L'Art de la Greffe et de la Taille des Arbres Fruitiers : Un Guide Complet

Greffer un arbre fruitier est une technique ancestrale, vieille de 2500 ans, qui permet de lui offrir une nouvelle vie, de multiplier ses variétés préférées, et d'obtenir rapidement des fruits savoureux dans son verger. Cette méthode offre également la possibilité de préserver des variétés anciennes et de tester de nouvelles associations entre greffon et porte-greffe. De nombreux jardiniers, qu'ils soient débutants ou expérimentés, sont désireux d'apprendre et de maîtriser cet art, souvent perçu comme complexe, mais qui, en réalité, devient aisé lorsque l'on respecte un minimum de règles et que l'on procède avec précision.

Illustration d'un verger diversifié avec des arbres fruitiers greffés

Pourquoi et comment greffer un arbre fruitier ?

La greffe est une méthode de multiplication végétale où une section d'une tige avec des bourgeons à feuilles, appelée le greffon, est insérée dans le tronc ou une branche d'un autre arbre, nommé le porte-greffe. La partie supérieure du greffon devient le sommet de la plante, tandis que le porte-greffe constitue le système racinaire ou une partie du tronc. L'union de ces deux végétaux, malgré qu'elle concerne généralement deux plantes, peut parfois impliquer une combinaison de plusieurs.

Les nombreux avantages du greffage :

  • Obtention de variétés précises : Contrairement à une plantation franche à partir de noyaux ou de pépins qui reste beaucoup plus aléatoire, la greffe permet de connaître la variété de fruits que l'on va obtenir, reproduisant à l'identique le cultivar d'origine. Les graines d'une pomme 'Reine des Reinettes', par exemple, produiront un pommier mais pas un pommier 'Reine des Reinettes'.
  • Accélération de la mise à fruit : La mise à fruits se fait beaucoup plus rapidement puisque l'on démarre avec un rameau déjà formé.
  • Adaptation au sol et au climat : On peut choisir n'importe quel fruitier et n'importe quelle variété, quelle que soit la nature du sol, puisque l'on pourra adapter le porte-greffe à ce sol. Le porte-greffe va également permettre une meilleure résistance face aux pathogènes ou au climat.
  • Préservation des variétés : C'est une méthode efficace pour sauvegarder un fruitier ancien ou pour reproduire sans risque un poirier devenu trop vieux en le greffant sur un jeune cognassier.
  • Diversification : Le greffage permet d'améliorer les fruits de son verger ou même d'obtenir plusieurs variétés sur un même arbre. C'est également un moyen de transformer un grand arbre ancien en une nouvelle variété.

Prélever un greffon sur un arbre fruitier

Le choix du porte-greffe et du greffon : une compatibilité essentielle

Le porte-greffe est crucial, car il fait partie intégrante de la mise à fruit et influence la vigueur, la résistance aux maladies et l'adaptation au sol. Il est important de noter que tout végétal ne peut pas s'associer avec tous les greffons. La plupart du temps, le porte-greffe doit appartenir au même genre, comme les prunus, mais cette règle n'est pas absolue. La compatibilité des deux végétaux réunis est cruciale pour la réussite de la greffe.

  • Règle générale : On greffe, dans la même famille, pépin sur pépin et noyau sur noyau. Par exemple, des plantes du même genre et de la même espèce peuvent généralement être greffées, même s'il s'agit d'une variété différente.
  • Exceptions et limitations : Des plantes du même genre mais d'une espèce différente peuvent souvent être greffées, mais le résultat peut être faible, de courte durée ou ne pas s'unir du tout. Des plantes de différents genres sont moins bien greffées, bien que cela soit possible dans certains cas. On pourrait imaginer un rosier sur un poirier ou un cognassier sur un rosier, un pêcher sur un merisier, mais en raison des différences de vigueur, certains sont mieux en mesure de supporter les autres en porte-greffes.

Récolte et conservation des greffons :

