. N’hésitez pas à utiliser des arceaux ou des treillages pour lui donner de l’ampleur, ou à créer une structure en fil de fer pour former une topiaire. Il s’associera très bien avec d’autres plantes.
Choisir la Variété Adaptée : Une Question de Goût et de Besoin
Le lierre ou Hedera présente plusieurs espèces sélectionnées comme plantes ornementales d’extérieur ou d’intérieur. Parmi elles, la variété Hedera helix, aux feuilles lobées d’un vert très foncé, est la plus commune. Chez les panachés, vous trouverez le très rustique lierre 'Dentata Variegata' qui brandit de grandes feuilles ovales, mouchetées de gris-vert et largement bordées de jaune crème. Si vous cherchez à garnir de grands murs ou des arbres dénudés, le lierre d’Irlande est adapté à un très grand développement et est capable de s’élever très haut. Il peut s’étaler à l’âge adulte sur 10 m². Ses feuilles amples sont d’un beau vert brillant.
Entretien et Santé du Lierre : Simplicité et Robustesse
Un Tout Petit Peu d’Entretien : La Clé de la Beauté
Surveillez votre lierre et taillez-le régulièrement pour éviter qu’il ne s’étende plus qu’il ne devrait. Sur un mur, rabattez les lierres de temps en temps pour limiter leur épaississement. La plante sera ainsi plus touffue, avec des rameaux plus nombreux, ce qui la rendra plus belle. Point de vue arrosage, le lierre aime l’humidité. Toutefois, il ne demande que très peu d’arrosage en période de croissance, et n’a pas besoin d’être arrosé en hiver. Dans le cas du lierre cultivé en pot, les jeunes plants auront bien besoin d’un rempotage chaque année, jusqu’à leur maturité (fructification).
Lierre Malade ? Des Solutions Simples
Le lierre est très rustique et peu sensible aux maladies. Toutefois, il peut souffrir des conditions de cultures : ses feuilles noircissent en cas de sur-arrosage, se dessèchent quand l’air est trop sec, pâlissent face à un soleil trop intense en été. En intérieur, évitez de le placer derrière une vitre exposée au soleil pendant cette période. Si votre variété panachée verdit, elle est soit suralimentée, soit en manque de lumière. Éliminez les parties vertes et stoppez les apports d’engrais.
Le lierre peut être attaqué par les pucerons. Ces petites bêtes qui se voient à l’œil nu se cachent sous les feuilles, près des nervures. Pour vous en débarrasser de manière bio, pulvérisez de l’eau savonneuse, ou un mélange eau et huile d’olive qui, en plus, nourrira votre plante. Les cochenilles farineuses, petites pustules blanches, les acariens dont l’araignée rouge qui décolore les feuilles, peuvent aussi être de la partie. Les coccinelles régleront le problème.
Le Vieux de la Vieille : Lierre, Symbole et Légende
De la famille des Araliacées, l’Hedera tire son nom du latin haerere : être attaché. Les vertus du lierre sont connues depuis si longtemps qu’il porte avec lui son lot de symboles et de légendes. Il figure même dans la mythologie grecque où le Dieu Dionysos, fils de Zeus, fut protégé par la plante lors d’une apparition orageuse de ce dernier. Dès lors, Dionysos garda une couronne de lierre toujours sur lui. Pour les Romains, le lierre était associé à Bacchus, le dieu de la vigne, aux buveurs et aux poètes. La légende raconte qu’un jour, Lyerre, un jeune danseur du dieu Bacchus, dansa si longtemps qu’il s’écroula par terre. Pour lui rendre grâce, le dieu de la vigne l’enlaça d’une liane grimpante qui le souleva. Au Moyen-Âge, on conférait au lierre des vertus de protection contre les envoûtements. Dans le langage des plantes, le lierre est le symbole de l’attachement, ce qui en fait un cadeau original et rempli d’anecdotes !
Dans le Langage des Fleurs : Un Symbole Fort
Le lierre grimpant sur les murs les habille et les protège des intempéries. S’accrochant avec des crampons, il n’endommage pas les jointures des briques. Il est de ce fait le symbole de l’attachement, et souvent associé à l’expression « je meurs ou je m’attache ». Dans la Grèce antique, le lierre était associé à Bacchus, dieu de la vigne et du vin. Cette symbolique profonde renforce le caractère intemporel de cette plante, dont l'histoire se mêle à celle des hommes et de leurs constructions.