  • Période de récolte : Les greffons sont recueillis sur un arbre en production, sain et vigoureux. Les rameaux doivent être âgés d'un an et porter plusieurs yeux à bois. La récolte se réalise en janvier ou février, durant le repos végétatif. L'idéal est un rameau qui fait un angle de 60° avec le tronc. Pour la greffe d'été, appelée aussi à "œil dormant", le greffon est prélevé juste avant la greffe.
  • Conditions de conservation : Après la récolte, les greffons sont mis en botte et conservés jusqu'en mars ou avril. Ils seront stockés dans un milieu froid, sans lumière et gardés humides : jauge de sable contre un mur nord, bac à légumes du réfrigérateur, enfermés dans un contenant hermétique rempli de mousse ou d'un torchon humidifié. Ils ne doivent jamais se dessécher. À la maison, quelques greffons pourraient être conservés dans un sac en plastique au réfrigérateur avec du papier absorbant humide, à des températures proches de 2 à 5°C.
  • Risques liés à la conservation : Si les bourgeons commencent à débourrer (pousser) au frigo, c'est-à-dire si les bourgeons s'ouvrent ou montrent du vert (stade « pointe verte »), le greffon a puisé dans ses réserves et sa survie après greffage est compromise. C'est pourquoi la température basse et l'obscurité sont vitales pour maintenir la dormance jusqu'au jour J.
  • Greffons d'été : Les greffons d'été sont à greffer très rapidement, car ils se conservent mal au-delà de quelques heures ou quelques jours. Pour les conserver au mieux, il faut les mettre dans un linge humide ou dans un seau d'eau. Dès que le rameau est coupé en été, il est impératif de supprimer les feuilles immédiatement. Les feuilles continuent d'évaporer de l'eau (transpiration) et, si elles ne sont pas coupées, elles vont « pomper » toute l'humidité du greffon en quelques minutes, le rendant inutilisable. Il suffit de laisser le pétiole (la tige de la feuille) pour manipuler le bourgeon facilement.

Les outils nécessaires pour une greffe réussie

Le matériel de greffe est important, dans la mesure où il conditionne la réussite de l'opération. Pour garantir une coupe nette et précise, il est essentiel de préparer ses outils.

  • Couteau greffoir : Un couteau de bonne qualité, avec un fil tranchant et net, est la clé d'un bon greffage. Bien que des couteaux spéciaux pour greffer soient souhaitables, on peut utiliser presque tous les bons couteaux de poche.
  • Sécateur : Un sécateur bien affûté et désinfecté est indispensable pour la taille des porte-greffes et la préparation des greffons. La désinfection (à l'alcool à 70° ou 90°) entre chaque sujet est une étape cruciale pour éviter la propagation de maladies cryptogamiques ou bactériennes (comme le feu bactérien) d'un arbre sain à un autre.
  • Ruban adhésif de greffage : Il s'agit d'un ruban adhésif spécial avec un support en tissu qui se décompose avant que l'annulation ne se produise. Les rubans adhésifs peuvent être utilisés pour lier des greffes où la pression naturelle est insuffisante. Le ruban d'électricien en caoutchouc est également excellent.
  • Mastic à greffer : Pour maintenir hermétiquement fermé le point de greffe et conserver l'humidité nécessaire à l'opération, on applique du mastic à greffer à l'aide d'une spatule. Le masticage des plaies est essentiel pour la cicatrisation.
  • Scie : Une scie peut être nécessaire pour couper une charpentière basse ou le tronc, notamment pour certaines techniques de sur-greffage.

Les différentes techniques de greffe et leurs périodes

Les différentes techniques de greffe sont expliquées en détail pour vous permettre d'adopter celle qui convient le mieux à vos arbres et à la période de l'année. La précision des gestes est primordiale pour la réussite de la greffe.

Principes fondamentaux de la greffe :

Pour que la greffe prenne, il est indispensable que le cambium de chaque végétal soit en contact avec l'autre. Le cambium est la partie dans laquelle circule la sève élaborée, il est situé entre l'écorce et le bois. Le contact entre les deux cambiums provoquera une connexion vasculaire.

Périodes de greffage :

Il y a trois périodes principales pour greffer en fonction de l'arbre fruitier et de l'état végétatif :

  1. La greffe de sortie d'hiver (fin de l'hiver / début de printemps) :

    • Se réalise au tout début de la reprise végétative du porte-greffe.
    • La mise en végétation a lieu quelques semaines plus tard.
    • Les greffons sont récoltés en janvier ou février (dormance) et conservés.
    • Exemples de techniques : la greffe en fente, la greffe à l'anglaise, la greffe en incrustation.
    • La période habituelle est de mi-mars, avril au début mai pour les fruits à pépins. Ceci en tenant compte du cycle lunaire, on parle de deux poussées de sève en lune montante, période où la reprise de la greffe est optimale.
  2. La greffe de printemps, à "œil poussant" ou à rameau détaché :

    • Les greffons sont récoltés et conservés comme pour la greffe de sortie d'hiver.
    • Le porte-greffe est en sève.
    • La croissance du greffon débutera quelques semaines après la greffe.
    • Exemples de techniques : greffe en couronne, en coulée, ou en écusson.
  3. La greffe d'été, appelée aussi à "œil dormant" :

    • Le greffon est prélevé juste avant la greffe.
    • La mise en végétation a lieu au printemps suivant.
    • Elle est particulièrement recommandée pour les pêchers, abricotiers et amandiers.
    • Effectuée en juillet à œil poussant (au moment de la montée de sève) ou en août à œil dormant.

Schéma des différentes coupes pour la greffe en fente et à l'anglaise

Quelques techniques de greffe détaillées :

  • La greffe en couronne :

    • La plus simple à réussir, idéale pour débuter et peut s'appliquer à la plus grande majorité des arbres fruitiers (excepté le cerisier).
    • Se réalise au printemps (mi-avril à mi-mai), sur un porte-greffe d'un diamètre de 10 à 15 mm bien en sève. Celui-ci aura été abondamment arrosé la semaine précédant la greffe.
    • Étapes :
      1. Le porte-greffe est étêté à environ 20 cm du sol. Supprimez tous les départs de rameaux latéraux.
      2. On taille en biseau le greffon (dont le diamètre ne doit pas faire plus du quart de celui du porte-greffe). La taille se fait à l'opposé du bourgeon le plus proche. La partie qui sera collée au porte-greffe doit être écorcée.
      3. On incise verticalement le porte-greffe sur la longueur du biseau du greffon et on décolle l'écorce.
      4. On glisse le greffon sous l'écorce, en appliquant la partie écorcée du greffon contre la partie non décollée de l'écorce du porte-greffe.
      5. On ligature le tout en spirale et on mastique les plaies de chacun des deux végétaux.
  • La greffe en fente :

    • Consiste à couper un rameau à bois de 4 à 5 cm portant deux ou trois bourgeons.
    • Avec un couteau greffoir, le greffon est taillé en biseau.
    • Il faut ensuite tailler une fente au milieu du porte-greffe qui, quant à lui, mesure de 1 à 2 cm de diamètre.
    • Le greffon est ensuite enfoncé dans la zone de croissance.
    • Pour maintenir hermétiquement fermé le point de greffe et conserver l'humidité nécessaire à l'opération, on applique du mastic à greffer à l'aide d'une spatule.
    • Avec une scie, il faut couper une charpentière basse ou le tronc. Le greffon, ensuite, s'introduit entre l'écorce et le bois, dans une coupe longitudinale du porte-greffe.
  • La greffe à l'anglaise :

    • Adaptée à certains porte-greffes jugés faibles.
    • Les deux parties, c'est-à-dire le porte-greffe et le greffon, sont taillées en biseau. Elles doivent être de même diamètre, afin de se recouvrir complètement.
  • La greffe en écusson :

    • Effectuée en juillet à œil poussant (c'est-à-dire au moment de la montée de sève) ou en août à œil dormant.
    • Se pratique essentiellement pour les pêchers, les pommiers et les pruniers.
    • Il s'agit de prélever un bourgeon doté d'un peu d'écorce de part et d'autre et d'un centimètre du pédoncule de la feuille.
  • La greffe en flûte :

    • La plus complexe, elle est adaptée au noyer et au châtaignier et présente l'avantage de ne laisser que peu de cicatrices.

Entretenir ses jeunes greffes et anticiper les erreurs courantes

La réussite de la greffe ne s'arrête pas à la réalisation du geste. Il est crucial de savoir entretenir ses jeunes greffes pour qu'elles se développent dans les meilleures conditions et de comprendre comment réagir en cas d'échec.

Astuces pour maximiser les chances de réussite :

  • Observation régulière : Surveillez attentivement vos greffes pour détecter tout signe de défaillance (dessèchement du greffon, absence de bourgeonnement).
  • Protection du greffon : Protégez le greffon des maladies et des parasites. Un masticage adéquat et une ligature solide sont les premières barrières.
  • Gestion de la sève : Si le porte-greffe est trop vigoureux, il peut émettre de nombreux rameaux autour du greffon, créant une concurrence pour la sève. Il est parfois nécessaire de supprimer ces "gourmands" pour diriger l'énergie vers le greffon.

Indices d'une greffe réussie :

  • Le greffon reste vert et ne se dessèche pas.
  • Les bourgeons du greffon gonflent puis débourrent et commencent à pousser.
  • Une bonne cicatrisation se forme au point de greffe, avec un bourrelet.

Réagir en cas d'échec :

Si une greffe échoue, il est important d'en comprendre la cause (mauvaise compatibilité, geste imprécis, dessèchement, maladie). Cela permet d'ajuster sa technique pour les tentatives futures. En cas de débourrement précoce des greffons stockés au frigo, il est préférable d'attendre la prochaine saison de greffe, l'été par exemple avec la greffe en écusson.

L'art de la taille des arbres fruitiers : un complément indispensable à la greffe

La taille et la greffe des arbres fruitiers évoquent des gestes que la plupart d'entre nous connaissent, dont on a lu les explications, ou même vu pratiquer. Pour autant, il est souvent difficile de se lancer tant on a peur de faire des erreurs irrémédiables. La taille est un aspect fondamental de l'arboriculture fruitière, permettant de former l'arbre, d'optimiser sa production et de maintenir sa santé.

Prélever un greffon sur un arbre fruitier

Les objectifs de la taille :

  • Formation de l'arbre : Donner une structure solide et équilibrée à l'arbre.
  • Mise à fruit : Favoriser la production de fruits en orientant la sève vers les bourgeons floraux.
  • Santé de l'arbre : Supprimer les branches mortes, malades ou qui se croisent pour prévenir les maladies et améliorer la circulation de l'air et de la lumière.
  • Renouvellement : Rajeunir l'arbre et stimuler la production de nouveaux rameaux fructifères.

Les différentes tailles et leurs périodes :

  • La taille d'hiver (taille en sec) :

    • Concerne toute la structure de l'arbre : sa formation, sa taille annuelle, son élagage si besoin.
    • Elle se réalise lorsque la sève circule très lentement dans l'arbre, pendant la période de repos végétatif, entre le mois d'octobre et le mois de mars. Il faut bien évidemment toujours éviter les périodes de gel.
    • Différences entre arbres à pépins et à noyaux :
      • Arbres à pépins : Doivent être taillés en pleine période de sommeil, avant que les boutons floraux n'aient éclos. Les tailler plus tard leur occasionnerait un effort inutile d'avoir à mener à nouveau ces boutons jusqu'à la floraison.
      • Arbres à noyaux : Seront taillés lorsque la chute des feuilles indique que la sève est descendue, pour éviter les écoulements de gomme qui épuisent l'arbre. La période habituelle est à partir de mi-juillet.
    • Objectif : Conserver la forme voulue à l'arbre tout en raccourcissant les branches pour que l'énergie du fruitier se dirige uniquement vers ses organes reproductifs. Il est important pour ce faire de savoir reconnaître les bourgeons à fruits de ceux qui donneront naissance à des rameaux, et de savoir anticiper leur évolution en reconnaissant les “mauvais” bourgeons, ceux qui ne donneront pas grand-chose.
  • Les principes de base de la taille de formation :

    • On commence par l'étêtage de l'arbre pour supprimer le bourgeon apical qui pousse l'arbre à croître en hauteur. Les bourgeons auxiliaires pourront ainsi se développer.
    • On choisit les branches qui deviendront les charpentières et on les raccourcit tous les ans, pour qu'elles deviennent vigoureuses et épaisses afin de soutenir des coursonnes qui seront très productives.
    • On taille aussi tout ce qui pousse sur et sous ces branches. Ainsi, les coursonnes s'installeront progressivement. Bien sûr, cette taille ne se réalisera que durant les années de croissance du fruitier.
    • L'éclaircissage est également très important : il faut que tous les futurs fruits “voient le soleil”. Certaines branches fruitières doivent être sacrifiées, taillées à la base, dès lors qu'elles gênent leurs voisines.
  • La taille en vert :

    • Se réalise en période de végétation pour favoriser la mise à fruit.
    • Il s'agit de contenir la vigueur de l'arbre pour répartir aux bons endroits les flux de sève.
    • Principe de la dominance apicale : Le bourgeon terminal d'un rameau sert à le faire s'allonger, et cette activité utilise la majeure partie de la sève. Les bourgeons qui partent à fleur sont ceux qui reçoivent le moins de sève (c'est l'induction florale). Donc sur un rameau, le dernier bourgeon et celui qui le précède seront des bourgeons à bois, alors que le troisième sera un bourgeon à fleur.
    • La taille trigemme : Se base sur ce principe pour la taille de mise à fruit. On anticipe le développement des bourgeons pour ne laisser que la longueur de branche suffisante pour que le second bourgeon soit un bourgeon à fleur.
    • Pour rétablir une structure, il convient de supprimer tous les rameaux qui se sont développés autour des charpentières et des coursonnes. Cependant, il est nécessaire de rester prudent. Un arbre trop vigoureux va émettre en réaction à cette taille drastique de nombreux rameaux tous dirigés vers le haut.

Schéma de la dominance apicale et de l'induction florale

Secrets pour bien tailler et formes de fruitiers

La taille annuelle est plus simple d'année en année, grâce à l'habitude et aux tailles précédentes qui ont déjà donné une bonne structure. Cependant, quelques astuces peuvent faire la différence.

Secrets pour bien tailler :

  • Choisir la bonne forme : Toutes les formes ne conviennent pas à tous les fruitiers, ni à toutes les variétés dans un fruitier donné. Les pommiers sont également bien adaptés à la forme en gobelet, les poiriers et les cerisiers préfèrent être formés en croisillons ou en palmettes. Les cerisiers se font aussi au gobelet.
  • Tailler au bon moment : La taille d'hiver se réalise durant cette saison. Les arbres à pépins surtout seront taillés avant que les boutons floraux n'aient éclos. Les périodes de gel sont à proscrire, et vérifiez également que le tronc ne soit pas gelé avant de passer à l'action.
  • Être attentif et patient : Une bonne taille est un bon choix de l'œil sur lequel on doit tailler. Pour ce faire, il faut se placer en face de l'axe de la branche qui est en train d'être taillée, et prendre son temps pour déterminer ce bon choix.
  • Préserver l'arbre : Une bonne cicatrisation est la clé pour une bonne santé du fruitier. Un arbre fruitier bien taillé cicatrise correctement et vite, il montre un bourrelet de cicatrisation. La taille doit être réalisée avec un outil très bien affûté, désinfecté entre chaque sujet. La régularité des tailles est également importante pour la santé de l'arbre : si vous le taillez plusieurs fois dans l'année, ces tailles seront relativement légères et donc plus faciles à supporter.

Quelques exemples de formes de fruitiers :

  • La taille en cordon : Cette taille est la plus simple à réaliser car toute simple et droite. On conserve les coursonnes qui partent d'un côté et de l'autre et on ne laisse aucun départ de branche qui parte vers le haut ou vers le bas.
  • La taille en palmette ou en U : Ces formes étant créées par des angles, il est important de bien choisir les bons départs, ceux qui formeront les bons angles. Les rameaux seront ensuite attachés légèrement (avec un lien souple) afin de leur donner la bonne direction (les rameaux sont attachés avec un lien rigide seulement lorsqu'ils sont aoûtés). Cette taille est plus complexe car il faut arriver à anticiper l'évolution annuelle de l'arbre.

Différentes formes de fruitiers taillés (cordon, palmette, gobelet)

La formation des jeunes arbres et le sur-greffage

Les arbres fruitiers jeunes et vigoureux âgés de moins de 5 ans sont les meilleurs pour le travail de haut niveau. Les pommiers et les poiriers plus âgés peuvent être travaillés, mais l'opération est plus sévère et ceux de plus de 10 ans doivent être travaillés plus haut.

  • Jeunes arbres : Doivent avoir entre 1 et 2 pieds de branche entre le tronc et la greffe. Dans le cas contraire, la bonne formation de l'entrejambe de la réserve sera perdue par l'extension du tronc au-delà de l'union. Les arbres âgés de moins de 5 ans peuvent être greffés en même temps.
  • Vieux arbres : Sur les vieux arbres, environ la moitié - la partie supérieure et la partie centrale seulement - devrait être travaillée en même temps.

Le sur-greffage est une technique qui permet de greffer une nouvelle variété sur un arbre existant, offrant une opportunité de diversification ou de remplacement de variétés peu productives.

Comprendre le rameau de l'année :

Le rameau de l'année (pousse de la saison précédente) se distingue par une couleur d'écorce plus vive et souvent plus luisante que le vieux bois et un bois plus lisse. On trouve également une petite cicatrice annulaire (ride) à la base de la pousse, marquant le départ de la croissance du printemps dernier.

Ressources pour approfondir ses connaissances

Pour ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur la greffe et la taille des arbres fruitiers, de nombreuses ressources sont disponibles. Des ouvrages spécialisés, des magazines comme "4 Saisons", et des stages de greffage peuvent offrir des conseils détaillés et une mise en pratique accompagnée.

Alain Niels Pontoppidan, technicien agricole, arboriste et formateur, partage son savoir-faire à travers des ouvrages et des collaborations, transmettant les clés essentielles pour comprendre et pratiquer la greffe avec succès. Des auteurs comme Évelyne Leterme confirment que le greffage est aisé avec le respect des règles minimales. L'ouvrage de Maurice Chaudière démontre la possibilité de produire des fruits aux dépens des broussailles en milieux naturels. Des textes historiques comme celui de Charles Baltet (datant de 1892) prouvent la pérennité et la richesse des techniques de greffage, dont beaucoup sont malheureusement tombées dans l'oubli.

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